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Thématiques : "Bon Sauvage"

  • Rare pendule dite « au bon sauvage » en bronze finement ciselé, patiné et doré

    « La nourrice africaine »

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    La caisse attribuée au bronzier parisien Croutelle aîné

    Hauteur38.5 cm Largeur23 cm Profondeur11 cm

    Le cadran circulaire émaillé indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles de type Bréguet en acier bleui ; il est renfermé dans une caisse entièrement réalisée en bronze très finement ciselé et doré. Le mouvement s’inscrit dans un fagot de cannes à sucre noué par un cordage et supporté par une superbe figure féminine aux yeux émaillés, vêtue d’un pagne et coiffée d’un panache de plumes, qui porte, suspendue à son cou, une écorce dans laquelle sommeille un bébé nouveau-né. L’ensemble repose sur une terrasse ovalisée supportée par une base à degrés agrémentée d’un motif en applique représentant des roseaux centrés d’une coquille ; enfin, quatre pieds toupies terminent la composition.

    Avant la fin du XVIIIe siècle, le noir dit « le bon sauvage » constitue rarement un thème décoratif pour les créations horlogères françaises et plus largement européennes. C’est véritablement à la fin de l’Ancien Régime, plus précisément dans la dernière décennie du XVIIIe siècle et dans les premières années du siècle suivant, qu’apparaissent les premiers modèles de pendules dites « au nègre » ou « au sauvage ». Elles font écho à un courant philosophique développé dans quelques grands ouvrages littéraires et historiques, notamment Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre publié en 1787 qui dépeint l’innocence de l’Homme, Atala de Chateaubriand qui restaure l’idéal chrétien et surtout le chef-d’œuvre de Daniel Defoe publié en 1719 : Robinson Crusoé. L’exemplaire que nous proposons, représentant une jeune nourrice africaine qui porte un nouveau-né, figure parmi les modèles les plus appréciés des amateurs d’horlogerie ancienne. La composition s’inspire directement d’un dessin déposé en 1807 par le bronzier Croutelle aîné qui est conservé à la Bibliothèque Nationale à Paris, Cabinet des Estampes (voir D. et C. Fléchon, « La pendule au nègre », in Bulletin de l’Association nationale des Collectionneurs et Amateurs d’Horlogerie ancienne, printemps 1992, n°63, p.32, fig.4).

    De nos jours, parmi les rares exemplaires identiques répertoriés, citons notamment : une première pendule, le cadran signé « Herbin à Paris », qui est illustrée dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.381, fig.5.15.27 (voir également Giacomo et Aurélie Wannenes, Les plus belles pendules françaises, de Louis XIV à l’Empire, Editions Polistampa, Florence, 2013, p.314) ; une deuxième est reproduite dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age au XXe siècle, Paris, 1997, p.345, fig. F ; une troisième, le cadran signé « Cary à Lyon », fait partie des collections royales espagnoles (parue dans J. Ramon Colon de Carvajal, Catalogo de Relojes del Patrimonio nacional, Madrid, 1987, p.119, catalogue n°99) ; enfin, mentionnons particulièrement une dernière horloge de ce type qui est conservée au Musée François Duesberg à Mons (voir Musée François Duesberg, Arts décoratifs 1775-1825, Bruxelles, 2004, p.59).

    Mignolet  -  Deverberie
    Joseph Mignolet ou Mignonet
    Jean-Simon Deverberie (1764-1824)

    Rare pendule de cheminée dite « à la chasseresse africaine » en bronze finement ciselé, patiné ou doré

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    Mouvement signé par Joseph Mignolet

    Dans une caisse attribuée à Jean-Simon Deverberie (1764-1824)

    Paris, époque Directoire-Consulat, vers 1800

    Hauteur48 cm Largeur38,5 cm Profondeur15 cm

    Bibliographie :

    Dominique et Chantal Fléchon, « La pendule au nègre », in Bulletin de l’association nationale des collectionneurs et amateurs d’horlogerie ancienne, printemps 1992, n°63, p.27-49.

     

    Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Mignolet à Paris », indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles en bronze gravé ou repercé ; il s’inscrit dans une caisse entièrement réalisée en bronze finement ciselé, doré ou patiné. La lunette est agrémentée de fines frises stylisées ou perlées ; l’amortissement est formé d’une superbe figure féminine représentant une jeune chasseresse noire assise vêtue d’un pagne de plumes, portant un carquois à empennages de flèches en bandoulière, les cheveux crêpelés ceints d’un bandeau et les yeux en verre traités « au naturel » ; elle porte des bijoux tels que colliers, anneaux, pendentifs d’oreille rouges et bracelets de chevilles et tient une flèche dans sa main droite et un arc dans l’autre main ; elle pose son pied gauche sur une tortue à la carapace finement ouvragée, tandis que, du côté opposé, est une lionne assise sur son postérieur tournant la tête vers le personnage. L’ensemble repose sur une haute base architecturée à doucine soulignée de guirlandes fleuries et feuillagées retenues par des rubans, d’une frise d’enfilage de perles et d’une scène en applique représentant de jeunes enfants nus s’adonnant notamment à la chasse et à la pêche. Enfin, six pieds finement ouvragés de frises moletées supportent l’horloge.

    Avant la fin du XVIIIe siècle, le noir constitue rarement un thème décoratif pour les créations horlogères françaises et plus largement européennes. C’est véritablement à la fin de l’Ancien Régime, plus précisément dans la dernière décennie du XVIIIe siècle et dans les premières années du siècle suivant, qu’apparaissent les premiers modèles de pendules dites « au nègre » ou « au sauvage ». Elles font écho à un courant philosophique développé dans quelques grands ouvrages littéraires et historiques, notamment Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre publié en 1787 qui dépeint l’innocence de l’Homme, Atala de Chateaubriand qui restaure l’idéal chrétien et surtout le chef-d’œuvre de Daniel Defoe publié en 1719 : Robinson Crusoé. Le dessin original de la pendule proposée, titré « l’Afrique », fut déposé par le fondeur-ciseleur parisien Jean-Simon Deverberie en An VII (illustré dans Dominique et Pascal Flechon, « La pendule au nègre », dans Bulletin de l’association nationale des collectionneurs et amateurs d’horlogerie ancienne, printemps 1992, n°63, p.32, photo n°2).

    Parmi les exemplaires de pendules connues de composition identique, mentionnons notamment : un premier modèle,  le cadran signé « Gaulin à Paris », qui est reproduit dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.381, fig.5.15.25 ; ainsi qu’un deuxième modèle avec variante, puisque la figure repose sur une arche, qui est illustré dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age à nos jours, Paris, 1997, p.350 ; enfin, citons particulièrement un dernier exemplaire, le cadran signé « Ridel », qui appartient aux collections du Musée François Duesberg à Mons (reproduit dans le catalogue de l’exposition « De noir et d’or, Pendules « au bon sauvage », Musées Royaux d’Art et d’Histoire, Bruxelles, 1993).

    Joseph Mignolet ou Mignonet

    Joseph Mignolet ou Mignonet fut reçu Maître Horloger en 1786 rue Saint Honoré.

     



    Jean-Simon Deverberie (1764 - 1824)

    Jean-Simon Deverberie figure parmi les plus importants bronziers parisiens de la fin du XVIIIe siècle et des deux premières décennies du siècle suivant. Marié avec Marie-Louise Veron, il semble que cet artisan se soit quasi exclusivement spécialisé dans un premier temps dans la création de pendules, de flambeaux et de candélabres, ornés de figures exotiques, particulièrement de personnages africains ; en effet, il déposa vers 1800 de nombreux dessins préparatoires de pendules dites « au nègre », notamment les modèles dits « l’Afrique », « l’Amérique » et « Indien et Indienne enlacés » (les dessins sont conservés de nos jours au Cabinet des Estampes à la Bibliothèque nationale à Paris). Il installa son atelier successivement rue Barbette à partir de 1800, rue du Temple vers 1804, enfin, rue des Fossés du Temple entre 1812 et 1820.



    Deverberie
    Jean-Simon Deverberie (1764-1824)

    Rare pendule de cheminée dite « à l’Indienne d’Amérique » en bronze finement ciselé, patiné ou doré

    Pendule187_07

    Paris, époque Empire, vers 1812-1815

    Hauteur59 Largeur41.5 Profondeur10

    Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Inv. Fec. de Verberie & Cgnie/rue des fossés du Temple n°47/A Paris », indique les heures et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles en bronze repercé et doré ; il s’inscrit dans une caisse entièrement réalisée en bronze très finement ciselé, doré ou patiné. La lunette est soulignée de frises stylisées ou perlées ; l’amortissement est formé d’une superbe figure féminine représentant une chasseresse noire assise, vêtue d’un pagne de plumes, portant un carquois à empennages de flèches en bandoulière, les cheveux retenus par une coiffe à panache de plumes et les yeux en verre traités « au naturel » ; elle porte des bijoux tels que colliers, bracelets de chevilles ou de biceps et pendentifs d’oreilles en corail ; elle tient un arc dans sa main droite, une lance dans l’autre main et pose son pied gauche sur la tête d’un serpent dont la queue vient s’entortiller autour d’un palmier disposé de l’autre côté de la composition. L’ensemble repose sur une arche, à motifs feuillagés dans des réserves, agrémentée en applique de pastilles en émail bleu avec paillons d’or étoilés reposant sur quatre pattes léonines ; cette arche est elle-même supportée par une base quadrangulaire en marbre blanc statuaire posée sur quatre pieds en galets.

    Avant la fin du XVIIIe siècle, le noir constitue rarement un thème décoratif pour les créations horlogères françaises et plus largement européennes. C’est véritablement à la fin de l’Ancien Régime, plus précisément dans la dernière décennie du XVIIIe siècle et dans les premières années du siècle suivant, qu’apparaissent les premiers modèles de pendules dites « au nègre » ou « au sauvage ». Elles font écho à un courant philosophique développé dans quelques grands ouvrages littéraires et historiques, notamment Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre publié en 1787 qui dépeint l’innocence de l’Homme, Atala de Chateaubriand qui restaure l’idéal chrétien et surtout le chef-d’œuvre de Daniel Defoe publié en 1719 : Robinson Crusoé. Le dessin original de la pendule proposée, titré « l’Amérique », fut déposé en l’An VII par le fondeur-ciseleur parisien Jean-Simon Deverberie (1764-1824), l’un des plus importants bronziers parisiens de la fin du XVIIIe siècle et des deux premières décennies du siècle suivant dont l’atelier était installé successivement rue Barbette en 1800, rue du Temple en 1804, enfin rue des Fossés du Temple entre 1812 et 1820 ; le dessin est illustré dans D. et P. Fléchon, « La pendule au nègre », dans Bulletin de l’association nationale des collectionneurs et amateurs d’horlogerie ancienne, printemps 1992, n°63, p.32, photo n°3.

     

    Parmi les exemplaires de pendules connues de composition similaire, mentionnons notamment deux modèles sur haute base à doucine : le premier est conservé à la Fondation Andrès de Ribera à Jerez de la Frontera (illustré dans Catalogo ilustrado del Museo de Relojes, 1982, p.39) ; tandis que le deuxième appartient aux collections du Musée François Duesberg à Mons (reproduit dans le catalogue de l’exposition « De noir et d’or, Pendules « au bon sauvage » », Musées Royaux d’Art et d’Histoire, Bruxelles, 1993). Enfin, citons particulièrement deux autres pendules sur lesquelles les figures reposent également sur des arches, variante rarissime du modèle classique précédent : le premier est paru dans E. Niehüser, Die französische Bronzeuhr, Eine Typologie der figürlichen Darstellungen, Munich, 1997, p.237, fig.809 ; tandis que le second présente une arche également agrémentée de pastilles émaillées bleu avec paillons dorés (voir P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age au XXe siècle, Paris, 1997, p.352, fig. A).

    Jean-Simon Deverberie (1764 - 1824)

    Jean-Simon Deverberie figure parmi les plus importants bronziers parisiens de la fin du XVIIIe siècle et des deux premières décennies du siècle suivant. Marié avec Marie-Louise Veron, il semble que cet artisan se soit quasi exclusivement spécialisé dans un premier temps dans la création de pendules, de flambeaux et de candélabres, ornés de figures exotiques, particulièrement de personnages africains ; en effet, il déposa vers 1800 de nombreux dessins préparatoires de pendules dites « au nègre », notamment les modèles dits « l’Afrique », « l’Amérique » et « Indien et Indienne enlacés » (les dessins sont conservés de nos jours au Cabinet des Estampes à la Bibliothèque nationale à Paris). Il installa son atelier successivement rue Barbette à partir de 1800, rue du Temple vers 1804, enfin, rue des Fossés du Temple entre 1812 et 1820.



    Galle
    Claude Galle (1759-1815)

    Importante pendule de cheminée en bronze finement ciselé, patiné ou doré à l’or mat et marbre vert antique

    « La rencontre de Robinson Crusoé et de Vendredi »

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    Dans une caisse attribuée à Claude Galle

    Paris, époque Directoire, vers 1800

    Hauteur53.5 cm Largeur35.5 cm Profondeur14 cm

    Le cadran circulaire émaillé blanc indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes par deux aiguilles en acier bleui dites « Breguet » ; la lunette est soulignée de frises feuillagées ou perlées. Le mouvement est renfermé dans une caisse quadrangulaire à pans coupés entièrement réalisée en bronze très finement ciselé et doré à décor en relief, sur les côtés, de chèvres se hissant sur leurs pattes arrières pour manger des pampres, en façade, de scènes à personnages représentant Robinson Crusoé désespéré sous une tente de fortune faisant face à un orage et le même personnage se fabriquant une barque près d’un limonier ; les angles de la caisse sont agrémentés de tonneaux d’où s’échappent des cactus stylisés ; la terrasse, simulant un parterre « au naturel », supporte une superbe composition représentant la rencontre du jeune sauvage Vendredi, figuré un genou à terre, et de Robinson Crusoé, vêtu et coiffé de peaux de chèvres, tenant de la main droite un parasol et un fusil dans l’autre main ; à l’arrière de Vendredi se trouve un limonier à fruits dorés sur lequel est juché un perroquet. L’ensemble repose sur une base quadrangulaire à pans coupés en marbre vert antique soulignée d’une frise de feuilles d’eau alternées de tigettes ; enfin, quatre pieds moulurés en boules aplaties supportent l’ensemble de l’horloge.

    Directement inspiré du célèbre roman de Daniel Defoe publié en 1719, cette pendule figure parmi les créations horlogères les plus abouties des dernières années du XVIIIe siècle. De nos jours, parmi les rares modèles identiques répertoriés, citons particulièrement : un premier exemplaire qui est illustré dans P. Heuer et K. Maurice, European Pendulum Clocks, Decorative Instruments of Measuring Time, Munich, 1988, p.92, fig.159 ; ainsi qu’un deuxième, proposant une base en marbre rouge griotte d’Italie, qui est reproduit dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age au XXe siècle, Les éditions de l’Amateur, Paris, 1997, p.359 ; un troisième, reposant sur une base en marbre de mer, est paru dans G. et A. Wannenes, Les plus belles pendules françaises, De Louis XIV à l’Empire, Editions Polistampa, Florence, 2013, p.307 ; un quatrième, proposant un socle entièrement doré, est exposé au Palais Pitti à Florence ; enfin, mentionnons particulièrement que deux pendules de ce modèle, l’une de composition originale et unique et toutes deux ayant des cadrans signés « Leclerc à Bruxelles », appartiennent aux collections du Musée François Duesberg à Mons (voir Musée François Duesberg, Arts décoratifs 1775-1825, Bruxelles, 2004, p.64-65).

    Claude Galle (1759 - 1815)

    L’un des plus éminents bronziers et fondeurs-ciseleurs de la fin de l’époque Louis XVI et l’Empire, Claude Galle est né à Villepreux près de Versailles. Il fait son apprentissage sous le fondeur Pierre Foy, épousant en 1784 la fille de Foy. En 1786 il devient maître fondeur. A la mort de son beau-père en 1788, Galle prend la direction de l’atelier, qui devient l’un des plus importants de Paris, employant, au plus haut de son activité, près de 400 artisans. Galle déplace l’atelier d’abord Quai de la Monnaie (plus tard Quai de l’Unité), puis, en 1805, 60 Rue Vivienne.

    Le garde-meuble de la couronne, sous la direction de sculpteur Jean Hauré de 1786-88, lui fait l’honneur de plusieurs commandes. Galle travailla avec beaucoup d’artisans remarquables, tels Pierre-Philippe Thomire ; il fournit la majorité des bronzes d’ameublement au Château de Fontainebleau pendant l’Empire. Il reçut de nombreuses commandes impériales, pour des lumières, boîtes de pendule, et vases pour les palais de Saint-Cloud, les Trianons, les Tuileries, Compiègne, et Rambouillet. Il fournit les palais italiens de Monte Cavallo à Rome et Stupinigi près de Turin.



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    Rare pendule de cheminée en bronze très finement ciselé ou moleté, patiné « au naturel » et doré à l’or mat

    « Jeune homme noir poussant une brouette »

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    Paris, époque Directoire, vers 1800

    Hauteur34.5 Largeur41 Profondeur12

    Le cadran circulaire émaillé blanc indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles en cuivre repercé et doré ; il s’inscrit dans une caisse entièrement réalisée en bronze très finement ciselé ou moleté, patiné « au naturel » et doré à l’or mat. La lunette est décorée d’une frise moletée ; le mouvement, à sonnerie des heures et des demi-heures, est renfermé dans une balle de coton posée sur une brouette poussée par une superbe figure masculine représentant un jeune noir en bronze patiné « au naturel » et doré ; ses yeux sont émaillés, il est coiffé d’un chapeau agrémenté d’une plume, il est vêtu d’un pantalon et porte sur son dos un panier en vannerie contenant sa chemise ; à l’opposé, fièrement juché sur la ridelle, est un perroquet le plumage finement ciselé qui tourne la tête vers le spectateur. L’ensemble de la composition repose sur une base architecturée, de forme quadrangulaire à pans coupés, richement ornée de motifs en bas-reliefs en applique à décor d’ancres, de trident et de cordelettes, et d’un trophée central à feuilles d’olivier, palmes, caducée, palmette stylisée et cornes d’abondance, symbolisant le Commerce maritime. Enfin, la composition est supportée par six pieds évasés soulignés d’une frise finement ouvragée et d’un tore uni mouluré.

    A la fin du XVIIIe siècle, sous l’impulsion des écrits philosophiques de Jean-Jacques Rousseau qui exaltait les vertus morales du retour à la Nature à travers le mythe du « bon sauvage », l’engouement pour l’exotisme fut tout particulièrement mis à la mode par la littérature contemporaine. Ainsi, le prodigieux succès littéraire de « Paul et Virginie » de Bernardin de Saint-Pierre en 1788, héritier lointain du fameux « Robinson Crusoé » de Daniel Defoe, le roman « Les Incas » de Marmontel paru en pleine guerre de l’indépendance américaine, ainsi qu’« Atala » de Chateaubriand publiée en 1801, vont profondément bouleverser l’approche européenne des autres civilisations et même faire plonger la culture du vieux continent dans une forte nostalgie romantique liée à la quête d’un Eden païen régénéré par le christianisme. Comme souvent dans les arts décoratifs français, ce bouleversement aura sa manifestation dans certaines créations artistiques, essentiellement horlogères ou liées au luminaire. C’est dans ce contexte que fut créée la pendule que nous présentons dont le modèle dit « jeune homme noir poussant une brouette » connut un grand succès auprès des amateurs d’horlogerie des premières décennies du XIXe siècle. De nos jours parmi les rares autres modèles connus de ce type, citons notamment : un premier exemplaire qui est illustré dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen-Age à nos jours, Les éditions de l’Amateur, Paris, 1997, p.344 ; ainsi que deux modèles, l’un, le cadran signé « Gillet horloger », l’autre « Hunziker rue de Bussy n°22 », qui sont reproduits dans le catalogue de l’exposition « De Noir et d’Or, Pendules « au bon sauvage », Collection de M. et Mme François Duesberg », Musée Royaux d’Art et d’Histoire, Musée Bellevue, Bruxelles, 1993.

    Rare pendule de cheminée en bronze très finement ciselé, moleté, patiné « au naturel » et doré à l’or mat ou l’or bruni

    « Jeune sauvage poussant un tonneau »

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    Paris, époque Consulat-Empire, vers 1800-1805

    Hauteur32.5 Largeur27 Profondeur10.5

    Le cadran circulaire émaillé blanc, localisé « à Paris », indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles et s’inscrit dans une caisse entièrement réalisée en bronze très finement ciselé, moleté, patiné « au naturel » et doré à l’or mat ou à l’or bruni. La lunette est soulignée d’une frise à palmettes et filet à canaux ; le mouvement est renfermé dans un tonneau que fait rouler une superbe figure masculine représentant un jeune noir en bronze patiné « au naturel », les yeux émaillés, portant des bracelets perlés aux biceps et vêtu d’un pantalon. L’ensemble de la composition repose sur une base quadrangulaire à pans coupés, richement agrémentée de motifs en applique à décor de couronnes enrubannées ou rapaces et ornée en façade d’un riche trophée relatif au Commerce composé notamment de ballots noués, palmes, ancre, panier, tonneau et coffre sur lesquels est juché un perroquet. Enfin, la composition est supportée par quatre pieds campaniformes soulignés de frises moletées à motifs stylisés.

    À la fin du XVIIIe siècle, sous l’impulsion des écrits philosophiques de Jean-Jacques Rousseau qui exaltait les vertus morales du retour à la Nature à travers le mythe du « bon sauvage », l’engouement pour l’exotisme fut tout particulièrement mis à la mode par la littérature contemporaine. Ainsi, le prodigieux succès littéraire de « Paul et Virginie » de Bernardin de Saint-Pierre en 1788, héritier lointain du fameux « Robinson Crusoé » de Daniel de Foe, le roman « Les Incas » de Marmontel paru en pleine guerre de l’indépendance américaine, ainsi qu’« Atala » de Chateaubriand publiée en 1801, vont profondément bouleverser l’approche européenne des autres civilisations et même faire plonger la culture du vieux continent dans une forte nostalgie romantique liée à la quête d’un Eden païen régénéré par le christianisme. Comme souvent dans les arts décoratifs français, ce bouleversement idéologique connaîtra une manifestation dans certaines créations artistiques parisiennes, essentiellement horlogères ou liées au luminaire.

    C’est dans ce contexte que fut créée la pendule que nous proposons dont le modèle, dit « jeune sauvage poussant un tonneau », figure parmi les représentations les plus rares de ce domaine particulier de l’horlogerie parisienne. Ainsi, de nos jours parmi les quelques autres modèles connus de ce type, citons particulièrement un premier exemplaire qui fut présenté en 1978 à l’Exposition « La pendule au nègre » qui se tint au Musée de l’Hôtel Sandelin à Saint-Omer (reproduit dans E. Niehüser, Die französische Bronzeuhr, Eine Typologie der figürlichen Darstellungen, Munich, 1997, p.238, fig.814 ; et dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age au XXe siècle, Les éditions de l’Amateur, Paris, 1997, p.344, fig. B) ; ainsi qu’un second qui est illustré dans G. et A. Wannenes, Les plus belles pendules françaises de Louis XIV à l’Empire, Editions Polistampa, Florence, 2013, p.308.

    Deverberie
    Jean-Simon Deverberie (1764-1824)

    Rare pendule de cheminée dite « à la chasseresse africaine » en bronze finement ciselé, patiné ou doré

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    Attribuée à Jean-Simon Deverberie

    Paris, époque Directoire-Consulat, vers 1800

    Hauteur45.5 Largeur35.5 Profondeur14

    Le cadran circulaire émaillé blanc indique les heures en chiffres arabes et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles en bronze gravé ou repercé ; il s’inscrit dans une caisse entièrement réalisée en bronze finement ciselé, doré ou patiné. La lunette est agrémentée de fines frises stylisées ou perlées ; l’amortissement est formé d’une superbe figure féminine représentant une jeune chasseresse noire assise vêtue d’un pagne de plumes, portant un carquois à empennages de flèches en bandoulière, les cheveux crêpelés ceints d’un bandeau argenté et les yeux en verre traités « au naturel » ; elle porte des bijoux tels que colliers, anneaux, pendentifs d’oreille ou bracelets de chevilles et tient une flèche dans sa main droite et un arc dans l’autre main ; elle pose son pied gauche sur une tortue à la carapace finement ouvragée, tandis que, du côté opposé, est une lionne assise sur son postérieur tournant la tête vers le personnage. L’ensemble repose sur une haute base architecturée à doucine soulignée de guirlandes fleuries et feuillagées retenues par des rubans, d’une frise d’enfilage de perles et d’une scène en applique représentant de jeunes enfants nus s’adonnant notamment à la chasse et à la pêche. Enfin, six pieds finement ouvragés de frises moletées supportent l’horloge.

    Avant la fin du XVIIIe siècle, le noir constitue rarement un thème décoratif pour les créations horlogères françaises et plus largement européennes. C’est véritablement à la fin de l’Ancien Régime, plus précisément dans la dernière décennie du XVIIIe siècle et dans les premières années du siècle suivant, qu’apparaissent les premiers modèles de pendules dites « au nègre » ou « au sauvage ». Elles font écho à un courant philosophique développé dans quelques grands ouvrages littéraires et historiques, notamment Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre publié en 1787 qui dépeint l’innocence de l’Homme, Atala de Chateaubriand qui restaure l’idéal chrétien et surtout le chef-d’œuvre de Daniel Defoe publié en 1719 : Robinson Crusoé. Le dessin original de la pendule proposée, titré « l’Afrique », fut déposé par le fondeur-ciseleur parisien Jean-Simon Deverberie en An VII (illustré dans Dominique et Pascal Flechon, « La pendule au nègre », dans Bulletin de l’association nationale des collectionneurs et amateurs d’horlogerie ancienne, printemps 1992, n°63, p.32, photo n°2).

    Parmi les exemplaires de pendules connues de composition identique, mentionnons notamment : un premier modèle,  le cadran signé « Gaulin à Paris », qui est reproduit dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.381, fig.5.15.25 ; ainsi qu’un deuxième modèle avec variante, puisque la figure repose sur une arche, qui est illustré dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age à nos jours, Paris, 1997, p.350 ; enfin, citons particulièrement un dernier exemplaire, le cadran signé « Ridel », qui appartient aux collections du Musée François Duesberg à Mons (reproduit dans le catalogue de l’exposition « De noir et d’or, Pendules « au bon sauvage », Musées Royaux d’Art et d’Histoire, Bruxelles, 1993).

    Jean-Simon Deverberie (1764 - 1824)

    Jean-Simon Deverberie figure parmi les plus importants bronziers parisiens de la fin du XVIIIe siècle et des deux premières décennies du siècle suivant. Marié avec Marie-Louise Veron, il semble que cet artisan se soit quasi exclusivement spécialisé dans un premier temps dans la création de pendules, de flambeaux et de candélabres, ornés de figures exotiques, particulièrement de personnages africains ; en effet, il déposa vers 1800 de nombreux dessins préparatoires de pendules dites « au nègre », notamment les modèles dits « l’Afrique », « l’Amérique » et « Indien et Indienne enlacés » (les dessins sont conservés de nos jours au Cabinet des Estampes à la Bibliothèque nationale à Paris). Il installa son atelier successivement rue Barbette à partir de 1800, rue du Temple vers 1804, enfin, rue des Fossés du Temple entre 1812 et 1820.



    Rare pendule de cheminée dite « aux porteuses noires » en bronze très finement ciselé, émaillé, patiné et doré à l’or mat

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    Attribuée au bronzier parisien Louis-Isidore Choiselat, dit Choiselat-Gallien (1784-1853)

    Paris, époque Empire, vers 1810

    Hauteur41 Largeur34.5 Profondeur11

    Le cadran circulaire émaillé blanc indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles en cuivre repercé et doré ; il s’inscrit dans une balle de coton nouée de cordelettes et surmontée d’un perroquet posé sur son perchoir. La balle de coton est posée sur un brancard, à filet suspendu laissant apercevoir à l’arrière le balancier terminé par un médaillon ajouré à motif d’un écureuil, reposant sur les épaules de deux superbes figures représentant des jeunes noires, aux yeux émaillés, portant des anneaux d’oreilles et vêtus de pagnes de plumes. Les personnages sont supportés par une base quadrangulaire à côtés arrondis agrémentée de motifs en applique figurant des instruments de musique retenus par des rubans noués et un trophée à coiffe en panache de plumes, palmes, collier de perles et pagayes croisées ; la terrasse est centrée d’une large fleur épanouie s’inscrivant dans un médaillon à perles. Enfin, des pieds aplatis à frises d’entrelacs centrés de cabochons supportent l’horloge.

    À la fin du XVIIIe siècle, sous l’impulsion des écrits philosophiques de Jean-Jacques Rousseau qui exaltait les vertus morales du retour à la Nature à travers le mythe du « bon sauvage », l’engouement pour l’exotisme fut tout particulièrement mis à la mode par la littérature contemporaine. Ainsi, le prodigieux succès littéraire de « Paul et Virginie » de Bernardin de Saint-Pierre en 1788, héritier lointain du fameux « Robinson Crusoé » de Daniel Defoe, le roman « Les Incas » de Marmontel paru en pleine guerre de l’indépendance américaine, ainsi qu’« Atala » de Chateaubriand publiée en 1801, vont profondément bouleverser l’approche européenne des autres civilisations et même faire plonger la culture du vieux continent dans une forte nostalgie romantique liée à la quête d’un Eden païen régénéré par le christianisme. Comme souvent dans les arts décoratifs français, ce bouleversement aura sa manifestation dans certaines créations artistiques, essentiellement horlogères ou liées au luminaire. C’est dans ce contexte que fut créée la pendule que nous présentons, dont le modèle, dit « aux jeunes porteuses noires », est l’une des représentations les plus rares des pendules dites « au nègre ».

    Ainsi, parmi les rares autres horloges connues de dessin similaire, avec toutefois certaines variantes dans la composition, citons : un premier exemplaire, l’amortissement formé d’un groupe de Paul et Virginie, qui est conservé au Musée Duesberg à Mons (paru dans le catalogue de l’exposition « De Noir et d’Or », Pendules « au bon sauvage », Musées Royaux d’Art et d’Histoire, Bruxelles, 1993) ; ainsi qu’un deuxième qui est illustré dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age à nos jours, Paris, 1997, p.344 ; enfin, un dernier, réalisé par le bronzier Louis-Isidore Choiselat, dit Choiselat-Gallien, est illustré dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.379, fig.5.15.20, et nous permet d’attribuer la pendule que nous proposons à cet important bronzier parisien de l’époque Empire.