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Paliard  -  Vion
François Vion (vers 1737-après 1790)

Important cartel d’applique « à l’antique » en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni

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Dans une caisse attribuée à François Vion

Paris, début de l’époque Louis XVI, vers 1775

Hauteur68 Largeur34

Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « J.C. Paliard A Paris », indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes par deux aiguilles en cuivre repercé, gravé et doré. Le mouvement, à sonnerie des heures et des demi-heures, est renfermé dans une superbe caisse néoclassique entièrement réalisée en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni. L’amortissement est orné d’une cassolette « à la grecque », rythmée d’un tore de laurier et de réserves brettées, reposant sur quatre montants en consoles à enroulements, les prises en têtes de bélier et le couvercle à godrons terminé par une graine. La cassolette repose sur un entablement à fronton cintré agrémenté de rosaces, d’un ruban noué à un anneau et flanqué de feuilles de refend. Les côtés de la caisse sont à décor de panneaux quadrangulaires à entrelacs centrés d’oves sur lesquels se rattachent deux larges rosaces turbinées recevant des guirlandes de feuilles et graines de laurier. La partie basse est décorée d’oves, joncs rubanés, feuilles d’acanthe…enfin, le culot prend la forme d’une large console à double enroulement orné d’un bandeau de feuilles d’eau stylisées et se termine par un bouquet d’acanthes.

La composition originale et particulièrement architecturée de cet important cartel d’applique est plus ou moins directement influencée par certains projets d’ornemanistes français de la seconde moitié du XVIIIe siècle désireux de renouveler totalement les schémas et motifs des arts décoratifs parisiens en s’inspirant librement des modèles antiques, notamment grecs et particulièrement romains ; ce nouvel esprit antiquisant, dit « néoclassique », est à l’origine de la création de certains des plus grands chefs-d’œuvre des arts décoratifs français et plus largement européens.

Le cartel que nous proposons s’inscrit dans ce contexte particulier et présente une exceptionnelle qualité de ciselure et de dorure qui témoigne de la virtuosité du bronzier qui créa le modèle dans les premières années du règne de Louis XVI : François Vion. En effet, bien que non signé dans le bronze par cet artisan, nous connaissons un dessin préparatoire de ce cartel tiré d’un album commercial de dessins conservé à l’Institut national d’Histoire de l’Art à Paris précisant que François Vion commercialisait ce modèle pour la somme considérable de 376 livres (voir H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I Munich, 1986, p.179, fig.3.7.4).

Jean-Claude Paliard

Jean-Claude Paliard est un horloger parisien, reçu maître en 1776.



François Vion (vers 1737 - après 1790)

L’un des plus importants bronziers parisiens de la seconde moitié du XVIIIe siècle, il est reçu maître fondeur en 1764. Confrère et concurrent des Osmond et de Jean-Joseph de Saint-Germain, il se spécialisa dans la création de caisses de pendules dont plusieurs modèles portent sa signature, particulièrement les exemplaires dits « Vénus et l’Amour » et « L’Amour et les trois Grâces ».