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Époques : Directoire

  • Rare pendule de cheminée en bronze très finement ciselé ou moleté, patiné « au naturel » et doré à l’or mat

    « Jeune homme noir poussant une brouette »

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    Paris, époque Directoire, vers 1800

    Hauteur34.5 Largeur41 Profondeur12

    Le cadran circulaire émaillé blanc indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles en cuivre repercé et doré ; il s’inscrit dans une caisse entièrement réalisée en bronze très finement ciselé ou moleté, patiné « au naturel » et doré à l’or mat. La lunette est décorée d’une frise moletée ; le mouvement, à sonnerie des heures et des demi-heures, est renfermé dans une balle de coton posée sur une brouette poussée par une superbe figure masculine représentant un jeune noir en bronze patiné « au naturel » et doré ; ses yeux sont émaillés, il est coiffé d’un chapeau agrémenté d’une plume, il est vêtu d’un pantalon et porte sur son dos un panier en vannerie contenant sa chemise ; à l’opposé, fièrement juché sur la ridelle, est un perroquet le plumage finement ciselé qui tourne la tête vers le spectateur. L’ensemble de la composition repose sur une base architecturée, de forme quadrangulaire à pans coupés, richement ornée de motifs en bas-reliefs en applique à décor d’ancres, de trident et de cordelettes, et d’un trophée central à feuilles d’olivier, palmes, caducée, palmette stylisée et cornes d’abondance, symbolisant le Commerce maritime. Enfin, la composition est supportée par six pieds évasés soulignés d’une frise finement ouvragée et d’un tore uni mouluré.

    A la fin du XVIIIe siècle, sous l’impulsion des écrits philosophiques de Jean-Jacques Rousseau qui exaltait les vertus morales du retour à la Nature à travers le mythe du « bon sauvage », l’engouement pour l’exotisme fut tout particulièrement mis à la mode par la littérature contemporaine. Ainsi, le prodigieux succès littéraire de « Paul et Virginie » de Bernardin de Saint-Pierre en 1788, héritier lointain du fameux « Robinson Crusoé » de Daniel Defoe, le roman « Les Incas » de Marmontel paru en pleine guerre de l’indépendance américaine, ainsi qu’« Atala » de Chateaubriand publiée en 1801, vont profondément bouleverser l’approche européenne des autres civilisations et même faire plonger la culture du vieux continent dans une forte nostalgie romantique liée à la quête d’un Eden païen régénéré par le christianisme. Comme souvent dans les arts décoratifs français, ce bouleversement aura sa manifestation dans certaines créations artistiques, essentiellement horlogères ou liées au luminaire. C’est dans ce contexte que fut créée la pendule que nous présentons dont le modèle dit « jeune homme noir poussant une brouette » connut un grand succès auprès des amateurs d’horlogerie des premières décennies du XIXe siècle. De nos jours parmi les rares autres modèles connus de ce type, citons notamment : un premier exemplaire qui est illustré dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen-Age à nos jours, Les éditions de l’Amateur, Paris, 1997, p.344 ; ainsi que deux modèles, l’un, le cadran signé « Gillet horloger », l’autre « Hunziker rue de Bussy n°22 », qui sont reproduits dans le catalogue de l’exposition « De Noir et d’Or, Pendules « au bon sauvage », Collection de M. et Mme François Duesberg », Musée Royaux d’Art et d’Histoire, Musée Bellevue, Bruxelles, 1993.

    Rémond
    François Rémond (vers 1747-1812)

    Rare paire d’aiguières « aux putti » en bronze très finement ciselé, moleté, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat ou à l’or bruni

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    Attribuée à François Rémond

    Paris, époque Directoire, vers 1795

    Hauteur41 Largeur17

    Entièrement réalisée en bronze très finement ciselé, moleté, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat ou à l’or bruni, chaque aiguière, en forme de buire néoclassique simulée, présente une panse en forme en œuf tronqué soulignée dans sa partie haute d’une frise de feuilles d’eau stylisées et surmontée d’un col largement évasé. La lèvre, à déversoir légèrement recourbé, tournesol et enroulements , est soulignée d’un large motif à feuilles d’acanthe et guirlandes de chêne enrubannées encadrant un mascaron masculin à thématique fluviale. L’anse est formée d’une superbe figure de putto debout légèrement drapé, dont les pieds sont posés sur un motif de double acanthe qui suit les courbes de la composition. Le culot, à bouquet de larges feuilles nervurées, repose sur une bague à fins godrons et sur un piédouche uni agrémenté d’un bandeau à croisillons centrés de cabochons et ceinturé d’un tore à motifs torsadés de fines cordelettes alternées de perles en enfilages. Enfin, l’ensemble est supporté par une base quadrangulaire à cavet foncé d’une frise de feuilles lancéolées et de tigettes à graines.

    La composition particulièrement originale de cette rare paire d’aiguières simulées, ainsi que la grande qualité de sa ciselure et de sa dorure, nous permettent de l’attribuer à l’œuvre de François Rémond, l’un des plus importants artisans parisiens des dernières décennies du XVIIIe siècle. Leur dessin, à anses formées de figures dénudées en pied, n’est pas sans rappeler un modèle d’aiguières en porcelaine de Sèvres et bronze finement ciselé et doré dont une paire est exposée à la Wallace Collection à Londres (voir H. Jacobsen, Gilded Interiors, Parisian Luxury & the Antique, publié à l’occasion de l’exposition « Gilded Interiors : French Masterpieces of Gild Bronze », The Wallace Collection, Londres, 2017, p.64-67) ; ainsi qu’une seconde paire à anses formées de satyre ou de sirène, portant la signature de Pierre Gouthière et la date 1767, qui appartient aux collections du Frick Art and Historical Center de Pittsburgh (reproduite dans C. Vignon et C. Baulez, Pierre Gouthière ciseleur-doreur du roi, The Frick Collection, New York, 2017, p.164-165, catalogue n°4). De nos jours, parmi les rares paires d’aiguières connues de modèle identique à celle proposée, citons particulièrement : une première paire qui a été proposée aux enchères à Paris au début des années 1970 (vente Palais Galliera, Maîtres Couturier-Nicolay, le 10 juin 1971, lot 145) ; ainsi qu’une seconde, acquise en mars 1934 et portant la marque d’inventaire « B 248 » au bonnet phrygien, qui appartient aux collections du Mobilier national à Paris (Inventaire GML-4510-001/002).

    François Rémond (vers 1747 - 1812)

    À l’instar de Pierre Gouthière, François Rémond est l’un des plus importants artisans ciseleurs-doreurs parisiens du dernier tiers du XVIIIe siècle. Il débute son apprentissage en 1763 et obtient ses lettres de maîtrise en 1774. Immédiatement son talent lui permet de se composer une riche clientèle parmi laquelle figuraient notamment certaines personnalités de la Cour. Mais surtout François Rémond, par l’intermédiaire du marchand-mercier Dominique Daguerre, participe à l’ameublement de la plupart des grands collectionneurs de la fin du XVIIIe siècle en fournissant des caisses de pendules, des chenets, des candélabres…toujours d’une très grande qualité d’exécution et aux compositions particulièrement raffinées et novatrices qui firent sa notoriété.



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    Important lustre à neuf lumières en bronze ciselé, doré et patiné et cristal ou verre taillé et facetté

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    Paris, époque Directoire, vers 1795-1800

    Hauteur114 Diamètre72

    La couronne supérieure est décorée d’éléments curvilignes terminés par des motifs étoilés ; le fût, souligné de motifs en arabesques terminés en enroulements, supporte un superbe vase « à l’antique » en bronze patiné et doré décoré d’un bandeau médian sur lequel viennent se fixer trois masques coiffés d’un panache stylisé desquels d’échappent, trois par trois, les neuf bras de lumière formés de tiges recourbées qui supportent les bassins. La partie inférieure du vase est ornée d’un motif godronné et le cul-de-lampe est formé d’une grappe stylisée émergeant d’un bouquet de feuillages. L’ensemble du lustre est richement agrémenté d’éléments en cristal ou verre taillé et facetté formés de guirlandes et de pendeloques.

    Le dessin particulièrement original du lustre proposé est révélateur de son époque de création : le Directoire ; période de quelques années au cours de laquelle les arts décoratifs parisiens étaient encore fortement marqués par l’esprit néoclassique du règne de Louis XVI, mais qui étaient déjà empreints par certains motifs décoratifs qui connaîtront un écho exceptionnel sous l’Empire. Sa composition le distingue de la plupart des autres modèles connus de la même époque. En effet, le traitement de son élément central doré et patiné, mais également son rare décor en cristal ou verre taillé, renouent avec les créations les plus luxueuses de la seconde moitié du XVIIIe siècle.

    De nos jours, parmi les rares autres exemplaires répertoriés réalisés dans le même esprit, citons notamment une paire de lustres livrée en 1804 pour le Salon de l’Impératrice au château de Fontainebleau (voir J-P. Samoyault, Musée national du château de Fontainebleau, Catalogue des collections de mobilier,1.Pendules et bronze d’ameublement entrés sous le Premier Empire, Paris, RMN, p.100, catalogue n°64) ; deux modèles de même inspiration, le premier se trouvait anciennement dans la collection Bickert (vente à Paris, Me Baudoin, les 3-4 décembre 1934, lot 134), le second est apparu sur le marché de l’art lors de la vente des collections de la comtesse de Castellane et à divers amateurs (vente Sotheby’s, Monaco, le 9 décembre 1995, lot 244) ; enfin, mentionnons un dernier lustre de ce type, de grandes proportions, qui figure dans la salle à manger du château de Maisons, ancienne propriété du comte d’Artois, frère de Louis XVI (illustré dans le catalogue de l’exposition La folie d’Artois à Bagatelle, 1988, p.83).

    Rare paire de bougeoirs en bronze ciselé et doré

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    Paris, époque Directoire, vers 1795

    Hauteur33 Largeur16

    Entièrement réalisée en bronze très finement ciselé et doré, cette paire de grands bougeoirs est un rare témoignage d’une période particulièrement brève dans les arts décoratifs français du XVIIIe siècle : le Directoire, époque qui esthétiquement fait la transition entre l’esprit néoclassique et raffiné de la fin du règne de Louis XVI et le goût puissant et masculin de l’époque impériale. Les fûts cannelés, fuselés et élancés semblent émerger d’une bague rehaussée de fleurettes stylisées ; ils se terminent par des chapiteaux, en forme de bagues octogonales, soulignés de rangs de perles et centrés de rosaces stylisées dans des dés qui supportent des binets cannelés finement ouvragés en forme de vases « à l’antique » ; ces derniers sont animés de frises de perles ou de feuilles stylisées et se terminent par des bobèches octogonales à frises de perles. L’ensemble repose sur des pieds largement évasés à fines cannelures supportés par des bases octogonales à doucine ceinturées de frises d’enfilages de perles ou de motifs tressés.

    La composition de cette rare paire de bougeoirs, si elle s’inspire librement de certains projets d’ornemanistes parisiens de la période Louis XVI, notamment de ceux de Jean-Charles Delafosse (voir G. Henriot, Le luminaire, de la Renaissance au XIXe siècle, 1933, planche 169), annonce déjà les modèles qui seront particulièrement appréciés sous Napoléon ; ainsi parmi des modèles Empire réalisés dans le même esprit, citons : une première paire livrée en 1809 par le bronzier Claude Galle pour le Grand Trianon (illustrée dans M-F. Dupuy-Baylet, L’Heure, Le Feu, La Lumière, Les bronzes du Mobilier national 1800-1870, Dijon, 2010, p. 65) ; ainsi qu’une seconde paire, à fûts, binets et bases octogonaux, inventoriée en 1807 dans la Salle du Conseil du palais de Fontainebleau (reproduite dans J-P. Samoyault, Musée national du château de Fontainebleau, Catalogue des collections du mobilier, 1-Pendules et bronze d’ameublement entrés sous le Premier Empire, RMN, Paris, p. 194, catalogue n° 181).

    Robin  -  Dubuisson  -  Schwerdfeger
    Robert Robin (1741-1799)
    Dubuisson (1731-1815)
    Ferdinand Schwerdfeger (1734-1818)

    Exceptionnelle pendule de cheminée ou de bureau dite « régulateur à remontoir d’égalité »

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    Dans une caisse attribuée à l’ébéniste Jean-Ferdinand-Joseph Schwerdfeger

    Paris, époque Directoire-Consulat, vers 1795

    Hauteur44 Largeur24.5 Profondeur19.5

    Provenance :

    – Probablement l’horloge prisée 500 francs en 1830 dans le cabinet du célèbre manufacturier de porcelaine Christophe Dihl (1752-1830) : « Un régulateur du nom de Robin à Paris à secondes et à quantièmes, balancier et compensateur et à thermomètre, dans sa gaine d’acajou en glaces ».

     

    Le cadran émaillé, signé « Robin », porte également la marque « dub » pour Etienne Gobin, dit Dubuisson (1731-1815), célèbre émailleur parisien, confrère et principal concurrent de Joseph Coteau. Il marque les heures en chiffres romains, les graduations des minutes, les secondes, le calendrier annuel avec indications des quantièmes et des mois de l’année, et l’équation du temps, marquant la différence entre le Temps vrai et le Temps moyen. Son mouvement à complications perfectionné, à échappement Graham et à remontoir d’égalité dit « à force constante », est actionné par un balancier à gril bimétallique oscillant muni d’un pyromètre portant les informations de la dilatation des métaux et par deux poids-moteurs. Il est inscrit dans une caisse architecturée en forme de borne « à l’antique » à corniche légèrement débordante réalisée en acajou ou en placage d’acajou et ornée de panneaux de glace sur ses faces et son recouvrement destinés à visualiser la complexité et le perfectionnement du mécanisme. L’ensemble est élégamment agrémenté d’un décor de bronze très finement ciselé et doré à l’or mat : l’entablement de la corniche est ceinturé d’une moulure ciselée de feuilles d’eau et ornée d’une frise alternée d’oves et de dards ; les panneaux de glace sont encadrés de baguettes torsadées et de frises de feuilles stylisées ; les équerres en écoinçons sont ornées de rinceaux de pampres de vigne ; enfin, une superbe draperie tombante à franges et guirlande feuillagée souligne l’arrondi du cadran. Le tout repose sur une base à ressaut à cavet foncé d’une frise de feuilles de persil supportée par quatre pieds quadrangulaires en bronze doré.

    Excepté son mouvement à complications d’une grande précision et d’une superbe facture, cette pendule présente la particularité d’être enchâssée dans une caisse d’architecture en acajou poli, dont la composition, volontairement dépouillée, est destinée à mettre en valeur l’ingéniosité et le perfectionnement du mécanisme et la beauté du cadran. Vers la fin du XVIIIe siècle, un ébéniste s’était spécialisé dans la création de ce type de caisses : Ferdinand Schwerdfeger (1734-1818), mentionné « Ferdinand » dans de nombreuses ventes aux enchères du début du XIXe siècle et dont l’atelier, au décès de sa femme en 1803, était décrit comme comprenant quasi-exclusivement des caisses de pendules en acajou. C’est notamment Schwerdfeger qui confectionna la caisse de la pendule géographique qu’Antide Janvier présenta en 1791 au roi Louis XVI et qui appartient de nos jours aux collections du musée national du château de Fontainebleau (illustrée dans M. Hayard, Antide Janvier 1751-1835, Horloger des étoiles, p.1995, p.79) et, c’est de toute évidence, ce même ébéniste, auteur de certains meubles luxueux pour Marie-Antoinette, qui fut chargé de la réalisation de la caisse de la pendule que nous proposons, qui est d’un modèle particulièrement abouti et peu commun. En effet, les exemplaires répertoriés réalisés dans le même esprit sont excessivement rares, citons particulièrement une première pendule, signée Lepaute et de composition moins élégante, qui fut livrée en 1804 pour la chambre à coucher de Napoléon au Palais de Fontainebleau (illustrée dans J-P. Samoyault, Pendules et bronzes d’ameublement entrés sous le Premier Empire, Paris, 1989, p.73) ; ainsi qu’une seconde, signée « Robin », qui est reproduite dans Tardy, La pendule française, 2ème partie : Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1975, p.325.

    Robert Robin (1741 - 1799)

    Robert Robin est l’un des plus importants horlogers parisiens du dernier tiers du XVIIIe siècle. Honoré des titres de Valet de Chambre-Horloger Ordinaire du Roi et de la Reine en 1783 et 1786, il eut une carrière hors du commun et se distingua par sa contribution exceptionnelle à l’amélioration des instruments de la mesure du temps.

    En 1778, l’Académie des Sciences approuva deux de ses inventions, dont l’une mena à la construction d’une pendule astronomique représentant une méridienne tracée sur une pyramide qui fut acquise par les Menus Plaisirs pour Louis XVI cette même année ; Robin publia une Description historique et mécanique très détaillée de cette pendule. Il créa également des régulateurs de cheminée à indications astronomiques et à balancier compensé, dont le marquis de Courtanvaux, homme de science et grand connaisseur d’horlogerie de précision, fut l’un des premiers acquéreurs. Au cours des troubles révolutionnaires, il réalisa des montres et des pendules à heure décimale. On le retrouve successivement Grande rue du faubourg Saint-Honoré (1772), rue des Fossés-Saint-Germain l’Auxerrois (1775), rue Saint-Honoré à l’Hôtel d’Aligre (1778) et aux Galeries du Louvre en 1786.

    Pour ses régulateurs de bureau, Robin fit le choix de boîtes architecturées d’une grande sobriété, qui nous paraissent aujourd’hui d’une remarquable modernité. Il collabora toujours avec les meilleurs artisans de son temps, parmi lesquels les bronziers ou ciseleurs Robert et Jean Baptiste Osmond, Pierre Philippe Thomire, François Rémond et Claude Galle, les ébénistes Jean-Henri Riesener, Ferdinand Schwerdfeger et Adam Weisweiler, les émailleurs Barbezat, Dubuisson, Merlet et Coteau pour les cadrans, et les Richard et Montginot pour les ressorts.

    Les deux fils de Robert Robin, Nicolas Robert (1775-1812) et Jean-Joseph (1781-1856), étaient également d’excellents horlogers et poursuivirent brillamment l’activité de l’atelier paternel.



    Dubuisson (1731 - 1815)

    Étienne Gobin, dit Dubuisson, est l’un des meilleurs émailleurs parisiens de la fin du XVIIIème siècle et le début du XIXème. Vers le milieu des années 1750 il travaille à la manufacture de Sèvres, établissant par la suite son propre atelier. Il est mentionné dans les années 1790 dans la rue de la Huchette et vers 1812, dans la rue de la Calandre. Spécialisé dans les boîtes de montres et cadrans émaillées, il est réputé pour son habileté exceptionnelle et la représentation de détails.



    Ferdinand Schwerdfeger (1734 - 1818)

    Ferdinand Schwerdfeger figure parmi les plus importants ébénistes parisiens de la fin du XVIIIe siècle. Après son accession à la maîtrise, en mai 1786, il installe son atelier dans la capitale et connaît immédiatement une grande notoriété. Cependant, son œuvre demeure relativement méconnue ; dû à sa date de maîtrise tardive et au fait que l’artisan estampilla peu. Parmi les quelques meubles qui peuvent lui être attribués avec certitude, mentionnons un ensemble livré pour Marie-Antoinette, ainsi que quelques caisses de régulateurs et de pendules dont les cadrans sont signés par les plus grands horlogers de l’époque, particulièrement Antide Janvier, Jean-Simon Bourdier et Robert Robin (voir M-A Paulin, Schwerdfeger, ébéniste de Marie-Antoinette, in L’Estampille/L’Objet d’art, octobre 2003).



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    Deverberie
    Jean-Simon Deverberie (1764-1824)

    Rare pendule de cheminée dite « à la chasseresse africaine » en bronze finement ciselé, patiné ou doré

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    Attribuée à Jean-Simon Deverberie

    Paris, époque Directoire-Consulat, vers 1800

    Hauteur45.5 Largeur35.5 Profondeur14

    Le cadran circulaire émaillé blanc indique les heures en chiffres arabes et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles en bronze gravé ou repercé ; il s’inscrit dans une caisse entièrement réalisée en bronze finement ciselé, doré ou patiné. La lunette est agrémentée de fines frises stylisées ou perlées ; l’amortissement est formé d’une superbe figure féminine représentant une jeune chasseresse noire assise vêtue d’un pagne de plumes, portant un carquois à empennages de flèches en bandoulière, les cheveux crêpelés ceints d’un bandeau argenté et les yeux en verre traités « au naturel » ; elle porte des bijoux tels que colliers, anneaux, pendentifs d’oreille ou bracelets de chevilles et tient une flèche dans sa main droite et un arc dans l’autre main ; elle pose son pied gauche sur une tortue à la carapace finement ouvragée, tandis que, du côté opposé, est une lionne assise sur son postérieur tournant la tête vers le personnage. L’ensemble repose sur une haute base architecturée à doucine soulignée de guirlandes fleuries et feuillagées retenues par des rubans, d’une frise d’enfilage de perles et d’une scène en applique représentant de jeunes enfants nus s’adonnant notamment à la chasse et à la pêche. Enfin, six pieds finement ouvragés de frises moletées supportent l’horloge.

    Avant la fin du XVIIIe siècle, le noir constitue rarement un thème décoratif pour les créations horlogères françaises et plus largement européennes. C’est véritablement à la fin de l’Ancien Régime, plus précisément dans la dernière décennie du XVIIIe siècle et dans les premières années du siècle suivant, qu’apparaissent les premiers modèles de pendules dites « au nègre » ou « au sauvage ». Elles font écho à un courant philosophique développé dans quelques grands ouvrages littéraires et historiques, notamment Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre publié en 1787 qui dépeint l’innocence de l’Homme, Atala de Chateaubriand qui restaure l’idéal chrétien et surtout le chef-d’œuvre de Daniel Defoe publié en 1719 : Robinson Crusoé. Le dessin original de la pendule proposée, titré « l’Afrique », fut déposé par le fondeur-ciseleur parisien Jean-Simon Deverberie en An VII (illustré dans Dominique et Pascal Flechon, « La pendule au nègre », dans Bulletin de l’association nationale des collectionneurs et amateurs d’horlogerie ancienne, printemps 1992, n°63, p.32, photo n°2).

    Parmi les exemplaires de pendules connues de composition identique, mentionnons notamment : un premier modèle,  le cadran signé « Gaulin à Paris », qui est reproduit dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.381, fig.5.15.25 ; ainsi qu’un deuxième modèle avec variante, puisque la figure repose sur une arche, qui est illustré dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age à nos jours, Paris, 1997, p.350 ; enfin, citons particulièrement un dernier exemplaire, le cadran signé « Ridel », qui appartient aux collections du Musée François Duesberg à Mons (reproduit dans le catalogue de l’exposition « De noir et d’or, Pendules « au bon sauvage », Musées Royaux d’Art et d’Histoire, Bruxelles, 1993).

    Jean-Simon Deverberie (1764 - 1824)

    Jean-Simon Deverberie figure parmi les plus importants bronziers parisiens de la fin du XVIIIe siècle et des deux premières décennies du siècle suivant. Marié avec Marie-Louise Veron, il semble que cet artisan se soit quasi exclusivement spécialisé dans un premier temps dans la création de pendules, de flambeaux et de candélabres, ornés de figures exotiques, particulièrement de personnages africains ; en effet, il déposa vers 1800 de nombreux dessins préparatoires de pendules dites « au nègre », notamment les modèles dits « l’Afrique », « l’Amérique » et « Indien et Indienne enlacés » (les dessins sont conservés de nos jours au Cabinet des Estampes à la Bibliothèque nationale à Paris). Il installa son atelier successivement rue Barbette à partir de 1800, rue du Temple vers 1804, enfin, rue des Fossés du Temple entre 1812 et 1820.



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    Ridel  -  Coteau
    Laurent Ridel
    Joseph Coteau (1740-1801)

    Exceptionnelle pendule squelette à complications à trois cadrans en bronze finement ciselé, moleté et doré à l’or mat ou à l’or bruni, émail et marbre blanc de Carrare

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    Le décor émaillé par Joseph Coteau

    France, époque Directoire, vers 1795

    Hauteur52 Largeur29 Profondeur15

    Elle présente un cadran principal annulaire émaillé blanc révélant en son centre une partie des rouages finement découpés du mécanisme et indiquant les heures, les minutes par tranches de quinze et les quantièmes du mois républicain gradués de 1 à 30 en chiffres arabes, par trois aiguilles, dont deux repercées en cuivre doré et une en acier bleui ; il marque également les jours de la semaine associés à leurs symboles astrologiques et bat les secondes par une trotteuse centrale. Un deuxième cadran annulaire émaillé blanc, disposé sous le précédent, désigne les mois de l’année avec l’indication du nombre de jours et est à riche décor de torches entrecroisées, branchages fleuris et feuillagés, fagot de blé et pampres de vigne relatifs aux quatre saisons de l’année. Un troisième et dernier cadran, disposé dans la partie haute de l’horloge, indique l’âge et les phases de la lune sur deux disques émaillés, l’un orné d’un médaillon ovalisé centré d’un autel « à l’antique ». Le mouvement est à roue de compte extérieure, à deux barillets et à suspension à couteau ; il va huit jours et sonne les heures et les demies-heures ; le balancier se termine par un superbe masque d’Apollon solaire disposé au centre de motifs rayonnants.

    Ces trois cadrans s’inscrivent dans une armature peinte sur émail fond bleu à décor or, argent ou translucide de fins rinceaux de feuillages en arabesques ponctués de fleurettes en perlé ; en façade, un cartouche cintré est signé « Ridel à Paris ». La pendule est richement ornée d’un décor de bronze finement ciselé, moleté ou doré à frises perlées, torsadées ou quadrillées. Les quatre arches en console renversée reposent sur de hauts fûts tronconiques à bases moulurées. L’ensemble est supporté par une base quadrangulaire en marbre blanc de Carrare soulignée d’une fine baguette à enfilage de perles et olives alternées et agrémentée en façade d’une réserve à panneau figurant une frise de putti dans le goût de Clodion. Enfin, cinq pieds toupies à frises moletées supportent l’horloge.

    C’est véritablement dans la dernière décennie du XVIIIe siècle qu’apparaissent les premiers modèles de pendules dites « squelettes », dont la particularité est de présenter une composition épurée avec un cadran principal annulaire laissant entrevoir aussi bien la beauté des mouvements et des rouages, que la complexité des mécanismes élaborés par les meilleurs horlogers européens, principalement parisiens. Cette nouvelle esthétique découlait d’une part, de l’admiration des amateurs d’horlogerie pour les exceptionnels progrès techniques effectués depuis le milieu du XVIIIe siècle, d’autre part, d’une certaine désaffection des collectionneurs pour les pendules à sujets représentant toute sorte de personnages allégoriques ou inspirés de la mythologie classique grecque et romaine. La pendule que nous proposons fut réalisée dans ce contexte particulier, sa luxueuse composition est caractéristique des meilleures réalisations françaises du milieu de la dernière décennie du XVIIIe siècle.

    Parmi les rares horloges connues réalisées dans le même esprit, citons notamment : une première pendule à quatre cadrans qui appartient aux collections royales espagnoles (voir J. Ramon Colon de Carvajal, Catalogo de Relojes del Patrimonio nacional, Madrid, 1987, p.95, catalogue n°78) ; ainsi qu’une deuxième conservée dans une collection privée et reproduite dans le catalogue de l’exposition La Révolution dans la mesure du Temps, Calendrier républicain heure décimale 1793-1805, Musée international d’Horlogerie, La Chaux-de-Fonds, 1989, p.58, catalogue n°19 ; un troisième modèle, signé « Folin l’aîné à Paris », appartient aux collection du Getty Museum de Malibu (illustré dans G. Wilson et C. Hess, Summary Catalogue of European Decorative Arts in the J. Paul Getty Museum, Los Angeles, 2001, p.74, fig.145) ; une quatrième pendule de ce type, le cadran signé « Laguesse à Liège » et les émaux de Joseph Coteau datés 1796, est exposée au Palais de Pavlovsk à Saint Pétersbourg (voir E. Ducamp, Pavlovsk, Les Collections, 1993, p. 186, pl. 17) ; enfin, mentionnons particulièrement une dernière pendule de modèle quasiment identique à celle que nous proposons ; elle porte également la signature de Laurent Ridel, ses émaux de Joseph Coteau sont datés 1796 et elle indique les quantièmes républicains ; elle est conservée au Musée François Duesberg à Mons (parue dans Musée François Duesberg, Arts décoratifs 1775-1825, Bruxelles, 2004, p.103).

    Laurent Ridel

    Laurent Ridel, l’un des plus importants horlogers parisiens de la fin du XVIIIe siècle et des premières années du siècle suivant, signait ses œuvres de la mention « Ridel à Paris ». Bien que la date d’enregistrement de ses lettres de maîtrise nous est inconnue, nous savons qu’il installa son atelier rue aux Ours et qu’il connut immédiatement une grande notoriété auprès des amateurs parisiens d’horlogerie de luxe. A l’instar des meilleurs horlogers parisiens de son temps, Ridel fit appel aux meilleurs artisans pour réaliser les caisses de ses pendules en collaborant notamment avec les bronziers Feuchère, Denière et Deverberie, avec les émailleurs Coteau et Merlet et en faisant appel à Monginot l’aîné pour les ressorts. Il se composa rapidement une riche clientèle parmi laquelle figuraient notamment Jean-Marie Chamboissier, le bijoutier Louis-Nicolas Duchesne et Mesdames de France, filles de Louis XV, pour lesquelles Ridel livra une pendule en 1789 destinée à leur château de Bellevue.



    Joseph Coteau (1740 - 1801)

    Joseph Coteau est le plus célèbre émailleur de son temps et collabora avec la plupart des grands horlogers parisiens de l’époque. Il était né à Genève, ville dans laquelle il devint maître peintre-émailleur de l’Académie de Saint Luc en 1766 ; puis il vint s’installer à Paris quelques années plus tard. A partir de 1772, jusqu’à la fin de sa vie, il est installé rue Poupée. Coteau laissa notamment son nom à une technique précieuse d’émaux en relief qu’il mit au point avec Parpette destinée au décor de certaines pièces de porcelaine de Sèvres et qu’il utilisa par la suite pour le décor des cadrans des pendules les plus précieuses ; décorés de ce décor si caractéristique, mentionnons notamment : une écuelle couverte et son plateau qui appartiennent aux collections du Musée national de la Céramique à Sèvres (Inv. SCC2011-4-2) ; ainsi qu’une paire de vases dits « cannelés à guirlandes » conservée au Musée du Louvre à Paris (parue dans le catalogue de l’exposition Un défi au goût, 50 ans de création à la manufacture royale de Sèvres (1740-1793), Musée du Louvre, Paris, 1997, p.108, catalogue n°61) ; et une aiguière et sa cuvette dites « de la toilette de la comtesse du Nord » exposées au Palais de Pavlovsk à Saint-Pétersbourg (reproduites dans M. Brunet et T. Préaud, Sèvres, Des origines à nos jours, Office du Livre, Fribourg, 1978, p.207, fig.250). Enfin, soulignons, qu’une pendule lyre de l’horloger Courieult en porcelaine bleue de Sèvres, le cadran signé « Coteau » et daté « 1785 », est conservée au Musée national du château de Versailles ; elle semble correspondre à l’exemplaire inventorié en 1787 dans les appartements de Louis XVI au château de Versailles (illustrée dans Y. Gay et A. Lemaire, « Les pendules lyre », in Bulletin de l’Association nationale des collectionneurs et amateurs d’Horlogerie ancienne, automne 1993, n°68, p.32C).



    Revel
    Joseph-Marie Revel (?-1811)

    Rare pendule dans une cage architecturée en bronze doré

    Regulateur020-05_BD_MAIL

    « Revel »

    Paris, époque Directoire, vers 1795

    Hauteur42.5 Largeur26.5 Profondeur17.5

    Le cadran émaillé, signé « Revel », indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes par deux aiguilles en bronze doré et les jours du mois en chiffres arabes par une aiguille en acier poli. Il est inscrit dans une superbe caisse à panneaux de glace en forme de borne architecturée entièrement réalisée en bronze finement ciselé et doré. Le fronton cintré est décoré d’une frise d’enfilage de perles et sommé de quatre pommes de pin ; une draperie ajourée à décor de motifs de passementerie et d’une frise découpée ornée de rinceaux souligne le cadran dans la partie inférieure et les montants sont composés de pilastres à fines cannelures à bases et chapiteaux simplement moulurés. L’ensemble repose sur une base quadrangulaire à degrés rehaussée sur ses faces de frises alternées de palmettes et de feuilles stylisées.

    La composition particulièrement élégante de cette pendule, est la parfaite illustration de l’aboutissement des nouvelles recherches esthétiques entreprises par les bronziers et les horlogers parisiens à partir du dernier quart du XVIIIe siècle. Ce renouveau était le résultat d’un courant artistique développé dès le milieu du siècle par certains grands collectionneurs et certains artistes ; il faisait suite aux fabuleuses découvertes archéologiques des anciennes cités romaines antiques de Pompéi et d’Herculanum dans la région napolitaine. Sous l’impulsion d’amateurs tels que le comte de Caylus et Ange-Laurent Lalive de Jully, les arts décoratifs français, encore très marqués par le rocaille du règne de Louis XV, vont définitivement tendre vers un nouvel esprit : le Néoclassicisme français, qui puise directement ses sources d’inspiration dans l’Antiquité classique grecque et romaine. La pendule que nous proposons fut réalisée dans ce contexte particulier ; elle est la synthèse parfaite de ce nouveau style qui privilégiait la simplicité des compositions, en l’occurrence en forme de borne ou cippe antique, et la qualité exceptionnelle du travail des différents matériaux.

    Parmi les exemplaires répertoriés et réalisés dans le même esprit, citons notamment deux modèles légèrement plus tardifs et de qualité de ciselure nettement inférieure, mais qui offrent un dessin similaire : le premier, signé Carcel jeune, est reproduit dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age à nos jours, Paris, 1997, p. 184 ; tandis que le second fut livré par Lepaute oncle et neveu en septembre 1807 pour le Palais de Fontainebleau et appartient toujours aux collections de ce château (voir J-P. Samoyault, Musée national du château de Fontainebleau, Catalogue des collections de mobilier, 1. Pendules et bronze d’ameublement entrés sous le Premier Empire, RMN, Paris, 1989, p. 65, catalogue n° 26). Enfin, mentionnons particulièrement qu’une pendule identique à celle proposée, également signée Revel, se trouvait anciennement dans la célèbre collection de Peter Zervudachi ; tandis qu’une seconde, signée Lepaute, est conservée dans une collection privée (illustrée dans P. Heuer et K. Maurice, European Pendulum Clocks, Decorative Instruments of measuring Time, Munich, 1988, p. 65, fig. 108).

    Joseph-Marie Revel (? - 1811)

    Nous n’avons que peu d’informations concernant cet horloger qui connut pourtant une grande notoriété tout au long de sa carrière. Mentionné brièvement dans le Dictionnaire des horlogers de Tardy sous le prénom de Joseph, il se prénommait en fait Joseph-Marie et mourut à Paris en 1811. Après son accession à la maîtrise, il ouvrit son atelier Vieille rue du Temple, puis est mentionné au Palais Royal entre 1787 et 1790, au Palais Egalité vers 1800, enfin, au Palais Tribunat entre 1804 et 1806. Certains inventaires après décès des premières décennies du XIXe siècle mentionnent quelques-unes de ses réalisations ; ainsi, une pendule de Revel est prisée en 1817 après le décès d’Adélaïde de Lespinasse-Langeac femme du chevalier de Costalin ; tandis qu’une seconde figurait en 1821 dans la collection d’Anne-Charlotte-Dorothée comtesse de Médem veuve du puissant duc de Courlande.