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P311

Rare pendule dite « au bon sauvage » en bronze finement ciselé, patiné et doré

« La nourrice africaine »

APF_Pendule163_04

La caisse attribuée au bronzier parisien Croutelle aîné

Hauteur38.5 cm Largeur23 cm Profondeur11 cm

Le cadran circulaire émaillé indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles de type Bréguet en acier bleui ; il est renfermé dans une caisse entièrement réalisée en bronze très finement ciselé et doré. Le mouvement s’inscrit dans un fagot de cannes à sucre noué par un cordage et supporté par une superbe figure féminine aux yeux émaillés, vêtue d’un pagne et coiffée d’un panache de plumes, qui porte, suspendue à son cou, une écorce dans laquelle sommeille un bébé nouveau-né. L’ensemble repose sur une terrasse ovalisée supportée par une base à degrés agrémentée d’un motif en applique représentant des roseaux centrés d’une coquille ; enfin, quatre pieds toupies terminent la composition.

Avant la fin du XVIIIe siècle, le noir dit « le bon sauvage » constitue rarement un thème décoratif pour les créations horlogères françaises et plus largement européennes. C’est véritablement à la fin de l’Ancien Régime, plus précisément dans la dernière décennie du XVIIIe siècle et dans les premières années du siècle suivant, qu’apparaissent les premiers modèles de pendules dites « au nègre » ou « au sauvage ». Elles font écho à un courant philosophique développé dans quelques grands ouvrages littéraires et historiques, notamment Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre publié en 1787 qui dépeint l’innocence de l’Homme, Atala de Chateaubriand qui restaure l’idéal chrétien et surtout le chef-d’œuvre de Daniel Defoe publié en 1719 : Robinson Crusoé. L’exemplaire que nous proposons, représentant une jeune nourrice africaine qui porte un nouveau-né, figure parmi les modèles les plus appréciés des amateurs d’horlogerie ancienne. La composition s’inspire directement d’un dessin déposé en 1807 par le bronzier Croutelle aîné qui est conservé à la Bibliothèque Nationale à Paris, Cabinet des Estampes (voir D. et C. Fléchon, « La pendule au nègre », in Bulletin de l’Association nationale des Collectionneurs et Amateurs d’Horlogerie ancienne, printemps 1992, n°63, p.32, fig.4).

De nos jours, parmi les rares exemplaires identiques répertoriés, citons notamment : une première pendule, le cadran signé « Herbin à Paris », qui est illustrée dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.381, fig.5.15.27 (voir également Giacomo et Aurélie Wannenes, Les plus belles pendules françaises, de Louis XIV à l’Empire, Editions Polistampa, Florence, 2013, p.314) ; une deuxième est reproduite dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age au XXe siècle, Paris, 1997, p.345, fig. F ; une troisième, le cadran signé « Cary à Lyon », fait partie des collections royales espagnoles (parue dans J. Ramon Colon de Carvajal, Catalogo de Relojes del Patrimonio nacional, Madrid, 1987, p.119, catalogue n°99) ; enfin, mentionnons particulièrement une dernière horloge de ce type qui est conservée au Musée François Duesberg à Mons (voir Musée François Duesberg, Arts décoratifs 1775-1825, Bruxelles, 2004, p.59).