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Thématiques : Allégorie & Mythologie

  • Gavelle
    Pierre Gavelle (1753-1802)
    Edmé-Portail Barbichon

    Exceptionnelle pendule monumentale en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat ou à l’or bruni

    Pendule442-03_HD_WEB

    Paris, époque Louis XVI, vers 1775-1785

    Hauteur90 cm Largeur46 cm Profondeur29 cm

    Provenance :

    – Vente à Paris, collection de Mademoiselle X…, Maître Lair-Dubreuil, Hôtel Drouot, 3-7 mars 1913, lot 367.

    – Collection de Monsieur Antonio de Sommer Champalimaud (1918-2004), Lisbonne.

     

    Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Gavelle l’aîné à Paris », indique les heures et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles en cuivre repercé et doré ; il marque également les secondes par une trotteuse centrale et porte la signature de l’émailleur Edmé Portail Barbichon, l’un des principaux concurrents de ses confrères Joseph Coteau et Dubuisson. Le mouvement, à sonnerie des heures et des demi-heures, s’inscrit dans une boîte circulaire soulignée de perles en enfilage et noué d’un drapé noué. Il est supporté par un superbe putto légèrement drapé représenté dans une attitude en contrapposto inspirée de la Renaissance florentine ; à ses pieds sont deux ouvrages. En opposition de l’enfant, se trouve une colonne cannelée, à base à tore de lauriers enrubanné et chapiteau à oves, supportant un globe terrestre pris dans des nuées ; aux pieds de la colonne, sont posés un parchemin, une équerre et un compas. L’ensemble est supporté par une base à ressaut ceinturée d’un cavet mouluré et agrémentée de frises de feuilles et graines de laurier et d’un panneau central en façade à jeux d’enfants en relief dans le goût de Clodion. Enfin, six pieds en boules aplaties à bandeau fond sablé supportent l’ensemble de l’horloge.

    De proportions monumentales, cette pendule peut être considérée comme une œuvre majeure spécialement ordonnée par un puissant collectionneur parisien dans les premières années du règne de Louis XVI à l’un des meilleurs bronziers parisiens du temps tels que les Osmond ou Jean-Joseph de Saint-Germain. La figure, véritable œuvre sculpturale, n’est pas sans rappeler l’œuvre du sculpteur François Duquesnoy, dit François Flamand, qui déclina ce type d’enfants tout au long de sa carrière. Enfin, relevons particulièrement qu’à notre connaissance la pendule que nous proposons est l’unique exemplaire répertorié de ce modèle, ce qui tend à renforcer l’idée d’une œuvre de commande, développement créatif excessivement rare et couteux au XVIIIe siècle qui nécessitait tout un processus de création tels que dessins, projets et modèles préparatoires en plâtre ou terre cuite destinés à une fonte en bronze de grande qualité.

    Pierre Gavelle (1753 - 1802)

    L’horloger Pierre Gavelle (qui signait « Gavelle l’aîné »), fils de Jean-Jacques Gavelle et frère de Maurice-Jacques Gavelle, également horlogers parisiens, tous trois actifs à Paris dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Après son accession à la maîtrise, le 4 septembre 1771, il travaille dans l’atelier de son père jusqu’en 1787, puis s’installe rue Saint-Denis, avant de déménager rue des Juifs en 1801 (voir Tardy, Dictionnaire des horlogers français, Paris, 1971, p.251). Député de sa corporation en 1785, il connaît une certaine notoriété et quelques-unes de ses pendules sont mentionnées dans les premières décennies du XIXe siècle chez des collectionneurs parisiens de l’époque, notamment chez l’imprimeur Jacques Delatynna et chez Alexandre-Pierre-Louis Deherain, Conseiller à la Cour d’Appel de Paris.



    Edmé-Portail Barbichon

    Edmé-Portail Barbichon était l’un des meilleurs émailleurs de la deuxième partie du XVIIIème siècle. Son nom est associé à ceux des meilleurs horlogers, y compris Ferdinand Berthoud et Charles Bertrand.



    Osmond  -  Dutertre
    Robert Osmond (1711-1789)
    Jean-Baptiste Dutertre (?-1773)

    Importante pendule de cheminée à musique en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat

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    Dans une caisse attribuée à Robert Osmond

    Paris, époque Transition Louis XV-Louis XVI, vers 1770-1775

    Hauteur73 cm Largeur41 cm Profondeur24 cm

    Bibliographie :

    Tardy, La pendule française, 2ème Partie : Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1971, p.251, fig. 3 (illustrée).

     

    Le cadran émaillé blanc, signé « J.B. Dutertre à Paris », indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes par deux aiguilles en cuivre repercé et doré. Le mouvement, à sonnerie des heures et des demi-heures, s’inscrit dans une caisse néoclassique sous la forme d’un vase flanqué de putti entièrement réalisé en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat. Le vase prend la forme d’une urne couverte à anses détachées sommée d’une pomme de pin et décorée notamment de rosaces, de tores et de guirlandes de laurier ; le piédouche est souligné de cannelures torses et ceinturé d’un tore de laurier enrubanné. L’urne, reposant sur une base architecturée ajourée en treillage et ornée de guirlandes de laurier, nœud de ruban, frises d’entrelacs et rosaces, est flanquée de deux jeunes génies dont l’un tient un buste de femme et un marteau, allégorie de la Sculpture, et l’autre un compas et s’accoude sur un chapiteau ionique, allégorie de l’Architecture. La base renferme une musique déclenchée à chaque heure par l’horloge et jouant l’un des dix airs sur un carillon de onze cloches à dix-neuf marteaux. Enfin, l’ensemble de l’horloge est supporté par quatre pieds en boules aplaties.

    Bien que non signée, cette pendule peut être rattachée en toute certitude à l’œuvre de Robert Osmond. En effet, ce dernier créa le modèle vers la fin des années 1760 ou au début de la décennie suivante, puis le déclina pendant deux décennies. Quelques rares autres exemplaires sont connus avec des variantes, particulièrement dans le traitement des deux personnages, citons notamment un premier exemplaire, le cadran signé Berthoud, qui est conservé au Musée des Arts décoratifs à Paris (illustré dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.177, fig. 3.6.5) ; ainsi qu’un deuxième qui appartient aux collections du Musée du Louvre à Paris (reproduit dans D. Alcouffe, A. Dion-Tenenbaum et G. Mabille, Les bronzes d’ameublement du Louvre, Editions Faton, Dijon, 2004, catalogue n°60) ; enfin, un troisième se trouvait anciennement dans la collection Etienne Lévy (voir P. Siguret, Lo Stile Luigi XVI, Milan, 1965, p.122).

    Robert Osmond (1711 - 1789)

    Le bronzier Robert Osmond nait à Canisy, près de Saint-Lô ; il fait son apprentissage dans l’atelier de Louis Regnard, maître fondeur en terre et en sable, devenant maître bronzier à Paris en 1746. On le trouve d’abord rue des Canettes, paroisse St Sulpice, et dès 1761, dans la rue de Mâcon. Robert Osmond devient juré de sa corporation, s’assurant ainsi une certaine protection de ses droits de créateur. En 1753 son neveu quitte la Normandie pour le rejoindre, et en 1761, l’atelier déménage dans la rue de Macon. Le neveu, Jean-Baptiste Osmond (1742-après 1790) est reçu maître en 1764 ; après cette date, il travaille avec son oncle ; leur collaboration fut si étroite qu’il est difficile de distinguer entre les contributions de l’un et de l’autre. Robert Osmond prend sa retraite vers 1775. Jean-Baptiste, qui continue de diriger l’atelier après le départ de son oncle, connaît bientôt des difficultés ; il fait faillite en 1784. Son oncle Robert meurt en 1789.

    Bronziers et ciseleurs prolifiques, les Osmond pratiquaient les styles Louis XV et néoclassiques avec un égal bonheur. Leurs œuvres, appréciées à leur juste valeur par les connaisseurs de l’époque, furent commercialisées par des horlogers et des marchands-merciers. Bien qu’ils aient produit toutes sortes de bronzes d’ameublement, y compris des chenets, des appliques et des encriers, aujourd’hui ils sont surtout connus pour leurs caisses de pendules, comme par exemple celle qui représente le Rapt d’Europe (Musée Getty, Malibu, CA,) dans le style Louis XV, et deux importantes pendules néoclassiques, dont il existe plusieurs modèles, ainsi qu’un vase à tête de lion (Musée Condé de Chantilly et le Cleveland Museum of Art) et un cartel avec rubans ciselés (exemples dans le Stockholm Nationalmuseum et le Musée Nissim de Camondo de Paris). Une pendule remarquable, ornée d’un globe, des amours, et d’une plaque en porcelaine de Sèvres (Louvre, Paris) compte également parmi leurs œuvres importantes.

    D’abord voués au style rocaille, au début des années 1760 ils ont adopté le nouveau style néoclassique, dont ils devinrent bientôt les maîtres. Ils fournirent des boîtes aux meilleurs horlogers de l’époque, y compris Montjoye, pour lequel ils créèrent des boîtes de pendules de cartonnier et de pendules colonne ; la colonne étant l’un des motifs de prédilection de l’atelier Osmond.



    Jean-Baptiste Dutertre (? - 1773)

    Jean-Baptiste Dutertre figure parmi les plus importants horlogers parisiens du deuxième tiers du XVIIIe siècle. Fils d’horloger, il fait enregistrer ses lettres de maîtrise en 1735, prend la direction de l’atelier paternel situé quai des orfèvres et connaît immédiatement une grande notoriété. A l’instar des meilleurs artisans du temps, Dutertre s’entoure des meilleurs bronziers pour la confection des caisses en bronze doré de ses pendules en collaborant avec Jean-Baptiste Osmond et surtout avec Jean-Joseph de Saint-Germain. Parmi sa clientèle figuraient notamment certains grands aristocrates tels les marquis de Marigny et de Béringhen, le duc de Penthièvre et la duchesse de Mazarin, ainsi que quelques riches personnalités proches des milieux de la finance et de la banque, notamment Messieurs Bochart de Saron, Lepelletier de Mortefontaine et Radix de Sainte-Foix, tous d’exceptionnels collectionneurs d’horlogerie.



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    Dubuisson
    Dubuisson (1731-1815)

    Rare pendule de cheminée en bronze très finement ciselé et doré

    « Le baiser donné »

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    Cadran émaillé par Etienne Gobin, dit Dubuisson

    D’après un modèle de Jean-Antoine Houdon

    Paris, époque Louis XVI, vers 1785

    Hauteur46 cm Largeur26 cm Profondeur15 cm

    Le cadran circulaire émaillé, signé « Dubuisson », indique les heures et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles en bronze repercé et doré, ainsi que le quantième par une aiguille en acier ; il s’inscrit dans une caisse néoclassique entièrement réalisée en bronze très finement ciselé et doré. La lunette est flanquée d’écoinçons feuillagés ; le mouvement est renfermé dans une borne « à l’antique » contre laquelle sont adossées deux superbes sirènes dont les mains supportent un entablement, à frises d’enfilages de perles, oves et feuilles stylisées, sur lequel est posé un groupe représentant « Le baiser donné » supporté par un piédouche, agrémenté de quatre colombes et flanqué de deux trépieds tripodes enflammés à cannelures torsadées et mufles de lion retenant des chaînettes dans leurs gueules. L’ensemble repose sur une plinthe, ceinturée d’enfilages de perles et d’une frise de larges feuilles stylisées, portée par une base quadrangulaire à côtés arrondis décorée de courses de feuillages entrelacées et supportée par six pieds toupies également finement ciselés.

    Ce rare modèle de pendules est répertorié dans certains documents anciens du XVIIIe siècle ; ainsi une pendule correspondant probablement au modèle que nous proposons était décrite dans la vente aux enchères de la collection Monsieur Tricot en 1793 : « N°211. Une pendule sonnant les heures et demie-heures et à quantième, par Bourret ; elle est placée dans un socle carré et élevé, surmontée d’une riche corniche à oves et feuilles, soutenue par deux naïades, formant caryatides, se terminant en queue de poisson avec base à feuilles d’eau, à panneaux renfoncés et ornements d’entrelacs, dans un socle de marbre blanc, élevé sur boules ; le haut de la pendule représente le baiser de Marc-Antoine et de Cléopâtre, exécuté par Houdon, élevé sur fût de colonne, enrichi de quatre colombes, et sur les deux côtés, de deux cassolettes. Ce morceau, d’une exécution soignée est supérieurement doré au mat ; le tout sous une cage de verre bombé. Hauteur 17 pouces, largeur 10 pouces ».

    De nos jours, parmi les rares autres pendules de même modèle répertoriées, mentionnons notamment : un premier exemplaire, le cadran signé « Robin à Paris » et reposant sur une base en marbre rouge griotte, qui se trouvait anciennement dans la collection Fabius Frères (illustré dans Tardy, La pendule française, 2ème partie : Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1975, p.255) ; un deuxième, le cadran signé « Bourret à Paris », est reproduit dans Giacomo et Aurélie Wannenes, Les plus belles pendules françaises, de Louis XIV à l’Empire, Editions Polistampa, Florence, 2013, p.245 ; un troisième, également signé Bourret, a fait partie de la collection de la Galerie Jean Gismondi à Paris (paru dans J-D. Augarde, Les ouvriers du Temps, Genève, 1996, p.286, fig.219) ; enfin, citons particulièrement une dernière pendule de ce type qui a la particularité de présenter des figures de sirènes en bronze patiné « à l’antique » et qui appartient aux collections d’horlogerie du Musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg.

    Dubuisson (1731 - 1815)

    Étienne Gobin, dit Dubuisson, est l’un des meilleurs émailleurs parisiens de la fin du XVIIIème siècle et le début du XIXème. Vers le milieu des années 1750 il travaille à la manufacture de Sèvres, établissant par la suite son propre atelier. Il est mentionné dans les années 1790 dans la rue de la Huchette et vers 1812, dans la rue de la Calandre. Spécialisé dans les boîtes de montres et cadrans émaillées, il est réputé pour son habileté exceptionnelle et la représentation de détails.



    Denière
    Jean-François Denière (1774-1866)

    Rare cartel en tableau en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni et bois ou stuc mouluré, sculpté et doré sur panneau de marbre vert de mer

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    Cadran signé par le bronzier Denière

    Paris, époque Empire, vers 1810

    Hauteur43,2 cm Largeur55,3 cm Profondeur14 cm

    Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Denière Fabt de Bronzes à Paris », indique les heures en chiffres romains et les graduations des minutes sur sa bordure extérieure. Le mouvement, à sonnerie des heures et des demi-heures, est renfermé dans une caisse sous la forme d’un tableau entièrement réalisé en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni sur panneau de marbre vert de mer. Le cadran est ceinturé d’une frise de feuilles de lierre et flanqué de deux termes en gaine surmontés de bustes masculins inspirés des masques de théâtre antiques et dont les faces sont ornées de thyrses ponctués d’aigles aux ailes déployées et autour desquels s’enroulent des guirlandes feuillagées ; les deux termes sont reliés entre eux par une guirlande fleurie rythmée de bracelets à motifs de zigzags ; dans la partie-basse, ils reposent sur un entablement à décor de cinq étoiles en applique surmonté  d’une figure allégorique représentant l’Histoire ou la Renommée assise, vêtue « à l’antique » et écrivant sur une tablette avec un stylet. L’ensemble se détache sur un panneau rectangulaire en marbre vert de mer inscrit dans un encadrement quadrangulaire en bois ou stuc mouluré, sculpté et doré à frise alternée de palmettes et fleurons, moulure en cavet et vue soulignée d’une frise de feuilles d’eau.

    Particulièrement prisés tout au long du XVIIIe siècle, les cartels d’appliques deviennent relativement rares sous l’Empire au profit des pendules à sujet plus ou moins directement inspirées de la mythologie classique romaine en lien avec la politique impériale de Napoléon tendant à reconstituer les frontières de l’Empire romain. Ainsi, dans les deux premières décennies du XIXe siècle, sans affirmer que chaque cartel était réalisé sur commande, la plupart ne furent que peu répétés, voire étaient des modèles uniques tel certainement le rare cartel que nous proposons. De nos jours, parmi les modèles connus datant de la même période, citons notamment : un premier exemplaire entièrement en bronze doré présentant une composition en lyre surmontée d’un buste d’Apollon qui est illustré dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age au XXe siècle, Les éditions de l’Amateur, Paris, 1997, p.379 ; ainsi qu’un deuxième en forme de bouclier qui fut livré en 1810 par Lepaute pour le Cabinet topographique du Grand Trianon (voir D. Ledoux-Lebard, Le Grand Trianon, Meubles et objets d’art, Editions de Nobele, Paris, 1975, p.137) ; enfin, mentionnons un dernier cartel de forme ovalisée et proposant un riche décor de bronze se détachant sur un fond en acajou qui est reproduit dans G. et A. Wannenes, Les plus belles pendules françaises de Louis XIV à l’Empire, Editions Polistampa, Florence, 2013, p.370.

    Jean-François Denière (1774 - 1866)

    La signature « Denière » ou « Denière Fabt de Bronzes à Paris » correspond à Jean-François Denière (1774-1866), l’un des plus importants bronziers parisiens des dernières années du XVIIIe siècle et des premières décennies du siècle suivant. En l’espace de quelques années, il devient l’un des plus importants pourvoyeurs de bronzes d’ameublement en travaillant pour le Garde-Meuble impérial ; parallèlement, il se compose une riche clientèle privée et fonde, jusqu’en 1820, une association avec François-Thomas Matelin qui lui permet de participer à la décoration de la plupart des palais et châteaux impériaux en livrant des bronzes d’ameublement et des pendules par l’intermédiaire de certains de leurs confrères bronziers.



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    Lepaute  -  Osmond
    Jean-André et Jean-Baptiste Lepaute
    Robert Osmond (1711-1789)

    Rare pendule-vase néoclassique en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou l’or bruni

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    Mouvement signé par Jean-Baptiste Lepaute

    Dans une caisse attribuée à Robert Osmond

    Paris, époque Transition Louis XV-Louis XVI, vers 1770

    Hauteur46,5 cm Largeur19 cm ProfondeurBase 19,8 cm x 19,8 cm

    Elle indique, sur des cartouches émaillés, les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes sur deux cadrans tournants superposés rythmés de motifs en losanges centrés de quartefeuilles. Le mouvement est renfermé dans une caisse néoclassique sous la forme d’un vase balustre entièrement réalisée en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni. L’amortissement est formé d’une pomme de pin autour de laquelle s’enroule la queue d’un serpent dont la tête se termine en dard servant de marqueur horaire. Les anses détachées « à la grecque » se rattachent aux prises latérales en mufles de lion tenant des anneaux mobiles dans leurs gueules. La panse moulurée est encadrée d’une frise d’entrelacs dans sa partie haute et de larges feuilles d’eau en bouquet ceinturant le culot dans sa partie basse ; le piédouche évasé est souligné d’une bague et d’un tore de lauriers enrubannés. L’ensemble repose sur une plinthe carrée, proposant l’ajustement de l’avance/retard, décorée de larges guirlandes de lauriers retenues par des rubans noués et supportée par un tronçon de colonne à cannelures foncées d’asperges, l’une dissimulant le trou de remontage ; la base en cavet est encadrée de joncs noués et tore de lauriers ; enfin, un contre-socle quadrangulaire, à terrasse à angles en réserves amaties et portant la signature « Lepaute », supporte l’ensemble de la composition.

    Le modèle des pendules en forme de vase « à l’antique » fut créé à Paris dans les premières années de la seconde moitié du XVIIIe siècle et connut immédiatement un immense succès auprès des grands amateurs du temps. Il permettait d’intégrer à l’œuvre un cadran à cercles tournants particulièrement élégant qui rompait avec la tradition des cadrans circulaires émaillés, jugés par certains collectionneurs trop classiques. De nos jours, de nombreux modèles de pendules de ce type sont connus, mais seuls quelques-uns offrent un dessin parfaitement harmonieux et équilibré tel l’exemplaire présenté. Ainsi, pour des exemples de pendules-vases réalisées dans le même goût que celle que nous proposons, voir notamment : un premier modèle, en forme de vase sur colonne tronquée, réalisé par le fondeur Robert Osmond et l’horloger Lepaute en 1770, qui est illustré dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Band I, Editions Klinkhardt & Biermann, Munich, 1986, p. 194 ; ainsi qu’un deuxième qui fait partie des collections du Musée des Arts Décoratifs à Paris (voir P. Jullian, Le style Louis XVI, Editions Baschet et Cie, Paris, 1983, p.121, fig.4) ; enfin,  mentionnons particulièrement une dernière pendule de ce type qui est conservée au Musée du Petit Palais à Paris parue dans Tardy, La pendule française, Des origines à nos jours, 2ème partie : Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1974, p. 289, fig.3.

    Jean-André et Jean-Baptiste Lepaute

    « Lepaute Horloger du Roi à Paris »: Cette signature correspond à la collaboration de deux frères, Jean-André Lepaute (1720-1789) et Jean-Baptiste Lepaute (1727-1802), tous deux nommés horlogers du Roi et qui connurent une carrière hors du commun.

    Jean-André, né à Thonne-la-Long en Lorraine, vint à Paris en tant que jeune homme et fut rejoint par son frère en 1747. Leur entreprise, créée de fait en 1750, fut formellement fondée en 1758. Reçu maître par la corporation des horlogers en 1759, Jean-André fut d’abord logé au Palais du Luxembourg and ensuite, en 1756, aux Galeries du Louvre. Jean-André Lepaute a écrit un Traité d’Horlogerie, publié à Paris in 1755. Un petit volume, Description de plusieurs ouvrages d’horlogerie apparut en 1764. En 1748 il épousa la mathématicienne et l’astronome Nicole-Reine Etable de la Brière, qui prédit, entre autres, le retour de la comète Halley.

    Jean-Baptiste Lepaute, reçu maître en décember 1776, fut connu pour l’horloge à équation du temps qu’il construisit pour l’Hôtel de ville de Paris (1780, détruite par l’incendie de 1871) et celle de l’Hôtel des Invalides.

    Ils travaillèrent notamment, en France, pour le Garde-Meuble de la Couronne et les plus grands amateurs de l’époque, à l’étranger, pour le prince Charles de Lorraine et la reine Louise-Ulrique de Suède.

    Jean-Baptiste reprit la direction de l’atelier lors de la retraite de son frère Jean-André en 1775.



    Robert Osmond (1711 - 1789)

    Le bronzier Robert Osmond nait à Canisy, près de Saint-Lô ; il fait son apprentissage dans l’atelier de Louis Regnard, maître fondeur en terre et en sable, devenant maître bronzier à Paris en 1746. On le trouve d’abord rue des Canettes, paroisse St Sulpice, et dès 1761, dans la rue de Mâcon. Robert Osmond devient juré de sa corporation, s’assurant ainsi une certaine protection de ses droits de créateur. En 1753 son neveu quitte la Normandie pour le rejoindre, et en 1761, l’atelier déménage dans la rue de Macon. Le neveu, Jean-Baptiste Osmond (1742-après 1790) est reçu maître en 1764 ; après cette date, il travaille avec son oncle ; leur collaboration fut si étroite qu’il est difficile de distinguer entre les contributions de l’un et de l’autre. Robert Osmond prend sa retraite vers 1775. Jean-Baptiste, qui continue de diriger l’atelier après le départ de son oncle, connaît bientôt des difficultés ; il fait faillite en 1784. Son oncle Robert meurt en 1789.

    Bronziers et ciseleurs prolifiques, les Osmond pratiquaient les styles Louis XV et néoclassiques avec un égal bonheur. Leurs œuvres, appréciées à leur juste valeur par les connaisseurs de l’époque, furent commercialisées par des horlogers et des marchands-merciers. Bien qu’ils aient produit toutes sortes de bronzes d’ameublement, y compris des chenets, des appliques et des encriers, aujourd’hui ils sont surtout connus pour leurs caisses de pendules, comme par exemple celle qui représente le Rapt d’Europe (Musée Getty, Malibu, CA,) dans le style Louis XV, et deux importantes pendules néoclassiques, dont il existe plusieurs modèles, ainsi qu’un vase à tête de lion (Musée Condé de Chantilly et le Cleveland Museum of Art) et un cartel avec rubans ciselés (exemples dans le Stockholm Nationalmuseum et le Musée Nissim de Camondo de Paris). Une pendule remarquable, ornée d’un globe, des amours, et d’une plaque en porcelaine de Sèvres (Louvre, Paris) compte également parmi leurs œuvres importantes.

    D’abord voués au style rocaille, au début des années 1760 ils ont adopté le nouveau style néoclassique, dont ils devinrent bientôt les maîtres. Ils fournirent des boîtes aux meilleurs horlogers de l’époque, y compris Montjoye, pour lequel ils créèrent des boîtes de pendules de cartonnier et de pendules colonne ; la colonne étant l’un des motifs de prédilection de l’atelier Osmond.



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    Moinet  -  Thomire
    Louis Moinet ou Moynet (1768-1853)
    Pierre-Philippe Thomire (1757-1843)

    Exceptionnelle garniture de cheminée en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat ou à l’or bruni et marbre noir

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    Le mouvement signé « Moinet l’aîné »

    Les bronzes attribués à Pierre-Philippe Thomire

    Paris, époque Empire, vers 1810

    Pendule :
    Hauteur71 cm Largeur29 cm DiamètreBase 25,3 x 25,3 cm
    Vases :
    Hauteur54 cm Largeur23,5 cm DiamètreBase 18 x 18 cm

    Provenance :

    Vente à Paris, Palais Galliera, Maîtres Laurin-Guilloux-Buffetaud, le 21 juin 1974, lot 59.

     

    Entièrement réalisée en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat ou l’or bruni et marbre noir, cette garniture est composée d’un vase central formant pendule et de deux vases latéraux à panses ovoïdes. La pendule présente un guichet en médaillon dans une couronne fleurie indiquant sur deux cadrans tournants en métal argenté les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes ; le mouvement est signé « Moinet l’aîné ». La lèvre est ceinturée d’une frise de feuilles nervurées ; le col est à motifs en applique de fleurons et rinceaux encadrés d’oiseaux affrontés becquetant des graines ; la panse, à bagues unie ou en joncs, est agrémentée de médaillons à rosaces flanqués de fleurons et rinceaux et d’une superbe frise « à l’antique » représentant des bacchantes dansant ; le culot à larges feuilles alternées de tigettes à fleurettes ; le piédouche évasé à rang de feuilles d’eau stylisées. Les anses détachées, à réserves à guirlandes fleuries et feuillagées, sont rattachées à la panse par des têtes féminines émergeant de palmettes et au col par des médaillons centrés de profils néoclassiques. L’ensemble repose sur une base quadrangulaire à motifs de thyrses autour desquels s’enroulent des pampres de vigne et des serpents encadrant des corbeilles de vannerie chargées de fruits ; la partie basse en doucine est ornée de feuilles d’eau ; enfin, un contre-socle carré supporte l’horloge. Les deux vases latéraux au modèle de la pendule sont richement agrémentés de motifs en applique de palmettes, crosses, fleurons et torchères en arabesques flanquées de figures féminines agenouillées nouant des rubans ; les anses détachées légèrement sinueuses, soulignées de légers feuillages et à réserves à fond amati, se rattachent aux cols par des médaillons centrés de têtes féminines dans des couronnes. Les vases reposent sur des piédouches à larges feuilles d’eau nervurées, eux-mêmes supportés par des bases carrées en marbre noir posées sur des socles quadrangulaires ceinturés de doucines à frises de feuilles alternées de tigettes.

    Relativement proche de certaines réalisations du bronzier parisien Claude Galle, notamment d’un modèle de pendule-vase décliné par cet artisan vers 1810 et dont un exemplaire est conservé au Grand Trianon (voir H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Band I ; Munich, 1986, p.365, fig.5.12.12), tandis qu’un second est exposé au Musée de Capodimonte à Naples (illustré dans A. Gonzales-Palacios, Il Gusto dei Principi, Arte di corte del XVIIe e del XVIIIe secolo, Milan, 1993, p.74, fig.127), l’exceptionnelle garniture que nous proposons peut être rattachée sans équivoque à l’œuvre de Pierre-Philippe Thomire, le plus talentueux bronzier parisien des dernières années du XVIIIe siècle et des premières décennies du siècle suivant.

    En effet, la composition originale de la pendule se retrouve à l’identique, avec toutefois une variante dans le traitement des anses, sur un type de pendule-vase dit « aux commères » créé par Thomire vers 1805-1810 et dont quelques rares modèles sont connus, citons notamment un premier exemplaire entièrement en bronze doré qui fait partie des collections royales espagnoles (reproduit dans J. Ramon Colon de Carvajal, Catalogo de relojes del Patrimonio nacional, Madrid, 1987,  p.164, catalogue 142) ; ainsi qu’un second, associant bronze doré et patiné et signé « Louis Moinet », qui est exposé à la Fondation David Roche à Melbourne et fut commandé vers 1810 par Ernst-Auguste prince de Hanovre (paru dans J. Russel et R. Cohn, French Empire Mantel Clock, Editions Bookvika, 2012, p.8).

    Enfin, relevons qu’un modèle de vase identique à ceux qui encadrent la pendule proposée, avec toutefois également de légères variantes dans les bases, est illustré dans un catalogue entièrement dédié à l’œuvre de Pierre-Philippe Thomire conservée en Russie (voir A.N. Voronikhina, Dekorativnaia bronza Pera-Filippa Tomira (1751-1843), Leningrad, Musée de l’Hermitage, 1984).

    Louis Moinet ou Moynet (1768 - 1853)

    Est l’un des plus importants horlogers parisiens des premières décennies du XIXe siècle. Né à Bourges, Moinet se distingue très jeune par sa passion pour l’horlogerie et remporte de nombreux premiers prix lors de concours. Passionné également par la peinture et le dessin, il part en Italie pendant plusieurs années pour étudier l’Antiquité classique ; à son retour en France, il s’installe à Paris et est nommé professeur à l’Académie des Beaux-Arts au Louvre. Membre de plusieurs sociétés savantes et artistiques, il se lie d’amitié ou collabore avec quelques-uns des meilleurs artistes, artisans et scientifiques de l’époque. Sa passion pour l’horlogerie prend rapidement le dessus sur la peinture et Moinet se concentre exclusivement sur l’étude pratique et théorique de l’horlogerie, inventant notamment le premier chronographe en 1816, alors que dix ans plus tôt il concevait une horloge-automate pour l’Empereur sur laquelle Napoléon et Joséphine sont couronnés lorsque la boîte à musique est actionnée. Il réalise également des œuvres pour le Prince Murat et le Maréchal Ney, puis sa notoriété dépasse les frontières de la France et Moinet conçoit des pendules pour les présidents américains Thomas Jefferson et James Monroe, ainsi que pour le roi d’Angleterre George IV. A l’heure actuelle, les pendules sorties de son atelier sont toutes considérées comme réalisées en collaboration avec Pierre-Philippe Thomire avec lequel l’horloger dû avoir une relation commerciale et amicale privilégiée.



    Pierre-Philippe Thomire (1757 - 1843)

    Pierre-Philippe Thomire est le plus important bronzier parisien du dernier quart du XVIIIe siècle et des premières décennies du siècle suivant. À ses débuts, il travaille pour Pierre Gouthière, ciseleur-fondeur du roi, puis collabore dès le milieu des années 1770 avec Louis Prieur. Il devient ensuite l’un des bronziers attitrés de la manufacture royale de Sèvres, travaillant au décor de bronze de la plupart des grandes créations du temps. Après la Révolution, il rachète le fonds de commerce de Martin-Eloi Lignereux et devient le plus grand pourvoyeur de bronzes d’ameublement pour les châteaux et palais impériaux. Parallèlement, il travaille pour une riche clientèle privée française et étrangère parmi laquelle figure notamment quelques maréchaux de Napoléon. Enfin, il se retire des affaires en 1823.



    Thomire
    Pierre-Philippe Thomire (1757-1843)

    Rare et importante garniture de cheminée dite « aux putti assis à califourchon » en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat ou à l’or bruni

    Garniture001-06_BD_MAIL

    Attribuée à Pierre-Philippe Thomire

    Paris, époque Directoire-Consulat, vers 1800

    Pendule :
    Hauteur54,5 cm LargeurBase 22,6 x 22,6 cm Diamètre27,5 cm
    Vases :
    Hauteur45 cm LargeurBase 19,4 x 19,4 cm Diamètre22 cm

    Entièrement réalisée en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat ou l’or bruni, cette garniture est composée d’un vase central formant pendule et de deux vases latéraux. La pendule présente un cadran émaillé blanc, indiquant les heures, les minutes par tranches de quinze et les quantièmes du mois en chiffres arabes par trois aiguilles, dont deux en cuivre repercé et doré. Le mouvement, à sonnerie des heures et des demi-heures, est renfermé dans une caisse sous la forme d’un vase « Médicis » simulé entièrement réalisé en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat ou à l’or bruni. La lèvre est formée d’une frise alternée de palmettes stylisées et feuilles de chêne à jeux de crosses ; le cadran est souligné, dans sa partie haute, de guirlandes fleuries et feuillagées enrubannées, dans sa partie basse, d’une tête flanquée d’ailes déployées ; les prises en crosses à enroulements servent de supports à deux enfants assis à califourchon qui retiennent des guirlandes de feuillages s’épanouissant sur la panse et nouées par des pastilles ; le culot à larges acanthes et palmettes ; le piédouche, à bague à motifs stylisés et tore de feuilles et graines de lauriers enrubanné, repose sur un entablement à degrés, lui-même supporté par une base quadrangulaire à motifs de doubles losanges renfermant des rosaces, palmettes et griffons contrariés ; enfin, l’ensemble est posé sur un contre-socle à doucine à frise de lambrequins à feuilles d’eau alternés de feuillages. Les deux vases latéraux réalisés « au modèle » de la pendule se caractérisent principalement par leurs panses à bandeau néoclassique représentant sur leurs pourtours des nymphes ou bacchantes dansant en se donnant la main.

    L’originalité de sa composition, particulièrement les putti assis à califourchon sur les prises, ainsi que la qualité exceptionnelle de sa ciselure et de sa dorure sont caractéristiques des créations parisiennes les plus abouties des toutes dernières années du XVIIIe siècle ou des toutes premières du siècle suivant. Présentant quelques réminiscences des modèles Louis XVI, notamment ces superbes tores ceinturant les piédouches ou ces guirlandes tombantes fleuries et feuillagées, elle possède déjà dans certains aspects du traitement de sa ciselure et dans les motifs des bases l’esprit des grandes créations de l’époque Empire ; ce mélange harmonieux et équilibré de deux styles est typique d’une époque de transition artistique et décorative dans la décennie charnière du passage du XVIIIe au XIXe siècle qui définit l’époque Directoire-Consulat. Au cours de cette période, un bronzier s’illustre tout particulièrement par son talent et son génie créateur : Pierre-Philippe Thomire, artisan de tout premier plan à qui nous attribuons la garniture proposée. En effet, la signature de Thomire apparaît sur un rare vase « Médicis » en bronze doré et patiné dont la lèvre est traitée dans le même esprit et dont la panse présente une frise « à l’antique » réalisée dans le même goût ; appartenant au Musée des Arts décoratifs de Budapest, ce vase est illustré dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.362, fig.5.12.3.

    Pierre-Philippe Thomire (1757 - 1843)

    Pierre-Philippe Thomire est le plus important bronzier parisien du dernier quart du XVIIIe siècle et des premières décennies du siècle suivant. À ses débuts, il travaille pour Pierre Gouthière, ciseleur-fondeur du roi, puis collabore dès le milieu des années 1770 avec Louis Prieur. Il devient ensuite l’un des bronziers attitrés de la manufacture royale de Sèvres, travaillant au décor de bronze de la plupart des grandes créations du temps. Après la Révolution, il rachète le fonds de commerce de Martin-Eloi Lignereux et devient le plus grand pourvoyeur de bronzes d’ameublement pour les châteaux et palais impériaux. Parallèlement, il travaille pour une riche clientèle privée française et étrangère parmi laquelle figure notamment quelques maréchaux de Napoléon. Enfin, il se retire des affaires en 1823.



    Lépine
    Jean Antoine I Lépine (1720-1814)

    Rare pendule de cheminée en bronze très finement ciselé et doré représentant « Le couronnement de l’Amour par les Grâces »

    Pendule413-06_HD_WEB

    Paris, époque Louis XVI, vers 1785

    Hauteur60 cm Largeur51 cm Profondeur24 cm

    Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Lepine Hger du Roy », indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes par deux aiguilles en cuivre repercé et doré. Le mouvement, à sonnerie des heures et des demi-heures, s’inscrit dans une caisse entièrement réalisée en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat. La lunette est encadrée de deux branchages d’olivier retenus par un ruban ; le corps de la pendule prend la forme d’un vase néoclassique, à col cannelé, frise de feuillages et culot ou piédouche à larges feuilles d’acanthe ou bague godronnée, qui s’inscrit dans un entablement architecturé à réserves unies et fleurons alternés dans des encadrements d’enfilages de perles. L’amortissement est formé d’un large bouquet fleuri et feuillagé, dont des branchages retombent sur les côtés et sont retenus par jeunes femmes assises et légèrement drapées « à l’antique », dont l’une tend une couronne de roses à Cupidon figuré devant elle et lui tendant les bras. L’ensemble repose sur une base quadrangulaire, à côtés arrondis et décrochements, ceinturée de perles en enfilage et agrémentée latéralement de courses de rinceaux encadrant un panneau en léger relief représentant des putti allégoriques occupés aux Arts et aux Sciences. Enfin, quatre pieds à tores de lauriers supportent l’ensemble de l’horloge.

    D’une très belle qualité de ciselure et de dorure, ce modèle de pendules ne fut décliné qu’à de très rares exemplaires dans le dernier quart du XVIIIe siècle, avec parfois quelques variantes, notamment dans les matériaux et le traitement du décor de la base.

    Ainsi, parmi les rares pendules connues répertoriées, citons un premier modèle qui est illustré dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age à nos jours, Paris, 1997, p.256 ; ainsi qu’un deuxième qui est exposé au Victoria & Albert Museum à Londres (paru dans Tardy, La pendule française, 2ème Partie : Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1975, p.250) ; enfin, une dernière pendule de ce type appartient aux collections du Mobilier national en dépôt au Musée national du Château de Fontainebleau (reproduite dans E. Dumonthier, Les bronzes du Mobilier national, Pendules et cartels, Editions Massin, Paris, vers 1911, planche 23).

    Jean Antoine I Lépine (1720 - 1814)

    Jean-Antoine Ier Lépine, qui signait ses œuvres « Lepine Hger du Roi/A Paris », est l’un des plus importants horlogers parisiens de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Dans un premier temps, Lépine travaille en tant qu’ouvrier libre, puis il fait enregistrer ses lettres de maîtrise le 13 mars 1762 et reprend le fonds de commerce de son confrère Caron, alors portant le titre privilégié d’Horloger du Roi et du Garde-Meuble de la Couronne. Installé rue Saint-Denis en 1756, place Dauphine en 1772, rue des Fossés Saint-Germain-l’Auxerrois en 1777, puis rue des Vieux-Augustins au moment des troubles révolutionnaires, l’atelier de Lépine est l’un des plus productifs et des plus réputés du règne de Louis XVI. Au moment de la Révolution, un inventaire des pendules appartenant au Garde-Meuble de la Couronne et à la famille royale fut dressé ne dénombrant pas moins de trente-deux modèles de l’horloger. Parallèlement à cette production destinée au Roi et à son entourage, Lépine réalisa de nombreuses pièces d’horlogerie de luxe pour les plus grands amateurs de l’époque, notamment pour le prince Charles de Lorraine et pour le marquis de Montesquieu.



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