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Ladouèpe du Fougerais

Important lustre à douze lumières en bronze finement ciselé et doré et cristaux de la Manufacture du Mont-Cenis

APF_Lustre007_04

Très certainement réalisé sous la supervision de Benjamin-François Ladouèpe du Fougerais

Paris, époque Empire, vers 1810

Hauteur140 Diamètre80

Le lustre que nous proposons, de modèle dit « corbeille », présente une composition caractéristique des meilleures créations parisiennes des premières décennies du XIXe siècle. Sa structure en bronze doré est richement décorée de motifs néoclassiques : la partie supérieure dite « lampadaire » est formée d’un plateau circulaire, à frise moletée rythmée de cabochons, surmonté de têtes de Zéphyr supportant de larges palmettes stylisées et retenant la tige centrale sur laquelle vient se fixer le culot ciselé de palmettes et de pommes de pin, et terminé par une graine stylisée fixée par un anneau à frise d’entrelacs. La partie médiane, retenue à la tige par des baguettes curvilignes et au culot par des consoles en brandons enflammés à cannelures et palmettes, forme une importante couronne, soulignée de boucliers hexagonaux en applique centrés de foudres enrubannés sur fonds amatis et flanqués de motifs feuillagés, supportant de larges palmettes et sur laquelle viennent se rattacher les douze bras de lumière en forme de cornes à jeu de feuilles et rosaces terminées par des mufles de lion. L’ensemble du lustre est richement agrémenté d’éléments en cristal de la Manufacture du Mont-Cenis taillés en facettes ou en baïonnettes.

Ce type de luminaires, qui décline les créations des dernières années du XVIIIe siècle et perpétue les subtils jeux de lumière chers aux grands amateurs, connaîtra un exceptionnel engouement sous l’Empire. La qualité de sa ciselure et l’originalité du modèle et de certains de ses motifs, particulièrement les têtes de Zéphyr, suggèrent l’intervention d’un personnage de tout premier rang, certainement Benjamin-François Ladouèpe du Fougerais, entrepreneur et propriétaire de la Manufacture de cristaux du Mont-Cenis qui était l’une des plus importantes pourvoyeuses de luminaires destinés aux châteaux et palais sous l’Empire et sous la Restauration.

Parmi les rares exemplaires répertoriés livrés par Ladouèpe du Fougerais au Garde-Meuble impérial et réalisés dans le même esprit, mentionnons particulièrement : deux modèles, l’un livré en 1809 pour le Salon de Napoléon au Grand Trianon, l’autre en 1810 pour le Salon de famille du même palais, respectivement illustrés dans P. Arrizoli-Clémentel et J-P. Samoyault, Le mobilier de Versailles, Chefs-d’œuvres du XIXe siècle, Editions Faton, Dijon, 2009, p.247, et dans D. Ledoux-Lebard, Le Grand Trianon, Meubles et objets d’art, RMN, Paris, 1975, p.89 ; ainsi qu’un troisième lustre conservé au Mobilier national à Paris (paru dans M-F. Dupuy-Baylet, L’Heure, Le Feu, La Lumière, Les bronzes du Mobilier national 1800-1870, p.210, catalogue n°116) ; enfin, citons un dernier exemplaire, livré en 1810 pour le Petit Trianon, qui est reproduit dans D. Ledoux-Lebard, Versailles, Le Petit Trianon, Le mobilier des inventaires de 1807, 1810 et 1839, Paris, 1989, p.95.

Ladouèpe du Fougerais (1766 - 1821)

Benjamin-François Ladouèpe du Fougerais est un homme politique et entrepreneur français, actif sous l’Empire et au début de la Restauration. Propriétaire de la Manufacture de cristaux du Mont-Cenis, il devint député de Vendée en 1811 et entra au Conseil du Ministre des manufactures et du commerce. Honoré du titre de Chevalier de l’Empire en 1813, il reçut le 16 juin 1818 le titre de baron par le gouvernement royal.