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Thématiques : "Bon Sauvage"

  • Rare pendule de cheminée en bronze très finement ciselé ou moleté, patiné « au naturel » et doré à l’or mat

    « Jeune homme noir poussant une brouette »

    Pendule421-02_HD_PRESSE

    Paris, époque Directoire, vers 1800

    Hauteur34.5 Largeur41 Profondeur12

    Le cadran circulaire émaillé blanc indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles en cuivre repercé et doré ; il s’inscrit dans une caisse entièrement réalisée en bronze très finement ciselé ou moleté, patiné « au naturel » et doré à l’or mat. La lunette est décorée d’une frise moletée ; le mouvement, à sonnerie des heures et des demi-heures, est renfermé dans une balle de coton posée sur une brouette poussée par une superbe figure masculine représentant un jeune noir en bronze patiné « au naturel » et doré ; ses yeux sont émaillés, il est coiffé d’un chapeau agrémenté d’une plume, il est vêtu d’un pantalon et porte sur son dos un panier en vannerie contenant sa chemise ; à l’opposé, fièrement juché sur la ridelle, est un perroquet le plumage finement ciselé qui tourne la tête vers le spectateur. L’ensemble de la composition repose sur une base architecturée, de forme quadrangulaire à pans coupés, richement ornée de motifs en bas-reliefs en applique à décor d’ancres, de trident et de cordelettes, et d’un trophée central à feuilles d’olivier, palmes, caducée, palmette stylisée et cornes d’abondance, symbolisant le Commerce maritime. Enfin, la composition est supportée par six pieds évasés soulignés d’une frise finement ouvragée et d’un tore uni mouluré.

    A la fin du XVIIIe siècle, sous l’impulsion des écrits philosophiques de Jean-Jacques Rousseau qui exaltait les vertus morales du retour à la Nature à travers le mythe du « bon sauvage », l’engouement pour l’exotisme fut tout particulièrement mis à la mode par la littérature contemporaine. Ainsi, le prodigieux succès littéraire de « Paul et Virginie » de Bernardin de Saint-Pierre en 1788, héritier lointain du fameux « Robinson Crusoé » de Daniel Defoe, le roman « Les Incas » de Marmontel paru en pleine guerre de l’indépendance américaine, ainsi qu’« Atala » de Chateaubriand publiée en 1801, vont profondément bouleverser l’approche européenne des autres civilisations et même faire plonger la culture du vieux continent dans une forte nostalgie romantique liée à la quête d’un Eden païen régénéré par le christianisme. Comme souvent dans les arts décoratifs français, ce bouleversement aura sa manifestation dans certaines créations artistiques, essentiellement horlogères ou liées au luminaire. C’est dans ce contexte que fut créée la pendule que nous présentons dont le modèle dit « jeune homme noir poussant une brouette » connut un grand succès auprès des amateurs d’horlogerie des premières décennies du XIXe siècle. De nos jours parmi les rares autres modèles connus de ce type, citons notamment : un premier exemplaire qui est illustré dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen-Age à nos jours, Les éditions de l’Amateur, Paris, 1997, p.344 ; ainsi que deux modèles, l’un, le cadran signé « Gillet horloger », l’autre « Hunziker rue de Bussy n°22 », qui sont reproduits dans le catalogue de l’exposition « De Noir et d’Or, Pendules « au bon sauvage », Collection de M. et Mme François Duesberg », Musée Royaux d’Art et d’Histoire, Musée Bellevue, Bruxelles, 1993.

    Rare pendule de cheminée en bronze très finement ciselé, moleté, patiné « au naturel » et doré à l’or mat ou l’or bruni

    « Jeune sauvage poussant un tonneau »

    Pendule371-02_HD_WEB

    Paris, époque Consulat-Empire, vers 1800-1805

    Hauteur32.5 Largeur27 Profondeur10.5

    Le cadran circulaire émaillé blanc, localisé « à Paris », indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles et s’inscrit dans une caisse entièrement réalisée en bronze très finement ciselé, moleté, patiné « au naturel » et doré à l’or mat ou à l’or bruni. La lunette est soulignée d’une frise à palmettes et filet à canaux ; le mouvement est renfermé dans un tonneau que fait rouler une superbe figure masculine représentant un jeune noir en bronze patiné « au naturel », les yeux émaillés, portant des bracelets perlés aux biceps et vêtu d’un pantalon. L’ensemble de la composition repose sur une base quadrangulaire à pans coupés, richement agrémentée de motifs en applique à décor de couronnes enrubannées ou rapaces et ornée en façade d’un riche trophée relatif au Commerce composé notamment de ballots noués, palmes, ancre, panier, tonneau et coffre sur lesquels est juché un perroquet. Enfin, la composition est supportée par quatre pieds campaniformes soulignés de frises moletées à motifs stylisés.

    À la fin du XVIIIe siècle, sous l’impulsion des écrits philosophiques de Jean-Jacques Rousseau qui exaltait les vertus morales du retour à la Nature à travers le mythe du « bon sauvage », l’engouement pour l’exotisme fut tout particulièrement mis à la mode par la littérature contemporaine. Ainsi, le prodigieux succès littéraire de « Paul et Virginie » de Bernardin de Saint-Pierre en 1788, héritier lointain du fameux « Robinson Crusoé » de Daniel de Foe, le roman « Les Incas » de Marmontel paru en pleine guerre de l’indépendance américaine, ainsi qu’« Atala » de Chateaubriand publiée en 1801, vont profondément bouleverser l’approche européenne des autres civilisations et même faire plonger la culture du vieux continent dans une forte nostalgie romantique liée à la quête d’un Eden païen régénéré par le christianisme. Comme souvent dans les arts décoratifs français, ce bouleversement idéologique connaîtra une manifestation dans certaines créations artistiques parisiennes, essentiellement horlogères ou liées au luminaire.

    C’est dans ce contexte que fut créée la pendule que nous proposons dont le modèle, dit « jeune sauvage poussant un tonneau », figure parmi les représentations les plus rares de ce domaine particulier de l’horlogerie parisienne. Ainsi, de nos jours parmi les quelques autres modèles connus de ce type, citons particulièrement un premier exemplaire qui fut présenté en 1978 à l’Exposition « La pendule au nègre » qui se tint au Musée de l’Hôtel Sandelin à Saint-Omer (reproduit dans E. Niehüser, Die französische Bronzeuhr, Eine Typologie der figürlichen Darstellungen, Munich, 1997, p.238, fig.814 ; et dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age au XXe siècle, Les éditions de l’Amateur, Paris, 1997, p.344, fig. B) ; ainsi qu’un second qui est illustré dans G. et A. Wannenes, Les plus belles pendules françaises de Louis XIV à l’Empire, Editions Polistampa, Florence, 2013, p.308.

    Deverberie
    Jean-Simon Deverberie (1764-1824)

    Rare pendule de cheminée dite « à la chasseresse africaine » en bronze finement ciselé, patiné ou doré

    Pendule358-03_BD_MAIL

    Attribuée à Jean-Simon Deverberie

    Paris, époque Directoire-Consulat, vers 1800

    Hauteur45.5 Largeur35.5 Profondeur14

    Le cadran circulaire émaillé blanc indique les heures en chiffres arabes et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles en bronze gravé ou repercé ; il s’inscrit dans une caisse entièrement réalisée en bronze finement ciselé, doré ou patiné. La lunette est agrémentée de fines frises stylisées ou perlées ; l’amortissement est formé d’une superbe figure féminine représentant une jeune chasseresse noire assise vêtue d’un pagne de plumes, portant un carquois à empennages de flèches en bandoulière, les cheveux crêpelés ceints d’un bandeau argenté et les yeux en verre traités « au naturel » ; elle porte des bijoux tels que colliers, anneaux, pendentifs d’oreille ou bracelets de chevilles et tient une flèche dans sa main droite et un arc dans l’autre main ; elle pose son pied gauche sur une tortue à la carapace finement ouvragée, tandis que, du côté opposé, est une lionne assise sur son postérieur tournant la tête vers le personnage. L’ensemble repose sur une haute base architecturée à doucine soulignée de guirlandes fleuries et feuillagées retenues par des rubans, d’une frise d’enfilage de perles et d’une scène en applique représentant de jeunes enfants nus s’adonnant notamment à la chasse et à la pêche. Enfin, six pieds finement ouvragés de frises moletées supportent l’horloge.

    Avant la fin du XVIIIe siècle, le noir constitue rarement un thème décoratif pour les créations horlogères françaises et plus largement européennes. C’est véritablement à la fin de l’Ancien Régime, plus précisément dans la dernière décennie du XVIIIe siècle et dans les premières années du siècle suivant, qu’apparaissent les premiers modèles de pendules dites « au nègre » ou « au sauvage ». Elles font écho à un courant philosophique développé dans quelques grands ouvrages littéraires et historiques, notamment Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre publié en 1787 qui dépeint l’innocence de l’Homme, Atala de Chateaubriand qui restaure l’idéal chrétien et surtout le chef-d’œuvre de Daniel Defoe publié en 1719 : Robinson Crusoé. Le dessin original de la pendule proposée, titré « l’Afrique », fut déposé par le fondeur-ciseleur parisien Jean-Simon Deverberie en An VII (illustré dans Dominique et Pascal Flechon, « La pendule au nègre », dans Bulletin de l’association nationale des collectionneurs et amateurs d’horlogerie ancienne, printemps 1992, n°63, p.32, photo n°2).

    Parmi les exemplaires de pendules connues de composition identique, mentionnons notamment : un premier modèle,  le cadran signé « Gaulin à Paris », qui est reproduit dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.381, fig.5.15.25 ; ainsi qu’un deuxième modèle avec variante, puisque la figure repose sur une arche, qui est illustré dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age à nos jours, Paris, 1997, p.350 ; enfin, citons particulièrement un dernier exemplaire, le cadran signé « Ridel », qui appartient aux collections du Musée François Duesberg à Mons (reproduit dans le catalogue de l’exposition « De noir et d’or, Pendules « au bon sauvage », Musées Royaux d’Art et d’Histoire, Bruxelles, 1993).

    Jean-Simon Deverberie (1764 - 1824)

    Jean-Simon Deverberie figure parmi les plus importants bronziers parisiens de la fin du XVIIIe siècle et des deux premières décennies du siècle suivant. Marié avec Marie-Louise Veron, il semble que cet artisan se soit quasi exclusivement spécialisé dans un premier temps dans la création de pendules, de flambeaux et de candélabres, ornés de figures exotiques, particulièrement de personnages africains ; en effet, il déposa vers 1800 de nombreux dessins préparatoires de pendules dites « au nègre », notamment les modèles dits « l’Afrique », « l’Amérique » et « Indien et Indienne enlacés » (les dessins sont conservés de nos jours au Cabinet des Estampes à la Bibliothèque nationale à Paris). Il installa son atelier successivement rue Barbette à partir de 1800, rue du Temple vers 1804, enfin, rue des Fossés du Temple entre 1812 et 1820.



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    Rare pendule de cheminée dite « aux porteuses noires » en bronze très finement ciselé, émaillé, patiné et doré à l’or mat

    Pendule353-04_HD_WEB

    Attribuée au bronzier parisien Louis-Isidore Choiselat, dit Choiselat-Gallien (1784-1853)

    Paris, époque Empire, vers 1810

    Hauteur41 Largeur34.5 Profondeur11

    Le cadran circulaire émaillé blanc indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles en cuivre repercé et doré ; il s’inscrit dans une balle de coton nouée de cordelettes et surmontée d’un perroquet posé sur son perchoir. La balle de coton est posée sur un brancard, à filet suspendu laissant apercevoir à l’arrière le balancier terminé par un médaillon ajouré à motif d’un écureuil, reposant sur les épaules de deux superbes figures représentant des jeunes noires, aux yeux émaillés, portant des anneaux d’oreilles et vêtus de pagnes de plumes. Les personnages sont supportés par une base quadrangulaire à côtés arrondis agrémentée de motifs en applique figurant des instruments de musique retenus par des rubans noués et un trophée à coiffe en panache de plumes, palmes, collier de perles et pagayes croisées ; la terrasse est centrée d’une large fleur épanouie s’inscrivant dans un médaillon à perles. Enfin, des pieds aplatis à frises d’entrelacs centrés de cabochons supportent l’horloge.

    À la fin du XVIIIe siècle, sous l’impulsion des écrits philosophiques de Jean-Jacques Rousseau qui exaltait les vertus morales du retour à la Nature à travers le mythe du « bon sauvage », l’engouement pour l’exotisme fut tout particulièrement mis à la mode par la littérature contemporaine. Ainsi, le prodigieux succès littéraire de « Paul et Virginie » de Bernardin de Saint-Pierre en 1788, héritier lointain du fameux « Robinson Crusoé » de Daniel Defoe, le roman « Les Incas » de Marmontel paru en pleine guerre de l’indépendance américaine, ainsi qu’« Atala » de Chateaubriand publiée en 1801, vont profondément bouleverser l’approche européenne des autres civilisations et même faire plonger la culture du vieux continent dans une forte nostalgie romantique liée à la quête d’un Eden païen régénéré par le christianisme. Comme souvent dans les arts décoratifs français, ce bouleversement aura sa manifestation dans certaines créations artistiques, essentiellement horlogères ou liées au luminaire. C’est dans ce contexte que fut créée la pendule que nous présentons, dont le modèle, dit « aux jeunes porteuses noires », est l’une des représentations les plus rares des pendules dites « au nègre ».

    Ainsi, parmi les rares autres horloges connues de dessin similaire, avec toutefois certaines variantes dans la composition, citons : un premier exemplaire, l’amortissement formé d’un groupe de Paul et Virginie, qui est conservé au Musée Duesberg à Mons (paru dans le catalogue de l’exposition « De Noir et d’Or », Pendules « au bon sauvage », Musées Royaux d’Art et d’Histoire, Bruxelles, 1993) ; ainsi qu’un deuxième qui est illustré dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age à nos jours, Paris, 1997, p.344 ; enfin, un dernier, réalisé par le bronzier Louis-Isidore Choiselat, dit Choiselat-Gallien, est illustré dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.379, fig.5.15.20, et nous permet d’attribuer la pendule que nous proposons à cet important bronzier parisien de l’époque Empire.

    Importante pendule de cheminée en bronze très finement ciselé, patiné et doré à l’or mat ou à l’or bruni

    « Le chasseur amérindien »

    « Alexandre »

    Paris, époque Directoire-Consulat, vers 1800

    Hauteur54 Largeur41 Profondeur12.5

    Le cadran circulaire émaillé, signé « Alexandre à Paris », indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles en cuivre ; il est renfermé dans une caisse entièrement réalisée en bronze très finement ciselé, patiné et doré à l’or mat ou à l’or bruni. L’amortissement est orné d’une figure représentant un chasseur noir, coiffé en panache et vêtu d’un pagne de plumes, qui tient un arc dans son main gauche, une flèche dans sa main droite et porte en bandoulière son carquois rempli de flèches ; il est assis sur une borne à mufle de lion supportée par une nef, la figure de proue en forme d’une tête de loup, inscrite sur une terrasse simulant des flots « au naturel ». L’ensemble repose sur une base quadrangulaire, à côtés en cavet soulignés de motifs en applique à palmettes, rinceaux et torches, présentant en façade un riche motif en relief représentant une scène animée d’enrochements, d’une case et de palmiers, dans laquelle trois petits « sauvages » vêtus de pagnes chassent, pêchent ou se reposent près d’un chien. Le contre-socle oblong est supporté par quatre pieds aplatis moletés de frises d’enfilages de perles et de doubles zigzags encadrés de fonds guillochés et centrés de cabochons.

    À la fin du XVIIIe siècle, sous l’impulsion des écrits philosophiques de Jean-Jacques Rousseau qui exaltait les vertus du retour à la Nature à travers le mythe du « bon sauvage », l’engouement pour l’exotisme fut tout particulièrement mis à la mode par la littérature contemporaine. Ainsi, le prodigieux succès littéraire de « Paul et Virginie » de Bernardin de Saint-Pierre en 1788, héritier lointain du fameux « Robinson Crusoé » de Daniel Defoe, le roman « Les Incas » de Marmontel, paru en pleine guerre de l’indépendance américaine, ainsi qu’« Atala » de Chateaubriand publiée en 1801, vont profondément bouleverser l’approche européenne des autres civilisations et même faire plonger la culture du vieux continent dans une forte nostalgie romantique liée à la quête d’un Eden païen régénéré par le christianisme.

    Comme souvent dans les arts décoratifs français, ce bouleversement aura sa manifestation dans certaines créations artistiques, essentiellement horlogères. C’est dans ce contexte que fut créé le modèle de la pendule que nous présentons, certainement une représentation allégorique de la découverte du Nouveau Monde, qui fut décliné en deux variantes. Tout d’abord, un premier type sur lequel le personnage est assis sur un char et dont quelques rares exemplaires sont répertoriés, notamment une première pendule qui est conservée au Musée du Nouveau Monde de La Rochelle ; ainsi qu’une seconde reproduite dans G. et A. Wannenes, Les plus belles pendules françaises, De Louis XIV à l’Empire, Florence, 2013, p.315 ; enfin, un second type, qui correspond à celui que nous proposons et dont quelques rares autres exemplaires sont répertoriés, mentionnons particulièrement les deux pendules de ce modèle qui appartiennent aux collections du Musée François Duesberg à Mons (illustrées dans Musée François Duesberg, Arts décoratifs 1775-1825, Bruxelles, 2004, p.59).

    Choiselat-Gallien

    Rare pendule de cheminée dite « aux jeunes porteurs noirs » en bronze finement ciselé, patiné et doré

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    « L. Grognot à Paris »

    La caisse attribuée au bronzier parisien Louis-Isidore Choiselat, dit Choiselat-Gallien (1784-1853)

    Paris, époque Empire, vers 1810

    Hauteur47 Largeur33.5 Profondeur10.5

    Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « L. Grognot à Paris », indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles en cuivre repercé et doré fixées au centre du cadran dans un pistil simulé d’une fleur à pétales or et lapis. Le mouvement, sonnant les heures et les demies-heures, s’inscrit dans une boite circulaire, soulignée de pampres de vigne, fixée à un palanquin porté sur un brancard reposant sur les épaules de superbes figures représentant deux jeunes noirs, aux yeux émaillés, portant des anneaux d’oreilles et vêtus de pagnes de plumes. A l’amortissement, posé sur une terrasse unie, est un groupe de deux jeunes personnages assis sur une souche, un chien posant ses pattes avants sur la cuisse droite du jeune homme discutant avec la jeune femme qui se retourne ; représentations des jeunes héros Paul et Virginie du roman de Bernardin de Saint-Pierre. L’ensemble de la composition est supporté par une haute base quadrangulaire à côtés arrondis agrémentée, en façade, de motifs en applique figurant deux limoniers agrémentés de pampres qui encadrent une scène semi-circulaire en léger-relief représentant le naufrage du Saint-Géran, l’un des épisodes marquants du roman de Bernardin de Saint-Pierre ; enfin, quatre pieds aplatis rythmés de frises de fins canaux supportent l’horloge.

    À la fin du XVIIIe siècle, sous l’impulsion des écrits philosophiques de Jean-Jacques Rousseau qui exaltait les vertus morales du retour à la Nature à travers le mythe du « bon sauvage », l’engouement pour l’exotisme fut tout particulièrement mis à la mode par la littérature contemporaine. Ainsi, le prodigieux succès littéraire de « Paul et Virginie » de Bernardin de Saint-Pierre en 1788, héritier lointain du fameux « Robinson Crusoé » de Daniel de Foe, le roman « Les Incas » de Marmontel paru en pleine guerre de l’indépendance américaine, ainsi qu’« Atala » de Chateaubriand publiée en 1801, vont profondément bouleverser l’approche européenne des autres civilisations et même faire plonger la culture du vieux continent dans une forte nostalgie romantique liée à la quête d’un Eden païen régénéré par le christianisme. Comme souvent dans les arts décoratifs français, ce bouleversement aura sa manifestation dans certaines créations artistiques, essentiellement horlogères ou liées au luminaire. C’est dans ce contexte que fut créée la pendule que nous présentons, dont le modèle, dit « aux jeunes porteuses noires », est l’une des représentations les moins communes des pendules dites « au nègre ».

    Ainsi, parmi les rares autres horloges connues de dessin similaire, avec toutefois des variantes dans la composition, citons : un premier exemplaire, sur lequel l’amortissement est formé d’une guenon, qui est illustré dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age à nos jours, Paris, 1997, p.344 ; ainsi qu’un deuxième, du même modèle que le précédent et réalisé par le bronzier Louis-Isidore Choiselat, dit Choiselat-Gallien, qui est reproduit dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.379, fig.5.15.20 ; cela nous permet d’attribuer la pendule présentée à cet important bronzier parisien de l’époque Empire. Enfin, mentionnons particulièrement deux pendules identiques à celle que nous proposons : la première est conservée dans les célèbres collections d’horlogerie du Musée François Duesberg à Mons (parue dans le catalogue de l’exposition « De Noir et d’Or, Pendules ‘au bon sauvage’ », Musées Royaux d’Art et d’Histoire, Bruxelles, 1993) ; tandis que la seconde, anciennement dans la collection Renoncourt, est illustrée dans S. Chadenet, Les styles Empire et Restauration, Editions Baschet et Cie, Paris, p.177, fig.1.

    Levol  -  Thomire
    Pierre-Philippe Thomire (1757-1843)

    Importante et rare pendule de cheminée en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat ou à l’or bruni au thème de l’adolescence de Paul et Virginie

    « Le Triomphe de la Vertu et de l’Innocence »

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    « Levol à Paris »

    Dans une caisse attribuée à Pierre-Philippe Thomire

    Paris, époque Consulat, vers 1800

    Hauteur66 Largeur65.3 Profondeur15.8

    Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Levol à Paris », indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles en cuivre repercé et doré ; il s’inscrit dans une superbe caisse néoclassique à décor de personnages entièrement réalisée en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat ou à l’or bruni. Le mouvement, à sonnerie des heures et des demies-heures, est renfermé dans une boite circulaire, à lunette soulignée de frises perlées ou alternées de feuilles d’eau et tigettes, surmontant une draperie, à franges rythmées de fines cordelettes, agrémentée d’un bandeau repercé à jeu de croisillons ; cette boite tient lieu de support au superbe groupe sommital représentant deux personnages assis côte-à-côte figurant un jeune homme et une jeune femme, cette dernière tenant dans sa main gauche une draperie voletante leur servant de parapluie ; il s’agit de la représentation d’un épisode du roman « Paul et Virginie » au cours duquel, Virginie, surprise par une ondée, se servit d’une partie de sa robe en tant que parapluie, elle la leva au-dessus de sa tête et protégea également Paul qui l’accompagnait. Le groupe, d’où émane une forte tendresse dans les attitudes et les jeux de regard, repose sur un palanquin, à brancards à l’imitation de tiges de bambou, porté par deux personnages noirs sculpturaux, vêtus de pagnes soulignés d’un bandeau à motifs brunis ou amatis ; sur la terrasse, un chien, patte avant droite levée, anime la composition. L’ensemble repose sur une base quadrangulaire à légers décrochements agrémentée de motifs en applique de palmiers et ornée, en façade, d’un panneau en réserve à décor d’une scène dans une perspective paysagée relative à l’adolescence des deux jeunes héros. Enfin, quatre pieds également ouvragés de frises feuillagées supportent l’horloge.

    Avant la fin du XVIIIe siècle, le noir constitue rarement un thème décoratif pour les créations horlogères françaises et plus largement européennes. C’est véritablement à la fin de l’Ancien Régime, plus précisément dans la dernière décennie du XVIIIe siècle et dans les premières années du siècle suivant, qu’apparaissent les premiers modèles de pendules dites « au nègre » ou « au sauvage ». Cette vogue était le résultat d’un contexte social et romantique particulier. En effet, à la fin du XVIIIe siècle, sous l’impulsion des écrits philosophiques de Jean-Jacques Rousseau qui exaltait les vertus morales du retour à la Nature à travers le mythe du « bon sauvage », l’engouement pour l’exotisme fut tout particulièrement mis à la mode par la littérature contemporaine. Ainsi, le prodigieux succès littéraire de « Paul et Virginie » de Bernardin de Saint-Pierre en 1788, héritier lointain du fameux « Robinson Crusoé » de Daniel Defoe, le roman « Les Incas » de Marmontel, paru en pleine guerre de l’indépendance américaine, ainsi qu’« Atala » de Chateaubriand publiée en 1801, vont profondément bouleverser l’approche européenne des autres civilisations et même faire plonger la culture du vieux continent dans une forte nostalgie romantique liée à la quête d’un Eden païen régénéré par le christianisme. Comme souvent dans les arts décoratifs français, ce bouleversement aura sa manifestation dans certaines créations artistiques, essentiellement horlogères ou liées au luminaire. C’est dans ce contexte que fut créée la pendule que nous proposons dont le dessin particulièrement élaboré et la qualité exceptionnelle de la ciselure, de la dorure et de la patine « au naturel » des deux personnages noirs, témoignent d’un artisan-bronzier de tout premier plan, de toute évidence Pierre-Philippe Thomire, à qui ce modèle est logiquement attribué.

    La composition s’inspire plus ou moins directement d’un modèle horloger, nettement moins spectaculaire et abouti, représentant un groupe de Paul et Virginie porté sur un brancard soutenu par deux jeunes porteuses noires. De ce type, moins rare, sont notamment connus : un premier exemplaire qui est conservé au Musée Duesberg à Mons (paru dans le catalogue de l’exposition « De Noir et d’Or », Pendules « au bon sauvage », Musées Royaux d’Art et d’Histoire, Bruxelles, 1993) ; ainsi qu’un deuxième qui est illustré dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age à nos jours, Paris, 1997, p.344 ; enfin, citons une dernière pendule de ce type qui est illustrée dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.379, fig.5.15.20 ; cette dernière est rattachée à l’œuvre du  bronzier parisien Louis-Isidore Choiselat, dit Choiselat-Gallien (1784-1853), l’un des meilleurs bronziers de la capitale et concurrent de Pierre-Philippe Thomire.

    Contemporain de ce modèle dit « aux porteuses », les pendules « aux porteurs noirs » sont nettement plus élaborées et spectaculaires, notamment en considérant bien évidemment leurs dimensions monumentales, mais également l’originalité de leur composition parfaitement équilibrée et, enfin, par la qualité exceptionnelle de leur ciselure et de leur dorure. De plus, relevons que ce modèle se distingue également par sa rareté ; en effet, parmi les quelques exemplaires identiques répertoriés, citons particulièrement celui qui est attribué à Pierre-Philippe Thomire et exposé au Musée François Duesberg à Mons (illustré dans Musée François Duesberg, Arts décoratifs 1775-1825, Bruxelles, 2004, p.66) ; selon la tradition, l’exemplaire du Musée Duesberg aurait été directement commandé à Thomire en 1802 par Bonaparte, futur Empereur Napoléon, pour être offert à l’écrivain Bernardin de Saint-Pierre dont il admirait l’œuvre, particulièrement « Paul et Virginie ».

    Pierre-Philippe Thomire (1757 - 1843)

    Pierre-Philippe Thomire est le plus important bronzier parisien du dernier quart du XVIIIe siècle et des premières décennies du siècle suivant. À ses débuts, il travaille pour Pierre Gouthière, ciseleur-fondeur du roi, puis collabore dès le milieu des années 1770 avec Louis Prieur. Il devient ensuite l’un des bronziers attitrés de la manufacture royale de Sèvres, travaillant au décor de bronze de la plupart des grandes créations du temps. Après la Révolution, il rachète le fonds de commerce de Martin-Eloi Lignereux et devient le plus grand pourvoyeur de bronzes d’ameublement pour les châteaux et palais impériaux. Parallèlement, il travaille pour une riche clientèle privée française et étrangère parmi laquelle figure notamment quelques maréchaux de Napoléon. Enfin, il se retire des affaires en 1823.



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    Jean-Simon Deverberie (1764-1824)

    Rare pendule de cheminée en bronze ciselé, patiné et doré

    « La promenade en boguet » ou « Le retour de la plantation »

    Pendule318-03_HD_WEB

    Attribuée à Jean-Simon Deverberie

    Paris, époque Directoire, vers 1795-1800

    Hauteur34 Largeur45 Profondeur12

    Le cadran annulaire émaillé indique les heures en chiffres romains et les graduations des minutes par deux aiguilles en acier bleui ; il est inscrit dans la roue d’une voiture légère du type boguet qui dévoile le mouvement de type squelette et dans laquelle est assise une jeune femme en bronze finement ciselé et doré, habillée à la mode de l’époque et les cheveux relevés en chignon, qui tient une cravache d’une main et les rênes de l’autre main attachés au mord d’un cheval fougueux, solidement harnaché, en bronze patiné « à l’antique ». A l’arrière de la figure féminine, juché sur le marchepied arrière, se tient un jeune négrillon, coiffé d’un panache de plumes, les yeux émaillés et vêtu d’un pagne, qui apporte une touche exotique, voire tropicale, à la composition. L’ensemble repose sur une base quadrangulaire à légère doucine en bronze doré ornée de motifs stylisés en bas-reliefs à décor de feuillages, rinceaux et palmettes, et sur quatre pieds soulignés de frises feuillagées.

    A la fin du XVIIIe siècle, sous l’impulsion des écrits philosophiques de Jean-Jacques Rousseau qui exaltait les vertus morales du retour à la Nature à travers le mythe du « bon sauvage », l’engouement pour l’exotisme fut tout particulièrement mis à la mode par la littérature contemporaine. Ainsi, le prodigieux succès littéraire de « Paul et Virginie » de Bernardin de Saint-Pierre en 1788, héritier lointain du fameux « Robinson Crusoé » de Daniel Defoe, le roman « Les Incas » de Marmontel paru en pleine guerre de l’indépendance américaine, ainsi qu’« Atala » de Chateaubriand publiée en 1801, vont profondément bouleverser l’approche européenne des autres civilisations et même faire plonger la culture du vieux continent dans une forte nostalgie romantique liée à la quête d’un Eden païen régénéré par le christianisme. Comme souvent dans les arts décoratifs français, ce bouleversement aura sa manifestation dans certaines créations artistiques, essentiellement horlogères ou liées au luminaire. C’est dans ce contexte que fut créée la pendule que nous présentons dont le modèle fut développé par le bronzier Jean-Simon Deverberie dans les toutes dernières années du XVIIIe siècle et présente la particularité de faire le lien entre deux types de pendules particulièrement prisés par les grands amateurs d’horlogerie de l’époque : les pendules dites « au nègre » et les pendules dites « au char ».

    Parmi les rares modèles similaires répertoriés, la plupart plus tardifs, mentionnons notamment : un premier exemplaire qui est reproduit dans Tardy, La pendule française, Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1975, p.377 ; un deuxième est exposé au musée François Duesberg à Mons (voir Musée François Duesberg, Arts décoratifs 1775-1825, Bruxelles, 2004, p.54) ; enfin, citons particulièrement une troisième pendule de ce type qui fait partie de la célèbre collection des princes de Hesse au château de Fasanerie à Fulda (illustrée dans le catalogue de l’exposition Gehäuse der Zeit, 2002, p.93).

    Jean-Simon Deverberie (1764 - 1824)

    Jean-Simon Deverberie figure parmi les plus importants bronziers parisiens de la fin du XVIIIe siècle et des deux premières décennies du siècle suivant. Marié avec Marie-Louise Veron, il semble que cet artisan se soit quasi exclusivement spécialisé dans un premier temps dans la création de pendules, de flambeaux et de candélabres, ornés de figures exotiques, particulièrement de personnages africains ; en effet, il déposa vers 1800 de nombreux dessins préparatoires de pendules dites « au nègre », notamment les modèles dits « l’Afrique », « l’Amérique » et « Indien et Indienne enlacés » (les dessins sont conservés de nos jours au Cabinet des Estampes à la Bibliothèque nationale à Paris). Il installa son atelier successivement rue Barbette à partir de 1800, rue du Temple vers 1804, enfin, rue des Fossés du Temple entre 1812 et 1820.