search icon

Époques : Transition

  • Le Roy  -  Saint-Germain
    Pierre III Le Roy
    Jean-Joseph de Saint-Germain (1719-1791)

    Rare pendule de cheminée à carillon en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat ou à l’or bruni

    « Uranie » ou « Allégorie de l’Astronomie »

    Pendule365-05_BD_MAIL

    « Julien Le Roy »

    Dans une caisse réalisée par le bronzier Jean-Joseph de Saint-Germain et probablement commercialisée par l’ébéniste Antoine Foullet

    Paris, Epoque Transition Louis XV-Louis XVI, vers 1760-1765

    Hauteur46 Largeur41 Profondeur23

    Provenance :

    – probablement la pendule décrite en mars 1826 dans la vente de feu Monsieur Doyen : « 40. Pendule à carillon de Julien Leroy, ornée d’une figure en bronze (comprenez patiné) représentant une femme assise entourée des attributs de l’astronomie ».

     

    Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Julien Le Roy », indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes par deux aiguilles en cuivre repercé et doré ; le mouvement, également signé et localisé « Julien Leroy à Paris », est renfermé dans une caisse néoclassique entièrement réalisée en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat ou à l’or bruni. La boite circulaire, à lunettes avant et arrière à entrelacs à cabochons, est soulignée d’une branche de feuilles et graines de laurier et repose sur trois volumes ; sur la gauche est assise une superbe figure féminine, coiffée d’un chignon, chaussée de sandales et vêtue d’une longue robe « à la grecque », symbolisant la muse Uranie entourée des attributs de l’Astronomie tels que globe étoilé, compas et folio gravé des signes zodiacaux ; le tout est supporté par un entablement rectangulaire à réserves de jeux de larges entrelacs se détachant sur des contre-fonds amatis. L’ensemble de la composition repose sur une haute base quadrangulaire fortement architecturée à riche décor de guirlandes de laurier, enrubannées en façade, cadres à pastilles, frise d’entrelacs à cabochons et dés à larges rosaces ; cette base renferme un carillon ou boîte à musique jouant plusieurs airs différents au passage des heures ; l’on accède au mécanisme à l’arrière de l’horloge par un portillon en abattant à panneau repercé de treillis centrés de fleurettes et le fenestrage de façade à panneau vitré permet de visualiser les timbres. Enfin, quatre forts pieds en boules aplaties supportent la pendule.

    Bien qu’elle ne porte pas de signature, cette superbe pendule de cheminée fut réalisée au début des années 1760 par le bronzier Jean-Joseph de Saint-Germain ; ce dernier créa le modèle  pour le compte de l’ébéniste Antoine Foullet qui, en raison des règles strictes des corporations d’artisans parisiens de l’époque, ne pouvait pas intervenir dans la création de pièces en bronze, mais le commercialisa. Décliné à quelques rares exemplaires, le modèle connut un exceptionnel succès auprès des grands amateurs parisiens d’horlogerie de luxe du temps.

    De nos jours, parmi les pendules similaires répertoriées, avec certaines variantes dans les compositions et toutes dépourvues de carillon, citons notamment : un premier modèle, le cadran de Delaruelle et le bronze signé Saint-Germain, qui est illustré dans J-D. Augarde, Les ouvriers du Temps, Genève, 1996, p.305 ; ainsi qu’un deuxième, le cadran signé « Janvier à Paris », qui est conservé au Musée Calouste Gulbenkian de Lisbonne (reproduit dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.162, fig.3.3.7) ; un troisième, le cadran signé par Jean-Charles Olin, figure dans les collections des princes de Hesse au Château de Fasanerie à Fulda (paru dans Gehäuse der Zeit, Uhren aus fünf Jahrhunderten im Besitz der Hessischen Hausstiftung, Eichenzell, 2002, p.60-61, catalogue n°19) ; enfin, mentionnons particulièrement une dernière pendule de ce type qui est exposée dans le Salon jaune du Musée Carnavalet à Paris (voir A. Forray-Carlier, Le mobilier du musée Carnavalet, Dijon, 2000, p.3).

    À partir de 1759, la signature « Julien Le Roy » correspond à l’horloger Pierre III Le Roy (1717-1785) qui continue l’activité de son père Julien II Le Roy (1686-1759).

    Pierre III Le Roy

    Pierre III Leroy est l’un des meilleurs horlogers parisiens de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Fils de l’horloger Julien II Leroy, il se forme très certainement dans l’atelier paternel, puis obtient ses lettres de maîtrise le 9 juillet 1737. En 1759, il devient, au décès de son père, Horloger Ordinaire du Roi par logement aux Galeries du Louvre. Tout au long de sa carrière, il connaîtra une immense notoriété et ses pendules figureront notamment chez le marquis de Béringhem, la comtesse du Barry, favorite du roi Louis XV, le prince de Ligne et les ducs de Chaulnes et de Penthièvre.



    Jean-Joseph de Saint-Germain (1719 - 1791)

    Est probablement le plus célèbre bronzier parisien du milieu du XVIIIe siècle. Actif à partir de 1742, il est reçu maître en juillet 1748. Il est surtout connu pour la création de nombreuses caisses de pendules et de cartels qui firent sa notoriété, notamment le cartel dit à la Diane chasseresse (voir un exemplaire conservé au Musée du Louvre), la pendule supportée par deux chinois (voir un modèle de ce type aux Musée des Arts décoratifs de Lyon), ainsi que plusieurs pendules à thématiques animalières, essentiellement à éléphants et rhinocéros (exemple au Musée du Louvre). Vers le début des années 1760, il joue également un rôle primordial dans le renouveau des arts décoratifs parisiens et dans le développement du courant néoclassique, en réalisant notamment la pendule dite au génie du Danemark sur un modèle d’Augustin Pajou pour Frédéric V du Danemark (1765, conservée à l’Amalienborg de Copenhague). Saint-Germain crée plusieurs pendules inspirées par le thème de l’Etude, sur un modèle de Louis-Félix de La Rue (exemples au Louvre, à la Fondation Gulbenkian, Lisbonne, et au Musée Metropolitan de New York).

    Parallèlement à ses créations horlogères, Saint-Germain réalise également de nombreux bronzes d’ameublement – y compris chenets, appliques, et candélabres – en faisant toujours preuve de la même créativité et démontrant ses talents exceptionnels de bronzier. Il se retire des affaires en 1776.



    Dans la même catégorie
    Montjoye  -  Morlay
    Louis Montjoye (1729-vers 1815)
    François-René Morlay

    Importante pendule de cheminée en bronze finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré

    « Clio ou Allégorie de l’Histoire »

    Pendule351-03_HD_WEB

    « Montjoye à Paris » 

    Dans une caisse attribuée à René-François Morlay

    Paris, époque Transition Louis XV-Louis XVI, vers 1770-1775

    Hauteur50 Largeur45.5 Profondeur17.5

    Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Montjoye à Paris », indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes par deux aiguilles en bronze repercé et doré ; il s’inscrit dans une caisse entièrement réalisée en bronze finement ciselé, patiné et doré. Sur l’un des côtés, est une superbe figure féminine debout, vêtue d’une toge « à l’antique », chaussée de sandales à lanières et les cheveux relevés en chignon, qui examine un parchemin gravé de motifs géométriques et symbolise la muse Clio. De l’autre côté de la caisse retombe une guirlande de feuilles et de fleurs et est posé un jeune amour ailé attentif à l’action de la muse, ainsi qu’un globe ou une mappemonde, attributs relatifs à la connaissance du Monde. L’ensemble repose sur une base quadrangulaire à ressaut décorée de motifs tels que guirlandes de feuilles de chêne et de glands, rosaces et frises alternées de motifs de cabochons et fleurs stylisées dans des encadrements en réserves. Enfin, quatre pieds quadrangulaires droits à fines cannelures participent à l’équilibre de la composition et supportent l’horloge.

    Relativement proche de quelques modèles réalisés dans le même esprit par certains bronziers parisiens de l’époque, tels que Robert Osmond ou Jean-Joseph de Saint-Germain, la pendule que nous proposons peut être rattachée à l’œuvre du bronzier parisien René-François Morlay, créateur notamment d’une superbe pendule à carillon qui se trouvait anciennement dans les collections du marquis de Hertford, exposée de nos jours à la Wallace Collection à Londres (voir P. Hugues, The Wallace Collection, Catalogue of Furniture, Londres, 1996, p.418-425). En effet, Morlay est l’auteur d’une pendule de modèle identique à celle présentée qui porte sa signature insculpée dans le bronze (voir J-D. Augarde, Les ouvriers du Temps, Genève, 1996, p.293, fig.223).

    Enfin, parmi les rares autres exemplaires identiques répertoriés, mentionnons notamment celui qui se trouvait anciennement dans la célèbre collection du comte Jacques de Bryas dispersée en 1898 (vente à Paris, Me Chevallier, Galerie Georges Petit, les 5-6 avril 1898, lot 242) ; ainsi qu’un deuxième, le cadran signé « Filon », qui est reproduit dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age à nos jours, Paris, 1997, p.244, fig. A ; enfin, citons particulièrement une dernière pendule de ce modèle, livrée en décembre 1771 pour la chambre de la Comtesse de Provence au Château de Versailles, qui appartient aux collections du Mobilier national et est exposée au Musée national du Château de Versailles (illustrée dans le catalogue de l’exposition Le château de Versailles raconte le Mobilier national, Quatre siècles de création, 20 septembre 2010-11 décembre 2011, p.137).

    Louis Montjoye (1729 - vers 1815)

    Cette signature correspond à Louis Montjoye, l’un des meilleurs horlogers parisiens de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Après son accession à la maîtrise, en août 1748, il installe son atelier rue Dauphine et connaît immédiatement une grande notoriété auprès des amateurs de belle horlogerie parisienne. Il travaille notamment pour les grands marchands de l’époque, notamment Dominique Daguerre, et collabore avec les artisans les plus talentueux pour la création des caisses de ses pendules, particulièrement avec Charles Cressent, Jean-Joseph de Saint-Germain, François Rémond et les Osmond. Au XVIIIe siècle, certaines de ses réalisations figuraient dans les collections de la duchesse de Mazarin, du duc de Richelieu et du comte de Vaudreuil ; enfin, à la Révolution, l’une de ses pendules est inventoriée à Montreuil chez Madame Elisabeth, sœur de Louis XVI.



    François-René Morlay

    François-René Morlay est reçu maître fondeur en 1756.



    Cronier  -  Osmond
    Antoine Cronier (1732-après 1806)
    Robert Osmond (1711-1789)

    Exceptionnelle pendule de cheminée en forme de vase couvert néoclassique « à l’antique » en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni

    Pendule406-02_HD_WEB

    La caisse attribuée à Robert Osmond

    Paris, époque Transition Louis XV-Louis XVI, vers 1770

    Hauteur65.5 Largeur28

    Le mouvement est renfermé dans une caisse néoclassique en forme de vase couvert « à l’antique » entièrement réalisée en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni. L’heure est marquée sur deux cercles tournants en cuivre argenté, l’un indiquant les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes, l’autre les heures en chiffres romains sur un bandeau alterné de quartefeuilles stylisés ; le cercle supérieur est surmonté de la signature de l’horloger « Cronier à Paris » gravée dans le bronze. Les indications sont marquées par deux serpents, aux écailles finement ciselées, enroulés autour du corps du vase ou du couvercle et dont les langues en forme de dard tiennent lieu d’aiguilles. L’ensemble prend la forme d’un vase ovoïde tronqué, le couvercle terminé d’une graine émergeant d’un bouquet de feuilles nervurées et les anses détachées « à la grecque » ornées de frises de canaux, agrémenté de guirlandes de laurier et d’un culot à lambrequins supportée par un piédouche mouluré à joncs enrubannés. Le vase repose sur une base en colonne tronquée, à larges cannelures et base à tore unie, surmontée d’une moulure en cavet à réserves à filets et rosaces et décorée de draperies à franges retenues par des pastilles. Enfin, le tout est supporté par un contre-socle quadrangulaire.

    La composition particulièrement originale de cette importante pendule de cheminée, ainsi que la qualité exceptionnelle de sa ciselure et de sa dorure à l’or mat ou à l’or bruni, est une parfaite illustration de l’esprit décoratif néoclassique initié par quelques grands amateurs parisiens du début du milieu du XVIIIe siècle, particulièrement par le comte de Caylus et Ange-Laurent Lalive de Jully, en réaction aux modèles rocailles du début du règne de Louis XV, jugés démodés, qui dominaient alors les arts décoratifs français depuis plusieurs décennies. Ce renouveau néoclassique, qualifié de « retour à l’Antique », faisait suite aux découvertes archéologiques faites dans les anciennes cités antiques romaines de Pompéi et d’Herculanum dans la région de Naples. Ces fabuleuses trouvailles allaient marquer durablement l’ensemble des arts décoratifs français, et plus largement européens, pendant plusieurs décennies.

    La pendule que nous proposons fut réalisée dans ce contexte particulier. Son dessin néoclassique élaboré, ses dimensions, monumentales pour une pendule de type « vase », ainsi que la rareté des horloges identiques connues, en font l’un des modèles de pendules-vase parmi les plus spectaculaires de son temps. Sa création semble avoir été plus ou moins directement influencée par l’œuvre de Jean-Louis Prieur, notamment d’un dessin de cet ornemaniste/bronzier conservé à l’Université de Varsovie, ainsi que d’une pendule-vase agrémentée de figures, dont le corps général présente de nombreuses similitudes avec l’exemplaire présenté et qui est exposée au Musée Calouste Gulbenkian de Lisbonne (voir H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.167). Toutefois, malgré ces similitudes, relevons que le rapprochement le plus marqué doit être effectué avec certaines réalisations du célèbre bronzier Robert Osmond qui se fit une spécialité de ce type de pendules en forme de vase « à l’antique », notamment un modèle qui appartient aux collections du Zähringer Museum de Baden-Baden (paru dans P. Verlet, Les bronzes dorés français du XVIIIe siècle, Editions Picard, Paris, 1987, p.110, fig.131).

    De nos jours, et à notre connaissance, seules quatre autres pendules identiques sont répertoriées : la première, signée de « Lepaute », figura au XIXe siècle dans la vente des célèbres et fastueuses collections de William 12th duc de Hamilton à Hamilton Palace (vente Christie, Manson & Woods, du 17 juin au 20 juillet 1882) et semble correspondre à celle décrite dans une grande collection dans la seconde moitié du XVIIIe siècle : « Une pendule à vase, à anses carrées, guirlandes de laurier sur colonnes cannelées, tronquées avec draperies, le tout en bronze doré d’or moulu. Cadran tournant. Deux serpents portant les aiguilles des minutes. Le mouvement est de Lepaute » ; la deuxième, le bronze gravé du nom de l’horloger « Furet », est illustrée dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age au XXe siècle, Les éditions de l’Amateur, Paris, 1997, p.284, fig. B ; la troisième, qui a la particularité d’associer bronze doré et marbre blanc et propose quelques variantes dans le décor, appartient aux collections du Musée du Louvre à Paris (reproduite dans Tardy, La pendule française, 2ème Partie : Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1975, p.289, fig.5 ; et dans E. Niehüser, Die französische Bronzeuhr, Eine Typologie der figürlichen Darstellungen, Editions Callwey, Munich, 1997, p.263, fig.1292) ; enfin, mentionnons tout particulièrement une quatrième et dernière pendule de ce type, en tous points identique à celle que nous proposons, qui figure dans les collections d’horlogerie du Palais de Pavlovsk, près de Saint-Pétersbourg, ancienne résidence d’été du Tsar Paul Ier ; elle porte également la signature de l’horloger Antoine Cronier gravée dans le bronze et est rapprochée de l’œuvre du bronzier Osmond (parue dans The State Culture Preserve Pavlovsk, Full Catalogue of the Collections, Tome X, Métal-Bronze, Volume I, Pendules, régulateurs, cartels, Saint-Pétersbourg, 2011, p.24, catalogue n°7).

    Antoine Cronier (1732 - après 1806)

    Antoine Crosnier, ou Cronier,  figure parmi les plus importants horlogers parisiens de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Fils d’un maître menuisier parisien, il fait enregistrer ses lettres de maîtrise le 1er mars 1763 et installe son atelier rue Saint-Honoré. Il rencontre immédiatement un immense succès auprès des grands amateurs parisiens d’horlogerie de luxe et collabore avec les meilleurs artisans de l’époque, notamment l’ébéniste Jean-Pierre Latz, les bronziers François Vion ou les Osmond et le doreur Honoré Noël. Au XVIIIe siècle, certaines de ses réalisations étaient mentionnées chez le maréchal de Choiseul-Stainville, chez le marquis de Sainte-Amaranthe, chez le duc des Deux-Ponts et chez le prince Belosselsky-Belozersky.



    Robert Osmond (1711 - 1789)

    Le bronzier Robert Osmond nait à Canisy, près de Saint-Lô ; il fait son apprentissage dans l’atelier de Louis Regnard, maître fondeur en terre et en sable, devenant maître bronzier à Paris en 1746. On le trouve d’abord rue des Canettes, paroisse St Sulpice, et dès 1761, dans la rue de Mâcon. Robert Osmond devient juré de sa corporation, s’assurant ainsi une certaine protection de ses droits de créateur. En 1753 son neveu quitte la Normandie pour le rejoindre, et en 1761, l’atelier déménage dans la rue de Macon. Le neveu, Jean-Baptiste Osmond (1742-après 1790) est reçu maître en 1764 ; après cette date, il travaille avec son oncle ; leur collaboration fut si étroite qu’il est difficile de distinguer entre les contributions de l’un et de l’autre. Robert Osmond prend sa retraite vers 1775. Jean-Baptiste, qui continue de diriger l’atelier après le départ de son oncle, connaît bientôt des difficultés ; il fait faillite en 1784. Son oncle Robert meurt en 1789.

    Bronziers et ciseleurs prolifiques, les Osmond pratiquaient les styles Louis XV et néoclassiques avec un égal bonheur. Leurs œuvres, appréciées à leur juste valeur par les connaisseurs de l’époque, furent commercialisées par des horlogers et des marchands-merciers. Bien qu’ils aient produit toutes sortes de bronzes d’ameublement, y compris des chenets, des appliques et des encriers, aujourd’hui ils sont surtout connus pour leurs caisses de pendules, comme par exemple celle qui représente le Rapt d’Europe (Musée Getty, Malibu, CA,) dans le style Louis XV, et deux importantes pendules néoclassiques, dont il existe plusieurs modèles, ainsi qu’un vase à tête de lion (Musée Condé de Chantilly et le Cleveland Museum of Art) et un cartel avec rubans ciselés (exemples dans le Stockholm Nationalmuseum et le Musée Nissim de Camondo de Paris). Une pendule remarquable, ornée d’un globe, des amours, et d’une plaque en porcelaine de Sèvres (Louvre, Paris) compte également parmi leurs œuvres importantes.

    D’abord voués au style rocaille, au début des années 1760 ils ont adopté le nouveau style néoclassique, dont ils devinrent bientôt les maîtres. Ils fournirent des boîtes aux meilleurs horlogers de l’époque, y compris Montjoye, pour lequel ils créèrent des boîtes de pendules de cartonnier et de pendules colonne ; la colonne étant l’un des motifs de prédilection de l’atelier Osmond.



    Poitevin  -  Vion
    Poitevin
    François Vion (vers 1737-après 1790)

    Exceptionnelle pendule de cheminée dite « au cheval au pas » en bronze ciselé, doré et laqué « au naturel »

    Paris, époque Transition Louis XV-Louis XVI, vers 1775

    Hauteur33.5 Largeur18.5 Profondeur9

    Provenance :

    – Sotheby’s, Londres, « Fine French Furniture », le 13 décembre 1974, lot 66.

     

    Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Poitevin à Lorient », indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes par deux aiguilles ; il s’inscrit dans une boite entièrement réalisée en bronze finement ciselé, doré ou laqué. Le mouvement est renfermé dans une boite circulaire, soulignée de rinceaux, de passementeries et d’une guirlande fleurie et feuillagée et surmontée d’une urne simulée à pieds en consoles et anses à anneaux mobiles, qui est supportée par une selle à franges posée sur un cheval laqué « au naturel » marchant au pas sur une terrasse imitant des touffes d’herbes et des enrochements. Le tout repose sur une base quadrangulaire agrémentée de tores de laurier ou de réserves à frises d’entrelacs et centrée d’un médaillon peint à la gouache sur vélin représentant le jeune Cupidon recevant un message d’une colombe dans une perspective animée d’un autel néoclassique. L’ensemble est orné de motifs facettés en strass ou pierres du Rhin agrémentant la lunette, les anneaux passant dans les anses et la graine de l’urne sommitale, ainsi que sur la base sous la forme d’une frise centrée d’un médaillon rubané. Enfin, huit pieds aplatis moulurés supportent l’ensemble de la composition.

    Apparues sous le règne de Louis XV, les horloges à figures d’animaux supportant des mouvements connaîtront un exceptionnel engouement dans la seconde moitié du XVIIIe siècle avec le renouveau des arts décoratifs au moment du Néoclassicisme. La pendule que nous proposons se distingue par la qualité et la rareté de son décor, ainsi que par la connaissance du dessin préparatoire à l’origine de sa réalisation qui est conservé à l’Institut national d’Histoire de l’Art à Paris et qui fait partie d’un album du bronzier François Vion permettant d’attribuer en tout certitude le modèle (voir H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Band I, p.180, fig.3.7.8).

    De nos jours, parmi les rares pendules connues de modèle identique, avec certaines variantes dans le décor, mentionnons notamment : un premier exemplaire, le cadran signé « Cartier à Paris », qui est reproduit dans G. et A. Wannenes, Les plus belles pendules françaises, De Louis XIV à l’Empire, Editions Polistampa, Florence, 2013, p.277 ; un deuxième, anciennement dans la collection Diette, est illustré dans Tardy, La pendule française, 2ème Partie : Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1975, p.232 ; un troisième a fait partie des ventes Rudolf Lepke dans lesquelles de nombreux objets d’art des anciennes collections impériales russes furent mis à l’encan (vente à Berlin, le 12 février 1929, lot 87) ; enfin, citons particulièrement une dernière pendule de ce type qui a été proposée aux enchères lors de la dispersion de la célèbre collection de Jacqueline Kennedy-Onassis (vente Sotheby’s, New York, 23-26 avril 1996).

    Poitevin

    Poitevin était un horloger actif à Lorient vers 1770-1780.



    François Vion (vers 1737 - après 1790)

    L’un des plus importants bronziers parisiens de la seconde moitié du XVIIIe siècle, il est reçu maître fondeur en 1764. Confrère et concurrent des Osmond et de Jean-Joseph de Saint-Germain, il se spécialisa dans la création de caisses de pendules dont plusieurs modèles portent sa signature, particulièrement les exemplaires dits « Vénus et l’Amour » et « L’Amour et les trois Grâces ».



    Dans la même catégorie
    Dutertre  -  Morlay
    Charles Dutertre
    François-René Morlay

    Importante pendule de cheminée en bronze finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré

    « Clio ou Allégorie de l’Histoire »

    Pendule_210-04_HD_WEB

    Dans une caisse attribuée à René-François Morlay

    Paris, époque Transition Louis XV-Louis XVI, vers 1770-1775

    Hauteur50 Largeur45.5 Profondeur17.5

    Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Charles Du Tertre à Paris », indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes par deux aiguilles en bronze repercé et doré ; il s’inscrit dans une caisse entièrement réalisée en bronze finement ciselé, patiné et doré. Sur l’un des côtés, est une superbe figure féminine debout, vêtue d’une toge « à l’antique », chaussée de sandales à lanières et les cheveux relevés en chignon, qui examine un parchemin gravé de motifs géométriques et symbolise la muse Clio. De l’autre côté de la caisse retombe une guirlande de feuilles et de fleurs et est posé un jeune amour ailé attentif à l’action de la muse qui est allongé sur une draperie, ainsi qu’un globe ou une mappemonde, attributs relatifs à la connaissance du Monde. L’ensemble repose sur une base quadrangulaire à ressaut décorée de motifs tels que guirlandes de feuilles de chêne et de glands, rosaces et frises alternées de motifs de cabochons et fleurs stylisées dans des encadrements en réserves. Enfin, quatre pieds quadrangulaires droits à fines cannelures participent à l’équilibre de la composition et supportent l’horloge.

    Relativement proche de quelques modèles réalisés dans le même esprit par certains bronziers parisiens de l’époque, tels que Robert Osmond ou Jean-Joseph de Saint-Germain, la pendule que nous proposons peut être rattachée à l’œuvre du bronzier parisien René-François Morlay, créateur notamment d’une superbe pendule à carillon qui se trouvait anciennement dans les collections du marquis de Hertford, exposée de nos jours à la Wallace Collection à Londres (voir P. Hugues, The Wallace Collection, Catalogue of Furniture, Londres, 1996, p.418-425). En effet, Morlay est l’auteur d’une pendule de modèle identique à celle présentée qui porte sa signature insculpée dans le bronze (voir J-D. Augarde, Les ouvriers du Temps, Genève, 1996, p.293, fig.223).

    Enfin, parmi les rares autres exemplaires identiques répertoriés, mentionnons notamment celui qui se trouvait anciennement dans la célèbre collection du comte Jacques de Bryas dispersée en 1898 (vente à Paris, Me Chevallier, Galerie Georges Petit, les 5-6 avril 1898, lot 242) ; ainsi qu’un deuxième, le cadran signé « Filon », qui est reproduit dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age à nos jours, Paris, 1997, p.244, fig. A ; enfin, citons particulièrement une dernière pendule de ce modèle, livrée en décembre 1771 pour la chambre de la Comtesse de Provence au Château de Versailles, qui appartient aux collections du Mobilier national et est exposée au Musée national du Château de Versailles (illustrée dans le catalogue de l’exposition Le château de Versailles raconte le Mobilier national, Quatre siècles de création, 20 septembre 2010-11 décembre 2011, p.137).

    Charles Dutertre

    Charles Dutertre figure parmi les plus importants horlogers parisiens de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Après son accession à la maîtrise, le 22 novembre 1758, il connaît rapidement une grande notoriété auprès des grands amateurs d’horlogerie de l’époque et développe son activité. Certaines de ses pendules étaient mentionnées au XVIIIe siècle chez la marquise de Langeac, le prince Charles de Lorraine et le comte d’Artois, frère du roi Louis XVI.



    François-René Morlay

    François-René Morlay est reçu maître fondeur en 1756.



    Gille l’Ainé
    Pierre II Gille

    Rare pendule de cheminée en bronze finement ciselé et doré à figure allégorique

    APF_Pendule118_02

    Paris, époque Transition Louis XV-Louis XVI, vers 1765-1770

    Hauteur30.5 Largeur30.5 Profondeur13

    Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Gille l’Aîné à Paris », indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes par deux aiguilles en bronze repercé et doré ; il s’inscrit dans une caisse architecturée entièrement réalisée en bronze finement ciselé et doré. Le mouvement est renfermé dans une boite en forme de cippe « à l’antique » cannelé, à lunette à entrelacs centrés d’oves, souligné d’une large draperie, dont le recouvrement est orné d’un coq aux ailes déployées, ses deux pattes posées sur une tête mortuaire. Accoudé sur cette borne est un jeune enfant, assis sur des volumes, tenant un stylet et examinant un parchemin. L’ensemble repose sur une terrasse oblongue supportée par une base quadrangulaire à dés angulaires en ressaut centrés de rosaces stylisées, frises d’entrelacs à oves et doubles crosses surmontées de rinceaux feuillagés. Enfin, quatre pieds en boules aplaties supportent l’horloge.

    La composition originale de cette pendule, au dessin particulièrement architecturé, est caractéristique des créations parisiennes de la fin du règne de Louis XV marquées par un néoclassicisme sévère privilégiant les motifs inspirés de l’Antiquité, le plus souvent associés à des figures allégoriques ; ici, en l’occurrence, la figure de l’enfant reprend à l’identique une statuette en ivoire de François du Quesnoy conservée au Musée d’Ecouen (voir M. Boudon-Machuel, François du Quesnoy 1597-1643, Paris, 2005, p.351). Particulièrement équilibré, ce modèle connut un exceptionnel succès auprès des grands collectionneurs parisiens dans le dernier tiers du XVIIIe siècle.

    Ainsi, parmi les rares autres exemplaires répertoriés, citons notamment : une première pendule, le mouvement de Ferdinand Berthoud, qui se trouvait anciennement dans la collection de Georges Harth (voir Tardy, La pendule française, 2ème Partie : Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1975, p.249) ; ainsi que deux autres modèles sur lesquels un globe céleste remplace la figure du coq : la première, le cadran signé « Ferdinand Berthoud », appartient aux collections royales suédoises (reproduite dans J. Böttiger, Konstsamlingarna a de Swenska Kungliga Slotten, Tome I, Stockholm, 1900) ; la seconde, le cadran de « Lepaute à Paris », est conservée au Musée national du Château de Fontainebleau (parue dans J-P. Samoyault, Musée national du Château de Fontainebleau, Catalogue des collections de mobilier, 1-Pendules et bronzes d’ameublement entrés sous le Premier Empire, RMN, Paris, 1989, p.46) ; enfin, mentionnons un dernier modèle, sur lequel le bronzier a intégré une seconde figure d’enfant, qui a fait partie de la collection Desurmont (vente à Paris, Hôtel Drouot, Me Ader, les 19-20 mai 1938, lot 165).

    Pierre II Gille

    À partir de 1765, cette signature correspond à l’horloger parisien Pierre II Gille. Après son accession à la maîtrise en tant que fils de maître le 18 novembre 1746, il installe son atelier rue Saint-Martin, rue Saint-Denis et rue aux Ours. Au début de sa carrière il travaille avec son père, puis dirige son propre atelier et rencontre immédiatement un immense succès auprès des grands collectionneurs. Parmi sa clientèle figuraient notamment le marquis de Brunoy, le prince Charles de Lorraine, le puissant fermier-général Perrinet de Jars et le duc de Gramont.



    Dans la même catégorie
    Bigand
    Jean-Noël Bigand

    Rare pendule de cheminée en bronze finement ciselé, patiné et doré à figure allégorique

    « L’Amour astronome »

    APF_Pendule117_03

    Paris, époque Transition Louis XV-Louis XVI, vers 1765-1770

    Hauteur30.5 Largeur30.5 Profondeur13

    Provenance :

    – Anciennement dans la collections des ducs de Fitz-James.

     

    Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Bigand à Paris », indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes par deux aiguilles en bronze repercé et doré ; il s’inscrit dans une caisse architecturée entièrement réalisée en bronze finement ciselé, patiné et doré. Le mouvement est renfermé dans une boite en forme de cippe « à l’antique » cannelé, à lunette à entrelacs centrés d’oves, souligné d’une draperie, d’un ruban noué et de feuilles et graines de laurier en chute, et dont le recouvrement est orné d’un compas, d’un cadran solaire et d’un globe céleste. Accoudé sur cette borne est un jeune enfant, assis sur des volumes, tenant un stylet et examinant un parchemin. L’ensemble repose sur une terrasse oblongue supportée par une base quadrangulaire à dés angulaires en ressaut centrés de rosaces stylisées, frises d’entrelacs à oves et doubles crosses surmontées de rinceaux feuillagés. Enfin, quatre pieds en boules aplaties supportent l’horloge.

    La composition originale de cette pendule, au dessin particulièrement architecturé, est caractéristique des créations parisiennes de la fin du règne de Louis XV marquées par un néoclassicisme sévère privilégiant les motifs inspirés de l’Antiquité, le plus souvent associés à des figures allégoriques ; ici, en l’occurrence, la figure de l’enfant reprend à l’identique une statuette en ivoire de François du Quesnoy conservée au Musée d’Ecouen (voir M. Boudon-Machuel, François du Quesnoy 1597-1643, Paris, 2005, p.351). Particulièrement équilibré, ce modèle connut un exceptionnel succès auprès des grands collectionneurs parisiens dans le dernier tiers du XVIIIe siècle.

    Ainsi, parmi les rares autres exemplaires répertoriés, citons notamment : une première pendule, le cadran signé « Ferdinand Berthoud », qui appartient aux collections royales suédoises (reproduite dans J. Böttiger, Konstsamlingarna a de Swenska Kungliga Slotten, Tome I, Stockholm, 1900) ; ainsi qu’une deuxième, le cadran de « Lepaute à Paris », qui est conservée au Musée national du Château de Fontainebleau (parue dans J-P. Samoyault, Musée national du Château de Fontainebleau, Catalogue des collections de mobilier, 1-Pendules et bronzes d’ameublement entrés sous le Premier Empire, RMN, Paris, 1989, p.46) ; une troisième, sur laquelle un coq remplace le globe céleste, se trouvait anciennement dans la collection de Georges Harth (voir Tardy, La pendule française, 2ème Partie : Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1975, p.249) ; enfin, mentionnons un dernier modèle, sur lequel le bronzier a intégré une seconde figure d’enfant, qui a fait partie de la collection Desurmont (vente à Paris, Hôtel Drouot, Me Ader, les 19-20 mai 1938, lot 165).

    Jean-Noël Bigand

    Jean-Noël Bigand (ou Bigaud) figure parmi les plus importants horlogers parisiens de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Après son accession à la maîtrise en tant que fils de maître, le 27 février 1743, il installe son atelier rue Dauphine jusqu’en 1748, puis rue du Petit-Bourbon de 1748 à 1781, et connaît immédiatement une grande notoriété auprès des collectionneurs d’horlogerie. Au XVIIIe siècle, certaines de ses réalisations sont mentionnées chez de grands amateurs du temps, notamment dans les inventaires après décès du procureur Jean Vaufrouard et d’Alexandre-Louis de Saint-Chamans marquis de Saint-Chamans.



    Dans la même catégorie
    Robin  -  Osmond
    Robert Robin (1741-1799)
    Robert Osmond (1711-1789)

    Importante pendule de cheminée en bronze ciselé et doré

    « Allégorie de la Connaissance »

    APF_Pendule026_04

    « Robin »

    Dans une caisse attribuée à Robert Osmond

    Paris, fin de l’époque Louis XV, vers 1765-1770

    Hauteur52 Largeur63 Profondeur26

    Le cadran circulaire émaillé, signé « Robin à Paris », indique les heures en chiffres romains et les minutes en chiffres arabes par deux aiguilles ajourées en cuivre doré en forme de fleurs de lys ; il est inscrit dans une caisse en bronze doré, entourée de deux branches nouées et enrubannées et dont la lunette est ceinturée d’une frise de fleurs stylisées, qui repose sur une borne « à l’antique » à base à tore de laurier noué de rubans. Deux figures, véritables morceaux de sculpture, animent la composition ; sur la droite, est une figure allégorique féminine représentée assise et vêtue d’une longue toge, le regard tourné vers le spectateur, qui tient une couronne de laurier dans sa main gauche ; sur la gauche de la borne sont trois ouvrages littéraires empilés et un jeune amour ailé légèrement drapé occupé à étudier un parchemin posé sur un tabouret terminé en sabots de bélier. L’ensemble est supporté par une belle base moulurée en marbre blanc statuaire richement ornée de frises d’entrelacs centrés de rosaces en bronze très finement ciselé et doré.

    La composition originale de cette pendule nous permet de la situer parmi les meilleures réalisation horlogères parisiennes du début du Néoclassicisme français et de l’attribuer à Robert Osmond (1711-1789), l’un des plus importants bronziers parisiens de la seconde moitié du XVIIIe siècle qui excellait particulièrement dans la création de ce type de pendules à thématique allégorique et qui connut une grande notoriété tout au long de sa carrière. Influencé par l’œuvre de son confrère bronzier Caffieri, il fut l’un des précurseurs du renouveau des arts décoratifs français à partir du milieu des années 1760. Ses réalisations, particulièrement appréciées par les grands collectionneurs de l’époque, lui permirent de développer rapidement son atelier. Assisté par son neveu Jean-Baptiste Osmond, reçu maître-fondeur en 1764 et qui lui succédera à sa mort en 1789, Osmond comptait parmi ses clients toute l’élite avant-gardiste de son temps.

    Concernant précisément l’exemplaire que nous proposons, à notre connaissance une seule autre pendule identique est répertoriée : elle porterait un « F » couronné insculpé dans le bronze, pouvant correspondre à la marque d’inventaire du château de Fontainebleau, et appartient aux collections du Mobilier national français, précisément aux Archives nationales, ancien hôtel Soubise (reproduite dans le bulletin de ANCAHA, n°119, automne 2010, p.67 ; et dans E. Niehüser, Die französische Bronzeuhr, Eine Typologie der figürlichen Darstellungen, Munich, 1997, p.213, fig.325).

    Robert Robin (1741 - 1799)

    Robert Robin est l’un des plus importants horlogers parisiens du dernier tiers du XVIIIe siècle. Honoré des titres de Valet de Chambre-Horloger Ordinaire du Roi et de la Reine en 1783 et 1786, il eut une carrière hors du commun et se distingua par sa contribution exceptionnelle à l’amélioration des instruments de la mesure du temps.

    En 1778, l’Académie des Sciences approuva deux de ses inventions, dont l’une mena à la construction d’une pendule astronomique représentant une méridienne tracée sur une pyramide qui fut acquise par les Menus Plaisirs pour Louis XVI cette même année ; Robin publia une Description historique et mécanique très détaillée de cette pendule. Il créa également des régulateurs de cheminée à indications astronomiques et à balancier compensé, dont le marquis de Courtanvaux, homme de science et grand connaisseur d’horlogerie de précision, fut l’un des premiers acquéreurs. Au cours des troubles révolutionnaires, il réalisa des montres et des pendules à heure décimale. On le retrouve successivement Grande rue du faubourg Saint-Honoré (1772), rue des Fossés-Saint-Germain l’Auxerrois (1775), rue Saint-Honoré à l’Hôtel d’Aligre (1778) et aux Galeries du Louvre en 1786.

    Pour ses régulateurs de bureau, Robin fit le choix de boîtes architecturées d’une grande sobriété, qui nous paraissent aujourd’hui d’une remarquable modernité. Il collabora toujours avec les meilleurs artisans de son temps, parmi lesquels les bronziers ou ciseleurs Robert et Jean Baptiste Osmond, Pierre Philippe Thomire, François Rémond et Claude Galle, les ébénistes Jean-Henri Riesener, Ferdinand Schwerdfeger et Adam Weisweiler, les émailleurs Barbezat, Dubuisson, Merlet et Coteau pour les cadrans, et les Richard et Montginot pour les ressorts.

    Les deux fils de Robert Robin, Nicolas Robert (1775-1812) et Jean-Joseph (1781-1856), étaient également d’excellents horlogers et poursuivirent brillamment l’activité de l’atelier paternel.



    Robert Osmond (1711 - 1789)

    Le bronzier Robert Osmond nait à Canisy, près de Saint-Lô ; il fait son apprentissage dans l’atelier de Louis Regnard, maître fondeur en terre et en sable, devenant maître bronzier à Paris en 1746. On le trouve d’abord rue des Canettes, paroisse St Sulpice, et dès 1761, dans la rue de Mâcon. Robert Osmond devient juré de sa corporation, s’assurant ainsi une certaine protection de ses droits de créateur. En 1753 son neveu quitte la Normandie pour le rejoindre, et en 1761, l’atelier déménage dans la rue de Macon. Le neveu, Jean-Baptiste Osmond (1742-après 1790) est reçu maître en 1764 ; après cette date, il travaille avec son oncle ; leur collaboration fut si étroite qu’il est difficile de distinguer entre les contributions de l’un et de l’autre. Robert Osmond prend sa retraite vers 1775. Jean-Baptiste, qui continue de diriger l’atelier après le départ de son oncle, connaît bientôt des difficultés ; il fait faillite en 1784. Son oncle Robert meurt en 1789.

    Bronziers et ciseleurs prolifiques, les Osmond pratiquaient les styles Louis XV et néoclassiques avec un égal bonheur. Leurs œuvres, appréciées à leur juste valeur par les connaisseurs de l’époque, furent commercialisées par des horlogers et des marchands-merciers. Bien qu’ils aient produit toutes sortes de bronzes d’ameublement, y compris des chenets, des appliques et des encriers, aujourd’hui ils sont surtout connus pour leurs caisses de pendules, comme par exemple celle qui représente le Rapt d’Europe (Musée Getty, Malibu, CA,) dans le style Louis XV, et deux importantes pendules néoclassiques, dont il existe plusieurs modèles, ainsi qu’un vase à tête de lion (Musée Condé de Chantilly et le Cleveland Museum of Art) et un cartel avec rubans ciselés (exemples dans le Stockholm Nationalmuseum et le Musée Nissim de Camondo de Paris). Une pendule remarquable, ornée d’un globe, des amours, et d’une plaque en porcelaine de Sèvres (Louvre, Paris) compte également parmi leurs œuvres importantes.

    D’abord voués au style rocaille, au début des années 1760 ils ont adopté le nouveau style néoclassique, dont ils devinrent bientôt les maîtres. Ils fournirent des boîtes aux meilleurs horlogers de l’époque, y compris Montjoye, pour lequel ils créèrent des boîtes de pendules de cartonnier et de pendules colonne ; la colonne étant l’un des motifs de prédilection de l’atelier Osmond.



    Dans la même catégorie