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Époques : Transition

  • Lenhendrick
    Louis-Joseph Lenhendrick (?-1783)

    Importante paire de grands flambeaux néoclassiques en argent très finement ciselé

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    Poinçons fermiers généraux : « A » et « E » couronné (1768/1774), grosse et moyenne décharge (1768-1774)/Maître orfèvre « L.L. » et colonne sur les ombilics, binets et bobèches

    Paris, époque Transition Louis XV-Louis XVI, vers 1768-1774

    Hauteur28 Diamètre15

    Entièrement réalisé en argent très finement ciselé, chaque flambeau se présente sous la forme d’un fût en « balustre » rythmé de trois côtes concaves et orné, dans sa partie basse, de feuilles d’acanthe et, dans sa partie haute, de fines guirlandes de lauriers en chutes ou en festons retenues par des agrafes stylisées à l’épaulement supérieur. Ce fût se termine par un binet traité en vase simulé agrémenté d’un décor en bandeau de canaux sur fond amati émergeant d’un culot en bouquet de feuilles d’eau et recevant la bobèche à contour et moulure feuillagée reposant sur un jeu de bagues unies moulurées. L’ensemble repose sur des pieds circulaires contournés soulignés de moulures en cavet ornées de feuillages et décorées d’agrafes surmontant des ombilics mamelonnés à canaux et dards se détachant sur des fonds amatis.

    Cette rare paire de grands flambeaux se distingue aussi bien par l’exceptionnelle qualité de son exécution que par son décor ciselé parfaitement symétrique caractéristique des meilleures réalisations parisiennes des dernières années du règne de Louis XVI tendant vers le Néoclassicisme, période que nous appelons de nos jours le style Transition Louis XV-Louis XVI. Ce même esprit se retrouve notamment sur un modèle de flambeau, portant un bouquet de lumières et daté 1771-1772, qui se trouvait anciennement dans la collection David-Weill (illustré dans G. Henriot, Le luminaire de la Renaissance au XIXe siècle, planche 165, fig.4) ; ainsi que sur des modèles de flambeaux suivis sur plusieurs décennies par Louis-Joseph Lenhendrick, auteur des flambeaux que nous proposons, dont un exemplaire est reproduit dans J. Bourne et V. Brett, L’art du Luminaire, Editions Flammarion, Paris, 1992, p.67, fig.204, tandis qu’une rare suite de vingt-deux, rassemblée sur de nombreuses années, a fait partie de la célèbre collection Riahi (voir Quelques chefs-d’œuvre de la collection Djahanguir Riahi, Ameublement français du XVIIIe siècle, Editions FMR, Milan, 1999, p.252-254).

    Louis-Joseph Lenhendrick (? - 1783)

    Nous n’avons que peu d’informations concernant les débuts de la vie de cet orfèvre de talent. Probablement originaire des contrées germaniques, il vient relativement jeune se fixer à Paris et entre en apprentissage en août 1738 dans l’atelier des Galeries du Louvre de Thomas Germain (1673-1748), le plus important orfèvre parisien de son temps. Moins d’une dizaine d’années plus tard, le 17 mai 1747, il accède à la maîtrise d’orfèvre parisien, installe son propre atelier et poursuit sa collaboration avec l’atelier des Germain, en l’occurrence avec François-Thomas Germain, fils de son ancien maître. Associé à Germain, Lenhendrick participe à de nombreuses commandes prestigieuses destinées aux cours de Versailles, de Lisbonne et de Saint-Pétersbourg. C’est notamment pour cette dernière qu’il participe à la livraison du célèbre Service Orloff, offert par la tsarine Catherine II à son favori et dont un superbe candélabre en vermeil de Lenhendrick est exposé au Musée Calouste Gulbenkian à Lisbonne (voir El Gusto « a la griega », Nacimiento del Neoclasicismo francés, Madrid, 2008, p.186).



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    Rare paire d’appliques « à la grecque » à deux lumières en bronze finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni

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    Réalisée d’après un dessin de Jean-Louis Prieur (1732-1795)

    Paris, époque Transition Louis XV-Louis XVI, vers 1765-1770

    Hauteur49.5 Largeur32 Profondeur13.8

    Provenance :

    – probablement collection du fermier-général Jean-François Leroy de Senneville (1715-1784).

     

    Entièrement réalisée en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni, chaque applique présente un fût à platine néoclassique, à culot à acanthe et montant en consoles, sur laquelle se rattachent les deux bras de lumière à tiges à canaux soulignées de feuilles de refend supportant des bassins et des binets ornés de frises feuillagées ; cette platine est agrémentée d’un putto, vêtu d’un léger drapé enveloppant ses hanches, représenté debout sur un entablement et tenant dans chaque main une guirlande de feuilles de laurier venant passer dans des motifs à grecques qui ponctuent les bras de lumière. Le jeune enfant supporte sur sa tête un dé à rosaces se détachant d’un entablement sur lequel repose un vase simulé à feuilles d’acanthe, guirlandes de feuilles de laurier et couvercle à prise en graine.

    Cette rare et importante paire d’appliques est une parfaite illustration de ce que l’on nomme de nos jours « le goût grec », esprit décoratif néoclassique initié par certains grands amateurs parisiens du début du milieu du XVIIIe siècle, notamment par le comte de Caylus et Ange-Laurent Lalive de Jully, en réaction aux modèles rocailles, jugés démodés, qui dominaient les arts décoratifs français depuis plusieurs décennies. Le modèle s’inspire directement d’un dessin de l’ornemaniste Jean-Louis Prieur, l’un des chefs de file de ce courant néoclassique, qui est conservé dans une collection privée (illustré dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Tome I, Munich, 1986, p.173, fig.3.5.3). Rapidement, ce modèle d’appliques rencontra un immense succès auprès des grands amateurs parisiens du milieu des années 1760.

    De nos jours, quelques rares paires d’appliques de ce type sont connues avec certaines légères variantes dans le traitement du décor, citons tout d’abord deux paires de ce modèle, mais à trois bras de lumières : une première passée en vente lors de la dispersion de la collection de Madame Lelong (vente à Paris, Galerie Georges Petit, Maître Chevallier,  les 27-30 avril et 11-15 mai 1903, lot 334) ; ainsi qu’une seconde qui a fait partie de la collection de Joseph Bardac (vente à Paris, Me Lair-Dubreuil, Galerie Georges Petit, le 9 décembre 1927, lot 80) ; enfin, mentionnons particulièrement une paire d’appliques de ce modèle, possédant deux lumières tout comme celles que nous proposons, qui se trouvait anciennement dans la collection d’Eric von Goldschmidt-Rothschild (vente à Berlin, Ball & Graupe, le 23 mars 1931, lot 364). C’est de toute évidence cette paire d’appliques « Rothschild » ou bien celle que nous proposons qui fut décrite au XVIIIe siècle chez le fermier-général Jean-François Leroy de Senneville, dont la vente après décès, qui se tint le 26 avril 1784, mentionnait sous le lot 173 : « Une jolie paire de bras, à gaine et figure d’enfant tenant des guirlandes dans leurs mains, ils sont à deux branches, et très bien dorés ».

    Rare paire d’appliques « en torche enflammée » à trois lumières en bronze finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni

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    Réalisée d’après un dessin préparatoire de Jean-Louis Prieur (1732-1795)

    Paris, époque Transition Louis XV-Louis XVI, vers 1770-1775

    Hauteur66 Largeur37.5 Profondeur25.5

    Entièrement réalisée en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou l’or bruni, chaque bras de lumière présente un fût « en carquois » fuselé à cannelures foncées d’asperges terminé en culot à bouquet à graines ou fleurettes et ponctué de deux bagues, à canaux encadrant une frise de feuilles d’acanthe, sur l’une desquelles viennent se rattacher les trois bras de lumière curvilignes soulignés de feuilles d’acanthe et portant les bassins et binets à frises de feuilles, d’oves et cannelures torses. Dans la partie supérieure, émergeant d’un bouquet en corolles de feuilles allongées, est un fort motif enflammé.

    Dès le milieu du XVIIIe siècle nous assistons à une totale remise en cause des schémas ornementaux qui prévalaient dans les arts décoratifs français depuis plusieurs décennies. Cette réaction, menée par des érudits et des amateurs, trouvait son origine dans les exceptionnelles découvertes archéologiques faites dans les anciennes cités romaines de Pompéi et d’Herculanum dans la région napolitaine. Au fil des années, quelques rares collectionneurs, artistes et artisans, vont imposer un nouveau style directement inspiré de l’Antiquité classique grecque et romaine. Les appliques que nous proposons furent réalisées dans ce contexte d’effervescence artistique, leur répertoire ornemental, composé notamment d’un fût en carquois enflammé, de feuilles d’acanthe et de bagues à canaux, est caractéristique des plus belles créations parisiennes de la fin des années 1760 ou du début de la décennie suivante et s’inspire librement de certains projets d’ornemanistes du temps, notamment de Jean-Charles Delafosse et particulièrement de Jean-Louis Prieur, auteur d’un dessin préparatoire à la création de la paire d’appliques que nous proposons qui est conservé au J. Paul Getty Museum de Malibu (illustré dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.172, fig.3.5.3).

    À ce jour ce modèle n’a pas pu être rattaché à l’œuvre d’un bronzier, toutefois relevons que leur composition générale et leur qualité de fonte et de ciselure ne sont pas sans rappeler certains modèles de luminaires crées vers la même époque par certains grands artisans parisiens, particulièrement par Jean-Joseph de Saint-Germain, le grand bronzier du renouveau néoclassique (voir J-D. Augarde, « Jean-Joseph de Saint-Germain bronzier (1719-1791), inédits sur sa vie et son œuvre », dans L’Estampille/L’Objet d’art, n°308, décembre 1996).

    De nos jours, parmi les rares paires d’appliques répertoriées de ce modèle, mentionnons notamment : une première paire qui appartient aux collections royales suédoises (reproduite dans J. Böttiger, Konstsamlingarna a de Swenska Kungliga Slotten, Tome II, Stockholm, 1900) ; ainsi qu’une deuxième qui est exposée au Palais de Pavlovsk, près de Saint-Pétersbourg, et provient très certainement des anciennes collections impériales russes (voir I. Sychev, The Russian Chandeliers 1760-1830, Editions PVBR, 2003, p.87, fig.403) ; enfin, mentionnons une dernière paire de ce type qui est conservée au Musée national du Château de Fontainebleau (illustrée dans J-P. Samoyault, Musée national du Château de Fontainebleau, Catalogue des collections de mobilier, 1. Pendules et bronzes d’ameublement entrés sous le Premier Empire, RMN, Paris, 1989, p.93).

    Cronier
    Antoine Cronier (1732-après 1806)

    Important cartel d’applique néoclassique en bronze finement ciselé ou doré à l’or mat et à l’or bruni

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    Paris, époque Transition Louis XV-Louis XVI, vers 1770

    Hauteur88 Largeur48 Profondeur14

    Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Cronier à Paris », indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes par deux aiguilles en cuivre repercé et doré ; le mouvement s’inscrit dans une caisse néoclassique entièrement réalisée en bronze très finement ciselé ou doré à l’or mat et à l’or bruni. L’amortissement est orné d’un vase balustre simulé à culot à réserves à croisillons, couvercle à feuilles d’acanthe terminé par une flamme et anses détachées dans lesquelles passent deux guirlandes de feuilles et graines de laurier retombant sur les angles antérieurs à rinceaux terminés en volutes et têtes de bélier ; à l’arrière, sont deux braseros enflammés en coupes à draperies reposant sur des socles cubiques. Les faces latérales de l’horloge sont à montants en pilastres à cannelures soulignés de guirlandes de laurier et terminés par des pommes de pin. Sous le cadran, un décrochement à rosaces en applique soutient une règle à huit gouttes stylisées. La partie basse présente une ouverture vitrée, permettant au spectateur de voir le mouvement du balancier, encadrée de guirlandes de feuilles de chêne agrémentées de glands flanquées de pastilles encadrant une réserve oblongue à fond amati ; enfin, le culot, à cinq larges canaux flanqués de fleurons, est terminé par un bouquet d’acanthes à graines.

    Dès le milieu du XVIIIe siècle nous assistons à une totale remise en cause des schémas ornementaux qui prévalaient dans les arts décoratifs français depuis plusieurs décennies. Cette réaction, menait par des érudits, des artistes et des amateurs, trouvait son origine dans les exceptionnelles découvertes archéologiques faites dans les anciennes cités romaines de Pompéi et d’Herculanum dans la région napolitaine. Au fil des années, quelques rares collectionneurs, artistes et artisans, vont imposer un nouveau style directement inspiré de l’Antiquité classique grecque et romaine : le Néoclassicisme. Le cartel que nous proposons fut réalisé dans ce contexte particulier ; il présente un dessin particulièrement architecturé, des proportions peu communes et un décor directement inspiré du répertoire antique. Le bronzier qui créa le modèle reste à ce jour inconnu, mais soulignons que la qualité exceptionnelle de la fonte, de la ciselure et de la dorure du modèle suggère la collaboration d’artisans de tout premier plan supervisés par un bronzier tels que Saint-Germain, Osmond ou Caffieri. Parmi les cartels similaires répertoriés, citons particulièrement un exemplaire, signé « Gide à Paris », qui est reproduit dans R. Mühe et Horand M. Vogel, Horloges anciennes, Manuel des horloges de table, des horloges murales et des pendules de parquet européennes, Office du Livre, Fribourg, 1978, p.190, fig.350. Enfin, relevons que quelques rares autres cartels de modèle identique sont connus : un premier a été proposé aux enchères au Palais Galliera à Paris, Me Ader, le 30 mars 1965, lot 75 (paru dans Tardy, La pendule française, 2èe Partie : Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1975, p.310, fig.2) ; tandis qu’un second se trouvait anciennement dans la célèbre collection d’Alberto Bruni Tedeschi (1915-1996).

    Antoine Cronier (1732 - après 1806)

    Antoine Crosnier, ou Cronier,  figure parmi les plus importants horlogers parisiens de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Fils d’un maître menuisier parisien, il fait enregistrer ses lettres de maîtrise le 1er mars 1763 et installe son atelier rue Saint-Honoré. Il rencontre immédiatement un immense succès auprès des grands amateurs parisiens d’horlogerie de luxe et collabore avec les meilleurs artisans de l’époque, notamment l’ébéniste Jean-Pierre Latz, les bronziers François Vion ou les Osmond et le doreur Honoré Noël. Au XVIIIe siècle, certaines de ses réalisations étaient mentionnées chez le maréchal de Choiseul-Stainville, chez le marquis de Sainte-Amaranthe, chez le duc des Deux-Ponts et chez le prince Belosselsky-Belozersky.



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    Arnoux  -  Osmond
    Robert Osmond (1711-1789)

    Important cartel d’applique dit « cartel à ruban du grand modèle » en bronze ciselé ou doré à l’or mat et à l’or bruni

    « Modèle royal »

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    La caisse attribuée à Robert Osmond

    Paris, époque Transition Louis XV-Louis XVI, vers 1770

    Hauteur86 Largeur46 Profondeur14.5

    Le cadran circulaire émaillé, signé « Arnoux à Paris », indique les heures et les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes par deux aiguilles repercées en cuivre doré ; il est inscrit dans une caisse néoclassique entièrement réalisée en bronze très finement ciselé ou doré à l’or mat et à l’or bruni. La lunette est soulignée de réserves de canaux et de larges feuilles de refend ou palmes ; l’amortissement est formé d’une urne « à l’antique », décorée de canaux ou de rosaces et terminée par une flamme, dans les anses de laquelle passe un long ruban qui retombe sur les côtés et qui surmonte un masque féminin. La partie inférieure, centrée d’une vitre laissant voir le mouvement du balancier, présente un décor figurant une guirlande tombante de feuilles et graines de laurier ; enfin, le cul-de-lampe, rythmé de grecques et de rosaces, est formé d’une graine émergeant d’un bouquet de feuillages.

    Le dessin original de ce spectaculaire cartel est reproduit dans un Livre de desseins qui appartient aux collections de l’Institut d’Histoire de l’Art à Paris (illustré dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Band I, Munich, 1986, p.184, fig.3.8.8). Le modèle, d’une composition élégante et parfaitement équilibrée, fut créé par le bronzier Robert Osmond vers 1770 et connut un immense succès auprès des amateurs parisiens dans la seconde moitié du XVIIIe siècle ; il fut surtout particulièrement apprécié par les membres de la famille royale. En effet, un premier exemplaire fut livré par l’horloger Lépine en 1767 pour la chambre de Madame Victoire de France au Château de Versailles, tandis qu’un second fut commandé quelques années plus tard pour les appartements du Dauphin, futur Louis XVI, au Château de Versailles ; certainement l’exemplaire qui appartient aux collections du Mobilier national à Paris (voir le catalogue de l’exposition Le château de Versailles raconte le Mobilier national, quatre siècles de création, Paris, 2010-2011, p.106-107).

    Enfin, citons quelques rares autres modèles identiques répertoriés : notamment un premier qui est exposé au Musée Nissim de Camondo à Paris (paru dans « L’ANCAHA au Musée Nissim de Camondo », in ANCAHA, hiver 1999, n°86, p.38) et un second qui appartient aux collections du Musée national de Stockholm (illustré dans Tardy, La pendule française, 2ème partie : Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1975, p.309).

    Robert Osmond (1711 - 1789)

    Le bronzier Robert Osmond nait à Canisy, près de Saint-Lô ; il fait son apprentissage dans l’atelier de Louis Regnard, maître fondeur en terre et en sable, devenant maître bronzier à Paris en 1746. On le trouve d’abord rue des Canettes, paroisse St Sulpice, et dès 1761, dans la rue de Mâcon. Robert Osmond devient juré de sa corporation, s’assurant ainsi une certaine protection de ses droits de créateur. En 1753 son neveu quitte la Normandie pour le rejoindre, et en 1761, l’atelier déménage dans la rue de Macon. Le neveu, Jean-Baptiste Osmond (1742-après 1790) est reçu maître en 1764 ; après cette date, il travaille avec son oncle ; leur collaboration fut si étroite qu’il est difficile de distinguer entre les contributions de l’un et de l’autre. Robert Osmond prend sa retraite vers 1775. Jean-Baptiste, qui continue de diriger l’atelier après le départ de son oncle, connaît bientôt des difficultés ; il fait faillite en 1784. Son oncle Robert meurt en 1789.

    Bronziers et ciseleurs prolifiques, les Osmond pratiquaient les styles Louis XV et néoclassiques avec un égal bonheur. Leurs œuvres, appréciées à leur juste valeur par les connaisseurs de l’époque, furent commercialisées par des horlogers et des marchands-merciers. Bien qu’ils aient produit toutes sortes de bronzes d’ameublement, y compris des chenets, des appliques et des encriers, aujourd’hui ils sont surtout connus pour leurs caisses de pendules, comme par exemple celle qui représente le Rapt d’Europe (Musée Getty, Malibu, CA,) dans le style Louis XV, et deux importantes pendules néoclassiques, dont il existe plusieurs modèles, ainsi qu’un vase à tête de lion (Musée Condé de Chantilly et le Cleveland Museum of Art) et un cartel avec rubans ciselés (exemples dans le Stockholm Nationalmuseum et le Musée Nissim de Camondo de Paris). Une pendule remarquable, ornée d’un globe, des amours, et d’une plaque en porcelaine de Sèvres (Louvre, Paris) compte également parmi leurs œuvres importantes.

    D’abord voués au style rocaille, au début des années 1760 ils ont adopté le nouveau style néoclassique, dont ils devinrent bientôt les maîtres. Ils fournirent des boîtes aux meilleurs horlogers de l’époque, y compris Montjoye, pour lequel ils créèrent des boîtes de pendules de cartonnier et de pendules colonne ; la colonne étant l’un des motifs de prédilection de l’atelier Osmond.



    Ageron
    François Ageron (?-après 1783)

    Important cartel d’applique à tirage « au masque solaire » en bronze finement ciselé et doré à l’or mat et à l’or bruni

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    Paris, époque Transition Louis XV-Louis XVI, vers 1760-1765

    Hauteur88 Largeur40

    Provenance :

    Vente à Paris, Mes Ader-Picard-Tajan, Palais d’Orsay, le 6 décembre 1977, lot 63.

     

    Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Ageron à Paris », indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes par deux aiguilles en bronze repercé et doré ; le mouvement, à sonnerie à tirage des heures demies et quarts, est renfermé dans une superbe caisse entièrement réalisée en bronze très finement ciselé et doré. L’amortissement est orné d’une urne couverte rythmée d’un bandeau de cannelures, sommée d’une graine et agrémentée d’une guirlande fleurie et feuillagée retenue par des pastilles ; la partie haute, en entablement architecturé, est à décor d’un masque au centre d’un faisceau de rayons et est soulignée de guirlandes de feuilles de laurier ; les montants curvilignes, animés d’enroulements, sont soulignés de rinceaux de feuilles d’acanthe ; sous le cadran, se détache un second masque dont les cheveux traités en nattes sont noués autour de deux branches de chêne rehaussées de glands ; enfin, le culot se termine en bouquet feuillagé à graines.

    Cet important cartel d’applique se distingue par sa composition particulièrement originale ; en effet, il présente certaines réminiscences des modèles rocailles du règne de Louis XV, tout en proposant certains motifs antiquisants qui annoncent le Néoclassicisme parisien du milieu des années 1760. Son dessin élaboré semble s’inspirer plus ou directement de certains projets d’ornemanistes parisiens, particulièrement de ceux de Jean-François Forty (voir Tardy, La pendule française, 2ème Partie : Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1975, p.306) ; enfin, relevons, qu’à notre connaissance, seul un autre cartel de modèle identique est répertorié ; il semble avoir subi de fortes modifications dans sa composition et dans son mécanisme ; il fut proposé aux enchères lors des dispersions des célèbres collections de Georges Bensimon (vente à Paris, Hôtel Drouot, Mes Couturier-Nicolay, les 18-19 novembre 1981).

    François Ageron (? - après 1783)

    François Ageron figure parmi les plus importants horlogers parisiens du XVIIIe siècle. Après son accession à la maîtrise le 17 juillet 1741, il installe son atelier successivement Place du Pont Saint-Michel, quai des Augustins, rue Saint-Louis au Palais et place Dauphine. Il acquiert rapidement une grande notoriété auprès des grands collectionneurs parisiens d’horlogerie et se distingue par ses mouvements, souvent à complication. A l’instar des plus talentueux horlogers de son temps, il collabore pour la création des caisses de ses pendules avec les meilleurs artisans, notamment l’ébéniste Balthazar Lieutaud et les fondeurs Saint-Germain, Caffieri et Osmond. Il cesse son activité au début des années 1780 et son fonds de commerce est vendu le 31 mai 1784. Au XVIIIe siècle, certaines de ses pendules étaient mentionnées dans de grandes collections privées, notamment dans celles de François-Ferdinand comte de Lannoy, René-François-André comte de la Tour du Pin vicomte de La Charce et Son Altesse Sérénissime Christian IV Prince palatin des Deux-Ponts ; enfin, relevons particulièrement qu’une horloge d’Ageron était décrite en 1787 dans la chambre à coucher des petits appartements de la reine Marie-Antoinette au Château de Versailles.



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    Osmond
    Robert Osmond (1711-1789)

    Important cartel d’applique en bronze ciselé et doré dit « cartel à ruban du grand modèle »

    « Modèle royal »

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    La caisse signée sur le côté : OSMOND

    Paris, époque Transition Louis XV-Louis XVI, vers 1770

    Hauteur86 Largeur46 Profondeur14.5

    Le cadran circulaire émaillé, signé « Martin à Paris », indique les heures en chiffres romains et les minutes en chiffres arabes par tranches de cinq par deux aiguilles repercées en cuivre doré ; il est inscrit dans une caisse néoclassique entièrement réalisée en bronze très finement ciselé et doré. La lunette est soulignée de réserves guillochées et de larges feuilles ou palmes ; l’amortissement est formé d’une urne « à l’antique », décorée de canaux et de rosaces et terminée par une flamme, dans les anses de laquelle passe un long ruban qui retombe sur les côtés et qui surmonte un masque féminin. La partie inférieure présente un décor figurant une guirlande tombante de feuilles et graines de laurier et le cul-de-lampe est formé d’une graine émergeant d’un bouquet de feuillages.

    Le dessin original de ce cartel est reproduit dans un Livre de desseins qui appartient aux collections de l’Institut d’Histoire de l’Art à Paris (illustré dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Band I, Munich, 1986, p.184, fig.3.8.8). Le modèle, d’une composition élégante et parfaitement équilibrée, connut un immense succès auprès des amateurs parisiens dans la seconde moitié du XVIIIe siècle et surtout il fut particulièrement apprécié par les membres de la famille royale. Ainsi, un premier exemplaire fut livré par l’horloger Lépine en 1767 pour la chambre de Mme Victoire de France au château de Versailles et un deuxième fut commandé quelques années plus tard pour les appartements du Dauphin, futur Louis XVI, au château de Versailles ; certainement l’exemplaire qui appartient aux collections du Mobilier national (voir le catalogue de l’exposition Le château de Versailles raconte le Mobilier national, quatre siècles de création, 2010-2011, p.106-107).

    Enfin, citons quelques rares autres modèles identiques répertoriés : notamment un premier qui est exposé au musée Nissim de Camondo à Paris (paru dans « L’ANCAHA au musée Nissim de Camondo », in ANCAHA, hiver 1999, n°86, p.38) et un second qui appartient aux collections du musée national de Stockholm (illustré dans Tardy, La pendule française, 2ème partie : Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1975, p.309).

    Robert Osmond (1711 - 1789)

    Le bronzier Robert Osmond nait à Canisy, près de Saint-Lô ; il fait son apprentissage dans l’atelier de Louis Regnard, maître fondeur en terre et en sable, devenant maître bronzier à Paris en 1746. On le trouve d’abord rue des Canettes, paroisse St Sulpice, et dès 1761, dans la rue de Mâcon. Robert Osmond devient juré de sa corporation, s’assurant ainsi une certaine protection de ses droits de créateur. En 1753 son neveu quitte la Normandie pour le rejoindre, et en 1761, l’atelier déménage dans la rue de Macon. Le neveu, Jean-Baptiste Osmond (1742-après 1790) est reçu maître en 1764 ; après cette date, il travaille avec son oncle ; leur collaboration fut si étroite qu’il est difficile de distinguer entre les contributions de l’un et de l’autre. Robert Osmond prend sa retraite vers 1775. Jean-Baptiste, qui continue de diriger l’atelier après le départ de son oncle, connaît bientôt des difficultés ; il fait faillite en 1784. Son oncle Robert meurt en 1789.

    Bronziers et ciseleurs prolifiques, les Osmond pratiquaient les styles Louis XV et néoclassiques avec un égal bonheur. Leurs œuvres, appréciées à leur juste valeur par les connaisseurs de l’époque, furent commercialisées par des horlogers et des marchands-merciers. Bien qu’ils aient produit toutes sortes de bronzes d’ameublement, y compris des chenets, des appliques et des encriers, aujourd’hui ils sont surtout connus pour leurs caisses de pendules, comme par exemple celle qui représente le Rapt d’Europe (Musée Getty, Malibu, CA,) dans le style Louis XV, et deux importantes pendules néoclassiques, dont il existe plusieurs modèles, ainsi qu’un vase à tête de lion (Musée Condé de Chantilly et le Cleveland Museum of Art) et un cartel avec rubans ciselés (exemples dans le Stockholm Nationalmuseum et le Musée Nissim de Camondo de Paris). Une pendule remarquable, ornée d’un globe, des amours, et d’une plaque en porcelaine de Sèvres (Louvre, Paris) compte également parmi leurs œuvres importantes.

    D’abord voués au style rocaille, au début des années 1760 ils ont adopté le nouveau style néoclassique, dont ils devinrent bientôt les maîtres. Ils fournirent des boîtes aux meilleurs horlogers de l’époque, y compris Montjoye, pour lequel ils créèrent des boîtes de pendules de cartonnier et de pendules colonne ; la colonne étant l’un des motifs de prédilection de l’atelier Osmond.



    Viger
    François Viger (vers 1708-1784)

    Rare pendulette de voyage à réveil et sonnerie « à répétition » en bronze finement ciselé, gravé et doré à l’or mat ou à l’or bruni

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    Paris, époque Transition Louis XV-Louis XVI, vers 1765-1770

    Pendulette :
    Hauteur21.3 Largeur11.3 Profondeur8.5
    Coffret :
    Hauteur23.5 Largeur13.5 Profondeur11.5

    Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Viger à Paris », indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes par deux aiguilles en cuivre ciselé et doré ; un disque annulaire au centre permet le réglage du réveil. Le mouvement, la platine également signée « Viger à paris », sonne les heures et demi-heures et est à sonnerie « à répétition » aux quarts ; il s’inscrit dans une caisse vitrée sur trois faces traitée en borne « à l’antique » et entièrement réalisée en bronze finement ciselé, gravé et doré à l’or mat ou à l’or bruni. Sous le cadran, une vue vitrée permet de voir le mouvement du balancier ; la plaque de façade, surmonté d’un fronton arrondi à motif rayonnant et d’une balustrade, et celle du dessus, centrée d’un timbre en étain, agrémentée de quatre tournures aux angles et possédant une poignée mobile en bélière curviligne, sont à décor de croisillons centrés de quartefeuilles. L’ensemble repose sur quatre pieds moulurés et est renfermé dans son coffret d’origine en cuir ouvrant à charnières et possédant une poignée mobile sommitale en laiton pour en faciliter le transport.

    Ce type de petites horloges de voyage, parfois également appelées « pendules d’officier », rencontra un immense succès auprès des amateurs d’horlogerie de précision à partir du milieu du XVIIIe siècle. Rivales des montres de poche, elles permettaient à leurs propriétaires d’obtenir l’heure en tous lieux et en toutes circonstances. Parmi les modèles réalisés dans le même esprit, citons notamment : un premier exemplaire, le cadran signé « Robin », qui est illustré dans Tardy, La pendule française dans le monde, Paris, 1994 ; p.120 ; ainsi qu’un second de Lepaute qui est exposé dans le Salon Murat du Palais de l’Elysée, actuelle résidence du Président de la République (voir M. Gay, « Du Pont d’Iéna à l’Elysée », dans Bulletin ANCAHA, été 1993, n°67, p.13 ; fig.11). Enfin, relevons particulièrement que deux autres pendulettes de modèle identique à celle que nous proposons sont connues : la première, le cadran signé Jean-Baptiste Dutertre et la partie haute ceinturée d’une balustrade simulée, est passée en vente à Paris en 1980 (voir Jean G. Laviolette, « L’horlogerie de Paris », dans Bulletin ANCAHA, printemps 1981, n°30, p.58, fig.8) ; la seconde, également signée « Jean-Baptiste Dutertre », se trouvait anciennement dans la collection d’horlogerie de Perez de Olaguer-Feliu à Barcelone (illustrée dans Luis Monreal y Tejada, Relojes antiguos (1500-1850), Coleccion F. Perez de Olaguer-Feliu, Barcelone, 1955, planche LXII, catalogue n°91).

    François Viger (vers 1708 - 1784)

    Horloger parisien du XVIIIe siècle. Tout d’abord ouvrier libre, il accède à la maîtrise en août 1744 et installe son atelier rue Saint-Denis. Comme le souligne à juste titre Jean-Dominique Augarde : « les pièces sorties de son atelier sont d’une qualité parfaite » (Les ouvriers du Temps, Genève, 1996, p. 405). Viger s’entoure des meilleurs bronziers et ébénistes pour la réalisation des caisses de ses pendules en collaborant notamment avec Jean-Joseph de Saint-Germain, Antoine Foullet et Jean-Baptiste Osmond. De nos jours quelques-unes de ses pendules figurent dans les plus importantes collections publiques et privées internationales, notamment à l’Historisches Museum de Bâle, à la Wallace Collection à Londres, au musée du Louvre à Paris, au musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg et au Palais Liazenski à Varsovie.



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