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Thématiques : Animalier

  • Lepaute  -  Osmond
    Jean-André et Jean-Baptiste Lepaute
    Robert Osmond (1711-1789)

    Rare pendule-vase néoclassique en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou l’or bruni

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    Mouvement signé par Jean-Baptiste Lepaute

    Dans une caisse attribuée à Robert Osmond

    Paris, époque Transition Louis XV-Louis XVI, vers 1770

    Hauteur46,5 cm Largeur19 cm ProfondeurBase 19,8 cm x 19,8 cm

    Elle indique, sur des cartouches émaillés, les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes sur deux cadrans tournants superposés rythmés de motifs en losanges centrés de quartefeuilles. Le mouvement est renfermé dans une caisse néoclassique sous la forme d’un vase balustre entièrement réalisée en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni. L’amortissement est formé d’une pomme de pin autour de laquelle s’enroule la queue d’un serpent dont la tête se termine en dard servant de marqueur horaire. Les anses détachées « à la grecque » se rattachent aux prises latérales en mufles de lion tenant des anneaux mobiles dans leurs gueules. La panse moulurée est encadrée d’une frise d’entrelacs dans sa partie haute et de larges feuilles d’eau en bouquet ceinturant le culot dans sa partie basse ; le piédouche évasé est souligné d’une bague et d’un tore de lauriers enrubannés. L’ensemble repose sur une plinthe carrée, proposant l’ajustement de l’avance/retard, décorée de larges guirlandes de lauriers retenues par des rubans noués et supportée par un tronçon de colonne à cannelures foncées d’asperges, l’une dissimulant le trou de remontage ; la base en cavet est encadrée de joncs noués et tore de lauriers ; enfin, un contre-socle quadrangulaire, à terrasse à angles en réserves amaties et portant la signature « Lepaute », supporte l’ensemble de la composition.

    Le modèle des pendules en forme de vase « à l’antique » fut créé à Paris dans les premières années de la seconde moitié du XVIIIe siècle et connut immédiatement un immense succès auprès des grands amateurs du temps. Il permettait d’intégrer à l’œuvre un cadran à cercles tournants particulièrement élégant qui rompait avec la tradition des cadrans circulaires émaillés, jugés par certains collectionneurs trop classiques. De nos jours, de nombreux modèles de pendules de ce type sont connus, mais seuls quelques-uns offrent un dessin parfaitement harmonieux et équilibré tel l’exemplaire présenté. Ainsi, pour des exemples de pendules-vases réalisées dans le même goût que celle que nous proposons, voir notamment : un premier modèle, en forme de vase sur colonne tronquée, réalisé par le fondeur Robert Osmond et l’horloger Lepaute en 1770, qui est illustré dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Band I, Editions Klinkhardt & Biermann, Munich, 1986, p. 194 ; ainsi qu’un deuxième qui fait partie des collections du Musée des Arts Décoratifs à Paris (voir P. Jullian, Le style Louis XVI, Editions Baschet et Cie, Paris, 1983, p.121, fig.4) ; enfin,  mentionnons particulièrement une dernière pendule de ce type qui est conservée au Musée du Petit Palais à Paris parue dans Tardy, La pendule française, Des origines à nos jours, 2ème partie : Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1974, p. 289, fig.3.

    Jean-André et Jean-Baptiste Lepaute

    « Lepaute Horloger du Roi à Paris »: Cette signature correspond à la collaboration de deux frères, Jean-André Lepaute (1720-1789) et Jean-Baptiste Lepaute (1727-1802), tous deux nommés horlogers du Roi et qui connurent une carrière hors du commun.

    Jean-André, né à Thonne-la-Long en Lorraine, vint à Paris en tant que jeune homme et fut rejoint par son frère en 1747. Leur entreprise, créée de fait en 1750, fut formellement fondée en 1758. Reçu maître par la corporation des horlogers en 1759, Jean-André fut d’abord logé au Palais du Luxembourg and ensuite, en 1756, aux Galeries du Louvre. Jean-André Lepaute a écrit un Traité d’Horlogerie, publié à Paris in 1755. Un petit volume, Description de plusieurs ouvrages d’horlogerie apparut en 1764. En 1748 il épousa la mathématicienne et l’astronome Nicole-Reine Etable de la Brière, qui prédit, entre autres, le retour de la comète Halley.

    Jean-Baptiste Lepaute, reçu maître en décember 1776, fut connu pour l’horloge à équation du temps qu’il construisit pour l’Hôtel de ville de Paris (1780, détruite par l’incendie de 1871) et celle de l’Hôtel des Invalides.

    Ils travaillèrent notamment, en France, pour le Garde-Meuble de la Couronne et les plus grands amateurs de l’époque, à l’étranger, pour le prince Charles de Lorraine et la reine Louise-Ulrique de Suède.

    Jean-Baptiste reprit la direction de l’atelier lors de la retraite de son frère Jean-André en 1775.



    Robert Osmond (1711 - 1789)

    Le bronzier Robert Osmond nait à Canisy, près de Saint-Lô ; il fait son apprentissage dans l’atelier de Louis Regnard, maître fondeur en terre et en sable, devenant maître bronzier à Paris en 1746. On le trouve d’abord rue des Canettes, paroisse St Sulpice, et dès 1761, dans la rue de Mâcon. Robert Osmond devient juré de sa corporation, s’assurant ainsi une certaine protection de ses droits de créateur. En 1753 son neveu quitte la Normandie pour le rejoindre, et en 1761, l’atelier déménage dans la rue de Macon. Le neveu, Jean-Baptiste Osmond (1742-après 1790) est reçu maître en 1764 ; après cette date, il travaille avec son oncle ; leur collaboration fut si étroite qu’il est difficile de distinguer entre les contributions de l’un et de l’autre. Robert Osmond prend sa retraite vers 1775. Jean-Baptiste, qui continue de diriger l’atelier après le départ de son oncle, connaît bientôt des difficultés ; il fait faillite en 1784. Son oncle Robert meurt en 1789.

    Bronziers et ciseleurs prolifiques, les Osmond pratiquaient les styles Louis XV et néoclassiques avec un égal bonheur. Leurs œuvres, appréciées à leur juste valeur par les connaisseurs de l’époque, furent commercialisées par des horlogers et des marchands-merciers. Bien qu’ils aient produit toutes sortes de bronzes d’ameublement, y compris des chenets, des appliques et des encriers, aujourd’hui ils sont surtout connus pour leurs caisses de pendules, comme par exemple celle qui représente le Rapt d’Europe (Musée Getty, Malibu, CA,) dans le style Louis XV, et deux importantes pendules néoclassiques, dont il existe plusieurs modèles, ainsi qu’un vase à tête de lion (Musée Condé de Chantilly et le Cleveland Museum of Art) et un cartel avec rubans ciselés (exemples dans le Stockholm Nationalmuseum et le Musée Nissim de Camondo de Paris). Une pendule remarquable, ornée d’un globe, des amours, et d’une plaque en porcelaine de Sèvres (Louvre, Paris) compte également parmi leurs œuvres importantes.

    D’abord voués au style rocaille, au début des années 1760 ils ont adopté le nouveau style néoclassique, dont ils devinrent bientôt les maîtres. Ils fournirent des boîtes aux meilleurs horlogers de l’époque, y compris Montjoye, pour lequel ils créèrent des boîtes de pendules de cartonnier et de pendules colonne ; la colonne étant l’un des motifs de prédilection de l’atelier Osmond.



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    Mouvement signé par Joseph Mignolet

    Dans une caisse attribuée à Jean-Simon Deverberie (1764-1824)

    Paris, époque Directoire-Consulat, vers 1800

    Hauteur48 cm Largeur38,5 cm Profondeur15 cm

    Bibliographie :

    Dominique et Chantal Fléchon, « La pendule au nègre », in Bulletin de l’association nationale des collectionneurs et amateurs d’horlogerie ancienne, printemps 1992, n°63, p.27-49.

     

    Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Mignolet à Paris », indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles en bronze gravé ou repercé ; il s’inscrit dans une caisse entièrement réalisée en bronze finement ciselé, doré ou patiné. La lunette est agrémentée de fines frises stylisées ou perlées ; l’amortissement est formé d’une superbe figure féminine représentant une jeune chasseresse noire assise vêtue d’un pagne de plumes, portant un carquois à empennages de flèches en bandoulière, les cheveux crêpelés ceints d’un bandeau et les yeux en verre traités « au naturel » ; elle porte des bijoux tels que colliers, anneaux, pendentifs d’oreille rouges et bracelets de chevilles et tient une flèche dans sa main droite et un arc dans l’autre main ; elle pose son pied gauche sur une tortue à la carapace finement ouvragée, tandis que, du côté opposé, est une lionne assise sur son postérieur tournant la tête vers le personnage. L’ensemble repose sur une haute base architecturée à doucine soulignée de guirlandes fleuries et feuillagées retenues par des rubans, d’une frise d’enfilage de perles et d’une scène en applique représentant de jeunes enfants nus s’adonnant notamment à la chasse et à la pêche. Enfin, six pieds finement ouvragés de frises moletées supportent l’horloge.

    Avant la fin du XVIIIe siècle, le noir constitue rarement un thème décoratif pour les créations horlogères françaises et plus largement européennes. C’est véritablement à la fin de l’Ancien Régime, plus précisément dans la dernière décennie du XVIIIe siècle et dans les premières années du siècle suivant, qu’apparaissent les premiers modèles de pendules dites « au nègre » ou « au sauvage ». Elles font écho à un courant philosophique développé dans quelques grands ouvrages littéraires et historiques, notamment Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre publié en 1787 qui dépeint l’innocence de l’Homme, Atala de Chateaubriand qui restaure l’idéal chrétien et surtout le chef-d’œuvre de Daniel Defoe publié en 1719 : Robinson Crusoé. Le dessin original de la pendule proposée, titré « l’Afrique », fut déposé par le fondeur-ciseleur parisien Jean-Simon Deverberie en An VII (illustré dans Dominique et Pascal Flechon, « La pendule au nègre », dans Bulletin de l’association nationale des collectionneurs et amateurs d’horlogerie ancienne, printemps 1992, n°63, p.32, photo n°2).

    Parmi les exemplaires de pendules connues de composition identique, mentionnons notamment : un premier modèle,  le cadran signé « Gaulin à Paris », qui est reproduit dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.381, fig.5.15.25 ; ainsi qu’un deuxième modèle avec variante, puisque la figure repose sur une arche, qui est illustré dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age à nos jours, Paris, 1997, p.350 ; enfin, citons particulièrement un dernier exemplaire, le cadran signé « Ridel », qui appartient aux collections du Musée François Duesberg à Mons (reproduit dans le catalogue de l’exposition « De noir et d’or, Pendules « au bon sauvage », Musées Royaux d’Art et d’Histoire, Bruxelles, 1993).

    Joseph Mignolet ou Mignonet

    Joseph Mignolet ou Mignonet fut reçu Maître Horloger en 1786 rue Saint Honoré.

     



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    Jean-Simon Deverberie figure parmi les plus importants bronziers parisiens de la fin du XVIIIe siècle et des deux premières décennies du siècle suivant. Marié avec Marie-Louise Veron, il semble que cet artisan se soit quasi exclusivement spécialisé dans un premier temps dans la création de pendules, de flambeaux et de candélabres, ornés de figures exotiques, particulièrement de personnages africains ; en effet, il déposa vers 1800 de nombreux dessins préparatoires de pendules dites « au nègre », notamment les modèles dits « l’Afrique », « l’Amérique » et « Indien et Indienne enlacés » (les dessins sont conservés de nos jours au Cabinet des Estampes à la Bibliothèque nationale à Paris). Il installa son atelier successivement rue Barbette à partir de 1800, rue du Temple vers 1804, enfin, rue des Fossés du Temple entre 1812 et 1820.



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    « Fol à Paris »

    L’arrière de la base insculpée : S. GERMAIN

    Paris, époque Louis XV, vers 1750

    Hauteur50 Largeur38 Profondeur16

    Le cadran circulaire émaillé indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes par deux aiguilles en cuivre ciselé, repercé et doré. Il est renfermé dans une caisse entièrement réalisée en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat. Le mouvement, dont la platine arrière est signée « Fol à Paris », est inscrit dans une boite circulaire agrémentée de guirlandes fleuries et feuillagées et surmontée, à l’amortissement, d’un putti ailé, assis sur un drapé et un enrochement, qui tient une tablette dans sa main gauche et lève un cadran rayonnant de l’autre main ; la lunette ceinturant la vitre est ouvragée de joncs soulignés de feuilles d’acanthe, tandis que le mouvement est protégé à l’arrière par une plaque en cuivre à motifs découpés de branchages feuillagés animés de fleurettes ; l’ensemble est harnaché sur le dos d’une superbe figure d’éléphant, campé sur ses quatre pattes et représenté la trompe levée et la gueule ouverte dans l’attitude du barrissement ; le pachyderme repose sur une base contournée à décor rocaille composé de crosses, d’enrochements et feuillages stylisés, d’enroulements et de motifs ondés.

    Le milieu du XVIIIe siècle est une période particulièrement féconde pour les arts décoratifs français. En effet, tout était mis en œuvre pour assister à l’émergence de talents exceptionnels et pour attirer les meilleurs artistes et artisans européens de l’époque désireux de travailler pour les grands collectionneurs parisiens. La pendule que nous proposons fut réalisée dans ce contexte particulier. Sa composition originale, formée d’un animal exotique, en l’occurrence un éléphant, est révélatrice de l’extraordinaire attrait que suscitaient les contrées asiatiques, américaines et africaines, auprès d’une clientèle de riches amateurs français fascinés par les mystères dévoilés le plus souvent par les récits de voyageurs et par les gravures tirées d’ouvrages sur ces terres lointaines.

    Dans le domaine particulier de l’horlogerie, l’on assista rapidement à l’intégration de ces motifs « exotiques », ce qui aboutit vers le milieu du XVIIIe siècle à la création de luxueuses pendules dont les mouvements, supportés par des éléphants, des rhinocéros ou des lions, étaient surmontés d’échassiers, de singes, d’Indiens ou de putto ailés. Citons notamment une pendule à l’éléphant surmontée d’un singe, tenant à l’origine une ombrelle, qui appartient aux collections royales espagnoles (parue dans J. Ramon Colon de Carvajal, Catalogo de Relojes del Patrimonio nacional, Madrid, 1987, p.23, catalogue n°4) ; ainsi qu’une deuxième de même modèle qui fait partie de la célèbre collection des princes de Hesse au château de Fasanerie à Fulda (illustrée dans le catalogue de l’exposition Gehäuse der Zeit, Uhren aus fünf Jahrhunderten im Besitz der Hessischen Hausstiftung, 2002, p.59) ; enfin, mentionnons un modèle « au rhinocéros » surmonté d’un jeune Indien qui est illustré dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age au XXe siècle, Les éditions de l’Amateur, Paris, 1997, p.129.

    La composition de l’exemplaire que nous proposons, due au bronzier Jean-Joseph de Saint-Germain, rencontra un grand succès auprès des grands collectionneurs parisiens du XVIIIe siècle. De nos jours, parmi les rares modèles identiques connus, parfois reposant sur des bases renfermant des boîtes à musique, mentionnons notamment : une première pendule, le cadran de « Moisy à Paris » et la base insculpée « St Germain », qui se trouvait anciennement à la Galerie Caroll à Munich (voir R. Mühe et Horand M. Vogel, Horloges anciennes, Manuel des horloges de table, des horloges murales et des pendules de parquet européennes, Fribourg, 1978, p.107, n°131, et H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.123, fig.2.8.3) ; ainsi que deux exemplaires passés en vente aux enchères : l’un, provenant de la collection de Florence J. Gould, a été vendu chez Sotheby’s, à Monaco, le 25 juin 1984, lot 715, l’autre, ayant appartenu au comte François de Salverte, a été proposé sur le marché de l’art à Dijon en novembre 1997 ; citons également deux pendules de ce type qui sont conservées dans les collections publiques françaises ou belges : la première, le cadran signé « Viger à Paris », a été offerte par les princes de Ligne au Trésor de la Cathédrale de Tournai (illustrée dans P. Verlet, Les bronzes dorés français du XVIIIe siècle, Editions Picard, Paris, 1999, p.192, fig.219) ; la seconde, dépourvue de son cadran d’origine, a été acquise par le Garde-meuble impérial en 1865 pour le Château de Fontainebleau (reproduite dans Tardy, La pendule française, Ire Partie : De l’Horloge gothique à la Pendule Louis XV, 1967, p.173). Enfin, soulignons particulièrement qu’une pendule, très certainement de modèle identique, fut prisée 108 livres dans l’inventaire après décès de la duchesse de Brancas en 1784 : « Une pendule en cartel du nom de Jean-Baptiste Baillon montée sur un éléphant surmontée d’un petit amour ».

    Fol

    La signature « Fol à Paris » semble correspondre à Jean Fol, l’un des plus célèbres horlogers du règne de Louis XV actif à Paris dans le deuxième tiers du XVIIIe siècle. Sa carrière est relativement méconnue, toutefois certaines de ses pendules sont répertoriées dès la seconde moitié du XVIIIe siècle chez de grands amateurs parisiens, notamment chez Antoine-Pierre Maussion de Montbré, Claude-Louis comte de Saint-Germain et Antoine-Louis Rouillé comte de Jouy. Vers la fin des années 1760 ou le début de la décennie suivante, il semble laisser la direction de l’atelier familial à son fils, Jean II, dit « Fol fils », qui recevra le titre de Valet de Chambre-Horloger Ordinaire du Roi. Enfin, il est intéressant de relever qu’en 1767, au moment de l’inventaire après décès de la veuve du puissant comte de Peyre, deux montres, l’une signée « Fol père », l’autre « Fol fils », étaient prisées dans l’acte notarié.



    Jean-Joseph de Saint-Germain (1719 - 1791)

    Est probablement le plus célèbre bronzier parisien du milieu du XVIIIe siècle. Actif à partir de 1742, il est reçu maître en juillet 1748. Il est surtout connu pour la création de nombreuses caisses de pendules et de cartels qui firent sa notoriété, notamment le cartel dit à la Diane chasseresse (voir un exemplaire conservé au Musée du Louvre), la pendule supportée par deux chinois (voir un modèle de ce type aux Musée des Arts décoratifs de Lyon), ainsi que plusieurs pendules à thématiques animalières, essentiellement à éléphants et rhinocéros (exemple au Musée du Louvre). Vers le début des années 1760, il joue également un rôle primordial dans le renouveau des arts décoratifs parisiens et dans le développement du courant néoclassique, en réalisant notamment la pendule dite au génie du Danemark sur un modèle d’Augustin Pajou pour Frédéric V du Danemark (1765, conservée à l’Amalienborg de Copenhague). Saint-Germain crée plusieurs pendules inspirées par le thème de l’Etude, sur un modèle de Louis-Félix de La Rue (exemples au Louvre, à la Fondation Gulbenkian, Lisbonne, et au Musée Metropolitan de New York).

    Parallèlement à ses créations horlogères, Saint-Germain réalise également de nombreux bronzes d’ameublement – y compris chenets, appliques, et candélabres – en faisant toujours preuve de la même créativité et démontrant ses talents exceptionnels de bronzier. Il se retire des affaires en 1776.