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Époques : Louis XVI

  • Cousin
    Joseph-Simon Cousin (1754-vers 1790)

    Rare pendule de cheminée en bronze ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni et marbre blanc de Carrare

    « La pagode chinoise »

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    Paris, époque Louis XVI, vers 1780

    Hauteur67 cm Largeur33 cm Profondeur22 cm

    Provenance :

    – Vente à Paris, Hôtel George V, Maîtres Ader-Picard-Tajan, le 5 décembre 1989, lot 195.

     

    Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Cousin H. De. M. C. D’Artois », indique les heures en chiffres romains, ainsi que les minutes par tranches de cinq et les quantièmes du mois en chiffres arabes par trois aiguilles, dont deux en cuivre repercé et doré. Le mouvement s’inscrit dans une superbe caisse architecturée en forme de pagode chinoise entièrement réalisée en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni et marbre blanc statuaire. La pagode est à deux niveaux, le premier est composé de quatre colonnettes, encadrant le balancier à masque solaire et à décor de feuillages ou dés à motifs gravés, supportant un entablement en forme de toit à degrés foncés de frises perlées ou cordelettes torsadées, les angles agrémentés de dragons tenant des pendentifs dans leurs gueules.  La terrasse, soulignée dans le bas d’une frise géométrique découpée à clochettes et dans le haut d’une balustrade à cercles imbriqués, présente quatre colonnettes, à feuillages et cannelures torses, flanquant le mouvement et supportant le recouvrement, à fleurons, cordelettes, draperies à franges, clochettes, méandres et enfilages de perles, terminé par une figure chinoise assise sur un coussin et tenant un parasol à clochettes ou olives. L’ensemble repose sur une base quadrangulaire à angles arrondis en ressaut entourée d’une balustrade, à motifs circulaires et crucifères soulignée de perles, sur la terrasse de laquelle sont assises deux figures chinoises ; enfin, quatre pieds « toupies » à bandeaux moletés supportent l’horloge.

    Réalisée dans le goût de la Chine, cette rare pendule de cheminée s’inscrit dans la continuité des objets d’art français créés au XVIIIe siècle pour marquer l’admiration des grands amateurs parisiens pour les objets venus d’Orient, essentiellement de la Chine et du Japon. Cette mode dérivait librement des créations françaises de la fin du XVIIe ou du début du siècle suivant qui faisaient suite à l’entrevue de Louis XIV et des ambassadeurs du roi de Siam en 1686, rencontre au cours de laquelle les représentants étrangers, missionnés par leur monarque, offrirent de nombreux présents au Roi Soleil. Cela suscita immédiatement un exceptionnel engouement pour les objets venus d’Orient et eut pour principale conséquence, la création d’objets imitant des décors orientaux ou représentant des motifs et des figures inspirés directement de ces contrées lointaines. La pendule que nous proposons fut réalisée dans ce contexte particulier ; elle est relativement proche d’un modèle réalisé à la même époque, figurant une pagode soutenue par des palmiers sous laquelle est un Chinois assis, dont un exemplaire est conservé au Musée Nissim de Camondo à Paris, tandis qu’un second est illustré dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age au XXe siècle, Paris, 1997, p.282. A l’heure actuelle, le bronzier qui créa le modèle est inconnu ; toutefois, relevons que certains motifs, particulièrement les frises géométriques découpées animées de clochettes ou d’olives, ne sont pas sans rappeler le travail du célèbre bronzier parisien François Rémond sur un exceptionnel écritoire en laque du Japon commandé vers 1785 par Marie-Antoinette (voir le catalogue de l’exposition Marie-Antoinette, Galeries nationales du Grand Palais, Paris, 2008, p.199, catalogue n°140).

     

    De nos jours, parmi les rares pendules connues de modèle identique à celle proposée, mentionnons notamment : un premier exemplaire qui est conservé dans la collection de Susan et John Gutfreund à New York (voir E. Evans Eerdmans, Henri Samuel, Master of the French Interior, New York, 2018, p.208) ; ainsi qu’un deuxième, le cadran signé « Gavelle l’aîné » et ayant la particularité d’être orné d’un groupe en biscuit de Locré, qui est reproduit dans G. et A. Wannenes, Les plus belles pendules françaises, De Louis XIV à l’Empire, Florence, 2013, p.288 ; enfin, citons particulièrement une dernière pendule de ce modèle « à la pagode chinoise » qui est conservée dans les collections royales anglaises, anciennement dans la collection de la Reine mère (parue dans C. Jagger, Royal Clocks, The British Monarchy & its Timekeepers 1300-1900, Londres, 1983, p.138, fig.188).

    Joseph-Simon Cousin (1754 - vers 1790)

    Joseph-Simon Cousin est l’un des plus importants horlogers parisiens du dernier tiers du XVIIIe siècle. Après ses années d’apprentissage chez Pierre-Laurent Gautrin, il est reçu maître horloger le 5 juin 1778 et installe son atelier rue de Harlay. Il rencontre rapidement une grande notoriété et reçoit le titre convoité d’Horloger de Monseigneur le Comte d’Artois, frère de Louis XVI.



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    Rémond
    François Rémond (vers 1747-1812)

    Rare paire de flambeaux dits « en balustre » en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni

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    Attribuée à François Rémond

    Paris, époque Louis XVI, vers 1785

    Hauteur27.5 cm Diamètre14.3 cm

    Provenance :

    – ancienne collection des princes de Beauvau-Craon.

     

    Entièrement réalisé en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni, chaque flambeau présente un fût « en balustre », émergeant d’un bouquet feuillagé à fleurons, souligné de cannelures torses et d’enfilages de perles attachées à des pastilles ; ce fût supporte un binet à bandeau à courses de feuilles d’olivier et une bobèche ceinturée d’une cordelette torsadée. L’ensemble repose sur un piédouche évasé à bague godronnée porté par un culot en doucine de forme campane, à larges feuilles d’acanthe et tigettes à graines se détachant sur des fonds amatis, lui-même posé sur une base circulaire à frise perlée et courses de feuilles et graines d’olivier ou de laurier encadrées de moulures unies.

    La composition particulièrement originale de cette rare paire de grands flambeaux nous permet de la faire figurer parmi les créations de luminaires les plus élaborés du règne de Louis XVI. Leur dessin et leurs éléments décoratifs rappellent étonnamment certains motifs ornementaux, tels que balustres, enfilages de perles en chutes et feuilles d’acanthe, que nous retrouvons sur un modèle de fauteuil du menuisier Jean-Baptiste-Claude Séné livré en 1787 pour le Grand Cabinet de la reine Marie-Antoinette au Château de Saint-Cloud et qui appartient de nos jours aux collections du Musée du Louvre (paru dans Bill G.B. Pallot, Le mobilier du Musée du Louvre, Tome 2, Editions Faton, Dijon, 1993, p.163, catalogue n°57). Leur qualité exceptionnelle de ciselure et de dorure reflète l’intervention d’un ciseleur-doreur de tout premier plan : François Rémond, artisan parisien qui travaillait exclusivement pour Dominique Daguerre, le plus grand marchand d’objets de luxe de son époque.

    De nos jours, parmi les rares paires de flambeaux identiques répertoriés, citons particulièrement : une première paire qui a fait partie de la collection Dillée (vente Sotheby’s, Paris, Galerie Charpentier, les 18-19 mars 2015, lot 74) ; ainsi qu’une seconde qui a été proposée aux enchères chez Sotheby’s, à New York, le 22 octobre 1965, lot 211 ; enfin, mentionnons une dernière paire de ce type qui se trouvait anciennement dans la collection de Sigismond Bardac (vente à Paris, Galerie Georges Petit, Me Lair-Dubreuil, les 10-11 mai 1920, lot 72).

    François Rémond (vers 1747 - 1812)

    À l’instar de Pierre Gouthière, François Rémond est l’un des plus importants artisans ciseleurs-doreurs parisiens du dernier tiers du XVIIIe siècle. Il débute son apprentissage en 1763 et obtient ses lettres de maîtrise en 1774. Immédiatement son talent lui permet de se composer une riche clientèle parmi laquelle figuraient notamment certaines personnalités de la Cour. Mais surtout François Rémond, par l’intermédiaire du marchand-mercier Dominique Daguerre, participe à l’ameublement de la plupart des grands collectionneurs de la fin du XVIIIe siècle en fournissant des caisses de pendules, des chenets, des candélabres…toujours d’une très grande qualité d’exécution et aux compositions particulièrement raffinées et novatrices qui firent sa notoriété.



    Gavelle
    Pierre Gavelle (1753-1802)
    Edmé-Portail Barbichon

    Exceptionnelle pendule monumentale en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat ou à l’or bruni

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    Paris, époque Louis XVI, vers 1775-1785

    Hauteur90 cm Largeur46 cm Profondeur29 cm

    Provenance :

    – Vente à Paris, collection de Mademoiselle X…, Maître Lair-Dubreuil, Hôtel Drouot, 3-7 mars 1913, lot 367.

    – Collection de Monsieur Antonio de Sommer Champalimaud (1918-2004), Lisbonne.

     

    Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Gavelle l’aîné à Paris », indique les heures et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles en cuivre repercé et doré ; il marque également les secondes par une trotteuse centrale et porte la signature de l’émailleur Edmé Portail Barbichon, l’un des principaux concurrents de ses confrères Joseph Coteau et Dubuisson. Le mouvement, à sonnerie des heures et des demi-heures, s’inscrit dans une boîte circulaire soulignée de perles en enfilage et noué d’un drapé noué. Il est supporté par un superbe putto légèrement drapé représenté dans une attitude en contrapposto inspirée de la Renaissance florentine ; à ses pieds sont deux ouvrages. En opposition de l’enfant, se trouve une colonne cannelée, à base à tore de lauriers enrubanné et chapiteau à oves, supportant un globe terrestre pris dans des nuées ; aux pieds de la colonne, sont posés un parchemin, une équerre et un compas. L’ensemble est supporté par une base à ressaut ceinturée d’un cavet mouluré et agrémentée de frises de feuilles et graines de laurier et d’un panneau central en façade à jeux d’enfants en relief dans le goût de Clodion. Enfin, six pieds en boules aplaties à bandeau fond sablé supportent l’ensemble de l’horloge.

    De proportions monumentales, cette pendule peut être considérée comme une œuvre majeure spécialement ordonnée par un puissant collectionneur parisien dans les premières années du règne de Louis XVI à l’un des meilleurs bronziers parisiens du temps tels que les Osmond ou Jean-Joseph de Saint-Germain. La figure, véritable œuvre sculpturale, n’est pas sans rappeler l’œuvre du sculpteur François Duquesnoy, dit François Flamand, qui déclina ce type d’enfants tout au long de sa carrière. Enfin, relevons particulièrement qu’à notre connaissance la pendule que nous proposons est l’unique exemplaire répertorié de ce modèle, ce qui tend à renforcer l’idée d’une œuvre de commande, développement créatif excessivement rare et couteux au XVIIIe siècle qui nécessitait tout un processus de création tels que dessins, projets et modèles préparatoires en plâtre ou terre cuite destinés à une fonte en bronze de grande qualité.

    Pierre Gavelle (1753 - 1802)

    L’horloger Pierre Gavelle (qui signait « Gavelle l’aîné »), fils de Jean-Jacques Gavelle et frère de Maurice-Jacques Gavelle, également horlogers parisiens, tous trois actifs à Paris dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Après son accession à la maîtrise, le 4 septembre 1771, il travaille dans l’atelier de son père jusqu’en 1787, puis s’installe rue Saint-Denis, avant de déménager rue des Juifs en 1801 (voir Tardy, Dictionnaire des horlogers français, Paris, 1971, p.251). Député de sa corporation en 1785, il connaît une certaine notoriété et quelques-unes de ses pendules sont mentionnées dans les premières décennies du XIXe siècle chez des collectionneurs parisiens de l’époque, notamment chez l’imprimeur Jacques Delatynna et chez Alexandre-Pierre-Louis Deherain, Conseiller à la Cour d’Appel de Paris.



    Edmé-Portail Barbichon

    Edmé-Portail Barbichon était l’un des meilleurs émailleurs de la deuxième partie du XVIIIème siècle. Son nom est associé à ceux des meilleurs horlogers, y compris Ferdinand Berthoud et Charles Bertrand.



    Dubuisson
    Dubuisson (1731-1815)

    Rare pendule de cheminée en bronze très finement ciselé et doré

    « Le baiser donné »

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    Cadran émaillé par Etienne Gobin, dit Dubuisson

    D’après un modèle de Jean-Antoine Houdon

    Paris, époque Louis XVI, vers 1785

    Hauteur46 cm Largeur26 cm Profondeur15 cm

    Le cadran circulaire émaillé, signé « Dubuisson », indique les heures et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles en bronze repercé et doré, ainsi que le quantième par une aiguille en acier ; il s’inscrit dans une caisse néoclassique entièrement réalisée en bronze très finement ciselé et doré. La lunette est flanquée d’écoinçons feuillagés ; le mouvement est renfermé dans une borne « à l’antique » contre laquelle sont adossées deux superbes sirènes dont les mains supportent un entablement, à frises d’enfilages de perles, oves et feuilles stylisées, sur lequel est posé un groupe représentant « Le baiser donné » supporté par un piédouche, agrémenté de quatre colombes et flanqué de deux trépieds tripodes enflammés à cannelures torsadées et mufles de lion retenant des chaînettes dans leurs gueules. L’ensemble repose sur une plinthe, ceinturée d’enfilages de perles et d’une frise de larges feuilles stylisées, portée par une base quadrangulaire à côtés arrondis décorée de courses de feuillages entrelacées et supportée par six pieds toupies également finement ciselés.

    Ce rare modèle de pendules est répertorié dans certains documents anciens du XVIIIe siècle ; ainsi une pendule correspondant probablement au modèle que nous proposons était décrite dans la vente aux enchères de la collection Monsieur Tricot en 1793 : « N°211. Une pendule sonnant les heures et demie-heures et à quantième, par Bourret ; elle est placée dans un socle carré et élevé, surmontée d’une riche corniche à oves et feuilles, soutenue par deux naïades, formant caryatides, se terminant en queue de poisson avec base à feuilles d’eau, à panneaux renfoncés et ornements d’entrelacs, dans un socle de marbre blanc, élevé sur boules ; le haut de la pendule représente le baiser de Marc-Antoine et de Cléopâtre, exécuté par Houdon, élevé sur fût de colonne, enrichi de quatre colombes, et sur les deux côtés, de deux cassolettes. Ce morceau, d’une exécution soignée est supérieurement doré au mat ; le tout sous une cage de verre bombé. Hauteur 17 pouces, largeur 10 pouces ».

    De nos jours, parmi les rares autres pendules de même modèle répertoriées, mentionnons notamment : un premier exemplaire, le cadran signé « Robin à Paris » et reposant sur une base en marbre rouge griotte, qui se trouvait anciennement dans la collection Fabius Frères (illustré dans Tardy, La pendule française, 2ème partie : Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1975, p.255) ; un deuxième, le cadran signé « Bourret à Paris », est reproduit dans Giacomo et Aurélie Wannenes, Les plus belles pendules françaises, de Louis XIV à l’Empire, Editions Polistampa, Florence, 2013, p.245 ; un troisième, également signé Bourret, a fait partie de la collection de la Galerie Jean Gismondi à Paris (paru dans J-D. Augarde, Les ouvriers du Temps, Genève, 1996, p.286, fig.219) ; enfin, citons particulièrement une dernière pendule de ce type qui a la particularité de présenter des figures de sirènes en bronze patiné « à l’antique » et qui appartient aux collections d’horlogerie du Musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg.

    Dubuisson (1731 - 1815)

    Étienne Gobin, dit Dubuisson, est l’un des meilleurs émailleurs parisiens de la fin du XVIIIème siècle et le début du XIXème. Vers le milieu des années 1750 il travaille à la manufacture de Sèvres, établissant par la suite son propre atelier. Il est mentionné dans les années 1790 dans la rue de la Huchette et vers 1812, dans la rue de la Calandre. Spécialisé dans les boîtes de montres et cadrans émaillées, il est réputé pour son habileté exceptionnelle et la représentation de détails.



    Robert & Courvoisier
    Robert & Courvoisier

    Rare pendule dite « d’officier » en bronze très finement ciselé et doré

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    Attribuée à la fabrique de Robert & Courvoisier

    Suisse, La Chaux-de-Fonds, époque Louis XVI, vers 1785

    Hauteur19 cm Largeur12.5 cm Profondeur8 cm

    Bibliographie :

    Chapuis, « Une maison chaux-de-fonnière : les Robert et les Courvoisier (1710-1830) », dans Pendules neuchâteloises, Documents nouveaux, Editions Slatkine, Genève, 1987.

     

    Le cadran circulaire émaillé blanc indique les heures ainsi que les minutes par tranches de quinze par deux aiguilles en cuivre repercé ; il porte également une aiguille de réveil en acier bleui. Le mouvement à tirage, dit « à répétition », est à 48 heures de réserve de marche et sonne les heures, les demies-heures et les quarts d’heure ; il est renfermé dans une caisse néoclassique en forme de borne « à l’antique » entièrement réalisée en bronze très finement ciselé et doré. L’amortissement présente un anneau mobile en serpent recourbé, dit « Ourobore », symbole du Temps qui se déroule infiniment, posé sur un bouquet feuillagé et reposant sur un entablement, ceinturé d’une frise perlée, à faces en cavet agrémentées de guirlandes de feuilles de chêne et de glands ; les écoinçons inférieurs de la façade à décor de feuillages. Les faces latérales sont ornées de larges rosaces feuillagées à graines et de réserves à motifs stylisés ou feuillagés se détachant sur des fonds amatis. La porte arrière repercée d’un panneau de treillages centrés de cabochons. L’ensemble repose sur quatre pieds aplatis.

    De nos jours, parmi les rares pendules connues de modèle identique, citons particulièrement : un premier modèle qui a été proposé aux enchères chez Christie’s, à Londres, le 4 décembre 1969, lot 29 ; ainsi qu’un deuxième, le cadran sans nom d’horloger, qui est illustré dans G. et A. Wannenes, Les plus belles pendules françaises, De Louis XIV à l’Empire, Editions Polistampa, Florence, 2013, p.183 ; un troisième, anciennement dans la collection du comte Lamberti, est reproduit dans Tardy, La pendule française dans le Monde, Paris, 6e édition, 1994, p.121 ; enfin, mentionnons une dernière pendule de modèle similaire, le cadran signé « Dubois et Fils », qui est parue dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age au XXe siècle, Les éditions de l’Amateur, Paris, 1997, p.174, figure B.

    Robert & Courvoisier

    La Maison Robert & Courvoisier est l’une des fabriques suisses d’horlogerie les plus célèbres des dernières années du XVIIIe siècle et des premières décennies du siècle suivant. Elle est née de l’association de deux familles d’horlogers : les Robert et les Courvoisier. C’est Josué Robert (1691-1771) qui fonde l’atelier familial à La Chaux-de-Fonds vers 1715 et reçoit le brevet d’Horloger du roy dès 1725. Lié familialement aux familles Jaquet-Droz et Sandoz, il se distingue par ses inventions et ses nombreuses innovations horlogères qui participent à l’établissement d’un centre d’horlogerie très actif à La Chaux-de-Fonds. L’un de ses fils, Louis-Benjamin Robert (1732-1781), travaille dans l’atelier paternel et en devient le directeur au décès de son père en 1771 sous la raison sociale « J. Robert et fils ». En 1781, après le décès de Louis-Benjamin, son fils, Aimé Robert (1758-1834), lui succède et s’associe quasi-immédiatement, le 30 avril 1781, avec Louis Courvoisier (1758-1832), fils d’un graveur neuchâtelois, sous le nouveau nom « J. Robert et fils et Cie ». Tandis qu’Aimé Robert devient le commercial de l’entreprise en cherchant des débouchés à la production dans toute l’Europe, Louis Courvoisier prend en charge la direction de l’atelier et dirige la fabrication. En 1791, un inventaire dressé dans l’atelier mentionne des centaines de pendules, de nombreux collaborateurs, artisans et ouvriers, et met en lumière les fortes relations commerciales que la maison entretient en Suisse, en France, en Allemagne, en Italie et dans de nombreux autres pays européens. A cette époque la raison sociale est « J. Robert et fils, Courvoisier & Cie ». Les guerres napoléoniennes et l’instabilité politique des premières années du XIXe siècle sont une période difficile pour l’atelier qui baisse son activité et se concentre sur une production de très grande qualité destinée à l’exportation. A cette époque l’entreprise, devenue « Robert Courvoisier & Cie », domine une production horlogère moribonde. En 1811, après le retrait des affaires d’Aimé Robert, la société prendra le nom « Courvoisier & Cie » et maintiendra son activité pendant près de deux décennies.



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    Lepaute  -  Osmond
    Jean-André et Jean-Baptiste Lepaute
    Robert Osmond (1711-1789)

    Rare pendule-vase néoclassique en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou l’or bruni

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    Mouvement signé par Jean-Baptiste Lepaute

    Dans une caisse attribuée à Robert Osmond

    Paris, époque Transition Louis XV-Louis XVI, vers 1770

    Hauteur46,5 cm Largeur19 cm ProfondeurBase 19,8 cm x 19,8 cm

    Elle indique, sur des cartouches émaillés, les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes sur deux cadrans tournants superposés rythmés de motifs en losanges centrés de quartefeuilles. Le mouvement est renfermé dans une caisse néoclassique sous la forme d’un vase balustre entièrement réalisée en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni. L’amortissement est formé d’une pomme de pin autour de laquelle s’enroule la queue d’un serpent dont la tête se termine en dard servant de marqueur horaire. Les anses détachées « à la grecque » se rattachent aux prises latérales en mufles de lion tenant des anneaux mobiles dans leurs gueules. La panse moulurée est encadrée d’une frise d’entrelacs dans sa partie haute et de larges feuilles d’eau en bouquet ceinturant le culot dans sa partie basse ; le piédouche évasé est souligné d’une bague et d’un tore de lauriers enrubannés. L’ensemble repose sur une plinthe carrée, proposant l’ajustement de l’avance/retard, décorée de larges guirlandes de lauriers retenues par des rubans noués et supportée par un tronçon de colonne à cannelures foncées d’asperges, l’une dissimulant le trou de remontage ; la base en cavet est encadrée de joncs noués et tore de lauriers ; enfin, un contre-socle quadrangulaire, à terrasse à angles en réserves amaties et portant la signature « Lepaute », supporte l’ensemble de la composition.

    Le modèle des pendules en forme de vase « à l’antique » fut créé à Paris dans les premières années de la seconde moitié du XVIIIe siècle et connut immédiatement un immense succès auprès des grands amateurs du temps. Il permettait d’intégrer à l’œuvre un cadran à cercles tournants particulièrement élégant qui rompait avec la tradition des cadrans circulaires émaillés, jugés par certains collectionneurs trop classiques. De nos jours, de nombreux modèles de pendules de ce type sont connus, mais seuls quelques-uns offrent un dessin parfaitement harmonieux et équilibré tel l’exemplaire présenté. Ainsi, pour des exemples de pendules-vases réalisées dans le même goût que celle que nous proposons, voir notamment : un premier modèle, en forme de vase sur colonne tronquée, réalisé par le fondeur Robert Osmond et l’horloger Lepaute en 1770, qui est illustré dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Band I, Editions Klinkhardt & Biermann, Munich, 1986, p. 194 ; ainsi qu’un deuxième qui fait partie des collections du Musée des Arts Décoratifs à Paris (voir P. Jullian, Le style Louis XVI, Editions Baschet et Cie, Paris, 1983, p.121, fig.4) ; enfin,  mentionnons particulièrement une dernière pendule de ce type qui est conservée au Musée du Petit Palais à Paris parue dans Tardy, La pendule française, Des origines à nos jours, 2ème partie : Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1974, p. 289, fig.3.

    Jean-André et Jean-Baptiste Lepaute

    « Lepaute Horloger du Roi à Paris »: Cette signature correspond à la collaboration de deux frères, Jean-André Lepaute (1720-1789) et Jean-Baptiste Lepaute (1727-1802), tous deux nommés horlogers du Roi et qui connurent une carrière hors du commun.

    Jean-André, né à Thonne-la-Long en Lorraine, vint à Paris en tant que jeune homme et fut rejoint par son frère en 1747. Leur entreprise, créée de fait en 1750, fut formellement fondée en 1758. Reçu maître par la corporation des horlogers en 1759, Jean-André fut d’abord logé au Palais du Luxembourg and ensuite, en 1756, aux Galeries du Louvre. Jean-André Lepaute a écrit un Traité d’Horlogerie, publié à Paris in 1755. Un petit volume, Description de plusieurs ouvrages d’horlogerie apparut en 1764. En 1748 il épousa la mathématicienne et l’astronome Nicole-Reine Etable de la Brière, qui prédit, entre autres, le retour de la comète Halley.

    Jean-Baptiste Lepaute, reçu maître en décember 1776, fut connu pour l’horloge à équation du temps qu’il construisit pour l’Hôtel de ville de Paris (1780, détruite par l’incendie de 1871) et celle de l’Hôtel des Invalides.

    Ils travaillèrent notamment, en France, pour le Garde-Meuble de la Couronne et les plus grands amateurs de l’époque, à l’étranger, pour le prince Charles de Lorraine et la reine Louise-Ulrique de Suède.

    Jean-Baptiste reprit la direction de l’atelier lors de la retraite de son frère Jean-André en 1775.



    Robert Osmond (1711 - 1789)

    Le bronzier Robert Osmond nait à Canisy, près de Saint-Lô ; il fait son apprentissage dans l’atelier de Louis Regnard, maître fondeur en terre et en sable, devenant maître bronzier à Paris en 1746. On le trouve d’abord rue des Canettes, paroisse St Sulpice, et dès 1761, dans la rue de Mâcon. Robert Osmond devient juré de sa corporation, s’assurant ainsi une certaine protection de ses droits de créateur. En 1753 son neveu quitte la Normandie pour le rejoindre, et en 1761, l’atelier déménage dans la rue de Macon. Le neveu, Jean-Baptiste Osmond (1742-après 1790) est reçu maître en 1764 ; après cette date, il travaille avec son oncle ; leur collaboration fut si étroite qu’il est difficile de distinguer entre les contributions de l’un et de l’autre. Robert Osmond prend sa retraite vers 1775. Jean-Baptiste, qui continue de diriger l’atelier après le départ de son oncle, connaît bientôt des difficultés ; il fait faillite en 1784. Son oncle Robert meurt en 1789.

    Bronziers et ciseleurs prolifiques, les Osmond pratiquaient les styles Louis XV et néoclassiques avec un égal bonheur. Leurs œuvres, appréciées à leur juste valeur par les connaisseurs de l’époque, furent commercialisées par des horlogers et des marchands-merciers. Bien qu’ils aient produit toutes sortes de bronzes d’ameublement, y compris des chenets, des appliques et des encriers, aujourd’hui ils sont surtout connus pour leurs caisses de pendules, comme par exemple celle qui représente le Rapt d’Europe (Musée Getty, Malibu, CA,) dans le style Louis XV, et deux importantes pendules néoclassiques, dont il existe plusieurs modèles, ainsi qu’un vase à tête de lion (Musée Condé de Chantilly et le Cleveland Museum of Art) et un cartel avec rubans ciselés (exemples dans le Stockholm Nationalmuseum et le Musée Nissim de Camondo de Paris). Une pendule remarquable, ornée d’un globe, des amours, et d’une plaque en porcelaine de Sèvres (Louvre, Paris) compte également parmi leurs œuvres importantes.

    D’abord voués au style rocaille, au début des années 1760 ils ont adopté le nouveau style néoclassique, dont ils devinrent bientôt les maîtres. Ils fournirent des boîtes aux meilleurs horlogers de l’époque, y compris Montjoye, pour lequel ils créèrent des boîtes de pendules de cartonnier et de pendules colonne ; la colonne étant l’un des motifs de prédilection de l’atelier Osmond.



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    Lépine
    Jean Antoine I Lépine (1720-1814)

    Rare pendule de cheminée en bronze très finement ciselé et doré représentant « Le couronnement de l’Amour par les Grâces »

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    Paris, époque Louis XVI, vers 1785

    Hauteur60 cm Largeur51 cm Profondeur24 cm

    Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Lepine Hger du Roy », indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes par deux aiguilles en cuivre repercé et doré. Le mouvement, à sonnerie des heures et des demi-heures, s’inscrit dans une caisse entièrement réalisée en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat. La lunette est encadrée de deux branchages d’olivier retenus par un ruban ; le corps de la pendule prend la forme d’un vase néoclassique, à col cannelé, frise de feuillages et culot ou piédouche à larges feuilles d’acanthe ou bague godronnée, qui s’inscrit dans un entablement architecturé à réserves unies et fleurons alternés dans des encadrements d’enfilages de perles. L’amortissement est formé d’un large bouquet fleuri et feuillagé, dont des branchages retombent sur les côtés et sont retenus par jeunes femmes assises et légèrement drapées « à l’antique », dont l’une tend une couronne de roses à Cupidon figuré devant elle et lui tendant les bras. L’ensemble repose sur une base quadrangulaire, à côtés arrondis et décrochements, ceinturée de perles en enfilage et agrémentée latéralement de courses de rinceaux encadrant un panneau en léger relief représentant des putti allégoriques occupés aux Arts et aux Sciences. Enfin, quatre pieds à tores de lauriers supportent l’ensemble de l’horloge.

    D’une très belle qualité de ciselure et de dorure, ce modèle de pendules ne fut décliné qu’à de très rares exemplaires dans le dernier quart du XVIIIe siècle, avec parfois quelques variantes, notamment dans les matériaux et le traitement du décor de la base.

    Ainsi, parmi les rares pendules connues répertoriées, citons un premier modèle qui est illustré dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age à nos jours, Paris, 1997, p.256 ; ainsi qu’un deuxième qui est exposé au Victoria & Albert Museum à Londres (paru dans Tardy, La pendule française, 2ème Partie : Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1975, p.250) ; enfin, une dernière pendule de ce type appartient aux collections du Mobilier national en dépôt au Musée national du Château de Fontainebleau (reproduite dans E. Dumonthier, Les bronzes du Mobilier national, Pendules et cartels, Editions Massin, Paris, vers 1911, planche 23).

    Jean Antoine I Lépine (1720 - 1814)

    Jean-Antoine Ier Lépine, qui signait ses œuvres « Lepine Hger du Roi/A Paris », est l’un des plus importants horlogers parisiens de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Dans un premier temps, Lépine travaille en tant qu’ouvrier libre, puis il fait enregistrer ses lettres de maîtrise le 13 mars 1762 et reprend le fonds de commerce de son confrère Caron, alors portant le titre privilégié d’Horloger du Roi et du Garde-Meuble de la Couronne. Installé rue Saint-Denis en 1756, place Dauphine en 1772, rue des Fossés Saint-Germain-l’Auxerrois en 1777, puis rue des Vieux-Augustins au moment des troubles révolutionnaires, l’atelier de Lépine est l’un des plus productifs et des plus réputés du règne de Louis XVI. Au moment de la Révolution, un inventaire des pendules appartenant au Garde-Meuble de la Couronne et à la famille royale fut dressé ne dénombrant pas moins de trente-deux modèles de l’horloger. Parallèlement à cette production destinée au Roi et à son entourage, Lépine réalisa de nombreuses pièces d’horlogerie de luxe pour les plus grands amateurs de l’époque, notamment pour le prince Charles de Lorraine et pour le marquis de Montesquieu.



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    Rare pendule de cheminée en temple en rotonde en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni, biscuit de porcelaine et marbre blanc statuaire dit « de Carrare »

    Pendule426-02_HD_WEB

    Paris, époque Louis XVI, vers 1780-1785

    Hauteur39 cm Diamètre17.5 cm

    Servant de prétexte luxueux à l’indication horaire, ce temple néoclassique en rotonde est entièrement réalisé en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni et marbre blanc de Carrare. L’heure est indiquée sur deux cadrans tournants à cartouches émaillées, le supérieur marquant les minutes en chiffres arabes par tranches de cinq, l’inférieur les heures en chiffres romains, le tout est indiqué par une flèche en bronze doré tenant lieu d’aiguille fixe. Le mouvement est partiellement apparent et s’inscrit dans un entablement à montants en fûts fuselés à bagues à canaux réunis par des guirlandes en enfilages de perles qui supportent le recouvrement en dôme terminé en graines émergeant d’acanthes. Les parties supérieure et inférieure sont reliées entre-elles par quatre colonnes à chapiteaux à perles et bases moulurées centrées d’un promontoire supportant une petite figure en biscuit de porcelaine représentant une jeune fille portant des fruits dans sa robe. Le tout repose sur une base circulaire ceinturée d’une balustrade encadrée de perles et cordelettes et supportée par quatre pieds droits à triples cannelures.

    La composition originale, dite « en rotonde », de cette pendule de cheminée en forme de temple « à l’antique » s’inspire plus ou moins directement du temple, dit « de l’Amour », érigé en 1778 à la demande de la reine Marie-Antoinette par l’architecte Richard Mique dans le jardin du Petit Trianon. Nommée « fabrique », cette construction royale, unanimement saluée pour sa beauté parfaite et l’équilibre de ses proportions, sera à l’origine de nombreuses déclinaisons dans les arts décoratifs français de l’époque, notamment dans le domaine de l’horlogerie. Dès sa création, nous assistons à l’apparition du modèle de pendules, dit « temple », déclinant plus ou moins fidèlement la rotonde de la reine ; ainsi, dès 1786, un exemplaire, probablement proche de celui que nous présentons, est prisé 144 livres dans le salon de Charles-Guillaume-Louis marquis de Broglie : « Une pendule de cheminée à cadran tournant montée sur quatre colonnes en marbre blanc à sonnerie avec ornements de cuivre doré, une petite figure en biscuit ». Enfin, relevons que, de nos jours, parmi les rares modèles similaires connus réalisés dans le même esprit, nous pouvons citer particulièrement : un premier exemplaire qui se trouvait anciennement dans la collection « Au vieux Cadran » (reproduit dans Tardy, La pendule française, 2ème Partie, Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1974, p. 286) ; ainsi qu’un second, soutenu par des colonnes en lapis-lazuli, qui est illustré dans P. Kjellberg, Encyclopédie de La Pendule Française du moyen-âge au XXe siècle, Les éditions de l’Amateur, Paris, 1997, p.293, fig. A.