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Époques : Empire

  • Galle
    Claude Galle (1759-1815)

    Rare paire de vases fuseaux dits « aux naïades » en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat et marbre vert de mer

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    Attribuée à Claude Galle (1759-1815)

    Paris, époque Empire, vers 1810

    Hauteur50.5 Largeur13.5

    Entièrement réalisé en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat, chaque vase présente une panse soulignée de motifs en applique figurant des figures féminines drapées « à l’antique » tenant des couronnes dans leur mains et se détachant dans des cadres octogonaux biseautés. Les anses sont formées de figures de naïades ailées soufflant dans des trompettes et dont les queues s’entrelacent en s’épanouissant sur les panses ; les hauts cols en cornet se terminent en évasement et sont décorés de frises moletées. Le culot est souligné d’un bouquet à palmettes et fleurons stylisés alternés ; le piédouche évasé est rythmé d’une bague godronnée et d’un tore simulant des écailles de serpent. Enfin, l’ensemble repose sur des bases quadrangulaires en marbre vert de mer ceinturées d’une doucine moulurée.

    La composition originale de cette rare paire de vases fuseaux, particulièrement le traitement des anses sous la forme de sirènes musiciennes, peut être rattachée à l’œuvre de Claude Galle, l’un des plus importants bronziers parisiens de l’époque Empire. En effet, de nos jours, quelques exemplaires identiques sont connus, avec parfois certaines variantes notamment dans le traitement des bases et des motifs en applique sur les panses, la plupart est attribué à l’œuvre de ce bronzier parisien ; citons notamment une première paire, attribuée à Claude Galle, qui est illustrée dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.365, fig.5.12.8 ; ainsi qu’une seconde, proposant des bouquets de trois lumières, faisant partie de l’ameublement réuni pour le Premier Consul au palais de Saint-Cloud en 1802-1803 et qui appartient aujourd’hui aux collections du Grand Trianon, dans les jardins du Château de Versailles (reproduite dans D. Ledoux-Lebard, Inventaire général du Musée national de Versailles et des Trianons, Tome 1, Le Grand Trianon, Meubles et objets d’art, Paris, 1975, p.62). Enfin, mentionnons également une dernière paire de vases de ce modèle, également montés en candélabres, qui est exposée à la Villa Masséna à Nice (L. Mézin, La Villa Masséna du Premier Empire à la Belle Epoque, Editions d’art Somogy, 2010, p. 54-55, catalogue n°10).

    Claude Galle (1759 - 1815)

    L’un des plus éminents bronziers et fondeurs-ciseleurs de la fin de l’époque Louis XVI et l’Empire, Claude Galle est né à Villepreux près de Versailles. Il fait son apprentissage sous le fondeur Pierre Foy, épousant en 1784 la fille de Foy. En 1786 il devient maître fondeur. A la mort de son beau-père en 1788, Galle prend la direction de l’atelier, qui devient l’un des plus importants de Paris, employant, au plus haut de son activité, près de 400 artisans. Galle déplace l’atelier d’abord Quai de la Monnaie (plus tard Quai de l’Unité), puis, en 1805, 60 Rue Vivienne.

    Le garde-meuble de la couronne, sous la direction de sculpteur Jean Hauré de 1786-88, lui fait l’honneur de plusieurs commandes. Galle travailla avec beaucoup d’artisans remarquables, tels Pierre-Philippe Thomire ; il fournit la majorité des bronzes d’ameublement au Château de Fontainebleau pendant l’Empire. Il reçut de nombreuses commandes impériales, pour des lumières, boîtes de pendule, et vases pour les palais de Saint-Cloud, les Trianons, les Tuileries, Compiègne, et Rambouillet. Il fournit les palais italiens de Monte Cavallo à Rome et Stupinigi près de Turin.



    Galle
    Claude Galle (1759-1815)

    Importante pendule de cheminée dite « vase aux femmes ailées » en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat

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    Attribuée à Claude Galle

    Paris, époque Empire, vers 1805

    Hauteur60.5 Largeur34

    Les cadrans tournants indiquent les heures en chiffres romains et les minutes en chiffres arabes ; il s’inscrit dans un vase entièrement réalisé en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat : l’amortissement est orné d’un groupe représentant un aigle aux ailes déployées attrapant un serpent dans ses serres ; les anses sont formées de superbes figures féminines ailées tenant des urnes enflammées soulignées de godrons et dont les corps se terminent en feuilles de refend ; l’ensemble du vase est richement décoré de feuilles de pampres, de cygnes affrontés s’abreuvant à une coupe, de médaillons centrés de groupes figurant des enfants musiciens, l’un d’eux tenant une partition, et surmontés d’un mufle de lion enserrant des serpents dans un environnement à décor de griffons contrariés, de palmettes, de putti dansant tenant un drapé terminé par une guirlande fleurie et feuillagée sur laquelle est perché un volatile. Le culot est orné d’un bouquet alterné de larges feuilles et palmettes stylisées. Le piédouche évasé est rythmé d’une bague godronnée et d’un tore de feuilles et graines de laurier. Le tout repose sur une base quadrangulaire à coté arrondie à ressaut ceinturée d’un cavet à motifs en applique de griffons, de rinceaux et de figures féminines aillées. Enfin, l’ensemble repose sur six petits pieds en boules aplaties.

    Plus ou moins directement inspirée des modèles néoclassiques réalisés dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, la composition de cette pendule-vase figure parmi les créations horlogères parisiennes les plus élaborées de la période napoléonienne et fut notamment déclinée en vase ornemental à la même période ; voir une paire de vases de ce type qui est parue dans A. Kuchumov, Pavlovsk, Palace & Park, Leningrad, 1975, p.52-53. Parmi les rares exemplaires similaires répertoriés, citons notamment : une première horloge, le cadran signé « Thonissen à Paris », qui appartient aux collections du Württembergisches Landesmuseum à Stuttgart (illustrée dans R. Mühe et H. Vogel, Horloges anciennes, Fribourg, 1978, p.116, fig.154) ; ainsi qu’une deuxième, provenant de la collection de l’Impératrice Eugénie, qui se trouvait anciennement dans la collection Perez de Olaguer-Feliu à Barcelone (reproduite dans Luis Monreal y Tejada, Relojes antiguos (1500-1850), Coleccion F. Perez de Olaguer-Feliu, Barcelone, 1955, planche 71, catalogue n°90) ; une troisième fait partie des collections royales espagnoles (parue dans J. Ramon Colon de Carvajal, Catalogo de Relojes del Patrimonio nacional, Madrid, 1987, p.207, n°189) ; enfin, mentionnons deux pendules de ce type, l’une à cadran circulaire, l’autre à cadrans tournants, qui sont conservées au Musée François Duesberg à Mons (voir Musée François Duesberg, Arts décoratifs 1775-1825, Bruxelles, 2004, p.32-33).

    Claude Galle (1759 - 1815)

    L’un des plus éminents bronziers et fondeurs-ciseleurs de la fin de l’époque Louis XVI et l’Empire, Claude Galle est né à Villepreux près de Versailles. Il fait son apprentissage sous le fondeur Pierre Foy, épousant en 1784 la fille de Foy. En 1786 il devient maître fondeur. A la mort de son beau-père en 1788, Galle prend la direction de l’atelier, qui devient l’un des plus importants de Paris, employant, au plus haut de son activité, près de 400 artisans. Galle déplace l’atelier d’abord Quai de la Monnaie (plus tard Quai de l’Unité), puis, en 1805, 60 Rue Vivienne.

    Le garde-meuble de la couronne, sous la direction de sculpteur Jean Hauré de 1786-88, lui fait l’honneur de plusieurs commandes. Galle travailla avec beaucoup d’artisans remarquables, tels Pierre-Philippe Thomire ; il fournit la majorité des bronzes d’ameublement au Château de Fontainebleau pendant l’Empire. Il reçut de nombreuses commandes impériales, pour des lumières, boîtes de pendule, et vases pour les palais de Saint-Cloud, les Trianons, les Tuileries, Compiègne, et Rambouillet. Il fournit les palais italiens de Monte Cavallo à Rome et Stupinigi près de Turin.



    Rare pendule squelette en bronze très finement ciselé ou moleté, doré au mat et marbre incarnat turquin

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    France, fin de l’époque Empire, vers 1810-1815

    Hauteur39.5

    Le cadran annulaire émaillé blanc indique les heures et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles en acier poli-bleui œil-de-perdrix dites « Breguet ». Le mouvement, à sonnerie des heures et des demi-heures, s’inscrit dans une caisse violonée entièrement réalisée en bronze très finement ciselé ou moleté et doré au mat. Le cadran est ceinturé d’un bandeau extérieur à frise de palmettes stylisées ; le mouvement, à roues latérales supportant les deux poids-moteur et le balancier terminé par sa lentille, est supporté par deux montants en joncs se terminant en pattes de lion émergeant de larges feuilles de refend réunis par un motif ajouré à acanthes, crosses, fleurettes et fleurons. L’ensemble repose sur une base quadrangulaire à côtés arrondis en marbre incarnat turquin, elle-même supportée par quatre pieds moulurés soulignés de frises perlées.

    C’est véritablement dans la dernière décennie du XVIIIe siècle qu’apparaissent les premiers modèles de pendules dites « squelettes », dont la particularité est de présenter une composition épurée avec un cadran principal annulaire laissant entrevoir aussi bien la beauté des mouvements et des rouages, que la complexité des mécanismes élaborés par les meilleurs horlogers européens, principalement parisiens. Cette nouvelle esthétique découlait d’une part, de l’admiration des amateurs d’horlogerie pour les exceptionnels progrès techniques effectués depuis le milieu du XVIIIe siècle, d’autre part, d’une certaine désaffection des collectionneurs pour les pendules à sujets représentant toute sorte de personnages allégoriques ou inspirés de la mythologie classique grecque et romaine. La pendule que nous proposons fut réalisée dans ce contexte particulier ; sa composition particulièrement aboutie est caractéristique des meilleures réalisations françaises des premières années du XIXe siècle.

    Parmi les rares horloges connues réalisées dans le même esprit, citons notamment : une première réalisée vers 1800, le cadran signé « Lépine Horloger du Roy Place des Victoires », qui présente un cadran circulaire émaillé et qui repose sur une base en marbre blanc (illustrée dans P. Heuer et K. Maurice, European Pendulum Clocks, Decorative Instruments of Measuring Time, Edition Schiffer Publishing Ltd., Munich, 1988, p.63, fig.103) ; ainsi qu’une seconde, d’époque Directoire et de type squelette, qui est conservée à l’Ecole d’Horlogerie de Dreux (reproduite dans Tardy, La pendule française dans le Monde, Paris, 1994, p.239). Enfin, mentionnons particulièrement qu’une pendule de modèle similaire à celle que nous proposons, réalisée en 1817 et offerte en 1885 par J. Andeoud au Conservatoire national des Arts et Métiers de Paris, est parue dans F.B. Royer-Collard, Skeleton Clocks, Edition N.A.G. Press Ltd, London, 1977, p. 80-81, fig. 5-17 (voir également Le XIXe siècle français, Collection Connaissance des Arts, Hachette, 1957, p.139).

    Jolly  -  Galle
    François-Pierre Jolly (?-après 1820)
    Claude Galle (1759-1815)

    Importante pendule de cheminée dite « le repos de Diane chasseresse » en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat ou à l’or bruni

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    Gaston Jolly

    Dans une caisse attribuée à Claude Galle

    Paris, époque Empire, vers 1805-1810

    Hauteur63 Largeur55 Profondeur15

    Le cadran annulaire émaillé blanc, signé « Gaston Jolly à Paris », indique les heures en chiffres romains, les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes, ainsi que les quantièmes du mois par trois aiguilles, dont deux en cuivre repercé et doré ; il renferme en son centre un médaillon peint marquant les phases de la lune, ainsi que son âge indiqué sur la bordure supérieure, l’ensemble se détachant au-dessus d’un paysage provençal en perspective centré d’une promeneuse sur un chemin, à l’arrière-plan une mer animée de voiliers. Le mouvement, à sonnerie des heures et des demi-heures, est renfermé dans une superbe caisse entièrement réalisée en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat ou à l’or bruni à figure mythologique représentant le repos de Diane chasseresse après la chasse. La lunette est soulignée de frises moletées à perles, entrelacs, canaux et voûtes simulées ; l’amortissement est formé d’une superbe figure sculpturale se présentant sous la forme de Diane, coiffée d’un diadème, vêtue « à l’antique », portant son carquois en bandoulière, tenant son arc dans sa main gauche et retenant le trophée de sa chasse sous la forme d’un cygne reniflé par un chien dressé sur ses pattes arrières ; la déesse est assise sur un enrochement traité « au naturel » présentant en son centre, sous le cadran, un groupe représentant un cerf couché et son faon. L’ensemble repose sur une base quadrangulaire à angles arrondis en décrochement richement agrémentée de motifs en applique ou réserve à décor, sur les côtés, de meutes de chiens chassant ou faisant curée et d’un panneau à sujet mythologique encadré de deux nymphes chevauchant des animaux marins, dont un hippocampe. Enfin, l’horloge est supportée par six pieds à bandeau moleté de croisillons centrés de perles.

    La qualité exceptionnelle de la dorure et de la ciselure de cette importante pendule de cheminée, ainsi que sa composition particulièrement élaborée, nous permettent de la situer parmi les modèles les plus aboutis des premières années du XIXe siècle et de rattacher la création du modèle à l’un des meilleurs bronziers parisiens du temps : Claude Galle. En effet, une pendule de dessin proche, reprenant une composition pyramidale et figurant Omphale au repos retenant la massue d’Hercule, porte la signature de ce bronzier alors installé rue Vivienne à Paris (illustrée dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.371, fig.5.13.19) ; L’horloge est également reproduite dans E. Niehüser, Die Französische Bronzeuhr, Eine Typologie der figürlichen Darstellungen, Munich, 1997, p.65, fig.92.

    François-Pierre Jolly (? - après 1820)

    François-Pierre Jolly, dit Gaston-Jolly, figure parmi les plus importants horlogers parisiens de la fin du XVIIIe siècle et des deux premières décennies du siècle suivant. Après son accession à la maîtrise, le 6 mai 1784, il ouvre son propre atelier rue de Arcis et rencontre immédiatement une grande notoriété auprès des amateurs parisiens d’horlogerie. Sous le Directoire et l’Empire, il créé de nombreux modèles de pendules recherchés aussi bien pour la qualité des mouvements, que pour l’originalité des compositions, et était mentionné, successivement rue Pavée Saint-Sauveur de 1810 à 1820, puis boulevard Poissonnière en 1820. Certaines de ses réalisations étaient décrites sous l’Empire chez certains grands collectionneurs du temps, notamment chez l’épouse de Charles-Philibert-Marie-Gaston de Lévis comte de Mirepoix et dans les collections de Bernard-Charles-Louis-Victor marquis de Lostanges, Chambellan de Napoléon.



    Claude Galle (1759 - 1815)

    L’un des plus éminents bronziers et fondeurs-ciseleurs de la fin de l’époque Louis XVI et l’Empire, Claude Galle est né à Villepreux près de Versailles. Il fait son apprentissage sous le fondeur Pierre Foy, épousant en 1784 la fille de Foy. En 1786 il devient maître fondeur. A la mort de son beau-père en 1788, Galle prend la direction de l’atelier, qui devient l’un des plus importants de Paris, employant, au plus haut de son activité, près de 400 artisans. Galle déplace l’atelier d’abord Quai de la Monnaie (plus tard Quai de l’Unité), puis, en 1805, 60 Rue Vivienne.

    Le garde-meuble de la couronne, sous la direction de sculpteur Jean Hauré de 1786-88, lui fait l’honneur de plusieurs commandes. Galle travailla avec beaucoup d’artisans remarquables, tels Pierre-Philippe Thomire ; il fournit la majorité des bronzes d’ameublement au Château de Fontainebleau pendant l’Empire. Il reçut de nombreuses commandes impériales, pour des lumières, boîtes de pendule, et vases pour les palais de Saint-Cloud, les Trianons, les Tuileries, Compiègne, et Rambouillet. Il fournit les palais italiens de Monte Cavallo à Rome et Stupinigi près de Turin.



    Manière
    Charles-Guillaume Hautemanière (?-1834)

    Rare régulateur de bureau à calendrier perpétuel en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat

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    Charles-Guillaume Hautemanière, dit Manière

    Paris, époque Empire, vers 1805-1810

    Hauteur43.5 Largeur24.5 Profondeur15.5

    Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Manière à Paris », indique les heures en chiffres romains, les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes, ainsi que les quantièmes, les jours de la semaine associés à leurs signes astrologiques respectifs et les mois de l’année par cinq aiguilles, dont deux en cuivre repercé et doré et trois aiguilles en acier poli-bleui. Le mouvement, à sonnerie des heures et des demi-heures, supporte son balancier compensé bimétallique terminé par une lourde lentille circulaire destinée à obtenir une grande précision dans le fonctionnement du mécanisme ; il s’inscrit dans une caisse néoclassique en forme d’architecture en borne à côtés ajourés. La corniche à léger décrochement est ceinturée d’une frise de feuilles d’eau stylisées et supporte un entablement à cavet ; elle repose sur quatre montants en pilastres cannelés, à chapiteaux et bases moulurés, supportant des panneaux découpés à motifs, en façade, de deux chevaux ailés contrariés dont les queues à écailles s’enroulent autour de branchages rejoignant un motif central à fleuron flanqué de volutes et, sur les côtés, d’arcatures encadrés de putti musiciens. Le cadran surmonte un léger drapé d’où s’échappe un motif en arabesque à jeux de palmettes et enroulements encadré de renommées trompetant ; la terrasse rectangulaire est centrée d’un motif ovalisé à décor rayonnant. Enfin, l’ensemble repose sur une base quadrangulaire à angles à décrochements à décor en applique de losanges, griffons affrontés à queues s’épanouissant en acanthes et mascarons circulaires à bordures en pétales et contre-socle à cavet.

    La composition originale de ce rare régulateur de bureau s’inspire plus ou moins directement de certaines pendules réalisées à Paris dans les deux dernières décennies du XVIIIe siècle. Toutefois, son dessin, déclinant un modèle d’architecture en arc de triomphe, s’inscrit parfaitement dans la volonté impériale appliquée aux arts décoratifs de l’époque d’honorer les victoires de la Grande Armée. De nos jours, parmi les modèles connus réalisés dans le même esprit, citons notamment : un premier exemplaire, par « Lepaute à Paris 1807 », qui appartient aux collections du Mobilier national à Paris (parue dans M-F. Dupuy-Baylet, Pendule du Mobilier national 1800-1870, Editions Faton, Dijon, 2006, p.91, catalogue n°35) ; ainsi qu’une seconde qui est exposée au Château de Fontainebleau (voir J-P. Samoyault, Musée national du Château de Fontainebleau, Catalogue des collections de mobilier, 1. Pendules et bronzes d’ameublement entrés sous le Premier Empire, RMN, Paris, 1989, p.69, catalogue n°32). Enfin, mentionnons particulièrement deux pendules identiques à celle que nous proposons : la première, le cadran de « Thiéry à Paris », est illustrée dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age au XXe siècle, Paris, 1997, p.373 ; la seconde, le cadran de « Laguesse à Paris » et surmontée d’une figure allégorique, se trouvait anciennement dans la collection « Au Balancier de Cristal » (reproduite dans Tardy, La pendule française, 2ème Partie : Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1974, p.397).

    Charles-Guillaume Hautemanière (? - 1834)

    Charles-Guillaume Hautemanière, dit Manière (mort à Paris en 1834) est l’un des plus importants horlogers parisiens de la fin du XVIIIe siècle et des premières décennies du siècle suivant. Après son accession à la maîtrise, le 1er mai 1778, il installe son atelier rue du Four-Saint-Honoré et rencontre immédiatement un immense succès auprès des amateurs de belle horlogerie. Tout au long de sa carrière, Manière collabore avec les meilleurs bronziers et ciseleurs-doreurs parisiens pour la réalisation des caisses de ses pendules, particulièrement avec Pierre-Philippe Thomire, François Rémond, Edmé Roy et Claude Galle. Par l’intermédiaire, des marchands-merciers Dominique Daguerre et Martin-Eloi Lignereux, il réalise des pendules destinées aux plus grands collectionneurs de l’époque, notamment au prince de Salm, au banquier Perregaux et au financier Micault de Courbeton, tous trois grands amateurs de pièces d’horlogerie rares. De nos jours, certaines de ses pendules appartiennent aux plus importantes collections privées et publiques internationales, citons notamment celles qui sont exposées au Musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg, au Musée national du château de Fontainebleau, au Palais du Quirinale à Rome, au Musée Nissim de Camondo à Paris et au Musée national du château de Versailles et des Trianons.



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    Hervieu
    Louis-Auguste Hervieu (1765-1811)

    Rare paire de candélabres égyptisants à quatre lumières, dits « aux chimères », en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat ou à l’or bruni

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    Attribuée à Louis-Auguste Hervie

    Paris, époque Empire, vers 1805-1810

    Hauteur62.5 Largeur29.5

    Entièrement réalisé en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat ou à l’or bruni, chaque candélabre s’organise autour d’un fût balustre, gravé d’hiéroglyphes et supporté par trois chimères, se terminant en chapiteau à bagues moulurées encadrant un bandeau de cannelures torses sur lequel repose trois chouettes aux ailes déployées. Le bouquet de lumières en entablement, souligné de frises de godrons et de consoles à enroulements, présente trois promontoires sur lesquels viennent se rattacher trois bras de lumières sinueux, rythmés de rosaces et soulignés de feuilles de refend, se terminant en têtes de dragons sommés de binets enflammés ; ces trois bras encadrent une quatrième lumière sous la forme d’un balustre, agrémenté de motifs en applique de figures féminines tenant des couronnes, se terminant en larges nuées de fumée. L’ensemble repose sur des plinthes triangulaires, à côtés légèrement évidés et angles abattus, soulignées d’un cavet, ceinturées de frises alternées de fleurons et motifs lancéolés à palmettes et supportées par des bases gravées d’hiéroglyphes.

    La composition particulièrement originale de cette rare paire de candélabres est marquée par deux principales inspirations stylistiques. Tout d’abord, l’influence égyptienne qui fait suite à la Campagne d’Egypte menée en 1798 et 1801 par le général Bonaparte, futur Napoléon, et doublée d’une véritable mission de recherche composée de scientifiques, d’historiens et d’artistes ; de retour en France, les répercussions furent exceptionnelles, particulièrement dans le domaine des arts décoratifs qui déclinèrent les modèles et motifs de l’Egypte ancienne. Dans le domaine particulier du luminaire, de nombreux candélabres s’ornent alors de figures féminines hiératiques ou de hiéroglyphes plus ou moins directement inspirés de la sculpture monumentale de l’Egypte des pharaons. Enfin, l’influence plus ou moins directe d’un modèle de flambeaux, créé par le collectionneur et décorateur anglais Thomas Hope (1769-1831), dont une paire est reproduite dans Thomas Hope : Regency Designer, Londres, 2008, fig.73.

    Réalisés en faisant une synthèse parfaite de ces deux influences, les candélabres que nous proposons peuvent être rattachés à l’œuvre de l’un des plus importants bronziers de la période Empire : Louis-Auguste Hervieu (1765-1811). Ce dernier connut une grande notoriété et collabora notamment avec les horlogers Lepaute, les bronziers Galle et Blerzy, et le peintre Sauvage. Il se distingua notamment par sa capacité à décliner différents types de luminaires en partant de quelques modèles de base auxquels il empruntait certains motifs les uns aux autres ; plusieurs modèles de candélabres de ce bronzier sont étudiés par Jean-Dominique Augarde, dans « Une nouvelle vision du bronze et des bronziers sous le Directoire et l’Empire », in L’Estampille/L’Objet d’art, n°398, janvier 2005, p.80-84. L’article d’Augarde révèle particulièrement qu’Hervieu agrémentait régulièrement ses créations de motifs de chouettes telles celles qui apparaissent sur les exemplaires proposés. Enfin, relevons que parmi les rares candélabres identiques connus, nous pouvons citer une première paire qui a été proposée aux enchères à Paris, Mes Couturier-Nicolay, le 14 décembre 1990, lot 35 ; ainsi qu’une seconde qui fut vendue à Paris, Palais Galliera, Me Ader, le 16 mars 1967, lot 65.

    Louis-Auguste Hervieu (1765 - 1811)

    Cet artisan connut une certaine notoriété en son temps et collaborait notamment avec les horlogers Lepaute, les bronziers Galle et Blerzy, et le peintre Sauvage. Il se distingua notamment de ses confrères de l’époque par sa capacité à décliner différents types de luminaires en partant de quelques modèles de base auxquels il empruntait certains motifs les uns aux autres. Plusieurs modèles de candélabres de ce bronzier ont été étudiés par Jean-Dominique Augarde, dans « Une nouvelle vision du bronze et des bronziers sous le Directoire et l’Empire », in L’Estampille/L’Objet d’art, n°398, janvier 2005, p.80-84.



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    Jacob-Desmalter
    Jacob-Desmalter (1770-1841)

    Important guéridon néoclassique en acajou massif mouluré, sculpté ou tourné et placage d’acajou

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    Paris, époque Empire, vers 1805

    Hauteur74 Diamètre110

    Le plateau circulaire en marbre vert de mer mouluré repose sur un entablement à ceinture encadrée de filets. L’ensemble est supporté par un superbe piétement « à l’antique » formé de trois montants moulurés terminés en enroulements centrés de rosaces ou pattes léonines et agrémentés de larges feuilles nervurées, doubles volutes et demies-palmettes ; au centre de l’entrejambe est un fût tourné en spirales posé sur un petit plateau en cavet et tores unis. Les montants et le fût sont réunis par une entretoise triangulaire à côtés évidés dont les recouvrements sont soulignés de larges feuilles de refend à feuilles d’eau stylisées et dont les terminaisons arrondies reposent sur trois pieds aplatis moulurés à filets.

    La composition originale de cet important guéridon, particulièrement le traitement architecturé de son piétement, ainsi que l’absence volontaire d’un décor de bronze afin de mettre en valeur la ligne puissante du meuble et la qualité des feuilles d’acajou employées, nous permettent de le faire figurer parmi les créations les plus représentatives de l’esprit impérial désiré et encouragé par Napoléon et par les grands amateurs parisiens des premières années du XIXe siècle ; dessein artistique concrétisait en ébénisterie par un atelier d’exception, celui de Jacob Desmalter, qui réalisa le rare guéridon que nous proposons. Les lignes sinueuses de ses montants ne sont pas sans rappeler certains projets des architectes Percier et Fontaine, mais surtout l’atelier des Jacob déclinera ce type de guéridons sous la Restauration lors de commandes émanant du Garde-Meuble royal, citons particulièrement : un premier modèle livré en 1837 pour la chambre à coucher de la reine Marie-Amélie à Trianon (illustré dans P. Arizzoli-Clémentel et J-P. Samoyault, Le mobilier de Versailles, Chefs-d’œuvre du XIXe siècle, Editions Faton, Dijon, 2009, p.346) ; ainsi qu’un second, provenant du mobilier du roi Louis-Philippe au château de Neuilly, qui est paru dans D. Ledoux-Lebard, Le mobilier français du XIXe siècle, dictionnaire des ébénistes et ménuisiers, Les éditions de l’Amateur, Paris, 2000, p.361.

    Jacob-Desmalter (1770 - 1841)

    François-Honoré-Georges Jacob, dit Jacob-Desmalter peut être considéré comme le plus important artisan en sièges parisien du premier quart du XIXe siècle. Fils cadet du célèbre menuisier Georges Jacob (1739-1814), il se maria en 1798 avec Adélaïde-Anne Lignereux, la fille du célèbre marchand Martin-Eloi Lignereux. Dans un premier temps, il se distingua par ses qualités de dessinateur, puis en 1796, il s’associa avec son frère aîné Georges II Jacob (1768-1803) et tous deux reprirent l’atelier paternel de la rue Meslée sous la raison sociale Jacob Frères. Après le décès de son frère, Jacob Desmalter devint partenaire de son père, revenu aux affaires, et changea son estampille. Pendant près d’une décennie, ils vont être les fournisseurs privilégiés du Garde-Meuble impérial et des grands amateurs du temps. Toutefois, en 1813, les nombreux retards de paiements de l’administration impériale entraîneront la faillite de la maison Jacob. En 1825, après de multiples péripéties, il vendit son fonds de commerce à son fils contre une confortable rente viagère de 6000 francs par an. Libéré de la charge de l’entreprise, il entreprit quelques voyages, notamment en Angleterre où George IV lui demanda de participer au décor du château de Windsor. Il mourut à Paris, rue Cadet, le 15 août 1841.



    Thomire
    Pierre-Philippe Thomire (1757-1843)

    Rare paire de vases « fuseau » en bronze très finement ciselé, moleté et doré à l’or mat ou à l’or bruni

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    Attribuée à Pierre-Philippe Thomire

    Paris, fin de l’époque Empire, vers 1815

    Hauteur44 Largeur13

    Entièrement réalisé en bronze très finement ciselé, moleté et doré à l’or mat ou à l’or bruni, chaque vase présente une panse de forme allongée agrémentée de motifs en applique à figures féminines, dont les corps se terminent en rinceaux animés de fleurons ou fleurettes et qui se détachent sur des fonds dorés à l’or bruni ; la partie médiane de la panse est rythmée d’un bandeau à fines moulures unies encadrant des jeux de rosaces et de palmettes ; le culot est à motifs feuillagés alternés de larges feuilles d’eau. Les anses détachées en doubles joncs reposent sur des mascarons féminins latéraux ; le couvercle, à frise de godrons, se termine par une graine turbinée émergeant d’un bouquet feuillagé ; l’ensemble repose sur un piédouche mouluré supporté par une base circulaire en cavet, à frise de feuilles et tigettes, posée sur un contre-socle circulaire ceinturé d’une frise de feuilles d’acanthe courant dans des jeux d’arcatures en demi-cercles imbriqués.

    Cette rare paire de vases couverts simulés en bronze très finement ciselé, moleté et doré, est une parfaite illustration de l’esthétique artistique napoléonienne voulue par l’Empereur qui privilégiait la puissance des œuvres inspirées de l’Antiquité classique et les compositions épurées uniquement réalisées en bronze de qualité exceptionnelle. Cette volonté du pouvoir découlait du Néoclassicisme parisien du règne de Louis XV. En effet, à partir du milieu du XVIIIe siècle l’on assiste à une totale remise en question des schémas esthétiques qui prévalaient dans les arts décoratifs parisiens, et plus largement européens, du temps. Ce renouveau faisait suite aux fabuleuses découvertes archéologiques des anciennes cités romaines de Pompéi et d’Herculanum dans la région napolitaine et aura tout au long du siècle, puis dans les premières décennies du siècle suivant, de fortes répercussions sur les créations artistiques parisiennes de l’époque. C’est dans ce contexte que fut créée la rare paire de vases que nous proposons, dont la composition originale, ainsi que la qualité exceptionnelle de sa ciselure et de sa dorure, nous permettent de la rattacher à l’œuvre de Pierre-Philippe Thomire, le plus talentueux bronzier parisien des trois premières décennies du XIXe siècle.

    Pierre-Philippe Thomire (1757 - 1843)

    Pierre-Philippe Thomire est le plus important bronzier parisien du dernier quart du XVIIIe siècle et des premières décennies du siècle suivant. À ses débuts, il travaille pour Pierre Gouthière, ciseleur-fondeur du roi, puis collabore dès le milieu des années 1770 avec Louis Prieur. Il devient ensuite l’un des bronziers attitrés de la manufacture royale de Sèvres, travaillant au décor de bronze de la plupart des grandes créations du temps. Après la Révolution, il rachète le fonds de commerce de Martin-Eloi Lignereux et devient le plus grand pourvoyeur de bronzes d’ameublement pour les châteaux et palais impériaux. Parallèlement, il travaille pour une riche clientèle privée française et étrangère parmi laquelle figure notamment quelques maréchaux de Napoléon. Enfin, il se retire des affaires en 1823.