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François-Joseph Hartmann

Horloger

(actif vers 1793 - 1830)

Très certainement d’origine suisse, François-Joseph Hartmann occupe une place particulière dans l’horlogerie parisienne. Son patronyme, peu répandu à Paris, se retrouve toutefois dans quelques actes notariés de la fin du XVIIIe siècle ou des premières décennies du siècle suivant ; ainsi la notoriété du décès de Henriette Hartmann, fille du négociant bernois Jean-Rodolphe Hartmann et de Marguerite Wagner, est mentionnée en juillet 1790 (Archives nationales, Minutier Central des notaires, Etude XLVII/432) ; tandis que l’inventaire après décès de l’ébéniste Jean-Georges Hartmann est dressé dans la capitale quelques années plus tard (Archives nationales, Minutier Central des notaires, Etude LXXXVII/1423/A).

L’horloger est quant à lui peu connu des documents de l’époque ; la première mention apparaît dans un sous-bail à loyer d’une durée de six ans et trois mois pour un logement composé d’une boutique, d’une arrière-boutique, d’une chambre et d’une cave, passé entre Edme-Pierre Seguin et François-Joseph Hartemann, horloger, et sa femme Marie-Louise Guitarde, alors demeurant rue de Vannes (MC/ET/IX/843, 27 vendémiaire an II) ; une vingtaine d’années plus tard, dans un acte du 23 juillet 1814,  son nom apparaît au moment de l’achat d’un fonds d’hôtel garni au 54, rue Neuve Saint-Eustache, pour un montant de 9500 francs ; à cette époque, il est qualifié de « propriétaire », signifiant qu’il a cessé temporairement son activité d’horloger (MC/ET/IV/1033) ; enfin, les mariages de ses deux enfants, Louise-Thérèse et Jean-François, sont célébrés respectivement le 5 novembre 1825 paroisse Saint-Eustache, puis le 27 septembre 1832 dans le quartier Bonne Nouvelle.

Vers 1820, c’est-à-dire après le retour de la Monarchie, Hartmann ré-ouvre un atelier au 25, rue du Grand-Hurleur et reprend son activité d’horloger ; à cette époque, il est mentionné notamment dans le Bulletin de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale lors de la séance générale du 27 avril 1825 comme l’auteur de « Deux belles pendules en bronze doré, à plusieurs cadrans, indiquant les secondes, quantièmes, le cours des astres… » ; puis, l’année suivante, il apparaît dans la « Liste générale par ordre alphabétique, des membres composant la Société d’encouragement pour l’industrie nationale à l’époque du 1er janvier 1826 suivie de celle de ses correspondants étrangers » ; enfin, en 1827, le 10e tome de la « Revue britannique ou choix d’articles traduits des meilleurs écrits périodiques de la Grande Bretagne » mentionne longuement son ouvrage « Le Tems vrai et le Tems moyen » résumant la cause de l’irrégularité apparente des montres et des pendules réglées sur le temps vrai.

Ainsi, sa carrière peut être divisée en deux périodes, de 1793 à 1805, puis de 1820 à 1830 ; la première partie étant de toute évidence la plus brillante. C’est au cours de cette douzaine d’années qu’il conçoit des mouvements à complications renfermés dans des caisses originales, souvent uniques, preuve de sa collaboration avec les meilleurs artisans parisiens de l’époque. De nos jours, parmi les rares pendules répertoriées de l’horloger, citons particulièrement : un premier exemplaire, formant régulateur de bureau à calendrier annuel, qui est reproduit P. Heuer et K. Maurice, European Pendulum Clocks, Decorative Instruments of Measuring Time, Munich, 1988, p.64, figs.106-107 ; ainsi qu’un deuxième, de forme architecturée à faisceaux de licteurs et emblèmes maçonniques, qui est illustré dans J-D. Augarde, Les ouvriers du Temps, La pendule à Paris de Louis XIV à Napoléon Ier, p.78, fig.48 ; enfin, un dernier modèle, à cinq cadrans et figures allégoriques, est paru dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age à nos jours, Paris, 1997, p.400. Quant à la pendule que nous proposons, qui correspond très certainement à celle présentée à l’Exposition de 1801, elle peut être considérée comme le chef-d’œuvre de Hartmann et illustre la quintessence de l’horlogerie parisienne de la dernière décennie du XVIIIe siècle.

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