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Thématiques : Phases de la Lune

  • Robin
    Robert Robin (1741-1799)

    Rare pendule dite « pyramide » à méridienne mécanique et phases de lune en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni et tôle peinte

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    Paris, début de l’époque Louis XVI, datée 1774

    Hauteur49.2 cm Largeur26.5 cm Profondeur15 cm

    Provenance :

    Probablement commandée vers 1774 par Denis-Pierre-Jean Papillon de la Ferté, Intendant des Menus-Plaisirs du Roi.

    Sa vente à Paris, le 20 février 1797, lot 306.

    Comte de Bryas

    Collection de Madame Dubernet Douine.

    Sa vente, Paris, Hôtel Drouot, Maître Ader, les 15-16 mai 1946, lot 152.

    Collection Hubert de Saint-Senoch.

    Sa vente, Sotheby’s, Monaco, les 4-6 décembre 1983, lot 306.

     

    Bibliographie :

    Giacomo et Aurélie Wannenes, Les plus belles pendules françaises, De Louis XIV à l’Empire, Editions Polistampa, Florence, 2013, p.212 (illustrée).

    Elke Niehüser, Die Franzosische Bronzeuhr, Eine Typologie der figürlichen Darstellungen, Editions Callwey, Munich, 1997, p.252, fig.1082 (illustrée).

     

    Les deux cadrans annulaires émaillés blanc indiquent au travers un guichet les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes par une aiguille fixe surmontant la signature « Robin à Paris », la platine également signée et datée « 1774 » ; la partie haute trapézoïdale présente une méridienne mobile remontant sur un axe vertical débutant du solstice d’été jusqu’au solstice d’hiver et traversant les douze signes du zodiaque peints en tableautins polychromes ; la partie haute présente un orifice permettant de régler l’avance/retard ; la base propose une plaque sinueuse agrémentée d’un paysage en perspective permettant de lire l’âge et les phases de la lune. L’ensemble est renfermé dans une superbe caisse architecturée en forme d’obélisque pyramidal entièrement réalisé en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni et tôle peinte. L’amortissement est formé d’une sphère armillaire reposant sur un entablement cruciforme ceinturé d’acanthes supporté par une pyramide à angles à cannelures à asperges richement ornée sur ses faces latérales et à l’arrière de panneaux à trophées enrubannés relatifs aux Sciences et aux Arts, notamment les mathématiques et la musique, se détachant dans des réserves à fond amati ; le tout est ceinturé dans sa partie basse d’un bandeau en cavet à jeu de feuilles ponctuées de perles. L’ensemble est posé sur une base carrée à ressauts à cannelures à asperges, les côtés en consoles à acanthes et volutes, la façade à couronne d’olivier nouée d’un ruban et l’arrière à réserve à fond amati sur laquelle se détache également une couronne de branches d’olivier ou de laurier ; la plaque arrière s’ôtant à volonté pour accéder au mécanisme de l’horloge sonnant l’heure et les demi-heures. La base quadrangulaire à décrochements est soulignée d’une frise de feuilles d’eau, de dés à rosaces et de panneaux à motifs feuillagés à rinceaux. Enfin, quatre pieds en boules aplaties, partiellement recouvertes de feuilles d’eau, supportent l’horloge.

    Le XVIIIe siècle français est probablement la période des arts décoratifs européens au cours de laquelle les artisans firent preuve de la plus grande imagination. En effet, l’on assiste à un exceptionnel renouvellement des formes et des motifs et à l’invention de nouveaux modèles jusqu’alors absents du répertoire esthétique ou quasiment jamais utilisés. Dans le domaine de la création horlogère, particulièrement dans la seconde moitié du siècle, éléments d’architecture, femmes drapées « à l’antique », figures mythologiques, vases de tous types, animaux…servent de supports ou d’éléments ornementaux aux caisses contenant les mouvements élaborés par les meilleurs maîtres horlogers parisiens du temps. Le modèle des pendules de type « pyramide » ou « obélisque » fut créé à cette époque, il en existe une grande variété de compositions plus ou moins élaborées, parfois maintes fois répétées, parfois, comme il semble que ce soit le cas concernant la pendule que nous proposons, de modèle unique car spécialement réalisé à la demande d’un grand amateur parisien, collectionneur d’objets rares et curieux et d’horlogerie de luxe, en l’occurrence Denis-Pierre-Jean Papillon de la Ferté. En effet, la pendule que nous proposons est brièvement décrite dans l’inventaire après décès de ce collectionneur à la fin du mois de frimaire an IV : « Une petite pendule en pyramide représentant une méridienne avec phases de la lune dans la base, mouvement et sonnerie par Robin 1200 livres », puis fut proposée aux enchères quelques mois plus tard lors de la dispersion des collections du sieur Laferté (comprenez Papillon de la Ferté) : « 306. Une pendule en pyramide, représentant une méridienne mécanique, avec les phases de la lune, du même auteur (Robin) ».

     

    Denis-Pierre-Jean Papillon de la Ferté (18 février 1727, Châlons-en-Champagne – 7 juillet 1794, Paris), intendant et contrôleur de l’argenterie français des Menus plaisirs et affaires de la Maison du roi. Fils d’un président trésorier de France de la généralité de Champagne, lieutenant de la ville de Châlons et capitaine pour le roi à Châlons, il achète en 1756 pour 260 000 livres la charge d’intendant puis de commissaire des Menus-Plaisirs du Roi qu’il occupe jusqu’à 1792. Papillon de la Ferté porte le titre de commissaire du roi auprès de l’Académie de musique, où au cours des dix années, il propose de nombreux projets pour l’Opéra. Il écrit également beaucoup d’ouvrages, de lettres et de rapports qui sont conservés aux Archives nationales. Notamment, il publie en 1776 l’ouvrage « Extraits des différents ouvrages publiés sur la vie des peintres » en 2 volumes, qui sera réédité sous un pseudonyme M. P. D. L. F. en 1796. Ainsi, grâce à Adolphe Jullien, la vie de Denis-Pierre-Jean Papillon de la Ferté a été documentées dans divers articles, brochures ou livres sur l’Opéra au XVIIIe siècle, d’après ses lettres et ses papiers manuscrits conservés aux archives de l’Opéra et à la bibliothèque de la ville de Paris.

    Robert Robin (1741 - 1799)

    Robert Robin est l’un des plus importants horlogers parisiens du dernier tiers du XVIIIe siècle. Honoré des titres de Valet de Chambre-Horloger Ordinaire du Roi et de la Reine en 1783 et 1786, il eut une carrière hors du commun et se distingua par sa contribution exceptionnelle à l’amélioration des instruments de la mesure du temps.

    En 1778, l’Académie des Sciences approuva deux de ses inventions, dont l’une mena à la construction d’une pendule astronomique représentant une méridienne tracée sur une pyramide qui fut acquise par les Menus Plaisirs pour Louis XVI cette même année ; Robin publia une Description historique et mécanique très détaillée de cette pendule. Il créa également des régulateurs de cheminée à indications astronomiques et à balancier compensé, dont le marquis de Courtanvaux, homme de science et grand connaisseur d’horlogerie de précision, fut l’un des premiers acquéreurs. Au cours des troubles révolutionnaires, il réalisa des montres et des pendules à heure décimale. On le retrouve successivement Grande rue du faubourg Saint-Honoré (1772), rue des Fossés-Saint-Germain l’Auxerrois (1775), rue Saint-Honoré à l’Hôtel d’Aligre (1778) et aux Galeries du Louvre en 1786.

    Pour ses régulateurs de bureau, Robin fit le choix de boîtes architecturées d’une grande sobriété, qui nous paraissent aujourd’hui d’une remarquable modernité. Il collabora toujours avec les meilleurs artisans de son temps, parmi lesquels les bronziers ou ciseleurs Robert et Jean Baptiste Osmond, Pierre Philippe Thomire, François Rémond et Claude Galle, les ébénistes Jean-Henri Riesener, Ferdinand Schwerdfeger et Adam Weisweiler, les émailleurs Barbezat, Dubuisson, Merlet et Coteau pour les cadrans, et les Richard et Montginot pour les ressorts.

    Les deux fils de Robert Robin, Nicolas Robert (1775-1812) et Jean-Joseph (1781-1856), étaient également d’excellents horlogers et poursuivirent brillamment l’activité de l’atelier paternel.



    Jolly  -  Galle
    François-Pierre Jolly (?-après 1820)
    Claude Galle (1759-1815)

    Importante pendule de cheminée dite « le repos de Diane chasseresse » en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat ou à l’or bruni

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    Gaston Jolly

    Dans une caisse attribuée à Claude Galle

    Paris, époque Empire, vers 1805-1810

    Hauteur63 Largeur55 Profondeur15

    Le cadran annulaire émaillé blanc, signé « Gaston Jolly à Paris », indique les heures en chiffres romains, les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes, ainsi que les quantièmes du mois par trois aiguilles, dont deux en cuivre repercé et doré ; il renferme en son centre un médaillon peint marquant les phases de la lune, ainsi que son âge indiqué sur la bordure supérieure, l’ensemble se détachant au-dessus d’un paysage provençal en perspective centré d’une promeneuse sur un chemin, à l’arrière-plan une mer animée de voiliers. Le mouvement, à sonnerie des heures et des demi-heures, est renfermé dans une superbe caisse entièrement réalisée en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat ou à l’or bruni à figure mythologique représentant le repos de Diane chasseresse après la chasse. La lunette est soulignée de frises moletées à perles, entrelacs, canaux et voûtes simulées ; l’amortissement est formé d’une superbe figure sculpturale se présentant sous la forme de Diane, coiffée d’un diadème, vêtue « à l’antique », portant son carquois en bandoulière, tenant son arc dans sa main gauche et retenant le trophée de sa chasse sous la forme d’un cygne reniflé par un chien dressé sur ses pattes arrières ; la déesse est assise sur un enrochement traité « au naturel » présentant en son centre, sous le cadran, un groupe représentant un cerf couché et son faon. L’ensemble repose sur une base quadrangulaire à angles arrondis en décrochement richement agrémentée de motifs en applique ou réserve à décor, sur les côtés, de meutes de chiens chassant ou faisant curée et d’un panneau à sujet mythologique encadré de deux nymphes chevauchant des animaux marins, dont un hippocampe. Enfin, l’horloge est supportée par six pieds à bandeau moleté de croisillons centrés de perles.

    La qualité exceptionnelle de la dorure et de la ciselure de cette importante pendule de cheminée, ainsi que sa composition particulièrement élaborée, nous permettent de la situer parmi les modèles les plus aboutis des premières années du XIXe siècle et de rattacher la création du modèle à l’un des meilleurs bronziers parisiens du temps : Claude Galle. En effet, une pendule de dessin proche, reprenant une composition pyramidale et figurant Omphale au repos retenant la massue d’Hercule, porte la signature de ce bronzier alors installé rue Vivienne à Paris (illustrée dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.371, fig.5.13.19) ; L’horloge est également reproduite dans E. Niehüser, Die Französische Bronzeuhr, Eine Typologie der figürlichen Darstellungen, Munich, 1997, p.65, fig.92.

    François-Pierre Jolly (? - après 1820)

    François-Pierre Jolly, dit Gaston-Jolly, figure parmi les plus importants horlogers parisiens de la fin du XVIIIe siècle et des deux premières décennies du siècle suivant. Après son accession à la maîtrise, le 6 mai 1784, il ouvre son propre atelier rue de Arcis et rencontre immédiatement une grande notoriété auprès des amateurs parisiens d’horlogerie. Sous le Directoire et l’Empire, il créé de nombreux modèles de pendules recherchés aussi bien pour la qualité des mouvements, que pour l’originalité des compositions, et était mentionné, successivement rue Pavée Saint-Sauveur de 1810 à 1820, puis boulevard Poissonnière en 1820. Certaines de ses réalisations étaient décrites sous l’Empire chez certains grands collectionneurs du temps, notamment chez l’épouse de Charles-Philibert-Marie-Gaston de Lévis comte de Mirepoix et dans les collections de Bernard-Charles-Louis-Victor marquis de Lostanges, Chambellan de Napoléon.



    Claude Galle (1759 - 1815)

    L’un des plus éminents bronziers et fondeurs-ciseleurs de la fin de l’époque Louis XVI et l’Empire, Claude Galle est né à Villepreux près de Versailles. Il fait son apprentissage sous le fondeur Pierre Foy, épousant en 1784 la fille de Foy. En 1786 il devient maître fondeur. A la mort de son beau-père en 1788, Galle prend la direction de l’atelier, qui devient l’un des plus importants de Paris, employant, au plus haut de son activité, près de 400 artisans. Galle déplace l’atelier d’abord Quai de la Monnaie (plus tard Quai de l’Unité), puis, en 1805, 60 Rue Vivienne.

    Le garde-meuble de la couronne, sous la direction de sculpteur Jean Hauré de 1786-88, lui fait l’honneur de plusieurs commandes. Galle travailla avec beaucoup d’artisans remarquables, tels Pierre-Philippe Thomire ; il fournit la majorité des bronzes d’ameublement au Château de Fontainebleau pendant l’Empire. Il reçut de nombreuses commandes impériales, pour des lumières, boîtes de pendule, et vases pour les palais de Saint-Cloud, les Trianons, les Tuileries, Compiègne, et Rambouillet. Il fournit les palais italiens de Monte Cavallo à Rome et Stupinigi près de Turin.



    Martinet  -  Coteau
    Hubert Martinet
    Joseph Coteau (1740-1801)
    Jean-Baptiste Petit

    Exceptionnelle pendule astronomique de cheminée en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni et marbre blanc statuaire dit « de Carrare »

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    Attribuée à Hubert Martinet

    Commercialisée par Jean-Baptiste Petit

    Les émaux attribués à Joseph Coteau

    Paris, époque Louis XVI, vers 1775-1780

    Hauteur51 Largeur48.5 Profondeur13.2

    Le cadran principal émaillé blanc, signé « J. Bte Petit », indique les heures et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles en cuivre repercé et doré ; une troisième aiguille en acier poli-bleui précise les mois de l’année associés à leurs signes zodiacaux respectifs figurés dans une guirlande entrelacée fleurie et feuillagée courant sur la bordure extérieure ; deux cadrans circulaires auxiliaires, excentrés sur les côtés, indiquent pour l’un, les quantièmes du mois, pour l’autre, les jours de la semaine associés à leurs signes astrologiques respectifs, par deux aiguilles « dard » en acier poli-bleui ; un quatrième cadran, situé au-dessus du principal, marque les quatre saisons de l’année représentées sous l’apparence de quatre figures féminines polychromes allégoriques et est surmonté d’un dernier cadran émaillé bleu azur parsemé d’étoiles or indiquant l’âge et les phases de la lune. Le mouvement est renfermé dans une superbe caisse entièrement réalisée en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni et marbre blanc statuaire dit « de Carrare ». L’amortissement est formé d’un masque d’Apollon rayonnant ; les quatre cadrans principaux, ceinturés d’enfilages de perles, sont fixés sur une platine polylobée, soulignée de branchages de roses, sur laquelle se rattache une guirlande fleurie et feuillagée retenue par trois pastilles ;  les platines avant et arrière sont reliées par des pattes ornées d’urnes enflammées et enserrent la mécanique qui repose sur deux colonnes à cannelures foncées d’asperges à bases moulurées et chapiteaux à piédouches à tores godronnés. De part et d’autre, sont deux autres petites colonnes tronquées, également à cannelures à asperges et bases moulurées, supportant deux statuettes debout représentant pour l’une, une fillette légèrement drapée tenant des épis des blé, pour l’autre, un garçonnet portant une bandoulière. L’ensemble repose sur une base quadrangulaire, à terrasse à jeux de losanges brunis ou amatis, ceinturée de perles en enfilages et supportée par quatre pieds à frises de godrons.

    Bien que portant la signature de l’horloger Jean-Baptiste Petit, agissant ici en tant que marchand commercialisant la pendule sur le marché parisien, cette exceptionnelle horloge astronomique peut être sans aucun doute possible rattachée à la production de l’horloger Hubert Martinet, l’un des plus talentueux et énigmatiques artisans français de la seconde moitié du XVIIIe siècle. En effet, il semble que Martinet était propriétaire de ses propres modèles de pendules qu’il commercialisait aussi bien à Paris, qu’à Londres, ce qui permet d’identifier relativement facilement ses réalisations qui semblent s’être limitées à quelques modèles déclinés par l’horloger avec certaines variantes. Le modèle qui nous intéresse semble avoir été l’un de ceux qui rencontra le plus grand engouement auprès des grands amateurs d’horlogerie de luxe à cette époque et que Martinet conçut à quelques rares exemplaires, parmi lesquels nous pouvons citer particulièrement : une première pendule de ce type, conçue pour le marché anglais et portant deux thermomètres, l’un au mercure, l’autre à alcool, qui se trouvait anciennement sur le Marché de l’Art helvétique (illustrée dans D. Roberts, Continental and American Skeleton Clocks, Editions Schiffer, 1989, p.20-21, fig.9) ; un deuxième exemplaire, présentant des cadrans identiques mais de composition générale moins élaborée, est exposée dans le Salon des porcelaines du Musée des Arts décoratifs de Bordeaux (legs de Daniel Astruc en 1953 ; Inv. 53.9.14) ; enfin, une dernière pendule de ce type, également flanquée de deux figures allégoriques, mais en marbre blanc de Carrare, appartient aux collections du Musée des Arts et Métiers à Paris (numéro d’inventaire 01406-0000) ; de hauteur nettement mois importante (31 centimètres), elle présente un dessin général moins abouti, un décor de bronze nettement moins élaboré et porte la signature « Martinet London » sur deux médaillons émaillés sur la platine de façade.

    Concernant la signature de l’horloger Petit, elle se justifie par la connaissance de la mention par Geoffroy de Bellaigue d’un acte conservé aux Archives de la Seine près de Paris faisant état de la banqueroute de Martinet le 7 juin 1777 (voir The James A. de Rothschild at Waddesdon Manor, 1974, Volume I, p.141) . Nul doute que ce revers financier temporaire qui affecta Martinet à la fin des années 1770 entraîna la vente ou la cession d’une partie de son stock à certains de ses créanciers auprès de qui Martinet était endetté. Jean-Baptiste Petit eut donc très certainement l’opportunité d’acquérir la pendule que nous proposons à ce moment-là. Sa réalisation était de toute évidence terminée et l’horloger n’eut qu’à confier à un émailleur le soin d’apposer sa signature sur le cadran principal.

    Hubert Martinet

    Hubert Martinet est l’un des plus importants artisans parisiens du dernier tiers du XVIIIe siècle. Actif à Paris et à Londres à partir de 1768, il se distingue rapidement par son talent exceptionnel en créant quelques modèles de pendules parmi les plus élaborés de l’époque, notamment plusieurs modèles d’horloges-automates à figures de pachydermes dont un exemplaire spectaculaire, véritable chef-d’œuvre, appartient aux anciennes collections Rothschild à Waddesdon Manor, près de Londres (voir G. de Bellaigue, The James A. de Rothschild at Waddesdon Manor, Londres, 1974). Le fait que l’horloger commerçait ses pendules dans les deux plus importantes capitales européennes du temps suggère de sa part un sens aigu des affaires et une parfaite adaptation de son entreprise au désir des grands amateurs de l’époque. Toutefois, malgré une activité florissante, Martinet semble rencontrer quelques problèmes financiers à la fin des années 1770 et un inventaire de son fonds de commerce est dressé après banqueroute à Paris ; mais l’horloger continuera son activité jusque bien après la Révolution, puisque lors de son divorce au milieu des années 1790, il est toujours considéré comme horloger. Enfin, relevons que, bien plus qu’un simple artisan, Martinet est souvent cité en tant que « marchand-mercier » ou horloger, mais également en tant qu’inventeur et « artiste mécanicien », preuve que la personnalité de ce personnage et son véritable rôle dans le développement des arts décoratifs européens du dernier tiers du XVIIIe siècle reste encore à découvrir véritablement.



    Joseph Coteau (1740 - 1801)

    Joseph Coteau est le plus célèbre émailleur de son temps et collabora avec la plupart des grands horlogers parisiens de l’époque. Il était né à Genève, ville dans laquelle il devint maître peintre-émailleur de l’Académie de Saint Luc en 1766 ; puis il vint s’installer à Paris quelques années plus tard. A partir de 1772, jusqu’à la fin de sa vie, il est installé rue Poupée. Coteau laissa notamment son nom à une technique précieuse d’émaux en relief qu’il mit au point avec Parpette destinée au décor de certaines pièces de porcelaine de Sèvres et qu’il utilisa par la suite pour le décor des cadrans des pendules les plus précieuses ; décorés de ce décor si caractéristique, mentionnons notamment : une écuelle couverte et son plateau qui appartiennent aux collections du Musée national de la Céramique à Sèvres (Inv. SCC2011-4-2) ; ainsi qu’une paire de vases dits « cannelés à guirlandes » conservée au Musée du Louvre à Paris (parue dans le catalogue de l’exposition Un défi au goût, 50 ans de création à la manufacture royale de Sèvres (1740-1793), Musée du Louvre, Paris, 1997, p.108, catalogue n°61) ; et une aiguière et sa cuvette dites « de la toilette de la comtesse du Nord » exposées au Palais de Pavlovsk à Saint-Pétersbourg (reproduites dans M. Brunet et T. Préaud, Sèvres, Des origines à nos jours, Office du Livre, Fribourg, 1978, p.207, fig.250). Enfin, soulignons, qu’une pendule lyre de l’horloger Courieult en porcelaine bleue de Sèvres, le cadran signé « Coteau » et daté « 1785 », est conservée au Musée national du château de Versailles ; elle semble correspondre à l’exemplaire inventorié en 1787 dans les appartements de Louis XVI au château de Versailles (illustrée dans Y. Gay et A. Lemaire, « Les pendules lyre », in Bulletin de l’Association nationale des collectionneurs et amateurs d’Horlogerie ancienne, automne 1993, n°68, p.32C).



    Jean-Baptiste Petit

    Jean-Baptiste Petit est reçu maître horloger parisien en 1781.



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    Joseph Coteau (1740-1801)

    Exceptionnelle pendule squelette à complications à trois cadrans en bronze finement ciselé, moleté et doré à l’or mat ou à l’or bruni, émail et marbre blanc de Carrare

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    Le décor émaillé par Joseph Coteau

    France, époque Directoire, vers 1795

    Hauteur52 Largeur29 Profondeur15

    Elle présente un cadran principal annulaire émaillé blanc révélant en son centre une partie des rouages finement découpés du mécanisme et indiquant les heures, les minutes par tranches de quinze et les quantièmes du mois républicain gradués de 1 à 30 en chiffres arabes, par trois aiguilles, dont deux repercées en cuivre doré et une en acier bleui ; il marque également les jours de la semaine associés à leurs symboles astrologiques et bat les secondes par une trotteuse centrale. Un deuxième cadran annulaire émaillé blanc, disposé sous le précédent, désigne les mois de l’année avec l’indication du nombre de jours et est à riche décor de torches entrecroisées, branchages fleuris et feuillagés, fagot de blé et pampres de vigne relatifs aux quatre saisons de l’année. Un troisième et dernier cadran, disposé dans la partie haute de l’horloge, indique l’âge et les phases de la lune sur deux disques émaillés, l’un orné d’un médaillon ovalisé centré d’un autel « à l’antique ». Le mouvement est à roue de compte extérieure, à deux barillets et à suspension à couteau ; il va huit jours et sonne les heures et les demies-heures ; le balancier se termine par un superbe masque d’Apollon solaire disposé au centre de motifs rayonnants.

    Ces trois cadrans s’inscrivent dans une armature peinte sur émail fond bleu à décor or, argent ou translucide de fins rinceaux de feuillages en arabesques ponctués de fleurettes en perlé ; en façade, un cartouche cintré est signé « Ridel à Paris ». La pendule est richement ornée d’un décor de bronze finement ciselé, moleté ou doré à frises perlées, torsadées ou quadrillées. Les quatre arches en console renversée reposent sur de hauts fûts tronconiques à bases moulurées. L’ensemble est supporté par une base quadrangulaire en marbre blanc de Carrare soulignée d’une fine baguette à enfilage de perles et olives alternées et agrémentée en façade d’une réserve à panneau figurant une frise de putti dans le goût de Clodion. Enfin, cinq pieds toupies à frises moletées supportent l’horloge.

    C’est véritablement dans la dernière décennie du XVIIIe siècle qu’apparaissent les premiers modèles de pendules dites « squelettes », dont la particularité est de présenter une composition épurée avec un cadran principal annulaire laissant entrevoir aussi bien la beauté des mouvements et des rouages, que la complexité des mécanismes élaborés par les meilleurs horlogers européens, principalement parisiens. Cette nouvelle esthétique découlait d’une part, de l’admiration des amateurs d’horlogerie pour les exceptionnels progrès techniques effectués depuis le milieu du XVIIIe siècle, d’autre part, d’une certaine désaffection des collectionneurs pour les pendules à sujets représentant toute sorte de personnages allégoriques ou inspirés de la mythologie classique grecque et romaine. La pendule que nous proposons fut réalisée dans ce contexte particulier, sa luxueuse composition est caractéristique des meilleures réalisations françaises du milieu de la dernière décennie du XVIIIe siècle.

    Parmi les rares horloges connues réalisées dans le même esprit, citons notamment : une première pendule à quatre cadrans qui appartient aux collections royales espagnoles (voir J. Ramon Colon de Carvajal, Catalogo de Relojes del Patrimonio nacional, Madrid, 1987, p.95, catalogue n°78) ; ainsi qu’une deuxième conservée dans une collection privée et reproduite dans le catalogue de l’exposition La Révolution dans la mesure du Temps, Calendrier républicain heure décimale 1793-1805, Musée international d’Horlogerie, La Chaux-de-Fonds, 1989, p.58, catalogue n°19 ; un troisième modèle, signé « Folin l’aîné à Paris », appartient aux collection du Getty Museum de Malibu (illustré dans G. Wilson et C. Hess, Summary Catalogue of European Decorative Arts in the J. Paul Getty Museum, Los Angeles, 2001, p.74, fig.145) ; une quatrième pendule de ce type, le cadran signé « Laguesse à Liège » et les émaux de Joseph Coteau datés 1796, est exposée au Palais de Pavlovsk à Saint Pétersbourg (voir E. Ducamp, Pavlovsk, Les Collections, 1993, p. 186, pl. 17) ; enfin, mentionnons particulièrement une dernière pendule de modèle quasiment identique à celle que nous proposons ; elle porte également la signature de Laurent Ridel, ses émaux de Joseph Coteau sont datés 1796 et elle indique les quantièmes républicains ; elle est conservée au Musée François Duesberg à Mons (parue dans Musée François Duesberg, Arts décoratifs 1775-1825, Bruxelles, 2004, p.103).

    Laurent Ridel

    Laurent Ridel, l’un des plus importants horlogers parisiens de la fin du XVIIIe siècle et des premières années du siècle suivant, signait ses œuvres de la mention « Ridel à Paris ». Bien que la date d’enregistrement de ses lettres de maîtrise nous est inconnue, nous savons qu’il installa son atelier rue aux Ours et qu’il connut immédiatement une grande notoriété auprès des amateurs parisiens d’horlogerie de luxe. A l’instar des meilleurs horlogers parisiens de son temps, Ridel fit appel aux meilleurs artisans pour réaliser les caisses de ses pendules en collaborant notamment avec les bronziers Feuchère, Denière et Deverberie, avec les émailleurs Coteau et Merlet et en faisant appel à Monginot l’aîné pour les ressorts. Il se composa rapidement une riche clientèle parmi laquelle figuraient notamment Jean-Marie Chamboissier, le bijoutier Louis-Nicolas Duchesne et Mesdames de France, filles de Louis XV, pour lesquelles Ridel livra une pendule en 1789 destinée à leur château de Bellevue.



    Joseph Coteau (1740 - 1801)

    Joseph Coteau est le plus célèbre émailleur de son temps et collabora avec la plupart des grands horlogers parisiens de l’époque. Il était né à Genève, ville dans laquelle il devint maître peintre-émailleur de l’Académie de Saint Luc en 1766 ; puis il vint s’installer à Paris quelques années plus tard. A partir de 1772, jusqu’à la fin de sa vie, il est installé rue Poupée. Coteau laissa notamment son nom à une technique précieuse d’émaux en relief qu’il mit au point avec Parpette destinée au décor de certaines pièces de porcelaine de Sèvres et qu’il utilisa par la suite pour le décor des cadrans des pendules les plus précieuses ; décorés de ce décor si caractéristique, mentionnons notamment : une écuelle couverte et son plateau qui appartiennent aux collections du Musée national de la Céramique à Sèvres (Inv. SCC2011-4-2) ; ainsi qu’une paire de vases dits « cannelés à guirlandes » conservée au Musée du Louvre à Paris (parue dans le catalogue de l’exposition Un défi au goût, 50 ans de création à la manufacture royale de Sèvres (1740-1793), Musée du Louvre, Paris, 1997, p.108, catalogue n°61) ; et une aiguière et sa cuvette dites « de la toilette de la comtesse du Nord » exposées au Palais de Pavlovsk à Saint-Pétersbourg (reproduites dans M. Brunet et T. Préaud, Sèvres, Des origines à nos jours, Office du Livre, Fribourg, 1978, p.207, fig.250). Enfin, soulignons, qu’une pendule lyre de l’horloger Courieult en porcelaine bleue de Sèvres, le cadran signé « Coteau » et daté « 1785 », est conservée au Musée national du château de Versailles ; elle semble correspondre à l’exemplaire inventorié en 1787 dans les appartements de Louis XVI au château de Versailles (illustrée dans Y. Gay et A. Lemaire, « Les pendules lyre », in Bulletin de l’Association nationale des collectionneurs et amateurs d’Horlogerie ancienne, automne 1993, n°68, p.32C).



    Isabel & Délas  -  Coteau
    Isabel et Délas
    Joseph Coteau (1740-1801)

    Rare pendule squelette émaillée à trois cadrans en bronze finement ciselé ou doré et marbre blanc de Carrare

    Pendule190_04

    « Isabel & Délas »

    Le décor émaillé attribué à Joseph Coteau

    France, époque Directoire, vers 1795

    Hauteur61 Largeur31.3 Profondeur14.8

    Elle présente un cadran principal annulaire émaillé blanc à bordure émaillée bleue étoilée, révélant une partie des rouages finement découpés du mécanisme et indiquant les heures en chiffres romains, les graduations des minutes et le quantième du mois républicain gradué de 1 à 30 en chiffres arabes, par trois aiguilles, dont deux repercées en bronze doré et une en acier bleui. Un deuxième cadran émaillé blanc, centré d’un disque émaillé bleu, est disposé sous le précédent et désigne les jours de la semaine par une aiguille en acier bleui. Un troisième et dernier cadran, disposé dans la partie haute de l’horloge, indique l’âge et les phases de la lune sur deux disques émaillés. Le mouvement est à roue de compte extérieure, à deux barillets et à suspension à couteau ; il va huit jours et sonne les heures et les demies-heures sur un timbre ; le balancier se termine par un superbe masque d’Apollon solaire disposé au centre de motifs rayonnants.

    Ces trois cadrans s’inscrivent dans une armature peinte sur émail fond bleu à décor or ou argent de fins rinceaux de feuillages, guirlandes fleuries, tigettes entrelacées de rubans et rosaces centrées de cabochons verts ; un cartouche à côtés rentrants est signé « Isabel & Délas à Rouen ». La pendule est richement ornée d’un décor de bronze finement ciselé et doré : à l’amortissement, est une urne enflammée à anses détachées agrémentée d’une fleur de lys en applique ; l’armature est décorée de moulures moletées, de branchages de laurier à graines et de deux branches d’olivier enrubannés, et repose sur deux consoles inversées supportées par des bornes, à chapiteaux et bases à angles évidés, ornées de masques de Mercure ; l’horloge est posée sur une base quadrangulaire en marbre blanc statuaire soulignée d’une baguette à enfilage de perles et agrémentée en façade d’une réserve à panneau figurant une frise à course alternée de palmettes et de tigettes stylisées. Enfin, l’ensemble est supporté par quatre pieds toupie moletés à frises de godrons.

    C’est véritablement dans la dernière décennie du XVIIIe siècle qu’apparaissent les premiers modèles de pendules dites « squelettes », dont la particularité est de présenter une composition épurée avec un cadran principal annulaire laissant entrevoir aussi bien la beauté des mouvements et des rouages, que la complexité des mécanismes élaborés par les meilleurs horlogers européens, principalement parisiens. Cette nouvelle esthétique découlait d’une part, de l’admiration des amateurs d’horlogerie pour les exceptionnels progrès techniques effectués depuis le milieu du XVIIIe siècle, d’autre part, d’une certaine désaffection des collectionneurs pour les pendules à sujets représentant toute sorte de personnages allégoriques ou inspirés de la mythologie classique grecque et romaine. La pendule que nous proposons fut réalisée dans ce contexte particulier, sa luxueuse composition est caractéristique des meilleures réalisations françaises du milieu de la dernière décennie du XVIIIe siècle.

    Parmi les rares horloges connues realisées dans le meme esprit, citons notamment : une première pendule à quatre cadrans qui appartient aux collections royales espagnoles (voir J. Ramon Colon de Carvajal, Catalogo de Relojes del Patrimonio nacional, Madrid, 1987, p.95, catalogue n°78) ; ainsi qu’une deuxième, les émaux par Joseph Coteau, qui est conservée au Musée François Duesberg à Mons (parue dans Musée François Duesberg, Arts décoratifs 1775-1825, Bruxelles, 2004, p.103); une troisième, exposée au Musée Carnavalet à Paris, est reproduite dans le catalogue de l’exposition La Révolution dans la mesure du Temps, Calendrier républicain heure décimale 1793-1805, Musée international d’Horlogerie, La Chaux-de-Fonds, 1989, p.95 ; un quatrième modèle, signé « Folin l’aîné à Paris », appartient aux collection du Getty Museum de Malibu (illustré dans G. Wilson et C. Hess, Summary Catalogue of European Decorative Arts in the J. Paul Getty Museum, Los Angeles, 2001, p.74, fig.145) ; enfin, mentionnons particulièrement une dernière pendule de ce type, le cadran signé « Laguesse à Liège » et les émaux de Joseph Coteau datés 1796, qui est exposée au Palais de Pavlovsk à Saint Pétersbourg (voir E. Ducamp, Pavlovsk, Les Collections, 1993, p. 186, pl. 17).

    Isabel et Délas

    Cette signature correspond à l’association de Monsieur Isabel, horloger actif à Rouen à la fin du XVIIIe siècle, qui pourrait être également le nommé Isabelle qui exposa en 1802 un système de compensation des effets de température sur la marche des horloges et des pendules, et de Jacques Délas, horloger né à Rouen en 1752 et dont le mariage est mentionné dans cette même ville une quarantaine d’années plus tard (voir Tardy, Dictionnaire des horlogers français, Paris, 1971, p.170 et 318).



    Joseph Coteau (1740 - 1801)

    Joseph Coteau est le plus célèbre émailleur de son temps et collabora avec la plupart des grands horlogers parisiens de l’époque. Il était né à Genève, ville dans laquelle il devint maître peintre-émailleur de l’Académie de Saint Luc en 1766 ; puis il vint s’installer à Paris quelques années plus tard. A partir de 1772, jusqu’à la fin de sa vie, il est installé rue Poupée. Coteau laissa notamment son nom à une technique précieuse d’émaux en relief qu’il mit au point avec Parpette destinée au décor de certaines pièces de porcelaine de Sèvres et qu’il utilisa par la suite pour le décor des cadrans des pendules les plus précieuses ; décorés de ce décor si caractéristique, mentionnons notamment : une écuelle couverte et son plateau qui appartiennent aux collections du Musée national de la Céramique à Sèvres (Inv. SCC2011-4-2) ; ainsi qu’une paire de vases dits « cannelés à guirlandes » conservée au Musée du Louvre à Paris (parue dans le catalogue de l’exposition Un défi au goût, 50 ans de création à la manufacture royale de Sèvres (1740-1793), Musée du Louvre, Paris, 1997, p.108, catalogue n°61) ; et une aiguière et sa cuvette dites « de la toilette de la comtesse du Nord » exposées au Palais de Pavlovsk à Saint-Pétersbourg (reproduites dans M. Brunet et T. Préaud, Sèvres, Des origines à nos jours, Office du Livre, Fribourg, 1978, p.207, fig.250). Enfin, soulignons, qu’une pendule lyre de l’horloger Courieult en porcelaine bleue de Sèvres, le cadran signé « Coteau » et daté « 1785 », est conservée au Musée national du château de Versailles ; elle semble correspondre à l’exemplaire inventorié en 1787 dans les appartements de Louis XVI au château de Versailles (illustrée dans Y. Gay et A. Lemaire, « Les pendules lyre », in Bulletin de l’Association nationale des collectionneurs et amateurs d’Horlogerie ancienne, automne 1993, n°68, p.32C).



    Ridel  -  Coteau
    Laurent Ridel
    Joseph Coteau (1740-1801)

    Rare pendule squelette en bronze finement ciselé et doré, émail et marbre blanc de Carrare

    APF_Pendule148_07

    Le décor émaillé attribué à Joseph Coteau (1740-1801)

    Paris, époque Directoire, vers 1795

    Hauteur53 Largeur28 Profondeur12

    Elle présente un cadran principal annulaire émaillé blanc qui laisse apparaître une partie des rouages du mécanisme finement découpés et indique les heures, les minutes par tranches de quinze et les quantièmes du mois en chiffres arabes par quatre aiguilles, dont deux repercées en bronze doré et deux en acier bleui ; il marque également, sur sa bordure intérieure, les jours de la semaine et leurs signes astrologiques respectifs. Un deuxième cadran, disposé sous le précédent, désigne les mois de l’années associés à leurs signes du zodiaque par une aiguille en acier poli, dite “oeil de perdrix”. Un troisième et dernier cadran, disposé dans la partie haute de l’horloge, indique l’âge et les phases de la lune sur un disque émaillé orné d’une lune peinte en grisaille se détachant sur un ciel bleu étoilé. Le cadran principal de type squelette révèle en son centre le mouvement, à roue de compte extérieure, à deux barillets, à échappement à chevilles et suspension à couteau, allant huit jours et sonnant les heures et les demies-heures sur un timbre ; le balancier se termine par un superbe masque d’Apollon solaire au centre de motifs rayonnants.

    Ces trois cadrans s’inscrivent dans une armature peinte sur émail fond bleu nuit à fins branchages fleuris dorés agrémentée de quatre médaillons ovalisés, dont deux sont peints de colombes et de couronnes de roses, tandis que les deux autres figurent des scènes paysagées au thème de Vénus et Cupidon ; au centre, le tablier porte la signature de l’horloger “Ridel à Paris”. La pendule est richement ornée d’un décor de bronze finement ciselé et doré : à l’amortissement, Jupiter est représenté sous la forme d’un aigle aux ailes déployées tenant des foudres dans ses serres ; l’armature est décorée de cornes d’abondance, de frises à canaux soulignées d’enfilages de perles, de guirlandes fleuries et feuillagées, de rosaces et de palmettes stylisées ou festonnées, et repose sur une base quadrangulaire en marbre blanc statuaire agrémentée de panneaux, dont celui de la façade représente une frise de chérubins dans des nuées inspirée des œuvres du sculpteur Clodion. Enfin, l’ensemble est supporté par quatre pieds toupie moletés et dorés.

    Parmi les rares horloges connues réalisées dans le même esprit, citons notamment : une première pendule squelette, les émaux réalisés par Joseph Coteau, qui est conservée de nos jours dans les collections du Musée des Arts Décoratifs de Paris (illustrée dans Tardy, Les Plus Belles Pendules Françaises, 1994, p. 206, pl. XLII) ;  ainsi qu’un deuxième exemplaire également signé “Ridel à Paris”, avec émaux de Joseph Coteau datés 1796 et une frise similaire dans le gout de Clodion, qui appartient aujourd’hui aux collections du Musée François Duesberg à Mons (reproduite dans Pierre Kjellberg, Encyclopédie de la Pendule Française du Moyen Age au XXe Siècle, 1997, p. 319, pl. B); un troisième modèle est paru dans Johann Willsberger, Clocks and Watches, 600 Years of the World’s Most Beautiful Timepieces, 1975; enfin, mentionnons particulièrement une dernière pendule de ce type, le cadran signé Laguesse à Liège et les émaux de Joseph Coteau datés 1796, qui est exposée au Palais de Pavlovsk à Saint-Pétersbourg (E. Ducamp, Pavlovsk, Les Collections, 1993, p. 186, pl. 17).

    Laurent Ridel

    Laurent Ridel, l’un des plus importants horlogers parisiens de la fin du XVIIIe siècle et des premières années du siècle suivant, signait ses œuvres de la mention « Ridel à Paris ». Bien que la date d’enregistrement de ses lettres de maîtrise nous est inconnue, nous savons qu’il installa son atelier rue aux Ours et qu’il connut immédiatement une grande notoriété auprès des amateurs parisiens d’horlogerie de luxe. A l’instar des meilleurs horlogers parisiens de son temps, Ridel fit appel aux meilleurs artisans pour réaliser les caisses de ses pendules en collaborant notamment avec les bronziers Feuchère, Denière et Deverberie, avec les émailleurs Coteau et Merlet et en faisant appel à Monginot l’aîné pour les ressorts. Il se composa rapidement une riche clientèle parmi laquelle figuraient notamment Jean-Marie Chamboissier, le bijoutier Louis-Nicolas Duchesne et Mesdames de France, filles de Louis XV, pour lesquelles Ridel livra une pendule en 1789 destinée à leur château de Bellevue.



    Joseph Coteau (1740 - 1801)

    Joseph Coteau est le plus célèbre émailleur de son temps et collabora avec la plupart des grands horlogers parisiens de l’époque. Il était né à Genève, ville dans laquelle il devint maître peintre-émailleur de l’Académie de Saint Luc en 1766 ; puis il vint s’installer à Paris quelques années plus tard. A partir de 1772, jusqu’à la fin de sa vie, il est installé rue Poupée. Coteau laissa notamment son nom à une technique précieuse d’émaux en relief qu’il mit au point avec Parpette destinée au décor de certaines pièces de porcelaine de Sèvres et qu’il utilisa par la suite pour le décor des cadrans des pendules les plus précieuses ; décorés de ce décor si caractéristique, mentionnons notamment : une écuelle couverte et son plateau qui appartiennent aux collections du Musée national de la Céramique à Sèvres (Inv. SCC2011-4-2) ; ainsi qu’une paire de vases dits « cannelés à guirlandes » conservée au Musée du Louvre à Paris (parue dans le catalogue de l’exposition Un défi au goût, 50 ans de création à la manufacture royale de Sèvres (1740-1793), Musée du Louvre, Paris, 1997, p.108, catalogue n°61) ; et une aiguière et sa cuvette dites « de la toilette de la comtesse du Nord » exposées au Palais de Pavlovsk à Saint-Pétersbourg (reproduites dans M. Brunet et T. Préaud, Sèvres, Des origines à nos jours, Office du Livre, Fribourg, 1978, p.207, fig.250). Enfin, soulignons, qu’une pendule lyre de l’horloger Courieult en porcelaine bleue de Sèvres, le cadran signé « Coteau » et daté « 1785 », est conservée au Musée national du château de Versailles ; elle semble correspondre à l’exemplaire inventorié en 1787 dans les appartements de Louis XVI au château de Versailles (illustrée dans Y. Gay et A. Lemaire, « Les pendules lyre », in Bulletin de l’Association nationale des collectionneurs et amateurs d’Horlogerie ancienne, automne 1993, n°68, p.32C).



    Laurent
    Laurent

    Pendule squelette avec quantièmes révolutionnaires en bronze doré, émail et marbre

    Pendule336-07_HD_WEB

    Paris, époque Louis XVI, vers 1793-1794

    Hauteur 41 cm, largeur 27 cm, profondeur 14 cm

    Hauteur41 Largeur27 Profondeur14

    Une pendule squelette en bronze doré, émail et marbre blanc, à trois cadrans, de la fin de la période Louis XVI, allant huit jours, signée Laurent à Paris sur l’arche. Le cadran principal, en émail blanc avec lunette bordée de perles en bronze doré, a des chiffres arabes peints en noir pour les heures et minutes, des chiffres arabes peints en rouge pour la date extérieure, et les jours de la semaine du calendrier révolutionnaire peints en émail rouge sur le bord intérieur; les aiguilles ajourées des heures et minutes sont en bronze doré et les index des secondes et des quantièmes sont en acier bleui. Le mouvement squelette, visible par le cadran ajouré, avec un petit échappement Graham et une suspension à couteau, sonne les heures et les demies sur un timbre, avec roue de compte extérieur. Au-dessus du cadran principal, un cadran auxiliaire indique les phases et l’âge de la lune, surmonté d’un nœud rubané, avec une lune peinte en émail sur un ciel bleu nuit étoilé, le secteur des jours du mois lunaire numéroté en bleu de 1 à 29 ½. Sous l’arche, un cadran auxiliaire en émail blanc indique les mois du calendrier grégorien peints en noir et ceux du calendrier révolutionnaire peints en rouge.  Le balancier est présenté sous forme de masque d’Apollon. L’armature, ornée de plaques décoratives en émail bleu avec étoiles dorées peintes, repose sur quatre pieds boule aplatis; la base rectangulaire en marbre blanc est montée de perles en bronze doré, avec une frise ajourée de feuilles et de baies sur les quatre côtés. Le tout repose sur quatre pieds toupie.

    Des pendules squelette comparables sont illustrées dans Pierre Kjellberg, Encyclopédie de la Pendule Française du Moyen Age au XXe Siècle, 1997, p. 319, pl. C and G. Une pendule comparable, avec calendrier révolutionnaire, est dans le musée Carnavalet de Paris ; une autre, signée “Ridel à Paris”, est dans le musée François Duesberg Museum de Mons.

    La mode des pendules squelettes a débuté sous le règne de Louis XVI. Ce type de pendule met l’accent sur le mouvement, qui reste visible plutôt que d’être dissimulé dans une caisse. Plusieurs facteurs ont contribué à la popularité des pendules squelettes : d’abord la plus grande précision et régularité des mouvements, ce qui incite les horlogers à les montrer; et deuxièmement, la préférence pour des boîtes plus délicates et frêles, en contraste avec les caisses des époques Louis XV et du début de l’époque Louis XV, plus massives. L’aspect éthéré de ces pendules était encore accentué par leur décor en émail polychrome plutôt qu’en bronze ciselé.

    Laurent

    Laurent était un horloger actif pendant la deuxième partie du XVIIIème siècle.



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