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P288

Rare pendule squelette en bronze très finement ciselé ou moleté, doré au mat et marbre incarnat turquin

Pendule425-04_HD_WEB

France, fin de l’époque Empire, vers 1810-1815

Hauteur39.5

Le cadran annulaire émaillé blanc indique les heures et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles en acier poli-bleui œil-de-perdrix dites « Breguet ». Le mouvement, à sonnerie des heures et des demi-heures, s’inscrit dans une caisse violonée entièrement réalisée en bronze très finement ciselé ou moleté et doré au mat. Le cadran est ceinturé d’un bandeau extérieur à frise de palmettes stylisées ; le mouvement, à roues latérales supportant les deux poids-moteur et le balancier terminé par sa lentille, est supporté par deux montants en joncs se terminant en pattes de lion émergeant de larges feuilles de refend réunis par un motif ajouré à acanthes, crosses, fleurettes et fleurons. L’ensemble repose sur une base quadrangulaire à côtés arrondis en marbre incarnat turquin, elle-même supportée par quatre pieds moulurés soulignés de frises perlées.

C’est véritablement dans la dernière décennie du XVIIIe siècle qu’apparaissent les premiers modèles de pendules dites « squelettes », dont la particularité est de présenter une composition épurée avec un cadran principal annulaire laissant entrevoir aussi bien la beauté des mouvements et des rouages, que la complexité des mécanismes élaborés par les meilleurs horlogers européens, principalement parisiens. Cette nouvelle esthétique découlait d’une part, de l’admiration des amateurs d’horlogerie pour les exceptionnels progrès techniques effectués depuis le milieu du XVIIIe siècle, d’autre part, d’une certaine désaffection des collectionneurs pour les pendules à sujets représentant toute sorte de personnages allégoriques ou inspirés de la mythologie classique grecque et romaine. La pendule que nous proposons fut réalisée dans ce contexte particulier ; sa composition particulièrement aboutie est caractéristique des meilleures réalisations françaises des premières années du XIXe siècle.

Parmi les rares horloges connues réalisées dans le même esprit, citons notamment : une première réalisée vers 1800, le cadran signé « Lépine Horloger du Roy Place des Victoires », qui présente un cadran circulaire émaillé et qui repose sur une base en marbre blanc (illustrée dans P. Heuer et K. Maurice, European Pendulum Clocks, Decorative Instruments of Measuring Time, Edition Schiffer Publishing Ltd., Munich, 1988, p.63, fig.103) ; ainsi qu’une seconde, d’époque Directoire et de type squelette, qui est conservée à l’Ecole d’Horlogerie de Dreux (reproduite dans Tardy, La pendule française dans le Monde, Paris, 1994, p.239). Enfin, mentionnons particulièrement qu’une pendule de modèle similaire à celle que nous proposons, réalisée en 1817 et offerte en 1885 par J. Andeoud au Conservatoire national des Arts et Métiers de Paris, est parue dans F.B. Royer-Collard, Skeleton Clocks, Edition N.A.G. Press Ltd, London, 1977, p. 80-81, fig. 5-17 (voir également Le XIXe siècle français, Collection Connaissance des Arts, Hachette, 1957, p.139).