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Thématiques : Égyptomanie

  • Mesnil  -  Ravrio
    Mesnil
    André-Antoine Ravrio (1759-1814)

    Rare pendule de cheminée dite « à l’Égyptienne » en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat ou à l’or bruni et marbre rouge griotte

    Modèle dit « de Thomas Hope »

    « Mesnil »

    La caisse attribuée à André-Antoine Ravrio

    Paris, époque Empire, vers 1805

    Hauteur53.5 Largeur28 Profondeur20

    La cadran circulaire émaillé blanc, signé « Mesnil à Paris », indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles en acier poli-bleui œil de perdrix dites « Breguet ». Le mouvement, à sonnerie des heures et demi-heures, est renfermé dans une caisse architecturée à figure mythologique entièrement réalisée en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat ou à l’or bruni et marbre rouge griotte. La lunette, ornée de frises moletées d’entrelacs à cabochons ou fleurettes stylisées, s’inscrit sur une platine décorée de deux scarabées en écoinçons inférieurs ; le boite est soutenue par une superbe figure féminine debout représentant une Égyptienne, poitrine dénudée, vêtue d’une longue robe « à la grecque » et coiffée du némès. La figure, adossée à un panneau en niche, est flanquée de deux pilastres carrés richement agrémentés de réserves à panneaux figurant des hiéroglyphes en léger relief à décor notamment d’obélisques et têtes d’Apis et d’Horus et sommés de majestueux lions assis sur leurs postérieurs. L’ensemble repose sur une base moulurée, arrondie en façade, supportée par quatre pieds traités en boules aplaties.

    Pour contrecarrer les ambitions britanniques en Orient, la France mène, en 1798 et 1801, une expédition en Egypte afin de s’emparer du pays et de dominer politiquement et économiquement la région. Dirigée par le général Bonaparte, puis par ses successeurs, cette opération militaire, mieux connue sous le nom de « Campagne d’Egypte », se double d’une véritable mission de recherche composée d’éminents scientifiques, d’historiens et d’artistes de tout premier plan. De retour en France, les répercussions sont exceptionnelles, particulièrement dans le domaine des arts décoratifs. Dès 1802, le baron Vivant-Denon publie Voyage dans la Basse et la Haute Égypte, ouvrage qui rencontre un immense succès. Puis ce sont les architectes, les peintres et les artisans qui se mettent à donner leur propre interprétation des modèles égyptiens qu’ils déclinent et intègrent à leurs créations. Dans le domaine des arts décoratifs, candélabres, consoles, flambeaux, pendules, meubles, sièges et cheminées s’ornent de figures hiératiques féminines directement inspirées de la sculpture monumentale de l’Égypte des pharaons.

    La rare pendule que nous proposons fut réalisée dans ce contexte particulier. Sa composition originale, à figure d’Isis debout portant le cadran, est due à Thomas Hope (1769-1831), collectionneur, écrivain et décorateur anglo-néerlandais installé au début du XIXe siècle à Londres dans une somptueuse résidence sur Duchess Street. Décorateur génial, Hope mit en scène ses collections en créant notamment une célèbre salle égyptienne dans laquelle il plaça une pendule de sa conception qu’il fit réaliser à Paris par le bronzier Ravrio et l’horloger Mesnil et qui correspond à une pendule dite « à l’Égyptienne » du même modèle que celle que nous proposons ; de nos jours, l’exemplaire « Hope » appartient au Royal Pavilion Art Gallery and Museum de Brighton (voir le catalogue de l’exposition Egyptomania, L’Egypte dans l’art occidental 1730-1930, Paris, Musée du Louvre, 1994, p.192-193).

    Immédiatement, le modèle rencontra un immense succès auprès des grands collectionneurs et quelques horloges, avec certaines variantes dans le décor, furent réalisées parmi lesquelles nous pouvons citer : un premier exemplaire, signé « Ravrio bronzier » et « Mesnil Horloger », qui est illustré dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.336, fig.5.3.2 ; un deuxième apparaît dans une vue intérieure de la célèbre collection Mancel au milieu du XXe siècle (paru dans S. Chadenet, Les grands styles, Les styles Empire et Restauration, Editions Baschet et Cie, Paris, p.25, fig.2) ; un troisième, le cadran de « Ravrio bronzier » et « Raguet-Lépine », est passé en vente à Paris en 1991 (voir J-D. Augarde, Les ouvriers du Temps, La pendule à Paris de Louis XIV à Napoléon Ier, Genève, 1996, p.358, fig.265) ; enfin, citons une dernière pendule de ce type, sur laquelle les montants à pilastres ornés de hiéroglyphes sont absents, qui est reproduite dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age au XXe siècle, Les éditions de l’Amateur, Paris, 1997, p.381, fig. B.

    Mesnil

    Cette marque correspond de toute évidence à la signature de l’un des membres de la famille Dugrandmesnil ou Dumesnil, dynastie d’horlogers parisiens qui semble avoir sensiblement raccourci son patronyme à la Révolution pour éviter tout malentendu vis-à-vis des comités révolutionnaires. Sur de nombreux cadrans, le nom de Mesnil est associé à celui de l’artisan Ravrio avec lequel il collabora régulièrement sous l’Empire. Dès cette époque, certaines de ses pendules étaient mentionnées dans certaines grandes collections, mentionnons notamment celles brièvement décrites dans les inventaires après décès du général Joseph-Félix Lazowski, du marquis Germain Garnier, d’Emmanuel-Marie-Louis marquis de Noailles, ambassadeur de France à Vienne, de Louis-Alexandre Berthier prince de Wagram et de Son Excellence Michel Ney prince de la Moskowa, ancien maréchal de l’Empereur Napoléon.



    André-Antoine Ravrio (1759 - 1814)

    Antoine-André Ravrio figure parmi les plus importants bronziers parisiens de la fin du XVIIIe siècle et du Premier Empire. Fournisseur attitré du Garde-meuble impérial, Ravrio participe, aux côtés de Pierre-Philippe Thomire et de Claude Galle, au réaménagement des principales résidences de l’empereur Napoléon et à la fourniture de nombreux bronzes d’ameublement pour les grandes personnalités de l’époque, notamment certains maréchaux d’Empire. De nos jours, certaines de ses réalisations appartiennent aux collections du Mobilier national à Paris et  à de grandes collections publiques et privées internationales.



    Revel  -  Ravrio
    Joseph-Marie Revel (?-1811)
    André-Antoine Ravrio (1759-1814)

    Rare pendule de cheminée « à l’Égyptienne » en bronze très finement ciselé, patiné et doré

    Pendule295-05_HD_WEB

    « Revel »

    La caisse attribuée à Antoine-André Ravrio

    La figure certainement réalisée sur un modèle de Louis-Simon Boizot

    Paris, début de l’époque Empire, vers 1805

    Hauteur48 Largeur17 Profondeur23.5

    Le cadran circulaire émaillé, signé « Revel», indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles « Breguet » en acier bleui ; il s’inscrit dans une caisse entièrement réalisée en bronze finement ciselé, patiné et doré ; la lunette est formée d’un serpent aux écailles finement ciselées ; le mouvement est renfermé dans la draperie d’une superbe figure d’Egyptienne agenouillée, coiffée du némès, vêtue « à l’antique » et la poitrine dénudée, qui surmonte un mufle de lion finement ouvragé ; l’ensemble repose sur une base gravée de motifs inspirés des hiéroglyphes égyptiens et supportée par une plinthe en marbre rouge griotte, elle-même posée sur quatre pieds en boules aplaties.

    La composition originale de cette pendule, particulièrement cette superbe figure égyptienne agenouillée, dérive de certains projets d’ornemanistes et d’architectes parisiens créés dans les dernières années du XVIIIe siècle à la suite de la Campagne d’Egypte de Napoléon (1798-1801), campagne militaire qui sera également la source d’une nouvelle vogue : l’Egyptomanie, c’est-à-dire la fascination pour la culture, l’histoire et les arts de l’Egypte antique ; voir notamment un projet de pendule d’esprit égyptien tiré du célèbre Recueil de décorations intérieures de Percier et Fontaine et illustré dans C. Huchet de Quénetain, Les styles Consulat et Empire, Paris, p.88, fig.55. Ce même type de figures agenouillées fut également décliné à la même époque dans certains modèles de bronzes d’ameublement, particulièrement sur une paire de flambeaux reproduite dans G. et R. Wannenes, Les bronzes ornementaux et les objets montés de Louis XIV à Napoléon III, Milan, 2004, p.372 ; ainsi que sur un feu à galerie, provenant de la chambre à coucher de l’impératrice au palais de Laeken, qui est conservé au Mobilier national à Paris (voir M-F. Dupuy-Baylet, L’Heure, Le Feu, La Lumière, Les bronzes du Mobilier national 1800-1870, Dijon, 2010, p.148, catalogue n°78).

    Mais, signalons surtout que ce modèle d’Egyptienne fut décliné par le bronzier Antoine-André Ravrio, très certainement sur un modèle du sculpteur Louis-Simon Boizot (1743-1809), au début de l’époque Empire sur un type d’horloges particulièrement élaboré auquel appartient l’exemplaire que nous proposons. De nos jours, parmi les rares autres pendules identiques connues, citons particulièrement : un premier modèle, entièrement en bronze doré et le cadran signé « Janvier », qui est conservé dans une collection particulière (illustré dans M. Hayard, Antide Janvier 1751-1835, Horloger des étoiles, Sa vie à travers son œuvre, 2011, p.272) ; ainsi qu’un deuxième, le cadran signé « Barrand », qui est reproduit dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age au XXe siècle, Les éditions de l’Amateur, Paris, 1997, p.383 ; enfin, mentionnons un dernier modèle qui se trouvait anciennement dans la collection de Monsieur Daniel Brunet de l’Institut (vente à Paris, Mes Couturier-Nicolay, Palais d’Orsay, le 15 février 1978, lot 28).

    Joseph-Marie Revel (? - 1811)

    Nous n’avons que peu d’informations concernant cet horloger qui connut pourtant une grande notoriété tout au long de sa carrière. Mentionné brièvement dans le Dictionnaire des horlogers de Tardy sous le prénom de Joseph, il se prénommait en fait Joseph-Marie et mourut à Paris en 1811. Après son accession à la maîtrise, il ouvrit son atelier Vieille rue du Temple, puis est mentionné au Palais Royal entre 1787 et 1790, au Palais Egalité vers 1800, enfin, au Palais Tribunat entre 1804 et 1806. Certains inventaires après décès des premières décennies du XIXe siècle mentionnent quelques-unes de ses réalisations ; ainsi, une pendule de Revel est prisée en 1817 après le décès d’Adélaïde de Lespinasse-Langeac femme du chevalier de Costalin ; tandis qu’une seconde figurait en 1821 dans la collection d’Anne-Charlotte-Dorothée comtesse de Médem veuve du puissant duc de Courlande.



    André-Antoine Ravrio (1759 - 1814)

    Antoine-André Ravrio figure parmi les plus importants bronziers parisiens de la fin du XVIIIe siècle et du Premier Empire. Fournisseur attitré du Garde-meuble impérial, Ravrio participe, aux côtés de Pierre-Philippe Thomire et de Claude Galle, au réaménagement des principales résidences de l’empereur Napoléon et à la fourniture de nombreux bronzes d’ameublement pour les grandes personnalités de l’époque, notamment certains maréchaux d’Empire. De nos jours, certaines de ses réalisations appartiennent aux collections du Mobilier national à Paris et  à de grandes collections publiques et privées internationales.



    Manière  -  Galle
    Charles-Guillaume Hautemanière (?-1834)
    Claude Galle (1759-1815)

    Importante pendule de cheminée à figure allégorique en bronze ciselé, patiné et doré, et marbre rouge griotte

    APF_Pendule168_04

    « Manière »

    Dans une caisse attribuée à Claude Galle

    Paris, début de l’époque Empire, vers 1805

    Hauteur47 Largeur29 Profondeur28

    Le cadran circulaire émaillé, signé « Maniere à Paris », indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de quinze en chiffres romains sur sa bordure extérieure par deux aiguilles repercées en bronze doré ; il porte également la marque de Georges-Adrien Merlet, l’un des meilleurs émailleurs parisiens de l’époque, confrère et principal concurrent de Joseph Coteau et de Dubuisson. Le mouvement s’inscrit dans une boîte hexagonale à lunette moletée agrémentée sur ses faces de fleurettes en quartefeuilles, reposant sur les genoux d’une figure féminine drapée « à l’antique » qui est représentée assise sur une borne quadrangulaire ceinturée de frises de larges feuilles d’eau ou de palmettes ; l’ensemble repose sur une base oblongue à façade en décrochement demi-circulaire en marbre rouge griotte d’Italie qui est supportée par cinq pieds en boules aplaties.

    La composition particulièrement originale de cette pendule s’inspire plus ou moins directement de certaines sculptures de l’Antiquité classique, particulièrement grecques et égyptiennes. Ce modèle, à figure féminine hiératique assise, semble apparaître dans les premières années du XIXe siècle et connut un certain succès, puisque quelques rares autres pendules réalisées dans le même esprit, avec des variantes dans les attitudes, sont connues.

    Parmi les horloges répertoriées, mentionnons notamment : une première, sur laquelle la figure tient une tablette, qui est reproduite dans P. Heuer et K. Maurice, European Pendulum Clocks, Decorative Instruments of Measuring Time, Munich, 1988, p.85, fig.150 ; ainsi qu’une deuxième, le cadran signé « Piolaine », du même type que la précédente, qui est conservée au Palais de Pavlovsk à Saint-Pétersbourg (parue dans A. Kuchumov, Pavlovsk, Palace & Park, Leningrad, 1975, fig.163) ; citons également un autre modèle, conservé au Musée de la Malmaison et livré vers 1800-1803 pour le Palais de Saint-Cloud, qui correspond à une pendule identique passée dans la vente de la collection de l’architecte Hurtault en 1825 dans laquelle le nom du sculpteur de la figure féminine était dévoilé : « …cette figure en bronze au vert antique, est de feu M. Masson statuaire… » (voir le catalogue de l’exposition La mesure du Temps dans les collections de Malmaison, 29 mai 1991-15 septembre 1991, RMN, Paris, p.12, catalogue n°5) ; enfin, relevons particulièrement qu’une dernière pendule, de modèle identique à celle que nous proposons et censée être une allégorie de la Nuit, est conservée au Museo de Relojes de las Bodegas et peut être également rattachée à l’œuvre du célèbre bronzier parisien Claude Galle (illustrée dans E. Niehüser, Die Französische Bronzeuhr, Munich, 1997, fig.468 ; voir également L. Montanés, Catalogo ilustrado del Museo de relojes, Fundacion Andrés de Ribera, Jerez de la Frontera, 1982, p.101 ; catalogue n°171).

    Charles-Guillaume Hautemanière (? - 1834)

    Charles-Guillaume Hautemanière, dit Manière (mort à Paris en 1834) est l’un des plus importants horlogers parisiens de la fin du XVIIIe siècle et des premières décennies du siècle suivant. Après son accession à la maîtrise, le 1er mai 1778, il installe son atelier rue du Four-Saint-Honoré et rencontre immédiatement un immense succès auprès des amateurs de belle horlogerie. Tout au long de sa carrière, Manière collabore avec les meilleurs bronziers et ciseleurs-doreurs parisiens pour la réalisation des caisses de ses pendules, particulièrement avec Pierre-Philippe Thomire, François Rémond, Edmé Roy et Claude Galle. Par l’intermédiaire, des marchands-merciers Dominique Daguerre et Martin-Eloi Lignereux, il réalise des pendules destinées aux plus grands collectionneurs de l’époque, notamment au prince de Salm, au banquier Perregaux et au financier Micault de Courbeton, tous trois grands amateurs de pièces d’horlogerie rares. De nos jours, certaines de ses pendules appartiennent aux plus importantes collections privées et publiques internationales, citons notamment celles qui sont exposées au Musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg, au Musée national du château de Fontainebleau, au Palais du Quirinale à Rome, au Musée Nissim de Camondo à Paris et au Musée national du château de Versailles et des Trianons.



    Claude Galle (1759 - 1815)

    L’un des plus éminents bronziers et fondeurs-ciseleurs de la fin de l’époque Louis XVI et l’Empire, Claude Galle est né à Villepreux près de Versailles. Il fait son apprentissage sous le fondeur Pierre Foy, épousant en 1784 la fille de Foy. En 1786 il devient maître fondeur. A la mort de son beau-père en 1788, Galle prend la direction de l’atelier, qui devient l’un des plus importants de Paris, employant, au plus haut de son activité, près de 400 artisans. Galle déplace l’atelier d’abord Quai de la Monnaie (plus tard Quai de l’Unité), puis, en 1805, 60 Rue Vivienne.

    Le garde-meuble de la couronne, sous la direction de sculpteur Jean Hauré de 1786-88, lui fait l’honneur de plusieurs commandes. Galle travailla avec beaucoup d’artisans remarquables, tels Pierre-Philippe Thomire ; il fournit la majorité des bronzes d’ameublement au Château de Fontainebleau pendant l’Empire. Il reçut de nombreuses commandes impériales, pour des lumières, boîtes de pendule, et vases pour les palais de Saint-Cloud, les Trianons, les Tuileries, Compiègne, et Rambouillet. Il fournit les palais italiens de Monte Cavallo à Rome et Stupinigi près de Turin.



    Le Vol  -  Rémond
    François Rémond (vers 1747-1812)

    Rare pendule aux sphinges en marbre blanc de Carrare et bronze finement ciselé, patiné et doré

    APF_Pendule137_03

    « Le Vol à Paris »

    Dans une caisse attribuée à François Rémond

    Paris, fin de l’époque Louis XVI, vers 1785-1790

    Hauteur58 Largeur42 Profondeur13

    Le cadran circulaire émaillé, signé « Le Vol à Paris », indique les heures en chiffres romains, ainsi que les minutes par tranches de quinze et les quantièmes du mois en chiffres arabes par trois aiguilles, dont deux en cuivre doré et repercé ; il s’inscrit dans une caisse néoclassique entièrement réalisée en marbre blanc statuaire et en bronze finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré. Le mouvement est renfermé dans une boite circulaire sommée d’un entablement supportant un vase duquel s’échappe un bouquet de fruits et de feuillages retombant sur les côtés en guirlandes de roses ou de lauriers ; il repose sur un brancard à lambrequins porté par deux superbes sphinges assises fièrement dressées sur leurs pattes antérieures et coiffées de couronnes fleuries ou feuillagées sommées de panaches de plumes ; ces figures fantastiques reposent sur deux plinthes supportées par une base quadrangulaire richement agrémentée de motifs en applique en bronze très finement ciselé et doré à décor de frises feuillagées ou torsadées, trophées de flèches enrubannés et motif central « en arabesque » représentant une torchère enflammée flanquée de deux putti trompetant dont les corps se terminent en rinceaux de pampres et grappes de raisin. Enfin, quatre pieds également ouvragés supportent l’horloge.

    Cette pendule, témoignage précoce de l’Egyptomanie en France sous le règne de Louis XVI, figure parmi les créations horlogères parisiennes les plus abouties de l’époque. Elle s’inspire librement de certains projets d’ornemanistes du temps, notamment d’une gravure de Jean-François Forty qui est illustrée dans P. Kjellberg,  Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age au XXe siècle, Paris, 1997, p.173, fig. C ; ainsi que d’un dessin de l’architecte François-Joseph Bélanger (1744-1818) qui correspond à une horloge livrée en 1781 pour le Salon du pavillon de Bagatelle du comte d’Artois ; une pendule du « modèle Artois » est conservée à la Wallace Collection à Londres (voir Tardy, La pendule française, 2ème partie : Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1975, p.239).

    L’exemplaire que nous proposons se distingue par la position assise des sphinges, attitude que l’on retrouve sur quelques rares autres exemplaires de la même époque réalisés dans le même esprit, citons particulièrement : un premier modèle, réalisé par Godon pour le roi d’Espagne, qui appartient aux collections royales espagnoles (paru dans J. Ramon Colon de Carvajal, Catalogo de Relojes del Patrimonio nacional, Madrid, 1987, p.77, catalogue n°61) ; un deuxième, qui est conservé dans une collection privée, est reproduit dans M. Burckhardt, Mobilier Louis XVI, Editions Charles Massin, Paris, p.25 ; un troisième, particulièrement élaboré et richement décoré de figures allégoriques, se trouvait anciennement dans la collection Chappey (illustré dans P. Kjellberg, op.cit., Paris, 1997, p.258, fig. A) ; enfin, mentionnons une dernière pendule de ce type qui fut livrée par Lepaute pour le comte d’Artois et qui est exposée dans la Chambre du Roi au Petit Trianon (voir le catalogue de l’exposition Le château de Versailles raconte le Mobilier national, Quatre siècles de création, Paris, 2011, p.149-151).

    François Rémond (vers 1747 - 1812)

    À l’instar de Pierre Gouthière, François Rémond est l’un des plus importants artisans ciseleurs-doreurs parisiens du dernier tiers du XVIIIe siècle. Il débute son apprentissage en 1763 et obtient ses lettres de maîtrise en 1774. Immédiatement son talent lui permet de se composer une riche clientèle parmi laquelle figuraient notamment certaines personnalités de la Cour. Mais surtout François Rémond, par l’intermédiaire du marchand-mercier Dominique Daguerre, participe à l’ameublement de la plupart des grands collectionneurs de la fin du XVIIIe siècle en fournissant des caisses de pendules, des chenets, des candélabres…toujours d’une très grande qualité d’exécution et aux compositions particulièrement raffinées et novatrices qui firent sa notoriété.



    Revel  -  Rémond
    Joseph-Marie Revel (?-1811)
    François Rémond (vers 1747-1812)

    Importante pendule de cheminée « aux sphinges » en marbre blanc statuaire et bronze finement ciselé et doré

    « Le Sacrifice à l’Amour »

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    Le mouvement attribué à Joseph-Marie Revel

    Les bronzes attribués à François Rémond

    Paris, fin de l’époque Louis XVI, vers 1785-1790

    Hauteur51.5 Largeur30.5 Profondeur16

    Provenance :

    – Probablement ancienne collection de Gaston Menier (vente à Paris, Me Glandaz, le 24 novembre 1936, lot 75).

     

    Les cadrans demi-circulaires émaillés bleu et or indiquent les heures en chiffres romains et les minutes en chiffres arabes ; le mouvement s’inscrit dans une caisse entièrement réalisée en marbre blanc statuaire et bronze très finement ciselé et doré. L’amortissement est formé de deux sphinges ailées, coiffées du némès et d’un panache de plumes, placées de part et d’autre d’un vase balustre reposant sur une quille et orné d’enfilages de perles et de couronne et bouquet fleuris et feuillagés. L’ensemble repose sur une borne pyramidale, soulignée de guirlandes fleuries et feuillagées, de fleurs de tournesol et d’un motif central allégorique en bas-relief représentant « Le Sacrifice à l’Amour », elle-même supportée par une base quadrangulaire ceinturée d’un moulure à canaux, ornée en façade de guirlandes de laurier agrémentées de lyres et centrées d’un masque, et portée par quatre fortes pattes de lion émergeant de rinceaux de feuilles d’acanthe.

    Cette pendule, témoignage précoce de l’Egyptomanie en France sous le règne de Louis XVI, figure parmi les créations horlogères parisiennes les plus abouties de l’époque. Elle s’inspire librement de certains projets d’ornemanistes du temps, notamment d’une gravure de Jean-François Forty qui est illustrée dans P. Kjellberg,  Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age au XXe siècle, Paris, 1997, p.173, fig. C ; ainsi que d’un dessin de l’architecte François-Joseph Bélanger (1744-1818) qui correspond à une horloge livrée en 1781 pour le Salon du pavillon de Bagatelle du comte d’Artois ; une pendule du « modèle Artois » est conservée au Metropolitan Museum of Art à New York (voir H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.280, fig.4.13.4).

    L’exemplaire que nous proposons se distingue par sa qualité de ciselure qui nous permet de l’attribuer à François Rémond, ainsi que par la position assise des sphinges, attitude que l’on retrouve sur quelques rares autres exemplaires de la même époque réalisés dans le même esprit, citons notamment un modèle, réalisé par Godon pour le roi d’Espagne, qui appartient aux collections royales espagnoles (paru dans J. Ramon Colon de Carvajal, Catalogo de Relojes del Patrimonio nacional, Madrid, 1987, p.77, catalogue n°61).

    Enfin, relevons particulièrement que seules trois autres pendules identiques à celle proposée sont répertoriées : la première, proposée aux enchères à Paris en 1962, est reproduite dans Tardy, La pendule française, 2ème partie : Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1975, p. 359, fig.1 ; la deuxième est exposée dans le Salon rouge du Château de Rosersberg, résidence de la famille royale de Suède (illustrée dans H. Groth, Châteaux en Suède, intérieurs et mobilier néoclassiques 1770-1850, Paris, 1990, p.140) ; enfin, la troisième, dont le mouvement est signé Revel ce qui nous permet d’attribuer l’exemplaire présenté à ce célèbre horloger parisien, est parue dans E. Niehüser, Die französische Bronzeuhr, Eine Typologie der figürlichen Darstellungen, Munich, 1997, p.251, fig.1079.

    Joseph-Marie Revel (? - 1811)

    Nous n’avons que peu d’informations concernant cet horloger qui connut pourtant une grande notoriété tout au long de sa carrière. Mentionné brièvement dans le Dictionnaire des horlogers de Tardy sous le prénom de Joseph, il se prénommait en fait Joseph-Marie et mourut à Paris en 1811. Après son accession à la maîtrise, il ouvrit son atelier Vieille rue du Temple, puis est mentionné au Palais Royal entre 1787 et 1790, au Palais Egalité vers 1800, enfin, au Palais Tribunat entre 1804 et 1806. Certains inventaires après décès des premières décennies du XIXe siècle mentionnent quelques-unes de ses réalisations ; ainsi, une pendule de Revel est prisée en 1817 après le décès d’Adélaïde de Lespinasse-Langeac femme du chevalier de Costalin ; tandis qu’une seconde figurait en 1821 dans la collection d’Anne-Charlotte-Dorothée comtesse de Médem veuve du puissant duc de Courlande.



    François Rémond (vers 1747 - 1812)

    À l’instar de Pierre Gouthière, François Rémond est l’un des plus importants artisans ciseleurs-doreurs parisiens du dernier tiers du XVIIIe siècle. Il débute son apprentissage en 1763 et obtient ses lettres de maîtrise en 1774. Immédiatement son talent lui permet de se composer une riche clientèle parmi laquelle figuraient notamment certaines personnalités de la Cour. Mais surtout François Rémond, par l’intermédiaire du marchand-mercier Dominique Daguerre, participe à l’ameublement de la plupart des grands collectionneurs de la fin du XVIIIe siècle en fournissant des caisses de pendules, des chenets, des candélabres…toujours d’une très grande qualité d’exécution et aux compositions particulièrement raffinées et novatrices qui firent sa notoriété.



    Gouthière
    Pierre Gouthière (1732-1813)

    Importante pendule de cheminée « aux sphinges » en marbre blanc statuaire et bronze finement ciselé et doré

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    Attribuée à Pierre Gouthière

    Paris, fin de l’époque Louis XVI, vers 1785-1790

    Hauteur54.5 Largeur49 Profondeur10.8

    Provenance :

    – Collection Charles de Beistegui (1895-1970) au Château de Groussay.

     

    Le cadran circulaire émaillé indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles en cuivre repercé et doré ; il s’inscrit dans une superbe caisse néoclassique entièrement réalisée en marbre blanc statuaire et bronze très finement ciselé et doré. Le mouvement est renfermé dans une boite octogonale surmontée de l’Amour ailé assis sur un coussin qui tient son arc dans sa main droite et une flèche dans l’autre ; deux guirlandes fleuries et feuillagées retombent sur les côtés. La boite est supportée par un motif feuillagé à graines, posé sur une borne centrée d’un médaillon en relief représentant Vénus et l’Amour, ainsi que par deux sphinges allongées vues à mi-corps et légèrement drapées, coiffées de némès sommés de panaches de plumes. L’ensemble repose sur une terrasse oblongue soulignée d’une frise d’enfilage de perles portée par une base quadrangulaire à décor en applique à motifs dans des réserves de frises stylisées à palmettes et d’un mufle de lion d’où s’échappent deux tigettes feuillagées terminées en enroulements. Enfin, six pieds ciselés de cordelettes torsadées terminent la composition de l’horloge.

    Cette pendule, témoignage précoce de l’Egyptomanie en France sous le règne de Louis XVI, figure parmi les créations horlogères parisiennes les plus abouties de l’époque. Elle s’inspire librement de certains projets d’ornemanistes du temps, notamment d’une gravure de Jean-François Forty qui est illustrée dans P. Kjellberg,  Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age au XXe siècle, Paris, 1997, p.173, fig. C ; ainsi que d’un dessin de l’architecte François-Joseph Bélanger (1744-1818) qui correspond à une horloge livrée en 1781 pour le Salon du pavillon de Bagatelle du comte d’Artois ; une pendule du « modèle Artois » est conservée au Metropolitan Museum of Art à New York (voir H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.280, fig.4.13.4).

    L’exemplaire que nous proposons, relativement proche du dessin de Bélanger, se distingue par son exceptionnelle qualité de ciselure qui nous permet de l’attribuer au ciseleur-doreur Pierre Gouthière et par l’originalité de sa composition qui en fait un modèle dit « de commande » certainement livré sur ordre d’un grand amateur parisien de la fin du XVIIIe siècle.  Parmi les rares horloges connues réalisées dans le même esprit, citons notamment : une première pendule, anciennement dans la collection Fabius Frères, qui est reproduite dans Tardy, La pendule française, 2ème partie : Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1975, p.237 ; une deuxième, sur laquelle les sphinges sont en marbre blanc de Carrare, est conservée au Musée du Louvre à Paris (parue dans D. Alcouffe, A. Dion-Tenenbaum et G. Mabille, Les bronzes d’ameublement du Louvre, Dijon, 2003, p.208, catalogue n°105) ; enfin, mentionnons particulièrement une dernière pendule de ce type qui appartient aux collections royales anglaises (illustrée dans C. Jagger, Royal Clocks, The British Monarchy and its Timekeepers 1300-1900, Londres, 1983, p.155).

    Pierre Gouthière (1732 - 1813)

    Pierre Gouthière est certainement le plus talentueux ciseleur parisien de son temps. Patronné par le duc d’Aumont, l’un des plus grands collectionneurs de la seconde moitié du XVIIIe siècle, Gouthière obtient en 1767 son brevet de « doreur ordinaire des Menus Plaisirs du Roi », administration royale qui gérait notamment les commandes privées passées par le souverain aux artistes et aux artisans. Cette nomination lui permet d’acquérir une extraordinaire notoriété et de se composer la plus belle clientèle de l’époque uniquement composée d’amateurs d’objets rares et précieux, parmi laquelle figuraient, outre la famille royale et le duc d’Aumont, de grands aristocrates tels que le marquis de Marigny, frère de la marquise de Pompadour, la princesse Kinsky, la comtesse Du Barry, maîtresse du Roi, la duchesse de Mazarin, le duc de Duras, la duchesse de Villeroy…ainsi que de grands financiers, particulièrement Baudard de Saint-James, richissime trésorier général de la marine, et le puissant banquier Thélusson.



    Lepaute  -  Osmond
    Pierre-Basile Lepaute (1750-1843)
    Robert Osmond (1711-1789)

    Importante pendule aux sphinges en marbre blanc statuaire, marbre brocatelle d’Espagne et bronze ciselé et doré

    APF_Pendule161_02

    « Lepaute »

    Les bronzes attribués à Robert Osmond

    Paris, époque Louis XVI, vers 1785

    Hauteur46 Largeur48 Profondeur12

    Le cadran circulaire émaillé, signé « Lepaute à Paris », indique les heures, les minutes par tranches de quinze et les quantièmes du mois en chiffres arabes, par trois aiguilles, dont deux en bronze repercé et doré ; il s’inscrit dans une caisse néoclassique entièrement réalisée en marbres blanc statuaire et brocatelle d’Espagne, et en bronze très finement ciselé et doré. Le mouvement est renfermé dans une borne « à l’antique », soulignée d’écoinçons à rinceaux à palmettes et d’un tore de laurier, qui supporte un entablement à moulure godronnée sur lequel repose l’Amour ailé assis sur des nuées, son carquois en bandoulière, qui porte son index à sa bouche : allégorie du Silence. De part et d’autre de la borne, est assise une sphinge fièrement dressée sur ses pattes antérieures dont la queue se termine en rinceaux feuillagés. L’ensemble repose sur une base quadrangulaire à côtés arrondis ceinturée d’une frise de feuilles stylisées et richement décorée de palmettes en applique et d’un bas-relief central de forme rectangulaire représentant un satyre dansant avec de jeunes nymphes. Enfin, six pieds fuselés, soulignés d’enfilages de perles et de frises à canaux, terminent la composition de l’horloge.

    Cette pendule, témoignage précoce de l’Egyptomanie en France sous le règne de Louis XVI, figure parmi les créations horlogères parisiennes les plus abouties de l’époque. Elle s’inspire librement de certains projets d’ornemanistes du temps, notamment d’une gravure de Jean-François Forty qui est illustrée dans P. Kjellberg,  Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age au XXe siècle, Paris, 1997, p.173, fig. C ; ainsi que d’un dessin de l’architecte François-Joseph Bélanger (1744-1818) qui correspond à une horloge livrée en 1781 pour le Salon du pavillon de Bagatelle du comte d’Artois ; voir une pendule du « modèle Artois » qui est conservée à la Wallace Collection à Londres (voir Tardy, La pendule française, 2ème partie : Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1975, p.239).

    L’exemplaire que nous proposons se distingue par la qualité d’exécution de sa caisse en bronze qui nous permet de l’attribuer à Robert Osmond et par la position assise des sphinges, attitude que l’on retrouve sur quelques rares autres exemplaires de la même époque réalisés dans le même esprit, citons particulièrement : un premier modèle, réalisé par Godon pour le roi d’Espagne, qui appartient aux collections royales espagnoles (paru dans J. Ramon Colon de Carvajal, Catalogo de Relojes del Patrimonio nacional, Madrid, 1987, p.77, catalogue n°61) ; un deuxième, qui est conservé dans une collection privée, est reproduit dans M. Burckhardt, Mobilier Louis XVI, Editions Charles Massin, Paris, p.25 ; un troisième, particulièrement élaboré et richement décoré de figures allégoriques, se trouvait anciennement dans la collection Chappey (illustré dans P. Kjellberg, op.cit., Paris, 1997, p.258, fig. A) ; enfin, mentionnons une dernière pendule de ce type qui fut livrée par Lepaute pour le comte d’Artois et qui est exposée dans la Chambre du Roi au Petit Trianon (voir le catalogue de l’exposition Le château de Versailles raconte le Mobilier national, Quatre siècles de création, Paris, 2011, p.149-151).

    Compte tenu de la date de réalisation de la pendule que nous présentons, il s’agit très probablement de la signature de Pierre-Basile Lepaute, dit Sully-Lepaute (1750-1843), l’un des plus importants horlogers parisiens de la fin du XVIIIe siècle et des premières décennies du siècle suivant.

    Pierre-Basile Lepaute (1750 - 1843)

    Pierre-Basile Lepaute, dit Sully-Lepaute, est l’un des plus importants horlogers parisiens de la fin du XVIIIe siècle et des premières décennies du siècle suivant. Il rejoint ses oncles, également horlogers, dans la capitale vers le milieu des années 1760 et débute sa formation dans l’atelier familial. Dans un premier temps, il s’associe avec son oncle et son cousin, avant de racheter la société familiale en 1789. Vers la fin du XVIIIe siècle, il fonde avec son neveu, Jean-Joseph Lepaute, un nouvelle société qui dure jusqu’en 1811 et qui reçoit notamment une médaille d’argent à l’Exposition des Produits de l’Industrie de 1806. En 1811, son neveu installe son propre atelier, tandis que Pierre-Basile forme avec son fils, Pierre-Michel (1785-1849), une nouvelle société sous la raison sociale « Lepaute et fils ». Pendant plusieurs décennies, ils seront les principaux fournisseurs de pendules pour le Garde-Meuble impérial, puis royal ; recevant successivement les titres d’Horloger de l’Empereur sous Napoléon et d’Horloger du Roi à la Restauration.



    Robert Osmond (1711 - 1789)

    Le bronzier Robert Osmond nait à Canisy, près de Saint-Lô ; il fait son apprentissage dans l’atelier de Louis Regnard, maître fondeur en terre et en sable, devenant maître bronzier à Paris en 1746. On le trouve d’abord rue des Canettes, paroisse St Sulpice, et dès 1761, dans la rue de Mâcon. Robert Osmond devient juré de sa corporation, s’assurant ainsi une certaine protection de ses droits de créateur. En 1753 son neveu quitte la Normandie pour le rejoindre, et en 1761, l’atelier déménage dans la rue de Macon. Le neveu, Jean-Baptiste Osmond (1742-après 1790) est reçu maître en 1764 ; après cette date, il travaille avec son oncle ; leur collaboration fut si étroite qu’il est difficile de distinguer entre les contributions de l’un et de l’autre. Robert Osmond prend sa retraite vers 1775. Jean-Baptiste, qui continue de diriger l’atelier après le départ de son oncle, connaît bientôt des difficultés ; il fait faillite en 1784. Son oncle Robert meurt en 1789.

    Bronziers et ciseleurs prolifiques, les Osmond pratiquaient les styles Louis XV et néoclassiques avec un égal bonheur. Leurs œuvres, appréciées à leur juste valeur par les connaisseurs de l’époque, furent commercialisées par des horlogers et des marchands-merciers. Bien qu’ils aient produit toutes sortes de bronzes d’ameublement, y compris des chenets, des appliques et des encriers, aujourd’hui ils sont surtout connus pour leurs caisses de pendules, comme par exemple celle qui représente le Rapt d’Europe (Musée Getty, Malibu, CA,) dans le style Louis XV, et deux importantes pendules néoclassiques, dont il existe plusieurs modèles, ainsi qu’un vase à tête de lion (Musée Condé de Chantilly et le Cleveland Museum of Art) et un cartel avec rubans ciselés (exemples dans le Stockholm Nationalmuseum et le Musée Nissim de Camondo de Paris). Une pendule remarquable, ornée d’un globe, des amours, et d’une plaque en porcelaine de Sèvres (Louvre, Paris) compte également parmi leurs œuvres importantes.

    D’abord voués au style rocaille, au début des années 1760 ils ont adopté le nouveau style néoclassique, dont ils devinrent bientôt les maîtres. Ils fournirent des boîtes aux meilleurs horlogers de l’époque, y compris Montjoye, pour lequel ils créèrent des boîtes de pendules de cartonnier et de pendules colonne ; la colonne étant l’un des motifs de prédilection de l’atelier Osmond.



    Lépine  -  Boizot
    Pierre-Claude Raguet-Lépine
    Louis-Simon Boizot (1743-1809)

    Rare pendule en terre cuite à l’Égyptienne

    « Uranie égyptisante ou Allégorie de la géométrie »

    APF_Pendule032_05

    Dans un caisse en terre cuite attribuée à Louis-Simon Boizot ou son atelier

    Paris, époque Consulat, vers 1800

    Hauteur40 Largeur40 Profondeur20

    Le cadran circulaire émaillé, signé « Lepine Place Victoire », indique les heures en chiffres romains et les minutes en chiffres arabes par tranches de cinq par deux aiguilles Breguet en bronze doré, et s’inscrit dans une superbe caisse entièrement modelée en terre cuite patinée ; le cadran est ceinturé d’une lunette en bronze finement ciselé et doré à décor d’enfilage de perles et d’une frise de motifs stylisés. L’ensemble repose sur un fragment de stèle ou cippe « à l’antique » gravé de motifs de hiéroglyphes égyptiens et surmonté d’une draperie issue de la longue tunique d’une figure féminine assise sur le monument. Elle est largement drapée, la poitrine dénudée et coiffée d’un némès égyptien centré d’une étoile qui surmonte un bandeau orné de hiéroglyphes ; elle tourne sa tête vers le spectateur tandis qu’elle trace à l’aide d’un stylet une figure géométrique sur un parchemin déplié. A ses pieds, est disposé un mât enroulé dans un parchemin décoré de fines inscriptions. Le tout est supporté par une terrasse « au naturel » traitée à l’imitation de rochers et ponctuée de touffes d’herbes stylisées.

    La composition particulièrement originale de cette pendule est une parfaite illustration de l’influence égyptienne sur les arts décoratifs français qui résultait de la célèbre Campagne d’Egypte, expédition militaire menée de 1798 à 1801 par le général Bonaparte pour s’emparer de l’Orient et de laquelle découlera une nouvelle mode : « l’Egyptomanie », c’est-à-dire la fascination européenne pour la culture, l’histoire et les arts de l’Antiquité égyptienne. L’autre particularité de l’horloge que nous proposons réside dans le matériau sélectionné pour sa composition : la terre cuite. En effet, à cette époque les pendules étaient essentiellement réalisées en marbres et en bronze doré et/ou patiné ; le fait qu’elle soit modelée en terre cuite pourrait suggérer que le sculpteur destinait ce modèle, quoique parfaitement abouti, à être postérieurement fondu en bronze ; cette hypothèse semble se vérifier par la connaissance d’un type de pendules en marbre et bronze de dessin quasiment identique dont un exemplaire est conservé aujourd’hui dans les collections du Musée d’art et d’histoire de Genève (illustré dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Band I, Munich, 1986, p.338).

    L’attribution du  modèle à l’œuvre de Louis-Simon Boizot ou son atelier s’appuie notamment sur la créativité exceptionnelle de l’atelier de ce sculpteur qui fut l’un des principaux initiateurs de l’Egyptomanie dans l’horlogerie parisienne du temps en réalisant plusieurs modèles originaux de pendules à figures égyptiennes fondus par la suite par certains bronziers talentueux tel que François Rémond ; voir notamment un exemplaire créé par Boizot, puis fondu par Rémond, qui appartient au Musée des Arts décoratifs de Prague (voir le catalogue de l’exposition Louis-Simon Boizot (1743-1809), Musée Lambinet, Versailles, 2002, p.292).

    Pierre-Claude Raguet-Lépine

    L’horloger du roi Pierre-Claude Raguet, dit Raguet-Lépine, travaille avec son beau-père Jean-Antoine I Lépine (1720-1814). Né à Dôle, Pierre-Claude épouse en 1782 Pauline, la fille de Jean-Antoine. Il investit 16,000 livres dans l’affaire de son beau-père, en acquit un intérêt d’un tiers en 1783 et lui succède en juin 1784 sous le nom de « Lépine à Paris, Horloger du Roi ». Raguet-Lépine est membre du jury responsable de choisir le nouveau système horaire républicain (1793); en 1805 il est nommé horloger breveté de sa majesté l’Impératrice-Reine ; quatre ans plus tard il devient horloger de l’Impératrice Joséphine. Il compte parmi sa clientèle Napoléon I, Jérôme roi de Westphalie, Charles IV roi d’Espagne, les princes Talleyrand, Kourakine (l’ambassadeur russe), Schwarzenberg (l’ambassadeur autrichien), le comte de Provence et les filles de Louis XV au château de Bellevue.

    Son succès est tel qu’il a besoin de nombreux collaborateurs. Certains de ses parents travaillent avec lui : Jean-Antoine II Lépine qui est son chef d’atelier ; Jean-Louis Lépine à Genève et Jacques Lépine à Kassel en Allemagne. Ses boîtes sont faites par les meilleurs bronziers : Pierre-Philippe Thomire, F. Rémond, F. Vion, E. Martincourt, les Feuchères et les Duports ; les meilleurs émailleurs peignent ses cadrans : Coteau, Dubuisson, Cave, Merlet et Barbichon. De nos jours on trouve les œuvres de Raguet-Lépine au Musée du Louvre, au château de Compiègne, dans la British Royal Collection, au Musée International d’Horlogerie de La Chaux-de-Fonds, au Deutsches Uhrenmuseum à Furtwangen, au château Wilhemshöhe à Kassel, dans le Patrimonio Nacional d’Espagne, l’Hermitage de Saint Pétersbourg, dans le Detroit Institute of Arts et dans le Minneapolis Institute of Arts.



    Louis-Simon Boizot (1743 - 1809)

    Le fils d’Antoine Boizot, qui travailla à la Manufacture de Tapisseries des Gobelins , Boizot est formé dans l’atelier du sculpteur René-Michel Slodtz (1705–1764), qui forma également Houdon. Boizot épouse Marguerite Virginie Guibert, la fille du sculpteur Honoré Guibert. En 1778 il est admis à l’Académie royale de peinture et de sculpture and expose aux salons annuels jusqu’en 1800. Ses bustes de Louis XVI et de Joseph II, créées en 1777, sont produits en porcelaine à Sèvres.

    De 1773 à 1800 Boizot dirige l’atelier de sculpture de la Manufacture de Sèvres, produisant une série de figures en biscuit de porcelaine, au fini mat ressemblant au  marbre.

    Boizot crée également des modèles en terre cuite pour des boîtes de pendules en bronze doré, comme celle de la pendule allégorique dite « d’Avignon », faite en 1777 par le bronzier Pierre Gouthière et aujourd’hui dans la Wallace Collection de Londres.



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