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Époques : Empire

  • Rare pendule dite « au bon sauvage » en bronze finement ciselé, patiné et doré

    « La nourrice africaine »

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    La caisse attribuée au bronzier parisien Croutelle aîné

    Hauteur38.5 cm Largeur23 cm Profondeur11 cm

    Le cadran circulaire émaillé indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles de type Bréguet en acier bleui ; il est renfermé dans une caisse entièrement réalisée en bronze très finement ciselé et doré. Le mouvement s’inscrit dans un fagot de cannes à sucre noué par un cordage et supporté par une superbe figure féminine aux yeux émaillés, vêtue d’un pagne et coiffée d’un panache de plumes, qui porte, suspendue à son cou, une écorce dans laquelle sommeille un bébé nouveau-né. L’ensemble repose sur une terrasse ovalisée supportée par une base à degrés agrémentée d’un motif en applique représentant des roseaux centrés d’une coquille ; enfin, quatre pieds toupies terminent la composition.

    Avant la fin du XVIIIe siècle, le noir dit « le bon sauvage » constitue rarement un thème décoratif pour les créations horlogères françaises et plus largement européennes. C’est véritablement à la fin de l’Ancien Régime, plus précisément dans la dernière décennie du XVIIIe siècle et dans les premières années du siècle suivant, qu’apparaissent les premiers modèles de pendules dites « au nègre » ou « au sauvage ». Elles font écho à un courant philosophique développé dans quelques grands ouvrages littéraires et historiques, notamment Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre publié en 1787 qui dépeint l’innocence de l’Homme, Atala de Chateaubriand qui restaure l’idéal chrétien et surtout le chef-d’œuvre de Daniel Defoe publié en 1719 : Robinson Crusoé. L’exemplaire que nous proposons, représentant une jeune nourrice africaine qui porte un nouveau-né, figure parmi les modèles les plus appréciés des amateurs d’horlogerie ancienne. La composition s’inspire directement d’un dessin déposé en 1807 par le bronzier Croutelle aîné qui est conservé à la Bibliothèque Nationale à Paris, Cabinet des Estampes (voir D. et C. Fléchon, « La pendule au nègre », in Bulletin de l’Association nationale des Collectionneurs et Amateurs d’Horlogerie ancienne, printemps 1992, n°63, p.32, fig.4).

    De nos jours, parmi les rares exemplaires identiques répertoriés, citons notamment : une première pendule, le cadran signé « Herbin à Paris », qui est illustrée dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.381, fig.5.15.27 (voir également Giacomo et Aurélie Wannenes, Les plus belles pendules françaises, de Louis XIV à l’Empire, Editions Polistampa, Florence, 2013, p.314) ; une deuxième est reproduite dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age au XXe siècle, Paris, 1997, p.345, fig. F ; une troisième, le cadran signé « Cary à Lyon », fait partie des collections royales espagnoles (parue dans J. Ramon Colon de Carvajal, Catalogo de Relojes del Patrimonio nacional, Madrid, 1987, p.119, catalogue n°99) ; enfin, mentionnons particulièrement une dernière horloge de ce type qui est conservée au Musée François Duesberg à Mons (voir Musée François Duesberg, Arts décoratifs 1775-1825, Bruxelles, 2004, p.59).

    Galle
    Claude Galle (1759-1815)

    Importante pendule de cheminée dite « vase aux femmes ailées » en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat et marbre vert de mer

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    Attribuée à Claude Galle

    Paris, époque Empire, vers 1805

    Hauteur60.5 cm Largeur34 cm

    Les cadrans tournants indiquent les heures en chiffres romains et les minutes en chiffres arabes ; il s’inscrit dans un vase entièrement réalisé en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat : l’amortissement est orné d’un groupe représentant un aigle aux ailes déployées attrapant un serpent dans ses serres ; les anses sont formées de superbes figures féminines ailées tenant des urnes enflammées soulignées de godrons et dont les corps se terminent en feuilles de refend ; l’ensemble du vase est richement décoré de feuilles de pampres, de cygnes affrontés s’abreuvant à une coupe, de médaillons centrés de groupes figurant des enfants musiciens, l’un d’eux tenant une partition, et surmontés d’un mufle de lion enserrant des serpents dans un environnement à décor de griffons contrariés, de palmettes, de putti dansant tenant un drapé terminé par une guirlande fleurie et feuillagée sur laquelle est perché un volatile. Le culot est orné d’un bouquet alterné de larges feuilles et palmettes stylisées. Le piédouche évasé est rythmé d’une bague godronnée et d’un tore de feuilles et graines de laurier. Le tout repose sur une base quadrangulaire à ressaut ceinturée d’un cavet en marbre vert de mer.

    Plus ou moins directement inspirée des modèles néoclassiques réalisés dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, la composition de cette pendule-vase figure parmi les créations horlogères parisiennes les plus élaborées de la période napoléonienne et fut notamment déclinée en vase ornemental à la même période ; voir une paire de vases de ce type qui est parue dans A. Kuchumov, Pavlovsk, Palace & Park, Leningrad, 1975, p.52-53.

    Parmi les rares exemplaires similaires répertoriés, citons notamment : une première horloge, le cadran signé « Thonissen à Paris », qui appartient aux collections du Württembergisches Landesmuseum à Stuttgart (illustrée dans R. Mühe et H. Vogel, Horloges anciennes, Fribourg, 1978, p.116, fig.154) ; ainsi qu’une deuxième, provenant de la collection de l’Impératrice Eugénie, qui se trouvait anciennement dans la collection Perez de Olaguer-Feliu à Barcelone (reproduite dans Luis Monreal y Tejada, Relojes antiguos (1500-1850), Coleccion F. Perez de Olaguer-Feliu, Barcelone, 1955, planche 71, catalogue n°90) ; une troisième fait partie des collections royales espagnoles (parue dans J. Ramon Colon de Carvajal, Catalogo de Relojes del Patrimonio nacional, Madrid, 1987, p.207, n°189) ; enfin, mentionnons deux pendules de ce type, l’une à cadran circulaire, l’autre à cadrans tournants, qui sont conservées au Musée François Duesberg à Mons (voir Musée François Duesberg, Arts décoratifs 1775-1825, Bruxelles, 2004, p.32-33).

    Claude Galle (1759 - 1815)

    L’un des plus éminents bronziers et fondeurs-ciseleurs de la fin de l’époque Louis XVI et l’Empire, Claude Galle est né à Villepreux près de Versailles. Il fait son apprentissage sous le fondeur Pierre Foy, épousant en 1784 la fille de Foy. En 1786 il devient maître fondeur. A la mort de son beau-père en 1788, Galle prend la direction de l’atelier, qui devient l’un des plus importants de Paris, employant, au plus haut de son activité, près de 400 artisans. Galle déplace l’atelier d’abord Quai de la Monnaie (plus tard Quai de l’Unité), puis, en 1805, 60 Rue Vivienne.

    Le garde-meuble de la couronne, sous la direction de sculpteur Jean Hauré de 1786-88, lui fait l’honneur de plusieurs commandes. Galle travailla avec beaucoup d’artisans remarquables, tels Pierre-Philippe Thomire ; il fournit la majorité des bronzes d’ameublement au Château de Fontainebleau pendant l’Empire. Il reçut de nombreuses commandes impériales, pour des lumières, boîtes de pendule, et vases pour les palais de Saint-Cloud, les Trianons, les Tuileries, Compiègne, et Rambouillet. Il fournit les palais italiens de Monte Cavallo à Rome et Stupinigi près de Turin.



    Denière
    Jean-François Denière (1774-1866)

    Rare cartel en tableau en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni et bois ou stuc mouluré, sculpté et doré sur panneau de marbre vert de mer

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    Cadran signé par le bronzier Denière

    Paris, époque Empire, vers 1810

    Hauteur43,2 cm Largeur55,3 cm Profondeur14 cm

    Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Denière Fabt de Bronzes à Paris », indique les heures en chiffres romains et les graduations des minutes sur sa bordure extérieure. Le mouvement, à sonnerie des heures et des demi-heures, est renfermé dans une caisse sous la forme d’un tableau entièrement réalisé en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni sur panneau de marbre vert de mer. Le cadran est ceinturé d’une frise de feuilles de lierre et flanqué de deux termes en gaine surmontés de bustes masculins inspirés des masques de théâtre antiques et dont les faces sont ornées de thyrses ponctués d’aigles aux ailes déployées et autour desquels s’enroulent des guirlandes feuillagées ; les deux termes sont reliés entre eux par une guirlande fleurie rythmée de bracelets à motifs de zigzags ; dans la partie-basse, ils reposent sur un entablement à décor de cinq étoiles en applique surmonté  d’une figure allégorique représentant l’Histoire ou la Renommée assise, vêtue « à l’antique » et écrivant sur une tablette avec un stylet. L’ensemble se détache sur un panneau rectangulaire en marbre vert de mer inscrit dans un encadrement quadrangulaire en bois ou stuc mouluré, sculpté et doré à frise alternée de palmettes et fleurons, moulure en cavet et vue soulignée d’une frise de feuilles d’eau.

    Particulièrement prisés tout au long du XVIIIe siècle, les cartels d’appliques deviennent relativement rares sous l’Empire au profit des pendules à sujet plus ou moins directement inspirées de la mythologie classique romaine en lien avec la politique impériale de Napoléon tendant à reconstituer les frontières de l’Empire romain. Ainsi, dans les deux premières décennies du XIXe siècle, sans affirmer que chaque cartel était réalisé sur commande, la plupart ne furent que peu répétés, voire étaient des modèles uniques tel certainement le rare cartel que nous proposons. De nos jours, parmi les modèles connus datant de la même période, citons notamment : un premier exemplaire entièrement en bronze doré présentant une composition en lyre surmontée d’un buste d’Apollon qui est illustré dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age au XXe siècle, Les éditions de l’Amateur, Paris, 1997, p.379 ; ainsi qu’un deuxième en forme de bouclier qui fut livré en 1810 par Lepaute pour le Cabinet topographique du Grand Trianon (voir D. Ledoux-Lebard, Le Grand Trianon, Meubles et objets d’art, Editions de Nobele, Paris, 1975, p.137) ; enfin, mentionnons un dernier cartel de forme ovalisée et proposant un riche décor de bronze se détachant sur un fond en acajou qui est reproduit dans G. et A. Wannenes, Les plus belles pendules françaises de Louis XIV à l’Empire, Editions Polistampa, Florence, 2013, p.370.

    Jean-François Denière (1774 - 1866)

    La signature « Denière » ou « Denière Fabt de Bronzes à Paris » correspond à Jean-François Denière (1774-1866), l’un des plus importants bronziers parisiens des dernières années du XVIIIe siècle et des premières décennies du siècle suivant. En l’espace de quelques années, il devient l’un des plus importants pourvoyeurs de bronzes d’ameublement en travaillant pour le Garde-Meuble impérial ; parallèlement, il se compose une riche clientèle privée et fonde, jusqu’en 1820, une association avec François-Thomas Matelin qui lui permet de participer à la décoration de la plupart des palais et châteaux impériaux en livrant des bronzes d’ameublement et des pendules par l’intermédiaire de certains de leurs confrères bronziers.



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    Galle
    Gérard-Jean Galle (1788-1846)

    Importante paire de candélabres à six lumières en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat ou à l’or bruni et marbre portor

    « Mars et Minerve » ou « Allégorie de la Guerre »

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    Attribuée à Gérard-Jean Galle

    Paris, époque Empire/Restauration, vers 1815

    Hauteur90 cm Largeur15 cm Profondeur15 cm

    Entièrement réalisé en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat ou à l’or bruni et marbre portor, chaque candélabre s’organise autour d’un fût sous la forme d’un faisceau de licteur flanqué de haches se terminant par un ruban noué retenant deux drapeaux croisés et par un élément conique formant bobèche ; deux couronnes, animées de fleurettes, retiennent les cinq bras de lumière en cors de chasse soulignés de feuilles de chêne et bagues terminés par des binets ceinturés de frises feuillagées supportant les bobèches. Les faisceaux reposent sur des terrasses quadrangulaires sur lesquelles sont figurées en regards deux personnages martiaux en pied, l’un représente Minerve casquée, tenant une lance et une branche de lauriers, l’autre Mars, dieu la Guerre, tenant son bouclier et son épée. Le tout repose sur des bases à motifs en applique en façade, de trophées d’armes à bouclier, épée, hache ou lances, sur les côtés, de couronnes de lauriers enrubannées centrées d’aigles impériaux aux ailes déployées reposant sur des foudres stylisées ; enfin, des contre-socles carrés, ceinturés de frises de larges raies de cœur, supportent l’ensemble.

    Rattachée à l’œuvre de Gérard-Jean Galle, cette importante paire de candélabres illustre parfaitement la volonté de Napoléon d’inscrire les arts décoratifs parisiens dans la continuité de l’Art romain antique et à sa thématique martiale. De nos jours, nous connaissons quelques rares modèles de candélabres ornés de figures guerrières et réalisés dans le même esprit,  mentionnons notamment : un premier qui est illustré dans G. et R. Wannenes, Les bronzes ornementaux et les objets montes de Louis XIV à Napoléon III, Edition Vausor, Milan, 2004, p.386 ; ainsi qu’un deuxième qui est  conservé au Musée des Arts décoratifs à Paris (reproduit dans L’aigle et le papillon, Symboles des pouvoirs sous Napoléon, sous la direction d’Odile Nouvel-Kammerer, Les Arts Décoratifs, American Federation of arts, Paris, 2007 p.177) ; et un troisième qui fait partie des collections du Palais de Pavlovsk (voir Palais de Pavlovsk, Catalogue complet des collections, Volume X, Métal Bronze, Édition 2, Candélabres, girandoles, miracles, chandeliers, seconde moitié du XVIIIe – fin du XIXe siècle, Saint-Pétersbourg, GMZ « Pavlovsk », 2016, p.121-122).

    Enfin, relevons particulièrement qu’une paire de candélabres identiques attribuée à Gérard-Jean Galle mais reposant sur des socles entièrement en bronze est exposée au Palais royal de Stockholm (reproduite dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.396, fig.5.18.8.)

    Gérard-Jean Galle (1788 - 1846)

    Gérard-Jean Galle est le fils de Claude Galle (1759-1815), l’un des plus importants bronziers parisiens de la fin du XVIIIe siècle et de l’époque Empire. Après avoir fait une brillante carrière militaire dans l’armée de Napoléon, Gérard-Jean reprend l’activité de l’atelier paternel en 1815. Il crée des œuvres exceptionnelles en bronze, s’appuyant souvent sur des originaux réalisés par son père. En 1819, lors de l’Exposition des produits de l’Industrie organisée au Musée du Louvre, il remporte brillamment une médaille d’argent pour ses horloges et luminaires en bronze. Il devient par la suite le fournisseur de la couronne et de la haute aristocratie, notamment le duc de Richelieu, le marquis de Martel et le vicomte de la Rochefoucauld. Toutefois, la Révolution de Juillet 1830 et l’avènement des Orléans au pouvoir dégradent ses affaires, l’artisan fait faillite et meurt en 1846. Dans nos jours, certaines réalisations du bronzier appartiennent à de grandes collections privées et publiques, citons particulièrement celles qui figurent au Château de la Malmaison, ancienne résidence de Joséphine de Beauharnais, et au Musée Marmottan à Paris.



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    Thomire
    Pierre-Philippe Thomire (1757-1843)

    Importante paire de candélabres à neuf lumières, dits « aux prêtresses égyptiennes », en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat et marbre noir Paragone

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    Attribuée à Pierre-Philippe Thomire

    Les figures d’après un dessin des architectes Charles Percier (1764-1838) et Pierre-François-Léonard Fontaine (1762-1853)

    Paris, époque Empire, vers 1805-1810

    Hauteur130 cm Largeur27 cm Profondeur21 cm

    Entièrement réalisé en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat, chaque candélabre présente une composition particulièrement élaborée organisée autour d’une superbe figure féminine hiératique représentant une prêtresse égyptienne debout vêtue d’un long pagne en bandeau tombant noué sous la poitrine et gravé de pseudo-hiéroglyphes ; elle porte un collier à perles, rosaces et crosses imbriquées ; elle est coiffée en nattes en étages retenues par une couronne « néret » formée d’un vautour à la tête dressée dont les deux ailes couvrent le sommet de la tête. Les prêtresses tiennent dans leurs mains des palmes ou branchages symboles d’éternité ou de renaissance et supportent sur leurs têtes les bouquets à neuf lumières émergeant de couronnes feuillagées à fleurettes formés de six bras sinueux reliés entre eux par de larges palmes et centrés d’un motif en tige de lotus stylisé terminé d’une pomme à spirales de laquelle s’échappent trois bras de lumières supplémentaires formés de joncs. Elles reposent chacune sur une base rectangulaire agrémentée de motifs en applique à vase canope à couvercle en buste égyptisant flanqué de corbeaux affrontés, elle-même supportée par un socle quadrangulaire mouluré.

    Pour contrecarrer les ambitions britanniques en Orient, la France mène, en 1798 et 1801, une expédition en Egypte afin de s’emparer du pays et de dominer politiquement et économiquement la région. Dirigée par le général Bonaparte, puis par ses successeurs, cette opération militaire, mieux connue sous le nom de « Campagne d’Egypte », se double d’une véritable mission de recherche composée d’éminents scientifiques, d’historiens et d’artistes de tout premier plan. De retour en France, les répercussions seront exceptionnelles, particulièrement dans le domaine des arts décoratifs. Dès 1802, le baron Vivant-Denon publie Voyage dans la Basse et la Haute Egypte, ouvrage qui rencontrera un immense succès. Puis ce sont les architectes, les peintres et les artisans qui se mettent à donner leur propre interprétation des modèles égyptiens qu’ils vont décliner et intégrer à leurs propres créations. Dans le domaine particulier du luminaire, de nombreux candélabres s’ornent de figures féminines hiératiques plus ou moins directement inspirées de la sculpture monumentale de l’Egypte des pharaons.

    Les candélabres que nous proposons furent réalisés dans ce contexte particulier. Les figures qui jouent le rôle de supports s’inspirent directement d’un dessin préparatoire réalisé vers 1800 par les célèbres architectes de l’Empereur Napoléon, Charles Percier et Pierre-François-Léonard Fontaine (illustré dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.336, fig.5.3.4). Cette aquarelle conservée au Musée du Louvre à Paris servira de modèle d’inspiration pour quelques rares créations parisiennes de la même époque intégrant ces mêmes figures égyptiennes, notamment une console, localisée en 1807 dans le Salon doré de l’hôtel parisien de l’architrésorier Lebrun, qui est conservée au Grand Trianon, dans les jardins du Château de Versailles (reproduite dans P. Arizzoli-Clémentel et J-P. Samoyault, Le mobilier de Versailles, Chefs-d’œuvre du XIXe siècle, Editions Faton, Dijon, 2009, p.95-97).

    Concernant plus précisément le modèle des candélabres que nous proposons, il peut être attribué en toute certitude à Pierre-Philippe Thomire qui le déclina dans les toutes premières années du XIXe siècle. En effet, de nos jours, parmi les rares modèles de candélabres similaires connus présentant ces mêmes figures féminines égyptiennes et tous rattachés à l’œuvre de ce bronzier, nous pouvons citer notamment : une paire qui appartient aux chefs-d’œuvre de la collection de Pavlovsk et se trouve dans le Nouveau cabinet de travail au rez-de-chaussée du palais. Ces candélabres ont probablement été fournis au tsar Paul Ier pour le château Saint-Michel de Saint-Pétersbourg par le marchand-mercier Jérome Culot, qui a commandé de nombreux bronzes à Pierre-Philippe Thomire (illustrés dans Le Palais de Pavlovsk, Catalogue complet des collections, Volume X, Métal-Bronze, Édition 2, Candélabres, girandoles, miracles, chandeliers, seconde moitié du XVIIIe – fin du XIXe siècle, Saint-Pétersbourg, GMZ «Pavlovsk», 2016, p.96-99, catalogue 82-83) ; ainsi qu’une deuxième paire livrée par Thomire au Mobilier Impérial, transférée plus tard au château de Saint-Cloud et qui est aujourd’hui dans la collection de la Grande Chancellerie de la Légion d’Honneur, Hôtel de Salm, Paris (J. M. Humbert, et al., Egyptomanie, 1994, p. 286, n° 167) ; enfin, une dernière faisait partie de la collection de Monsieur Hubert de Givenchy dispersée à Monaco en 1993.

    Pierre-Philippe Thomire (1757 - 1843)

    Pierre-Philippe Thomire est le plus important bronzier parisien du dernier quart du XVIIIe siècle et des premières décennies du siècle suivant. À ses débuts, il travaille pour Pierre Gouthière, ciseleur-fondeur du roi, puis collabore dès le milieu des années 1770 avec Louis Prieur. Il devient ensuite l’un des bronziers attitrés de la manufacture royale de Sèvres, travaillant au décor de bronze de la plupart des grandes créations du temps. Après la Révolution, il rachète le fonds de commerce de Martin-Eloi Lignereux et devient le plus grand pourvoyeur de bronzes d’ameublement pour les châteaux et palais impériaux. Parallèlement, il travaille pour une riche clientèle privée française et étrangère parmi laquelle figure notamment quelques maréchaux de Napoléon. Enfin, il se retire des affaires en 1823.



    Moinet  -  Thomire
    Louis Moinet ou Moynet (1768-1853)
    Pierre-Philippe Thomire (1757-1843)

    Exceptionnelle garniture de cheminée en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat ou à l’or bruni et marbre noir

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    Le mouvement signé « Moinet l’aîné »

    Les bronzes attribués à Pierre-Philippe Thomire

    Paris, époque Empire, vers 1810

    Pendule :
    Hauteur71 cm Largeur29 cm DiamètreBase 25,3 x 25,3 cm
    Vases :
    Hauteur54 cm Largeur23,5 cm DiamètreBase 18 x 18 cm

    Provenance :

    Vente à Paris, Palais Galliera, Maîtres Laurin-Guilloux-Buffetaud, le 21 juin 1974, lot 59.

     

    Entièrement réalisée en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat ou l’or bruni et marbre noir, cette garniture est composée d’un vase central formant pendule et de deux vases latéraux à panses ovoïdes. La pendule présente un guichet en médaillon dans une couronne fleurie indiquant sur deux cadrans tournants en métal argenté les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes ; le mouvement est signé « Moinet l’aîné ». La lèvre est ceinturée d’une frise de feuilles nervurées ; le col est à motifs en applique de fleurons et rinceaux encadrés d’oiseaux affrontés becquetant des graines ; la panse, à bagues unie ou en joncs, est agrémentée de médaillons à rosaces flanqués de fleurons et rinceaux et d’une superbe frise « à l’antique » représentant des bacchantes dansant ; le culot à larges feuilles alternées de tigettes à fleurettes ; le piédouche évasé à rang de feuilles d’eau stylisées. Les anses détachées, à réserves à guirlandes fleuries et feuillagées, sont rattachées à la panse par des têtes féminines émergeant de palmettes et au col par des médaillons centrés de profils néoclassiques. L’ensemble repose sur une base quadrangulaire à motifs de thyrses autour desquels s’enroulent des pampres de vigne et des serpents encadrant des corbeilles de vannerie chargées de fruits ; la partie basse en doucine est ornée de feuilles d’eau ; enfin, un contre-socle carré supporte l’horloge. Les deux vases latéraux au modèle de la pendule sont richement agrémentés de motifs en applique de palmettes, crosses, fleurons et torchères en arabesques flanquées de figures féminines agenouillées nouant des rubans ; les anses détachées légèrement sinueuses, soulignées de légers feuillages et à réserves à fond amati, se rattachent aux cols par des médaillons centrés de têtes féminines dans des couronnes. Les vases reposent sur des piédouches à larges feuilles d’eau nervurées, eux-mêmes supportés par des bases carrées en marbre noir posées sur des socles quadrangulaires ceinturés de doucines à frises de feuilles alternées de tigettes.

    Relativement proche de certaines réalisations du bronzier parisien Claude Galle, notamment d’un modèle de pendule-vase décliné par cet artisan vers 1810 et dont un exemplaire est conservé au Grand Trianon (voir H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Band I ; Munich, 1986, p.365, fig.5.12.12), tandis qu’un second est exposé au Musée de Capodimonte à Naples (illustré dans A. Gonzales-Palacios, Il Gusto dei Principi, Arte di corte del XVIIe e del XVIIIe secolo, Milan, 1993, p.74, fig.127), l’exceptionnelle garniture que nous proposons peut être rattachée sans équivoque à l’œuvre de Pierre-Philippe Thomire, le plus talentueux bronzier parisien des dernières années du XVIIIe siècle et des premières décennies du siècle suivant.

    En effet, la composition originale de la pendule se retrouve à l’identique, avec toutefois une variante dans le traitement des anses, sur un type de pendule-vase dit « aux commères » créé par Thomire vers 1805-1810 et dont quelques rares modèles sont connus, citons notamment un premier exemplaire entièrement en bronze doré qui fait partie des collections royales espagnoles (reproduit dans J. Ramon Colon de Carvajal, Catalogo de relojes del Patrimonio nacional, Madrid, 1987,  p.164, catalogue 142) ; ainsi qu’un second, associant bronze doré et patiné et signé « Louis Moinet », qui est exposé à la Fondation David Roche à Melbourne et fut commandé vers 1810 par Ernst-Auguste prince de Hanovre (paru dans J. Russel et R. Cohn, French Empire Mantel Clock, Editions Bookvika, 2012, p.8).

    Enfin, relevons qu’un modèle de vase identique à ceux qui encadrent la pendule proposée, avec toutefois également de légères variantes dans les bases, est illustré dans un catalogue entièrement dédié à l’œuvre de Pierre-Philippe Thomire conservée en Russie (voir A.N. Voronikhina, Dekorativnaia bronza Pera-Filippa Tomira (1751-1843), Leningrad, Musée de l’Hermitage, 1984).

    Louis Moinet ou Moynet (1768 - 1853)

    Est l’un des plus importants horlogers parisiens des premières décennies du XIXe siècle. Né à Bourges, Moinet se distingue très jeune par sa passion pour l’horlogerie et remporte de nombreux premiers prix lors de concours. Passionné également par la peinture et le dessin, il part en Italie pendant plusieurs années pour étudier l’Antiquité classique ; à son retour en France, il s’installe à Paris et est nommé professeur à l’Académie des Beaux-Arts au Louvre. Membre de plusieurs sociétés savantes et artistiques, il se lie d’amitié ou collabore avec quelques-uns des meilleurs artistes, artisans et scientifiques de l’époque. Sa passion pour l’horlogerie prend rapidement le dessus sur la peinture et Moinet se concentre exclusivement sur l’étude pratique et théorique de l’horlogerie, inventant notamment le premier chronographe en 1816, alors que dix ans plus tôt il concevait une horloge-automate pour l’Empereur sur laquelle Napoléon et Joséphine sont couronnés lorsque la boîte à musique est actionnée. Il réalise également des œuvres pour le Prince Murat et le Maréchal Ney, puis sa notoriété dépasse les frontières de la France et Moinet conçoit des pendules pour les présidents américains Thomas Jefferson et James Monroe, ainsi que pour le roi d’Angleterre George IV. A l’heure actuelle, les pendules sorties de son atelier sont toutes considérées comme réalisées en collaboration avec Pierre-Philippe Thomire avec lequel l’horloger dû avoir une relation commerciale et amicale privilégiée.



    Pierre-Philippe Thomire (1757 - 1843)

    Pierre-Philippe Thomire est le plus important bronzier parisien du dernier quart du XVIIIe siècle et des premières décennies du siècle suivant. À ses débuts, il travaille pour Pierre Gouthière, ciseleur-fondeur du roi, puis collabore dès le milieu des années 1770 avec Louis Prieur. Il devient ensuite l’un des bronziers attitrés de la manufacture royale de Sèvres, travaillant au décor de bronze de la plupart des grandes créations du temps. Après la Révolution, il rachète le fonds de commerce de Martin-Eloi Lignereux et devient le plus grand pourvoyeur de bronzes d’ameublement pour les châteaux et palais impériaux. Parallèlement, il travaille pour une riche clientèle privée française et étrangère parmi laquelle figure notamment quelques maréchaux de Napoléon. Enfin, il se retire des affaires en 1823.



    Chaumont
    Gilbert-Honoré Chaumont (1790-1868)

    Monumental lustre à trente-six lumières en bronze ciselé et doré et cristaux de Montcenis

    APF_Lustre001_01

    Attribué à Gilbert-Honoré Chaumont

    Paris, époque Empire, vers 1820

    Hauteur195 cm Diamètre120 cm

    De forme corbeille, le lustre présente trente-six lumières disposées sur deux étages, vingt-quatre en forme de corne d’abondance terminées en enroulements à rosettes sont rattachées directement sur la façade du cercle inférieur en bronze finement ciselé et doré, les douze autres lumières sont posées sur la terrasse du cercle et alternent avec des motifs de palmettes et feuillages stylisés qui rythment la composition. Un deuxième cercle intermédiaire est décoré de frises et motifs stylisés ; tandis que le troisième cercle, sommital, est surmonté de palmettes stylisées. Le tout est organisé autour d’un fût central balustre en bronze doré finement ouvragé terminé par une pomme de pin et est très richement rehaussé de guirlandes d’éléments taillés à facettes en cristal de Montcenis.

    Un ensemble de douze lustres à seize lumières réalisé dans le même esprit a été livré au milieu des années 1830 par Gilbert-Honoré Chaumont au Garde-Meuble de la Couronne et appartient aux collections du Mobilier national à Paris (voir M-F. Dupuy-Baylet, L’Heure, Le Feu, La Lumière, Les bronzes du Mobilier national 1800-1870, Dijon, 2010, p. 277, catalogue n° 151).

    Gilbert-Honoré Chaumont (1790 - 1868)

    Fils du lustrier Jean-François Chaumont, lui-même fils d’un fondeur parisien, Gilbert-Honoré Chaumont prend probablement la direction de l’atelier familial vers 1820 et conserve de solides liens commerciaux avec le Garde-Meuble royal lui permettant d’obtenir quelques importantes commandes pour les châteaux et palais royaux. En 1838, il s’associe avec Louis-Auguste Marquis pour continuer à livrer des bronzes d’ameublement, essentiellement des luminaires d’apparat, sous la Monarchie de Juillet (voir M-F. Dupuy-Baylet, L’Heure, Le Feu, La Lumière, Les bronzes du Mobilier national, Editions Faton, Dijon, 2010, p.254 et 277). Chaumont est notamment l’auteur d’un modèle de chenets, figurant des putti ailés chevauchant des dauphins, dont une paire est exposée dans la Galerie Henri II au Château de Fontainebleau, ainsi que d’une seconde paire de chenets, représentant des enfants luttant avec des chimères, dont un modèle figure au Grand Trianon dans les jardins du château de Versailles, enfin, associé à Louis-Auguste Marquis, il livre au Garde-Meuble un lustre spectaculaire en bronze doré et émail qui est conservé de nos jours dans le Salon de réception du Musée national du château de Pau.



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    Galle  -  Thomas
    Claude Galle (1759-1815)
    Thomas

    Rare pendule de cheminée dites « aux amours ailés » en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni

    Pendule428-04_HD_WEB

    Paris, début de l’époque Empire, vers 1805

    Hauteur58 cm Largeur39.2 cm Profondeur15.5 cm

    Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Galle Rue Vivienne à Paris » et « Thomas Hr », indique les heures en chiffres romains et les graduations des minutes sur sa bordure extérieure par deux aiguilles œil-de-perdrix en acier poli-bleui dites « Breguet ». Le mouvement, à sonnerie des heures et des demi-heures, s’inscrit dans une caisse entièrement réalisée en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni. La lunette est agrémentée de frises moletées de courses de pampres, épis de blé et enfilage de perles ; la boîte circulaire, surmontée d’une urne chargée de fruits et de fleurs d’où s’échappent des guirlandes de pampres, est supportée par deux amours ailés vêtu d’un pagne noué autour de leur taille ; l’ensemble repose sur une base quadrangulaire à retrait central en façade agrémentée de motifs en applique de carquois et torches entrecroisés et d’un bas-relief représentant Vénus et Adonis allongés sur un parterre « au naturel » ; quatre cygnes au cols recourbés servent de piétement ; enfin, un contre-socle rectangulaire, posé sur quatre pieds en boules aplaties à frises de cordelettes, supporte l’ensemble de l’horloge.

    La composition particulièrement élégante de cette rare pendule de cheminée, ainsi que la qualité exceptionnelle de sa ciselure et de sa dorure, témoignent du talent du bronzier qui exécuta la caisse dans les toutes premières années du XIXe siècle : Claude Galle, l’un des meilleurs artisans parisiens de son temps, confrère et concurrent de Pierre-Philippe Thomire.

    Le dessin s’inspire plus ou moins directement d’un modèle, légèrement plus ancien puisque portant les indications du calendrier révolutionnaire, qui fut légué à la fin de l’année 1969 par Henri Baboin-Jaubert-Ecully au Musée des Arts décoratifs de la ville de Lyon ; présentant un cadran de « Manière », il figure deux putti en bronze patiné supportant le boîtier du mouvement, ce dernier surmonté d’un amour chevauchant un lion (illustré dans le catalogue de l’exposition Ô Temps ! Suspends ton vol, Catalogue des pendules et horloges du Musée des Arts décoratifs de Lyon, Lyon, 2008, p.85, catalogue n°36).

    Claude Galle (1759 - 1815)

    L’un des plus éminents bronziers et fondeurs-ciseleurs de la fin de l’époque Louis XVI et l’Empire, Claude Galle est né à Villepreux près de Versailles. Il fait son apprentissage sous le fondeur Pierre Foy, épousant en 1784 la fille de Foy. En 1786 il devient maître fondeur. A la mort de son beau-père en 1788, Galle prend la direction de l’atelier, qui devient l’un des plus importants de Paris, employant, au plus haut de son activité, près de 400 artisans. Galle déplace l’atelier d’abord Quai de la Monnaie (plus tard Quai de l’Unité), puis, en 1805, 60 Rue Vivienne.

    Le garde-meuble de la couronne, sous la direction de sculpteur Jean Hauré de 1786-88, lui fait l’honneur de plusieurs commandes. Galle travailla avec beaucoup d’artisans remarquables, tels Pierre-Philippe Thomire ; il fournit la majorité des bronzes d’ameublement au Château de Fontainebleau pendant l’Empire. Il reçut de nombreuses commandes impériales, pour des lumières, boîtes de pendule, et vases pour les palais de Saint-Cloud, les Trianons, les Tuileries, Compiègne, et Rambouillet. Il fournit les palais italiens de Monte Cavallo à Rome et Stupinigi près de Turin.



    Thomas

    La signature « Thomas à Paris » est souvent associée à celle du bronzier Claude Galle. Cet horloger parisien était actif dans les dernières années du XVIIIe siècle et les premières années du siècle suivant. Par l’intermédiaire de Galle, Thomas connut une certaine notoriété auprès des amateurs parisiens d’horlogerie de luxe et certaines de ses réalisations sont mentionnées dans les premières décennies du XIXe siècle chez de grands collectionneurs, notamment chez deux maréchaux de Napoléon, Son Excellence Michel Ney prince de la Moskowa duc d’Elchingen et Louis-Alexandre Berthier prince de Wagram, ainsi que dans l’inventaire après décès de la femme de Louis-Amable-Auguste-Ursule-Achille de Sparre.



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