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Rémond
François Rémond (vers 1747-1812)

Rare pendule allégorique en marbre blanc de Carrare et bronze doré

« Education de Vénus à l’Amour »

Pendule194_07

Caisse attribuée au bronzier François Rémond

Paris, fin de l’époque Louis XVI – début de l’époque Directoire, vers 1788-1795

Hauteur61,5 cm Largeur46 cm Profondeur16,5 cm

La composition architecturée de cette pendule sommée d’un groupe allégorique illustre l’aboutissement des recherches esthétiques entreprises à partir du milieu du XVIIIe siècle par les horlogers et les bronziers parisiens. Son cadran circulaire émaillé indique les heures, les minutes et la date révolutionnaire en chiffres arabes, et est inscrit dans une borne en marbre blanc statuaire à deux demi-colonnes cannelées ornées de chutes de feuilles et de fruits et décorées de motifs d’asperges en bronze ciselé et doré qui flanquent une plaque ornée d’une scène en bas-relief illustrant deux putti s’enlaçant, l’un tenant un arc, l’autre brandissant un carquois enflammé. La base en marbre blanc est également soulignée de motifs de bronze doré à décor de quartefeuilles et d’une frise figurant un paysage animé d’amours représentés dans diverses attitudes. Le sommet de la pendule est orné d’un groupe sur des nuées figurant une jeune femme drapée tournée vers un enfant ailé tenant un arc : allégorie de l’Education de Vénus à l’Amour, symbolique gravée sur le livre ouvert qui les sépare. L’ensemble repose sur six pieds en forme de toupie.

Cette pendule, d’une exceptionnelle qualité d’exécution, ne fut que très rarement déclinée au XVIIIe siècle. La caisse a clairement été réalisée sous le règne de Louis XVI, très probablement par le grand maître fondeur François Rémond, à en juger par la qualité du ciselage. Le cadran a sans doute été le dernier élément à être conçu pour cette pendule : en effet, les 30 jours indiqués sur le cadran attestent que le calendrier révolutionnaire était en vigueur à l’époque de sa création.

Parmi les exemplaires identiques répertoriés, citons particulièrement : un premier modèle, provenant du legs du baron Basile de Schlichting, qui porte la signature de l’émailleur Dubuisson et qui appartient aux collections du musée du Louvre à Paris (illustré dans D. Alcouffe, A. Dion-Tenenbaum et G. Mabille, Les bronzes d’ameublement du Louvre, Dijon, 2004, p. 204, catalogue n° 103) ; ainsi qu’un second, retiré en 1804 de l’hôtel parisien du général Moreau, qui porte la signature de l’horloger Aubert l’aîné et qui est conservé au musée national du château de Fontainebleau (reproduit dans J-P. Samoyault, Musée national du château de Fontainebleau, Pendules et bronzes d’ameublement entrés sous le Premier Empire, RMN, Paris, 1989, p. 48, catalogue n° 3).

François Rémond (vers 1747 - 1812)

François Rémond est, à l’instar de Pierre Gouthière, l’un des plus importants artisans ciseleurs-doreurs parisiens du dernier tiers du XVIIIe siècle. Il débute son apprentissage en 1763 et obtient ses lettres de maîtrise en 1774. Immédiatement son talent lui permet de se composer une riche clientèle parmi laquelle figuraient notamment certaines personnalités de la Cour. Mais surtout François Rémond, par l’intermédiaire du marchand-mercier Dominique Daguerre, participe à l’ameublement de la plupart des grands collectionneurs de la fin du XVIIIe siècle en fournissant des caisses de pendules, des chenets, des candélabres…toujours d’une très grande qualité d’exécution et aux compositions particulièrement raffinées et novatrices qui firent sa notoriété.