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Causard  -  Caffieri
Edme-Jean Causard (vers 1720-1780)
Philippe Caffieri (1714-1774)

Exceptionnel cartel mural en bronze très finement ciselé et doré

« Vénus et l’Amour » ou « La nuit et le jour »

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La caisse attribué à Philippe Caffieri

Paris, époque Louis XV, vers 1760

Hauteur118 Largeur64 Profondeur22

Provenance :

– Vente à Paris, Maître Rheims, Galerie Charpentier, le 12 mai 1950, lot 125.

– Acquis très certainement à cette vente par Alberto Bruni Tedeschi (1915-1996).

– vente de la collection Alberto Bruni Tedeschi au bénéfice de la Fondation Virginio Bruni Tedeschi (Sotheby’s, Londres, le 21 mars 2007, lot 84).

 

Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Causard Her du Roy Suivt la Cour », indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes par deux aiguilles en cuivre repercé et doré ; le mouvement, sonnant l’heure et la demi-heure, est renfermé dans une superbe caisse rocaille à figures allégoriques en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni ; la façade et les côtés sont ornés de plaques de cuivre découpé à décor de tiges ou branchages fleuris. De forme violonée, la caisse est soulignée de crosses, de rinceaux, d’enroulements et de branchages feuillagés à graines ; l’amortissement est orné d’un putto ailé dans des nuées représenté dans son char tiré par des colombes et se détachant sur des rayons solaires, il symbolise le Jour ou l’Aurore ; le culot, terminé en acanthe, est agrémenté d’un groupe représentant Cupidon sur le point de voiler la déesse Vénus figurée allongée sur un drapé, allégorie de la Nuit ou du Crépuscule.

Créé vers le milieu du XVIIIe siècle, très certainement par le bronzier parisien Philippe Caffieri, ce modèle de cartel de grandes dimensions rencontra un immense succès auprès des grands amateurs parisiens de l’époque. De nos jours, parmi les rares modèles identiques connus, citons particulièrement : un premier cartel de Ferdinand Berthoud qui est reproduit dans le catalogue de l’Exposition d’art français du XVIIIe siècle qui se tint à la Galerie Jamarin à Paris en 1916 ; un deuxième est conservé au Musée Carnavalet à Paris ; un troisième, le cadran probablement modifié, a fait partie de la collection de Maurice Segoura (voir P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age au XXe siècle, Paris, 1997, p.103, fig. C) ; un autre, le cadran de « Cronier à Paris », appartient aux collections du Museum of Fine Arts de Boston, don de Mr et Mrs Richard C. Paine en 1950 (paru dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.117, fig.2.5.11) ; un cinquième, alors conservé dans la collection Baguès, est illustré dans J. de Hillerin, Plaisir de France, styles de France, objets et collections de 1610 à 1920 ; enfin, citons un dernier cartel de ce type, le cadran signé « Martinot à Paris », qui est exposé au Kunstindustrimuseet d’Oslo (voir Tardy, La pendule française, Ier Partie : De l’Horloge gothique à la Pendule Louis XV, Paris, 1975, p.193).

Ce modèle fut également décliné à la même époque avec certaines variantes : un premier exemplaire de ce type, le cadran signé « Guillaume Gilles », surmonté d’un groupe de trois putti et offrant un groupe de Vénus et l’Amour dans la partie basse identique à celui qui apparaît sur le cartel proposé, appartient aux collections royales anglaises ; il fut offert en 1957 à la Reine Elisabeth II par le président de la République française René Coty (Inv. RCIN 30413) ; un deuxième cartel, identique au précédent et offrant un cadran signé « Bunon à Paris », est illustré dans G. et A. Wannenes, Les plus belles pendules françaises, De Louis XIV à l’Empire, Florence, 2013, p.131 ; enfin, un troisième exemplaire, la partie haute agrémentée de trois putti et la partie basse symbolisant les amours de Jupiter et de Junon, se trouvait anciennement dans la collection Boni de Castellane et est rattaché par Jean-Dominique Augarde à l’œuvre du bronzier Edme Roy (voir Les Ouvriers du Temps, Le pendule à Paris de Louis XIV à Napoléon Ier, Genève, 1996, p.156, fig.124).

Edme-Jean Causard (vers 1720 - 1780)

Edme-Jean Causard est l’un des plus importants horlogers parisiens du règne de Louis XV. Œuvrant dans un premier temps en tant qu’ouvrier libre, il devient « Horloger Privilégié du Roi » vers 1753 et installe son atelier rue Saint Honoré. A l’instar des meilleurs horlogers parisiens de l’époque, Causard s’entoure des plus talentueux ébénistes ou bronziers pour la création des caisses de ses pendules en faisant appel à Jean-Joseph de Saint-Germain, Nicolas Petit et aux Osmond. Au XVIIIe siècle, certaines de ses réalisations sont mentionnées notamment chez le maréchal de Duras, Blondel de Gagny et la marquise de Langeac.



Philippe Caffieri (1714 - 1774)

Philippe Caffieri est certainement le plus important bronzier parisien du deuxième tiers du XVIIIe siècle. Frère du sculpteur Jean-Jacques Caffieri (1725-1792) et fils de Jacques Caffieri (1678-1755), « Sculpteur et ciseleur ordinaire du Roi », il s’associe avec son père en 1747, puis est reçu maître sculpteur en 1754 et devient membre de l’Académie de Saint-Luc.

Son père disparait l’année suivante, il reprend alors la direction de l’atelier familial situé rue Princesse et indemnise son frère pour le rachat du stock des modèles « rocaille » de l’atelier. Quelques mois plus tard, il fait enregistrer ses lettres de maîtrise de maître fondeur en terre et sable en tant que fils de maître.  Dans un premier temps, il continue l’esprit rocaille si cher à son père, puis commence à développer de nouveaux modèles néoclassiques. C’est notamment lui qui travaille sur le premier exemple de meuble antiquisant commandé par le riche financier Ange-Laurent Lalive de Jully ; puis, tout au long de sa carrière, Philippe Caffieri travaillera pour les plus grands amateurs parisiens de l’époque.