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Pafrat
Jean-Jacques Pafrat (vers 1720-1793)

Importante commode en acajou et placage d’acajou flammé, marbre blanc veiné gris dit « de Carrare », laiton et bronze très finement ciselé ou moleté et doré

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Estampillée par Jean-Jacques Pafrat

« ébéniste parisien reçu maître le 3 septembre 1785 »

 

Paris, époque Louis XVI, vers 1785

Hauteur88 cm Largeur131 cm Profondeur62 cm

SIGNATURE : Estampille « J. Pafrat » sur le bois sous le plateau en marbre

Réalisée en acajou et placage d’acajou flammé, elle s’ouvre par trois larges tiroirs, dont deux sans traverse et repose sur des pieds fuselés ; de forme rectangulaire, elle présente des montants arrondis, une ceinture haute et des pieds fuselés, l’ensemble rythmé de cannelures foncées de laiton. Elle est agrémentée d’une ornementation de bronze très finement ciselé ou moleté et doré à décor d’entrées de serrures feuillagées ou en ovales à drapés enrubannés, mains de tirage en joncs retenus par des cordelettes à passementerie, encadrements à feuilles d’eau et tigettes alternées, frise d’oves et dards, enfin, des bagues moletées et des sabots moulurés soulignent le dessin des quatre pieds. Elle supporte un plateau de marbre mouluré blanc veiné gris dit « de Carrare », qui cache la signature « J. Pafrat » estampillée sur le bois.

La composition équilibrée de cette rare commode repose notamment sur son décor de bronze peu abondant et parfaitement disposé, ainsi que sur la qualité des feuilles d’acajou méticuleusement sélectionnées par l’artisan en meubles qui la réalisa au milieu des années 1780 : Jean-Jacques Pafrat. Cet ébéniste renommé développa son propre style en créant des meubles au dessin puissant et épuré, le plus souvent en placage d’acajou. Parmi les meubles de Pafrat réalisés dans cet esprit, nous connaissons notamment : un bureau plat à un rang de quatre tiroirs aux lignes sobres qui est illustré dans Comte François de Salverte, Les ébénistes du XVIIIe siècle, Leurs œuvres et leurs marques, Editions de F. de Nobele, Paris, 1985, planche LII) ; ainsi que deux commodes, l’une étroite, l’autre plus large, dont les tiroirs supérieurs sont soulignés de bandeaux en frises ajourées (voir J. Nicolay, L’art et la manière des maîtres ébénistes français au XVIIIe siècle, Editions Pygmalion, Paris, 1982, p.351) ; enfin, citons un ensemble, formé d’une commode et d’un secrétaire en acajou rehaussé de filets d’ébène, qui fut saisi en 1793 dans l’ameublement du duc d’Orléans au château du Raincy et appartient de nos jours aux collections du Musée national du château de Versailles (illustré dans A. Pradère, French Furniture Makers, The Art of the Ebeniste from Louis XIV to the Revolution, 1989, p.423, figs.522-523).

Jean-Jacques Pafrat (vers 1720 - 1793)

Jean-Jacques Pafrat figure parmi les plus importants ébénistes parisiens de la fin du règne de Louis XVI. En septembre 1785, après l’enregistrement de ses lettres de maîtrise, il installe son atelier rue de Charonne. En pleine ascension, la carrière de l’artisan est stoppée par la Révolution, ce qui explique une production rare, cependant toujours de très grande qualité. Son estampille apposée à côté de celle de Martin Carlin sur quelques meubles a pu faire penser à une collaboration entre les deux artisans ; toutefois, il convient de relever que Pafrat obtint sa maîtrise l’année du décès de Carlin, ainsi, il semble plus logique de supposer que Pafrat acheva ces meubles après le décès de Carlin, de toute évidence en achetant une partie de son stock.



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