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Le Roy  -  Caffieri
Julien II Le Roy (1686-1759)

Important cartel en bronze doré

« Allégorie de la géométrie »

APF_Cartel014_03

Caisse attribuée à Jacques Caffieri

Paris, époque Louis XV, vers 1745-1749

Hauteur95

Provenance:

La Collection Abdy, Angleterre. Vendu Palais Galliera, Paris, 27 mars, 1965, lot 45. Acquis par un collectionneur parisien.

 

Un rare et important cartel Louis XV en bronze doré, de l’éminent horloger Julien Le Roy. La magnifique caisse, probablement de Jacques Caffieri, porte le poinçon du C couronné ; le cadran central en émail blanc est signé Julien Le Roy, comme l’est le mouvement. Le cadran en bronze doré, à décor de feuillages, comporte à l’intérieur douze cartouches en émail blanc avec chiffres romains pour les heures et à l’extérieur, douze cartouches en émail blanc avec chiffres arabes pour les intervalles de cinq minutes. Les aiguilles sont en acier bleui. La caisse rocaille, de forme asymétrique, est percée et décorée de volutes de fleurs et de feuillages. Elle est surmontée par un putto tenant un compas, symbole de la Géométrie ; un oiseau aux ailes déployées se tient devant l’aperture révélant le balancier.

Cette pendule est illustrée dans Tardy, La Pendule Française des Origines à Nos Jours, 1961, vol. I, p. 189, ainsi que dans Pierre Kjellberg, Encyclopédie de la Pendule Française du Moyen Age au XXe Siècle, 1997, p. 106, pl. B.

La composition de ce superbe cartel est rare et peut-être unique ; c’est un excellent exemple de la fructueuse collaboration entre les horlogers et les bronziers parisiens au XVIIIème siècle. La qualité et le style de la caisse sont comparables à d’autres modèles créés par Jacques Caffieri (1678-1755) qui fournissait souvent des caisses à Julien Le Roy (1686-1759). Parmi eux, un cartel daté de 1747, décoré des figures de Minerve et de Cupidon, se trouve aujourd’hui dans le  musée J. Paul Getty en Californie. Le cartel présent date de la même époque, puisqu’il est poinçonné du C-couronné (preuve du paiement d’une taxe imposée entre mars 1745 et février 1749). Une autre caisse de Caffieri, surmonté d’un Cupidon, était auparavant dans la collection Keck à La Lanterne Bel Air (vendu à New York en décembre 1991) ; une autre, surmonté par un putto, a été vendue à Paris en juin 1991.

Julien II Le Roy (1686 - 1759)

Né à Tours, il est formé par son père Pierre Le Roy ; à treize ans il avait déjà fabriqué une pendule. En 1699 Julien Le Roy emménage à Paris, où il devient l’apprenti de Le Bon. Reçu maître-horloger en 1713, par la suite il devient juré de la guilde ; il est juré de la Société des Arts de 1735 à 1737. En 1739 il devient horloger ordinaire du Roi Louis XV. Il n’occupe jamais le logement qu’on lui accorde au Louvre, mais le laisse à son fils Pierre (1717-1785) et continue de travailler rue de Harlay. Le Roy est à l’origine de nombreuses innovations, y compris le perfectionnement d’horloges monumentales indiquant l’heure moyenne et l’heure vraie. Le Roy travaille sur les mouvements à équation, ainsi que des mécanismes de répétition à tirage. Il adopte l’échappement à cylindre de George Graham, rendant les montres plus plates. Il choisit ses caisses chez les meilleurs artisans, tels que les Caffieri, André-Charles Boulle, Jean-Joseph de Saint-Germain, Robert Osmond, Balthazar Lieutaud et Antoine Foullet. Ses cadrans sont fournis par Antoine-Nicolas Martinière, Nicolas Jullien et peut-être Elie Barbezat. Le Roy a beaucoup amélioré l’horlogerie parisienne. Grâce à son amitié avec les horlogers britanniques Henry Sully et William Blakey, plusieurs excellents horlogers anglais et hollandais ont pu entrer dans les ateliers parisiens.

Les œuvres de Julien Le Roy se trouvent aujourd’hui dans les plus grandes collections du monde, y compris les Musées du Louvre, Cognacq-Jay, Jacquemart-André et le Petit Palais à Paris ; le Château de Versailles, le Victoria and Albert Museum et le Guildhall à Londres et Waddesdon Manor dans le Buckinghamshire ; le Musée International d’Horlogerie de La Chaux-de-Fonds et le Musée de Zeitmessung Bayer à Zurich ; le Rijksmuseum d’Amsterdam et les Musées Royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles ; le Museum für Kunsthandwerck de Dresde ; le National Museum de Stockholm et le Musea Nacional de Arte Antigua de Lisbonne. Aux Etats-Unis on trouve des œuvres de Le Roy au J. P. Getty Museum de Californie; la Walters Art Gallery de Baltimore et le Detroit Institute of Art.



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