search icon

Époques : Restauration

  • Motel
    Jean-François-Henri Motel (1786-1859)

    Rare chronomètre de marine en laiton ou cuivre doré et cadran émaillé dans son coffret d’origine en acajou

    Chronometre001-04_HD_WEB

    Paris, époque Restauration, vers 1830

    Hauteur13.6 cm Largeur16 cm Profondeur16 cm

    Provenance :

    – Chronomètre Numéro 41 du « Dépôt général de la Marine royale » sous la Restauration.

     

    Superbe chronomètre de marine dont le cadran circulaire émaillé, signé « Hri Motel/Hger de la Marine » et numéroté « N°41 », indique les heures en chiffres romains, les graduations des minutes et les secondes en chiffres arabes par trois aiguilles « Breguet » en acier bleui. Le mouvement est en laiton, l’échappement à détente pivoté est monté sur une platine démontable et le balancier compensé est à bras avec quatre masses et vis de réglage ; l’ensemble est renfermé dans un boitier cylindrique en laiton et dans son coffret en acajou avec porte d’inspection glissante, dissimulant un verre, incrustée d’un cartouche losangé en cuivre gravé « N°41/M ». Indications sur le cercle en laiton : « N41 DEPOT Gle DE LA MARINE Rle » ; les huiles contrôlées en décembre 1966 par E. Brasseur/Horloger de la Marine/11, rue Général-Faidherbe/Le Havre.

    Faisant suite à l’intensification des voyages en mer et afin de prévenir des dangers de la navigation, les savants et les horlogers s’attachèrent à réaliser des instruments destinés à déterminer, à tout moment, la position précise du navire connue par la latitude et la longitude du point où l’on se trouve ; la principale difficulté était de connaître l’heure du méridien de référence, c’est-à-dire d’emporter une horloge réglée sur l’heure de ce méridien. Durant les XVIIe et XVIIIe siècles, l’on s’attacha à la construction d’horloges capables de conserver l’heure avec une grande précision sur un navire balloté par les flots : « les chronomètres de marine ». Ainsi, en France, dès 1795, fut créé le « Bureau des Longitudes » destiné à l’amélioration de la précision des horloges marines et auquel furent rattachés les meilleurs horlogers-chronométriers de l’époque : Ferdinand Berthoud, Louis Berthoud, puis, à partir de 1823 : Jean-François-Henri Motel, auteur notamment de l’exemplaire que nous proposons, ainsi que d’un second modèle quasi-identique, numéroté 44, qui appartient aux collections du British Museum à Londres (Inv. 1958/1006.1953).

    Jean-François-Henri Motel (1786 - 1859)

    Jean-François-Henri Motel figure parmi les plus importants horlogers français de la première moitié du XIXe siècle. Après des études à l’Ecole des Arts et Métiers de Chalons, il vient s’installer à Paris et devient l’élève le plus brillant de Louis Berthoud (1754-1813). Après le décès de son maître, il prend la direction de l’atelier et développe rapidement l’activité. Il quitte l’atelier en 1817 et collabore ponctuellement avec Breguet qui lui confie la réparation de certains chronomètres pour le Ministère de la Marine. En 1823, reconnu pour la qualité exceptionnelle de son travail, il est nommé « Horloger de la Marine ».



    Dans la même catégorie
    Galle
    Gérard-Jean Galle (1788-1846)

    Importante paire de candélabres à six lumières en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat ou à l’or bruni et marbre portor

    « Mars et Minerve » ou « Allégorie de la Guerre »

    Candelabres038-03_HD_WEB

    Attribuée à Gérard-Jean Galle

    Paris, époque Empire/Restauration, vers 1815

    Hauteur90 cm Largeur15 cm Profondeur15 cm

    Entièrement réalisé en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat ou à l’or bruni et marbre portor, chaque candélabre s’organise autour d’un fût sous la forme d’un faisceau de licteur flanqué de haches se terminant par un ruban noué retenant deux drapeaux croisés et par un élément conique formant bobèche ; deux couronnes, animées de fleurettes, retiennent les cinq bras de lumière en cors de chasse soulignés de feuilles de chêne et bagues terminés par des binets ceinturés de frises feuillagées supportant les bobèches. Les faisceaux reposent sur des terrasses quadrangulaires sur lesquelles sont figurées en regards deux personnages martiaux en pied, l’un représente Minerve casquée, tenant une lance et une branche de lauriers, l’autre Mars, dieu la Guerre, tenant son bouclier et son épée. Le tout repose sur des bases à motifs en applique en façade, de trophées d’armes à bouclier, épée, hache ou lances, sur les côtés, de couronnes de lauriers enrubannées centrées d’aigles impériaux aux ailes déployées reposant sur des foudres stylisées ; enfin, des contre-socles carrés, ceinturés de frises de larges raies de cœur, supportent l’ensemble.

    Rattachée à l’œuvre de Gérard-Jean Galle, cette importante paire de candélabres illustre parfaitement la volonté de Napoléon d’inscrire les arts décoratifs parisiens dans la continuité de l’Art romain antique et à sa thématique martiale. De nos jours, nous connaissons quelques rares modèles de candélabres ornés de figures guerrières et réalisés dans le même esprit,  mentionnons notamment : un premier qui est illustré dans G. et R. Wannenes, Les bronzes ornementaux et les objets montes de Louis XIV à Napoléon III, Edition Vausor, Milan, 2004, p.386 ; ainsi qu’un deuxième qui est  conservé au Musée des Arts décoratifs à Paris (reproduit dans L’aigle et le papillon, Symboles des pouvoirs sous Napoléon, sous la direction d’Odile Nouvel-Kammerer, Les Arts Décoratifs, American Federation of arts, Paris, 2007 p.177) ; et un troisième qui fait partie des collections du Palais de Pavlovsk (voir Palais de Pavlovsk, Catalogue complet des collections, Volume X, Métal Bronze, Édition 2, Candélabres, girandoles, miracles, chandeliers, seconde moitié du XVIIIe – fin du XIXe siècle, Saint-Pétersbourg, GMZ « Pavlovsk », 2016, p.121-122).

    Enfin, relevons particulièrement qu’une paire de candélabres identiques attribuée à Gérard-Jean Galle mais reposant sur des socles entièrement en bronze est exposée au Palais royal de Stockholm (reproduite dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.396, fig.5.18.8.)

    Gérard-Jean Galle (1788 - 1846)

    Gérard-Jean Galle est le fils de Claude Galle (1759-1815), l’un des plus importants bronziers parisiens de la fin du XVIIIe siècle et de l’époque Empire. Après avoir fait une brillante carrière militaire dans l’armée de Napoléon, Gérard-Jean reprend l’activité de l’atelier paternel en 1815. Il crée des œuvres exceptionnelles en bronze, s’appuyant souvent sur des originaux réalisés par son père. En 1819, lors de l’Exposition des produits de l’Industrie organisée au Musée du Louvre, il remporte brillamment une médaille d’argent pour ses horloges et luminaires en bronze. Il devient par la suite le fournisseur de la couronne et de la haute aristocratie, notamment le duc de Richelieu, le marquis de Martel et le vicomte de la Rochefoucauld. Toutefois, la Révolution de Juillet 1830 et l’avènement des Orléans au pouvoir dégradent ses affaires, l’artisan fait faillite et meurt en 1846. Dans nos jours, certaines réalisations du bronzier appartiennent à de grandes collections privées et publiques, citons particulièrement celles qui figurent au Château de la Malmaison, ancienne résidence de Joséphine de Beauharnais, et au Musée Marmottan à Paris.



    Dans la même catégorie
    Chaumont
    Gilbert-Honoré Chaumont (1790-1868)

    Monumental lustre à trente-six lumières en bronze ciselé et doré et cristaux de Montcenis

    APF_Lustre001_01

    Attribué à Gilbert-Honoré Chaumont

    Paris, époque Empire, vers 1820

    Hauteur195 cm Diamètre120 cm

    De forme corbeille, le lustre présente trente-six lumières disposées sur deux étages, vingt-quatre en forme de corne d’abondance terminées en enroulements à rosettes sont rattachées directement sur la façade du cercle inférieur en bronze finement ciselé et doré, les douze autres lumières sont posées sur la terrasse du cercle et alternent avec des motifs de palmettes et feuillages stylisés qui rythment la composition. Un deuxième cercle intermédiaire est décoré de frises et motifs stylisés ; tandis que le troisième cercle, sommital, est surmonté de palmettes stylisées. Le tout est organisé autour d’un fût central balustre en bronze doré finement ouvragé terminé par une pomme de pin et est très richement rehaussé de guirlandes d’éléments taillés à facettes en cristal de Montcenis.

    Un ensemble de douze lustres à seize lumières réalisé dans le même esprit a été livré au milieu des années 1830 par Gilbert-Honoré Chaumont au Garde-Meuble de la Couronne et appartient aux collections du Mobilier national à Paris (voir M-F. Dupuy-Baylet, L’Heure, Le Feu, La Lumière, Les bronzes du Mobilier national 1800-1870, Dijon, 2010, p. 277, catalogue n° 151).

    Gilbert-Honoré Chaumont (1790 - 1868)

    Fils du lustrier Jean-François Chaumont, lui-même fils d’un fondeur parisien, Gilbert-Honoré Chaumont prend probablement la direction de l’atelier familial vers 1820 et conserve de solides liens commerciaux avec le Garde-Meuble royal lui permettant d’obtenir quelques importantes commandes pour les châteaux et palais royaux. En 1838, il s’associe avec Louis-Auguste Marquis pour continuer à livrer des bronzes d’ameublement, essentiellement des luminaires d’apparat, sous la Monarchie de Juillet (voir M-F. Dupuy-Baylet, L’Heure, Le Feu, La Lumière, Les bronzes du Mobilier national, Editions Faton, Dijon, 2010, p.254 et 277). Chaumont est notamment l’auteur d’un modèle de chenets, figurant des putti ailés chevauchant des dauphins, dont une paire est exposée dans la Galerie Henri II au Château de Fontainebleau, ainsi que d’une seconde paire de chenets, représentant des enfants luttant avec des chimères, dont un modèle figure au Grand Trianon dans les jardins du château de Versailles, enfin, associé à Louis-Auguste Marquis, il livre au Garde-Meuble un lustre spectaculaire en bronze doré et émail qui est conservé de nos jours dans le Salon de réception du Musée national du château de Pau.



    Dans la même catégorie
    Sèvres
    Manufacture Royale de Sèvres
    Jean-Charles-Nicolas Brachard

    Rare paire de vases couverts dits « glacières » en porcelaine dure de la Manufacture royale de Sèvres

    Vases018-07_HD_WEB

    La forme créée par le sculpteur Jean-Charles-Nicolas Brachard

    Manufacture de Sèvres, époque Charles X, datés 1825

    Marques : Marques en bleu de la Manufacture de Sèvres aux deux « L » entrelacés renfermant une fleur de lys et surmontant la signature « Sèvres 25 » pour 1825. Ainsi que les marques « 30 At 25 P », « MC 23 Mai », « 22 Mi 25 P » et « MC 24 Mai 25 » faisant référence aux dates d’intervention de doreurs et/ou de peintres.

    Hauteur32 Diamètre29

    Entièrement réalisé en porcelaine dure de la Manufacture royale de Sèvres, chaque vase présente une forme néoclassique particulièrement élégante directement inspirée des vases « cratères » de la Grèce antique. Les couvercles, centrés d’un bouton, découvrent les intérieurs, l’un possédant toujours sa doublure. Les cols, culots et piédouches sont agrémentés de courses de postes feuillagées et de frises alternées de palmettes stylisées dans des réserves lancéolées ou doubles crosses renfermant des fleurs de lys, le tout se détachant sur des fonds bleus à l’imitation du lapis-lazuli. Les anses détachées se présentent sous la forme de joncs terminés en enroulements se rattachant aux vases par des masques d’hommes barbus coiffés de roseaux, figures allégoriques au thème aquatique. Les panses sont richement ornées de natures mortes aux fruits composées notamment de pêches, groseilles, noisettes, fraises, prunes, raisins, noix, figues, châtaignes, framboises, poires…traitées en compositions retenues par des guirlandes feuillagées s’épanouissant à l’arrière des masques latéraux. Un tore uni sépare le culot et le piédouche circulaire, ce dernier travaillé en léger cavet. Enfin, les vases reposent sur des bases carrées en bronze doré.

    Accessoires indispensables à tout service de table lors des grands repas estivaux des premières décennies du XIXe siècle, les vases « glacières » avaient pour fonction de maintenir à température les glaces et les sorbets. Concernant plus particulièrement les modèles que nous proposons, ils présentent un dessin particulièrement abouti nommé de type B dans les archives de la Manufacture et créé par Jean-Charles Nicolas Brachard, sculpteur mentionné à la Manufacture royale ou impériale de Sèvres de 1782 à 1824. De nos jours, certaines glacières de dessin identique mais de décors différents sont répertoriés dans les collections publiques françaises, citons particulièrement : un exemplaire conservé au Musée national du Château de Fontainebleau (Inv. F903C) ; ainsi qu’une paire à décor de médaillons à perspectives paysagées faisant partie des collections du Musée national de Céramique à Sèvres (Inv. MNC25298/25299) ; enfin, mentionnons un vase « glacière » à fond blanc sans aucun décor peint qui est également conservé au Musée national de Céramique à Sèvres (Inv. MNC16191).

    Manufacture Royale de Sèvres

    Patronnée par Louis XV et la marquise de Pompadour, la Manufacture de Vincennes voit le jour en 1740 pour concurrencer les créations de la Manufacture de Meissen, se positionnant ainsi comme sa principale rivale européenne, et sera transférée à Sèvres en 1756, devenant la Manufacture royale de porcelaine de Sèvres. De nos jours toujours en activité, elle connaîtra tout au long de son histoire d’exceptionnelles périodes de création en faisant appel aux meilleurs artistes et artisans français et européens. Rattachée aux souverains et aux empereurs, elle sera la vitrine du savoir-faire français et la plupart des créations sorties de ses ateliers seront destinées à être offertes en cadeaux diplomatiques ou à participer au décor et au faste des nombreux châteaux et palais royaux et impériaux des XVIIIe et XIXe siècles.



    Jean-Charles-Nicolas Brachard

    Est un sculpteur actif à la Manufacture Royal de Sèvres de 1782 à 1824.



    Dans la même catégorie
    Raingo
    Zacharie Raingo (actif vers 1805-1830)

    Exceptionnelle pendule-planétaire à musique à quatre colonnes « en rotonde » en placage de loupe d’amboine ou ronce d’acajou et bronze très finement ciselé, moleté et doré

    Pendule415-06_HD_WEB

    Paris, époque Restauration, vers 1820

    Hauteur74 Diamètre27

    Le cadran circulaire émaillé blanc indique les heures en chiffres romains, les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes, ainsi que les secondes, par trois aiguilles. Il dissimule le mouvement, auquel est fixé un balancier bimétallique à lentille centrée d’un mascaron masculin, qui s’inscrit dans une caisse néoclassique en forme de temple en rotonde « à l’antique » en placage de loupe d’amboine ou de ronce d’acajou et bronze très finement ciselé, moleté et doré. Quatre colonnes, supportées par des bases carrées à entablements à frises fleurdelisées et sommées de chapiteaux à fines cannelures torses foncées de perles, reposent sur une base circulaire posée sur un contre-socle agrémenté d’une frise de palmettes stylisées et reposant sur une plinthe quadrangulaire, renfermant une boîte à musique à cylindre à vingt-cinq peignes, qui porte une plaque en métal doré, signée « Raingo à Paris », proposant les réglages et le remontage de ladite boîte à musique ; ces colonnes supportent une plate-forme annulaire, dont l’entablement est ceinturé de frises de canaux ou de fleurettes, surmontée du planétaire dit « tellurium ». Ce dernier tourne autour du soleil en 365 jours et peut être désengrené manuellement pour les démonstrations didactiques ou pour le réglage de la date grâce à une manivelle latérale avec pommeau en ivoire tournée ; il indique sur un grand anneau en métal argenté, disposé à l’intérieur de la platine annulaire, un calendrier zodiacal avec les quantièmes annuels et les douze mois de l’année avec leurs signes du zodiaque traités en bas-relief en applique ; au centre de l’axe du planétaire est placé le soleil en bronze doré flanqué d’un cadran en métal argenté qui indique l’âge de la lune de 1 à 29 ½ et ses différentes phases, et supporte la Lune en ivoire, partiellement laquée noir, placée en satellite de la Terre traitée en mappemonde inclinée surmontée d’un cadran en métal à double numérotation en chiffres romains de I à XII permettant de connaître l’heure qu’il est dans les différentes parties du Monde. L’horloge est présentée sous un globe de verre.

    Cette exceptionnelle pendule à planétaire peut être considérée comme le parfait aboutissement technique et esthétique de ce type d’horloges à complications, dont l’un des premiers modèles fut créé dans les toutes premières années du XVIIIe siècle par l’Anglais John Rowley pour le comte d’Orrery (voir le catalogue de l’exposition Sphères, L’art des mécaniques célestes, Paris, 2002, p.238-239). Au début du XIXe siècle, certains horlogers français célèbres s’essayèrent à la création de ce type de pièces exceptionnelles, citons Antide Janvier qui réalisa notamment un premier exemplaire qui appartient de nos jours au Musée du Temps de Besançon (illustré dans M. Hayard, Antide Janvier 1751-1835, Horloger des étoiles, 1995, p.209) et un deuxième qui est reproduit dans G. et A. Wannenes, Les plus belles pendules françaises, De Louis XIV à l’Empire, Editions Polistampa, Florence, 2013, p.378-379, et mentionnons également la Maison « Leroy et Fils » qui collabora sur une horloge parue dans P. Heuer et K. Maurice, European Pendulum Clocks, Decorative Instruments of Measuring Time, Munich, 1988, p.70, fig.122.

    Toutefois, relevons que les modèles les plus élaborés et les plus recherchés par les amateurs européens, pour l’élégance des caisses et pour la perfection des mouvements et des mécanismes, étaient ceux créés par l’horloger-mécanicien Zacharie-Joseph Raingo dans les premières décennies du XIXe siècle. Dès 1810, Raingo avait déposé un brevet, annexé d’un dessin, pour un modèle en bronze doré qui semble correspondre à celui commandé par Paul Arconati, baron de Gaesbeek, pour être offert au sultan de Turquie ; pendule jamais livrée qui demeura dans la famille Gaesbeek jusqu’à son acquisition par le Musée du Cinquantenaire de Bruxelles (illustrée dans A-M. Berryer et L. Dresse de Lébioles, La mesure du temps à travers les âges aux Musées royaux d’Art et d’Histoire, Bruxelles, 1974, p.92). Enfin, citons quelques rares autres modèles de Raingo de composition similaire à celui que nous proposons, la plupart inscrits dans des rotondes à colonnes en placage d’acajou ou de loupe : un premier est illustré dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age au XXe siècle, Paris, 1997, p.376 ; un deuxième, entièrement en bronze ciselé et doré, appartient aux collections royales espagnoles (reproduit dans J. Ramon Colon de Carvajal, Catalogo de Relojes del Patrimonio nacional, Madrid, 1987, p.144, catalogue n°122) ; trois modèles sont parus dans Tardy, La pendule française, 2ème partie : Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1975, p.418 ; enfin, mentionnons qu’une dernière pendule de ce type, quasiment identique à celle que nous proposons, fait partie des collections royales anglaises (voir C. Jagger, Royal Clocks, The British Monarchy & its Timekeepers 1300-1900, Londres, 1983, p.168, fig.229).

    Pour terminer, relevons particulièrement qu’une pendule de ce type fut longuement décrite au moment de son passage aux enchères en mai 1830 lors de la dispersion de la collection de Monsieur Maneffe de Bruxelles : « Pendule scientifique. De l’invention et exécution de M. Raingo, horloger, natif de Mons. Approuvée par les membres de l’Institut et du Conservatoire, ainsi que par les rapports honorables du ministre de l’intérieur de France. A cette pendule est annexée une sphère propre par sa rotation à démontrer les éléments de la cosmographie et géographie. Elle est d’une forme nouvelle et agréable, sur 13 pouces de diamètre et 25 de hauteur. Les effets sont obtenus par des moyens simples et d’une invention à ne pouvoir désirer rien de plus parfait en ce genre. Son utilité est indispensable pour la démonstration de la vérité du système de Copernic, et des révolutions qui ne laissent aucun doute sur les phénomènes de la nature, représentés avec la plus grande précision. 1e elle rend le mouvement annuel et journalier de la terre autour du soleil dans son inclinaison parfaite de l’écliptique. 2e La terre en parcourant l’écliptique forme son mouvement elliptique, en se rapprochant et s’éloignant du soleil, selon les saisons, et indique, dans la proportion la plus exacte, la marche constante de la nature. 3e La terre, par son mouvement varié, trace la marche du temps, occasionnée par les mêmes causes que nous offre la nature, et sert à différentes observations sur le globe. 4e Les cercles se meuvent autour du globe sur tous les sens, et nous donnent la croissance et décroissance des jours, selon les saisons, pour tous les pays du monde. 5e Des indicateurs mobiles désignent l’heure du lever et coucher du soleil de chaque jour, et pour tous les pays ; son élévation, sa déclinaison, quels cercles il décrit. Ces indicateurs offrent encore les quatre saisons au moment des équinoxes des solstices. 6e Un cadran mobile qui se trouve au-dessus de la terre, nous fait connaître à volonté l’heure de tel ou tel pays, ainsi que les heures des jours et des nuits. 7e Le mouvement journalier et annuel de la lune autour de la terre, avec ses phases. 8e La lune forme son mouvement écliptique qui donne son apogée, son périgée et la variété des jours lunaires d’après ses effets progressifs. 9e Un indicateur montre l’heure du lever et coucher de cette planète dans tous les pays du monde. 10e La marche des jours lunaires est indiquée par la rotation même de la lune. 11e La sphère, en parcourant l’écliptique, marque les jours des mois, leur nom, les degrés et signes du zodiaque. 12e La marche des années communes et bisextiles, indique, par son propre mouvement, l’époque à laquelle il faut remonter le rouage de la sphère, ce qui n’arrive que tous les quatre ans. La sphère se sépare de la pendule pour en démontrer les effets, par le moyen de la manivelle d’un rouage particulier que l’on accélère à volonté. A cette pendule est adapté un concert mécanique de flûte, jouant à toutes les heures à volonté. Cette découverte a coûté à l’inventeur sept années de travail pour parvenir à son entière perfection ».

    Zacharie Raingo (actif vers 1805 - 1830)

    La vie de Zacharie Raingo est relativement peu connue ; son activité s’étend de 1805 à 1830 environ. Né à Mons en Belgique, cet horloger travaillait à Tournai en 1806, à Gand vers 1810, puis peu de temps après, il s’installa à Paris et reçut le titre d’Horloger-Mécanicien de SAS le duc de Chartres, puis celui d’Horloger-Mécanicien de la Couronne en 1824. Mais, surtout Raingo devint en l’espace de quelques années l’horloger de précision le plus célèbre des époques Empire et Restauration. Ainsi, relevons qu’une pendule de l’horloger était brièvement décrite en 1834 lors de la dispersion aux enchères de la collection du banquier Jacques Laffitte : « Une pendule sur colonnes en acajou, ornée de cuivres dorés, mouvement mécanique de M. Raingo. »



    Dans la même catégorie
    Thomire
    Pierre-Philippe Thomire (1757-1843)

    Important guéridon « à l’antique » en bronze finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni

    Gueridon008-02_BD_MAIL

    Attribué à Pierre-Philippe Thomire

    Paris, début de l’époque Restauration, vers 1820

    Hauteur75.3 Diamètre67.7

    Le plateau circulaire en marbre blanc de Carrare est traité en tore mouluré sur sa bordure extérieure et repose sur un entablement dont la ceinture est soulignée d’une frise de feuillages de pampres ponctués de rosaces stylisées. L’ensemble est supporté par un piétement entièrement réalisé en bronze très finement ciselé et doré à fût en balustre à chapiteau orné d’une frise de feuilles d’eau surmontant un bandeau à éventails et à culot agrémenté de larges feuilles d’acanthes alternées de tigettes à rosettes et rinceaux surmontant un bandeau à feuilles de refend émergeant d’une bague moulurée à frise rythmée de feuilles d’eau ; le piédouche se présente sous la forme d’un large bouquet d’acanthes alterné de feuilles de refend nervurées à filets ; enfin, l’ensemble repose sur une base contournée à trois consoles traitées en crosses terminées en volutes centrées de rosaces et supportées par des coupelles à frises stylisées reposant sur des roulettes.

    Le meuble dit « guéridon », pièce de mobilier particulièrement apprécié sous le règne de Louis XVI, connaîtra un exceptionnel engouement à partir de l’avènement de Napoléon et sera décliné dans de nombreux matériaux et dans de multiples modèles tout au long du premier tiers du XIXe siècle. Toutefois, soulignons que ce modèle particulier de guéridons à plateau de marbre et piétement entièrement réalisé en bronze ciselé et doré figure parmi les créations les plus spectaculaires et les ambitieuses de l’époque impériale et des deux décennies suivantes. L’attribution de l’exemplaire que nous proposons au bronzier Pierre-Philippe Thomire repose sur les nombreuses similitudes stylistiques qu’il présente avec des œuvres répertoriées de cet artisan d’exception, ainsi que sur une description, tirée de la monographie de Juliette Niclausse consacrée à Thomire et publiée en 1947, qui mentionne un meuble similaire avec des variantes dans la composition générale : « Grand guéridon en bronze ciselé et doré. La ceinture est ornée d’une succession d’étoiles, les pieds se terminent en griffes. Signé Thomire » (J. Niclausse, Thomire, fondeur ciseleur (1751-1843), Paris, 1947, p.134). Enfin, mentionnons quelques rares autres modèles connus de guéridon entièrement en bronze ciselé ou doré et réalisés dans le même goût, citons : un premier exemplaire, à fût balustre, qui appartient aux collections royales espagnoles au Palais d’El Pardo à Madrid (illustré dans L. Feduchi, Colecciones Reales de Espana, El Mueble, p.457, fig.380) ; ainsi qu’un deuxième qui se trouvait anciennement dans la collection du célèbre sculpteur d’origine russe Marc Antocolsky (1840-1902) dispersée à Paris en 1906, puis qui fut reproposé quelques décennies plus tard sur le marché de l’art français (vente à Paris, Galerie Georges Petit, les 26-27 mai 1930, lot 203) ; enfin, citons un dernier guéridon réalisé dans le même esprit qui est exposé à la Villa Masséna à Nice (reproduit dans L. Mézin, La Villa Masséna du Premier Empire à la Belle Epoque, 2010, p.50-51, catalogue n°8).

    Pierre-Philippe Thomire (1757 - 1843)

    Pierre-Philippe Thomire est le plus important bronzier parisien du dernier quart du XVIIIe siècle et des premières décennies du siècle suivant. À ses débuts, il travaille pour Pierre Gouthière, ciseleur-fondeur du roi, puis collabore dès le milieu des années 1770 avec Louis Prieur. Il devient ensuite l’un des bronziers attitrés de la manufacture royale de Sèvres, travaillant au décor de bronze de la plupart des grandes créations du temps. Après la Révolution, il rachète le fonds de commerce de Martin-Eloi Lignereux et devient le plus grand pourvoyeur de bronzes d’ameublement pour les châteaux et palais impériaux. Parallèlement, il travaille pour une riche clientèle privée française et étrangère parmi laquelle figure notamment quelques maréchaux de Napoléon. Enfin, il se retire des affaires en 1823.



    Dans la même catégorie
    Fragonard  -  Sèvres
    Alexandre-Évariste Fragonard (1780-1850)
    Manufacture Royale de Sèvres

    Rare paire de lions ailés canéphores en biscuit de porcelaine de Sèvres supportant leurs corbeilles dorées

    APF_Biscuits007_06

    Réalisé sur un modèle d’Alexandre-Evariste Fragonard

    Manufacture royale de Sèvres, époque Restauration, vers 1826-1828

    L’un des lions porte les marques incisées J 6 26 et N°2/Mars ; l’une des corbeilles porte une marque fleurdelisée en bleu ainsi que Sèvres/28, une marque dorée MC. G ( ?). Mars et les numéros 24-4 incisés dans la pâte.

    Hauteur30 Largeur38.7 Profondeur19

    Réalisé en biscuit de porcelaine de Sèvres, chacun des deux lions est représenté en train de marcher paisiblement dans une attitude majestueuse, la gueule ouverte, la queue recourbée et la crinière finement dessinée ; de la partie haute de ses pattes antérieures s’échappent des ailes réalisées dans l’esprit des anciens modèles assyriens ; chaque félin supporte une selle en drapé, finement décorée de motifs stylisés en léger relief tels que palmettes et rinceaux feuillagés, qui se termine en franges tressées et sur laquelle est disposée une corbeille ajourée en porcelaine dorée à motifs feuillagés. Enfin, chaque lion est supporté par sa base originale quadrangulaire en tôle peinte à l’imitation du marbre brun.

    La composition de cette superbe paire de lions canéphores reprend directement l’un des deux projets d’Alexandre-Evariste Fragonard réalisés en 1817. A l’origine, les dessins de Fragonard esquissaient deux modèles différents, un lion et une lionne supportant des corbeilles, destinés à accompagner un groupe de figures égyptiennes canéphores faisant partie d’un luxueux surtout de table en biscuit et porcelaine dorée. Finalement, il semble que seule la figure du lion ait été exécutée dans les ateliers de la Manufacture royale sous la direction du sculpteur Jean-Charles-Nicolas Brachard ; les premières exemplaires de lions de ce modèle sont mentionnés dans les inventaires de Sèvres en décembre 1818 et furent exposés au Louvre l’année suivante (les dessins originaux de Fragonard, ainsi que les projets en plâtre de Brachard, appartiennent toujours aux collections du Musée de Sèvres).

    De nos jours, parmi les quelques exemplaires identiques répertoriés, rarement conservés en paires, mentionnons particulièrement : un premier modèle, réalisé vers 1818, qui appartient aux collections du Ministère des Affaires étrangères à Paris (illustré dans M. Brunet et T. Préaud, Sèvres des origines à nos jours, Office du Livre, Fribourg, 1978, p.291, fig.354) ; ainsi que deux modèles qui sont parus dans T. Préaud, The Sèvres Porcelain Manufactory, Alexandre Brogniart and the Triumph of Art and Industry, 1800-1847, The Bard Graduate Center for Studies in the Decorative Arts, New York, 1997, p.358, planche 143 ; enfin, citons un dernier lion de ce type qui est conservé au Mobilier national à Paris (reproduit dans Le XIXe siècle français, Collection Connaissance des Arts, Hachette, Paris, 1957, p.80).

    Alexandre-Évariste Fragonard (1780 - 1850)

    Fils du célèbre peintre Jean-Honoré Fragonard, il fut formé dans un premier temps dans l’atelier paternel, puis devint l’assistant du peintre David qui, pour souligner le talent de son jeune élève, disait de lui : « il y a de l’huile dans cette lampe ». Rapidement le jeune Fragonard acquit une grande réputation en tant que peintre et sculpteur, reçut d’importantes commandes publiques et privées et fut l’un des principaux donneurs de modèles de la Manufacture royale de Sèvres sous la Restauration en participant activement au renouveau artistique français, développant notamment le style troubadour influencé par l’architecture, la peinture et les arts décoratifs du Moyen-Age.



    Manufacture Royale de Sèvres

    Patronnée par Louis XV et la marquise de Pompadour, la Manufacture de Vincennes voit le jour en 1740 pour concurrencer les créations de la Manufacture de Meissen, se positionnant ainsi comme sa principale rivale européenne, et sera transférée à Sèvres en 1756, devenant la Manufacture royale de porcelaine de Sèvres. De nos jours toujours en activité, elle connaîtra tout au long de son histoire d’exceptionnelles périodes de création en faisant appel aux meilleurs artistes et artisans français et européens. Rattachée aux souverains et aux empereurs, elle sera la vitrine du savoir-faire français et la plupart des créations sorties de ses ateliers seront destinées à être offertes en cadeaux diplomatiques ou à participer au décor et au faste des nombreux châteaux et palais royaux et impériaux des XVIIIe et XIXe siècles.



    Thomire
    Pierre-Philippe Thomire (1757-1843)

    Exceptionnelle paire de candélabres monumentaux en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni et porphyre vert dit « serpentine verte antique »

    Candelabres019-01_HD_PRESSE

    Attribuée à Pierre-Philippe Thomire

    Candélabres : Paris, époque Empire, vers 1805-1810

    Gaines : Paris, époque Restauration, vers 1820-1840

    Candélabres :
    Hauteur184 Largeur60 Profondeur35
    Gaines :
    Hauteur89.5 Diamètre47

    Provenance :

    – Paris, collection de la Galerie Seligmann.

    – Acquis en 1919 auprès de cette galerie par le Metropolitan Museum of Art, New York.

    – Collection du Metropolitan Musem of Art, New York, 1919-1994 (Inv. 19.182.1-2).

    – Vente Christie’s, New York, 26 avril 1994, lot 139.

     

    Cette spectaculaire paire de candélabres « en torchères » se présente sous la forme de deux superbes personnages représentés dans l’attitude de la course et figurant pour l’un, Apollon, le visage sévère, la tête ceinte d’une couronne de laurier, le haut du corps couvert d’un drapé et portant des sandales à lanières, pour l’autre, formant pendant, Diane, les cheveux retenus par un chignon, vêtue d’une tunique légère nouée sous la poitrine et portant des sandales montantes à lanières croisées ; le dieu tient de sa main gauche une coupelle, tandis que la déesse présente une tazza dans sa main droite. Ils tiennent chacun un bouquet à quinze lumières en forme de torche à fût « en carquois » sur lequel viennent se rattacher les bras de lumière curvilignes soulignés de feuilles d’eau, palmettes, rinceaux ou rosaces. Les figures reposent sur des terrasses unies et sur des bases cylindriques à moulures à frises alternées d’acanthes et de feuilles stylisées et à chapiteaux à frises de feuilles d’eau, acanthes ou fleurons, soulignées de chapelets à olives et pirouettes ; les corps des fûts sont rythmés de motifs en applique à guirlandes retenues par des pastilles rubanées et à scènes de course des chars d’Apollon et de Diane. Enfin, les groupes sont supportés par des gaines octogonales en placage de marbre vert de mer agrémentées de frises de doubles entrelacs à fleurons et de tores rubanés de feuilles et graines de laurier.

    Leur composition originale et leurs proportions monumentales tendent à prouver que ces modèles furent réalisés par l’un des meilleurs bronziers parisiens de l’époque de Napoléon, si ce n’est le meilleur. A cette époque, seuls deux ou trois artisans de la capitale étaient suffisamment importants pour fondre et assembler des pièces de si grandes dimensions : André-Antoine Ravrio, Claude Galle et, surtout, Pierre-Philippe Thomire, le bronzier le plus inventif et le plus talentueux du début du XIXe siècle, à qui nous attribuons les candélabres présentés. C’est notamment Thomire & Compagnie qui présentait à l’Exposition de Paris de 1819 «…un grand candélabre…de la plus grande richesse. » (L. Costaz, Rapport du jury central sur les produits de l’industrie française, présenté à S.E.M. le comte Decazes, Imprimerie royale, Paris, 1819, p.213), et c’est également ce même artisan qui collaborait régulièrement avec les architectes Percier et Fontaine, auteurs du Recueil de décorations intérieures dans lequel un projet décoratif dût servir de modèles d’inspiration aux représentations des chars de Diane et d’Apollon qui décorent les bases des candélabres proposés (illustré dans le catalogue de l’exposition Charles Percier, Architecture and Design in an Age of Revolutions, Musée national du Château de Fontainebleau, 2017, p.124, fig.6.2).

    A ce jour, seules cinq autres paires de candélabres de modèle identique sont connues, avec parfois certaines variantes, notamment dans l’aspect doré ou patiné « à l’antique » des figures d’Apollon et de Diane : une première paire, très certainement achetée à Paris vers 1810 pour l’ameublement de Frédéric III de Wurtemberg (1754-1816), appartient aux collections du Château de Ludwigsburg dans le Land de Bade-Wurtemberg en Allemagne (Inv. TRGT 5502-5503) (illustrée dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spatbarock und Klassizismus, Munich, 1986, p.330, figs.5.2.5 et 5.2.6) ; une deuxième paire, provenant probablement des anciennes collections impériales napoléoniennes, fait partie des collections du Mobilier national et est exposée dans les salons du Quai d’Orsay, actuel Ministère des Affaires étrangères (reproduite dans Le Quai d’Orsay, Paris, 1991, p.107) ; deux paires, à six lumières et sans base, appartiennent aux collections royales anglaises à Buckingham Palace (Inv. RCIN 2718) ; enfin, une cinquième paire figure dans les collections du Palais Schwarzenberg à Vienne.

    Cette dernière paire, dite « paire Schwarzenberg », est la mieux documentée et apporte de nombreuses et précieuses informations sur ces modèles spectaculaires. En effet, nous savons qu’elle fut achetée à Paris le 17 janvier 1805 par le comte Schwarzenberg auprès du marchand de meubles et de curiosités André Coquille ; la facture, toujours conservée dans les archives Schwarzenberg, indique le prix d’achat 14 000 francs, somme colossale, et leur désignation de l’époque : « les Camilles ». Un peu plus d’une dizaine d’années plus tard, en 1819, elle figura à l’Exposition des Produits de l’Industrie française. Leur présentation au public nous est notamment connue par une gravure tirée du Recueil d’ornements du dessinateur et graveur parisien Charles-Pierre-Joseph Normand (1765-1840) conservé à l’Institut national d’Histoire de l’Art à Paris, ancienne Bibliothèque Jacques Doucet (voir H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Band I, Munich, 1986, p.390, fig.5.17.1).

    Concernant la provenance des candélabres que nous proposons, nous savons qu’ils furent longtemps exposés ou conservés dans les célèbres collections du Metropolitan Museum of Art de New York, puis réapparurent sur le Marché de l’art new-yorkais au milieu des années 1990 lors de la dispersion aux enchères de certaines pièces exceptionnelles appartenant à ce musée américain. Auparavant, nous savons qu’ils étaient présentés au début du XXe siècle à la Galerie Seligmann à Paris. Fondée par Jacques Seligmann (1858-1923), cette dernière était devenue en l’espace de quelques décennies, la plus grande galerie parisienne de meubles anciens et d’objets d’art de luxe. Rapidement, elle avait acquis une grande renommée internationale et comptait parmi sa clientèle les plus grands collectionneurs européens et américains, notamment le comte Moïse de Camondo, le banquier Edmond de Rothschild, l’industriel Henry Clay Frick et le financier John Pierpont Morgan. Reconnus pour leur talent pour découvrir les objets rares et exceptionnels, les Seligmann n’achetaient que des pièces hors-du-commun dans les plus prestigieuses collections internationales ; ainsi, ils firent notamment l’acquisition de la totalité de la partie privée de la collection Hertford-Wallace, dont l’autre partie est exposée de nos jours à la Wallace Collection à Londres.

    Pierre-Philippe Thomire (1757 - 1843)

    Pierre-Philippe Thomire est le plus important bronzier parisien du dernier quart du XVIIIe siècle et des premières décennies du siècle suivant. À ses débuts, il travaille pour Pierre Gouthière, ciseleur-fondeur du roi, puis collabore dès le milieu des années 1770 avec Louis Prieur. Il devient ensuite l’un des bronziers attitrés de la manufacture royale de Sèvres, travaillant au décor de bronze de la plupart des grandes créations du temps. Après la Révolution, il rachète le fonds de commerce de Martin-Eloi Lignereux et devient le plus grand pourvoyeur de bronzes d’ameublement pour les châteaux et palais impériaux. Parallèlement, il travaille pour une riche clientèle privée française et étrangère parmi laquelle figure notamment quelques maréchaux de Napoléon. Enfin, il se retire des affaires en 1823.



    Dans la même catégorie