search icon

Époques : Autre

  • K.P.M  -  Escher
    Wilhelm Escher

    Important vase royal en porcelaine polychrome au portrait et aux armoiries de Frédéric de Hohenzollern

    APF_Vases005_04

    Königliche Porzellan Manufaktur dite « K.P.M »

    Le médaillon au portrait princier signé par Wilhelm Escher

    Allemagne, Manufacture royale de Berlin, daté 1868

    Hauteur82 Largeur56

    Provenance :

    Probablement offert en cadeau diplomatique par le roi Guillaume Ier de Prusse à l’un de ses homologues européens.

     

    De forme ovoïde, ce superbe vase présente un décor sur fond bleu lapis composé de deux médaillons circulaires centrés de motifs royaux et ceinturés de bordures dorées agrémentées d’une frise de feuilles et graines d’olivier ponctuées de pastilles et d’une frise de godrons, ou cannelures simulées, rythmée de cartouches à volutes. La face principale représente un paysage sur lequel se détache au premier plan le buste de Frédéric de Hohenzollern, futur roi de Prusse et empereur d’Allemagne, en grand uniforme et portant l’ensemble de ses ordres de chevalerie tels que l’écharpe de Grand Croix de l’Aigle noir, le collier de l’Annonciade, les croix de chevalier des ordres de Marie-Thérèse d’Autriche et de l’Aigle rouge…ce décor trouve son pendant sur l’autre face du vase sur laquelle se détache, sur fond blanc, l’aigle prussien sous couronne royale entouré du grand collier de l’Ordre de l’Aigle noir. Le col, souligné d’enfilage de perles dans sa partie inférieure, ainsi que le piédouche évasé, sont ornés de bandeaux de feuilles de chêne dorées mat sur un fond bruni ; tandis que la lèvre est ornée d’une frise de feuilles stylisées travaillées selon la même technique mat-bruni. La panse du vase est rehaussée de deux anses en bronze très finement ciselé à décor de rinceaux, de feuillages et de fleurettes. Enfin, l’ensemble repose sur une base carrée dont les faces simulent des réserves dans des encadrements quadrangulaires.

    Fondée sous l’impulsion de Frédéric le Grand vers le milieu du XVIIIe siècle, la Manufacture royale de porcelaine de Berlin, dite « K.P.M », va devenir en l’espace de quelques décennies l’une des principales rivales de la Manufacture de Meissen. Dès 1764, elle emploie près de 400 artisans et le roi décide de patronner activement sa production en achetant de nombreux vases et services en porcelaine destinés à être offert à ses amis proches ou en cadeaux diplomatiques aux princes et souverains étrangers. Au XIXe siècle, ses successeurs conserveront cette coutume en commandant régulièrement des pièces exceptionnelles.

    Le vase spectaculaire que nous proposons fut certainement réalisé à ce dessein. Son décor, de qualité exceptionnelle, est totalement dédié à la gloire et à la personnalité politique de Frédéric de Hohenzollern (1831-1888), fils de Guillaume Ier de Prusse (1797-1888), l’un des princes les plus importants de cette période. De son véritable nom, Frédéric-Guillaume-Nicolas-Charles de Hohenzollern, il accède tardivement au pouvoir, mais cela ne l’empêche pas de jouer un rôle majeur dans certaines crises politiques et militaires, notamment au moment des guerres austro-prussienne et franco-allemande. Marié en 1858 avec la princesse Victoria du Royaume-Uni, il épouse ses idées progressistes et démontre souvent son opposition au règlement militaire des conflits européens. Partisan d’une grande Allemagne unifiée, son règne, trop bref, l’empêche de faire aboutir son projet.

    Wilhelm Escher

    Wilhelm Escher est un peintre sur porcelaine actif dans la seconde moitié du XIXe siècle.



    Dans la même catégorie
    Sèvres

    Rare paire de vases en porcelaine dure à décor or sur fond blanc dits « Vases Médicis troisième grandeur à têtes de Jupiter »

    Vases011-02_BD_MAIL

    Manufacture de Sèvres

    D’après un modèle de l’architecte Alexandre-Théodore Brongniart

    Marques : S48 encadré en vert pour « Sèvres 1848 »

    Sèvres, Manufacture de porcelaine, Seconde République, 1848

    Hauteur42.2 Diamètre31

    Les vases sont de forme dite « Médicis », composition classique héritée du célèbre vase en marbre pentélique en forme de cratère en cloche qui appartenait à la Renaissance italienne à cette célèbre famille de banquiers florentins. Ils sont en porcelaine dure de Sèvres à fond blanc élégamment décoré de motifs feuillagés ou arabesques en or ; les anses ou prises sont en forme de mascarons en têtes de Jupiter à cornes de bélier surmontés de chapiteaux composites à larges feuilles de refend. Les cols sont soulignés d’une frise alternée de feuillages finement tracés entre deux liserés, les parties basses des panses sont rythmées de bandeaux d’arabesques à fleurons, palmettes stylisées ou rinceaux feuillagés et les culots sont agrémentés de courses de crosses à enroulements et rosettes, motifs que l’on retrouve également sur les piédouches terminés par des tores unis ; enfin, l’ensemble repose sur des bases quadrangulaires à terrasses à écoinçons ornés de palmettes.

    La forme particulièrement élégante des vases que nous proposons est très certainement la composition la plus appréciée et la plus déclinée dans les arts décoratifs français, et plus largement européens, appliqués aux vases ornementaux à partir de la Renaissance italienne jusqu’au XIXe siècle. Dès les dernières décennies du XVIIIe siècle, la Manufacture de porcelaine de Sèvres, alors manufacture royale, s’inspira directement du modèle Médicis ; puis, avec l’avènement de Napoléon et de l’Empire, cette même manufacture, alors devenue manufacture impériale, va développer ce modèle de vases Médicis en y apportant une variante particulièrement réussie. En effet, en 1806, le célèbre architecte Alexandre-Théodore Brongniart (1739-1813) dessina ce nouveau type de vases pour la manufacture en y adaptant des prises en têtes de Jupiter, superbe modèle qui sera suivi pendant plusieurs décennies à la manufacture, notamment jusqu’en 1848, année de la création des vases que nous proposons.

    De nos jours, parmi les rares exemplaires connus de ce modèle, citons notamment : un premier vase livré en juillet 1811 pour les appartements du Petit Trianon (paru dans D. Ledoux-Lebard, Le Petit Trianon, Le mobilier des inventaires de 1807, 1810 et 1839, Paris, 1989, p.98) ; une paire de plus petites dimensions qui fut livrée pour le Mobilier de la Couronne en 1818 et appartient de nos jours aux collections du Château de Fontainebleau (illustrée dans B. Chevallier, Musée national du Château de Fontainebleau, Les Sèvres de Fontainebleau, porcelaines, terres vernissées, émaux, vitraux (pièces entrées de 1804 à 1904), RMN, Paris, 1996, p.74, catalogue n°46) ; une deuxième paire est conservée dans une collection particulière (voir le catalogue de l’exposition Imperial & Royal, L’âge d’or de la porcelaine de Sèvres, Galerie Aveline, Paris, 2016, p.184, fig.5) ; enfin, une dernière paire fut placée en 1810 dans le second salon de l’appartement de l’impératrice au Château de Compiègne (reproduite dans B. Ducrot, Musée national du Château de Compiègne, Porcelaines et terres de Sèvres, RMN, Paris, 1993, p.85, catalogue 28).

    Manufacture Royale de Sèvres

    Patronnée par Louis XV et la marquise de Pompadour, la Manufacture de Vincennes voit le jour en 1740 pour concurrencer les créations de la Manufacture de Meissen, se positionnant ainsi comme sa principale rivale européenne, et sera transférée à Sèvres en 1756, devenant la Manufacture royale de porcelaine de Sèvres. De nos jours toujours en activité, elle connaîtra tout au long de son histoire d’exceptionnelles périodes de création en faisant appel aux meilleurs artistes et artisans français et européens. Rattachée aux souverains et aux empereurs, elle sera la vitrine du savoir-faire français et la plupart des créations sorties de ses ateliers seront destinées à être offertes en cadeaux diplomatiques ou à participer au décor et au faste des nombreux châteaux et palais royaux et impériaux des XVIIIe et XIXe siècles.



    Sèvres
    Manufacture Royale de Sèvres

    Importante paire de vases dits « étrusques » à décor néoclassique or et platine sur fond bleu

    PENDULERIE_160623-354_BD_MAIL

    Manufacture royale de porcelaine de Sèvres, époque Louis-Philippe, datés 1841

    Hauteur41

    Chaque vase présente une panse ovoïde surmontée d’un haut col terminé par une lèvre dont l’intérieur porte la marque de la Manufacture royale de porcelaine de Sèvres formée d’un médaillon centré du monogramme royal « LP » sous couronne fermée encadré de la signature « SEVRES » et de la date « 1841 ». Ils sont très richement décorés de motifs « à l’antique », or et platine se détachant sur un fond bleu, disposés en registres d’ornements formant des frises à motifs tels que fleurons et crosses terminées en volutes, zigzags, postes à palmettes encadrées d’enfilages de perles, larges rosaces dans des rinceaux d’ornements soulignés de fleurettes, grecques rythmées de carrés à pointillés, vagues affrontées, branchages de lierre…ils reposent sur des bases circulaires traitées en bagues moulurées, dont les revers portent une marque gravée en creux « LP », correspondant au tourneur Louis-Marie Lapierre, dit Lapierre père (actif à Sèvres de 1813-1841), et une signature de doreur B.F non identifiée.

    La composition originale de ces vases, particulièrement leur forme, sobre, élancée et parfaitement équilibrée, fut créée à la Manufacture royale de Sèvres dans le dernier quart du XVIIIe siècle et sera déclinée pendant plusieurs décennies en variant les motifs pour l’adapter au goût des amateurs. Leur décor antiquisant, d’une exceptionnelle inventivité, puise plus ou moins directement son inspiration dans la collection de vases antiques étrusques qui fut offerte par le baron Vivant-Denon à la Manufacture et qui influencera notamment Antoine-Gabriel Willermet, chef des peintres de la Manufacture de 1825 à 1848, dans la création de ses dessins préparatoires.

    De nos jours, parmi les rares paires de vases de Sèvres répertoriées de forme et de décor similaires, citons particulièrement : une première paire, dite « étrusque Turpin », livrée en mai 1843 pour le Palais de Saint-Cloud et conservée au Musée national du Château de Fontainebleau (reproduite dans B. Chevallier, Les Sèvres de Fontainebleau, Porcelaines, terres vernissées, émaux, vitraux (pièces entrées de 1804 à 1904), RMN, Paris, 1996, p.117, catalogue n°79) ; ainsi qu’une deuxième, dite « étrusque carafe », qui se trouvait en 1852 dans le Grand Salon de l’appartement de l’Empereur Napoléon III à Saint-Cloud (parue dans B. Ducrot, Musée national du Château de Compiègne, Porcelaines et terres de Sèvres, RMN, Paris, 1993, p.154, catalogue 100) ; enfin, mentionnons un dernier vase de ce type qui appartient aux collections du Musée Condé de Chantilly (illustré dans M. Brunet et T. Préaud, Sèvres, Des origines à nos jours, Fribourg, 1978, p.294, fig.375).

    Manufacture Royale de Sèvres

    Patronnée par Louis XV et la marquise de Pompadour, la Manufacture de Vincennes voit le jour en 1740 pour concurrencer les créations de la Manufacture de Meissen, se positionnant ainsi comme sa principale rivale européenne, et sera transférée à Sèvres en 1756, devenant la Manufacture royale de porcelaine de Sèvres. De nos jours toujours en activité, elle connaîtra tout au long de son histoire d’exceptionnelles périodes de création en faisant appel aux meilleurs artistes et artisans français et européens. Rattachée aux souverains et aux empereurs, elle sera la vitrine du savoir-faire français et la plupart des créations sorties de ses ateliers seront destinées à être offertes en cadeaux diplomatiques ou à participer au décor et au faste des nombreux châteaux et palais royaux et impériaux des XVIIIe et XIXe siècles.



    Exceptionnelle et monumentale coupe sur pied ou Tazza en malachite et bronze ciselé et doré

    APF_Coupe002_03

    Attribuée aux ateliers lapidaires impériaux d’Ekaterinbourg

    Russie, premier tiers du XIXe siècle, vers 1815

    Hauteur71.5 Diamètre48

    Cette coupe de forme circulaire est réalisée avec de superbes morceaux de malachite de différentes nuances vertes assemblés les uns aux autres avec une grande habileté et dont le lissé sans aucun défaut donne l’illusion parfaite que ses différentes parties sont taillées directement dans le bloc. Elle présente une lèvre débordante travaillée en arrondi et une panse curviligne ponctuée d’un double filet qui rythme la composition avec élégance. L’ensemble est supporté sur un pied largement évasé qui repose sur une plinthe quadrangulaire. Son décor de bronze est d’une exceptionnelle qualité de ciselure et de dorure : une frise alternée de feuilles d’eau et de feuilles d’acanthe ceinture la partie basse du piédouche, tandis que la partie supérieure est sommée d’un chapiteau à tigettes et feuilles stylisées bordé de frises d’oves et d’enfilage de perles.

    Cette coupe est une manifestation spectaculaire du génie des maîtres lapidaires russes des premières décennies du XIXe siècle. Son matériau, la malachite, illustre le savoir-faire de ces artisans d’exception qui surent tirer partie de l’exceptionnelle richesse des sous-sols russes en matière de marbres et de pierres semi-précieuses. L’exploitation de la malachite débuta dès la fin du XVIIe siècle, mais c’est véritablement au début du XIXe siècle que certains producteurs, particulièrement les Demidoff, exploitèrent largement les filons. A l’instar du lapis-lazuli et de certains jaspes, les nombreuses inclusions dans la pierre de malachite rendaient le travail de taille quasi impossible ; les artisans russes durent s’adapter et décidèrent de découper les blocs de malachite en fines lamelles sélectionnées pour leur coloris et de les utiliser en mosaïques à la manière des anciens artisans florentins. Cette technique nécessitait un support lisse, ou âme, réalisé en fer ou en cuivre qui était revêtu d’un mastic chaud et sur lequel étaient collées les lamelles de malachite sciées à volonté et assemblées avec minutie. La dernière étape consistait à polir la surface pour donner l’illusion d’un bloc unique. Rapidement, la malachite devint le matériau favori des souverains et des tsars qui commandèrent de nombreux objets décoratifs, notamment pour le salon des malachites du Palais d’Hiver de Moscou et pour le Palais de l’Ermitage.

    La tazza que nous proposons fut réalisée dans ce contexte particulier. Son décor de bronze doré illustre la virtuosité des bronziers russes qui s’inspiraient directement des modèles parisiens de l’époque et des nombreux bronzes d’ameublement français conservés en Russie. Sa composition peut être rapprochée de quelques rares coupes en malachite connues réalisées dans le même esprit, citons notamment deux coupes plus tardives réalisées vers 1840 : la première se trouvait anciennement dans la collection du marquis de Bath à Longleat (voir Country Life, 29 avril 1949, p. 992, fig.7) ; tandis que la seconde fut offerte par l’empereur Nicolas Ier à l’infante Louis d’Espagne (illustrée dans le catalogue de l’exposition Trésors des Tzars, 1998, fig. 297). Enfin, relevons particulièrement qu’une coupe identique à celle présentée est conservée au Palais du Grand Trianon dans les jardins du château de Versailles ; elle fut achetée par la Couronne en mai 1828 au maréchal duc de Raguse qui revenait de son séjour diplomatique en Russie (illustrée dans D. Ledoux-Lebard, Le Grand Trianon, Meubles et objets d’art, RMN, Paris, 1975, p.107 et 112).

    Hallberg
    Ivan Hallberg (1778-1863)

    Exceptionnelle Tazza néoclassique en rhodonite et néphrite montée en bronze finement ciselé et doré

    0120_5402_PENDUL_BDEF

    Sur un dessin d’Ivan Hallberg

    Russie, milieu du XIXe siècle, vers 1845-1855

    Hauteur28 Diamètre12.7

    Provenance :

    – Ludwig Nobel (1831-1888) ;

    – Puis par descendance : Sotheby’s, Londres, le 12 juin 2008, lot 696.

     

    En forme de trépied antique dit « athénienne », cette Tazza ou urne tripode présente une composition particulièrement élaborée. Trois montants droits en néphrite en forme de pilastres à chapiteaux et bases moulurés en bronze ciselé et doré sont réunis entre eux par un anneau orné d’une frise de grecques ; ils sont décorés de rosettes et terminés en pattes de lion. Ils supportent une urne en rhodonite à panse ovoïde ceinturée d’une frise d’oves et de dards et dont le cul-de-lampe est formé d’un bouquet feuillagé souligné d’une frise de godrons et terminé par une graine. L’ensemble est supporté par une base ou plinthe circulaire en rhodonite. Le tout se distingue par la très grande qualité de taille et de polissage des pierres.

    Cet objet d’art insolite témoigne de l’exceptionnel savoir-faire des artisans russes de la première moitié du XIXe siècle qui surent parfaitement intégrer à leurs réalisations les motifs et les matériaux les plus divers pour aboutir à des pièces hors du commun. Sa composition « à l’antique » s’inspire plus ou moins directement des trépieds en bronze découverts à partir du milieu du XVIIIe siècle lors des fouilles des anciennes cités romaines de Pompéi et d’Herculanum dans la région napolitaine et qui, diffusés par la gravure, furent une source d’inspiration extraordinaire pour les artistes et les artisans européens. A partir de ce dessin élégant, le lapidaire russe qui réalisa l’exemplaire que nous proposons a pu entièrement composé son œuvre à partir de blocs de deux variétés de pierres dures d’origine russe, la rhodonite et la néphrite, qu’il a minutieusement sélectionnées pour la rareté de leurs nuances. Cette possibilité lui avait été donnée grâce à la fabuleuse richesse des carrières russes, particulièrement celle de Kolyvan, qui furent largement exploitées pour produire des objets en pierres dures essentiellement destinés au décor et à l’aménagement des palais impériaux ; de nos jours de nombreux objets et ensembles décoratifs conservés dans les anciennes résidences des Tsars de Russie témoignent de cette richesse exceptionnelle.

    Ce modèle de Tazza rencontra un immense succès auprès des grands amateurs russes de l’époque mais ne fut décliné que très rarement dans plusieurs variétés de marbres ou de pierres dures et dans différentes dimensions jusqu’au milieu des années 1850. Enfin, soulignons que, chose peu fréquente dans les arts décoratifs de l’époque, le dessin original préparatoire à la création de cette Tazza est répertorié au moment où il fut déposé par l’architecte Ivan Hallberg, précisément le 17 octobre 1842. En fait, ce dessin était destiné à la création d’un modèle en malachite de plus grandes dimensions qui fut élaboré dans les ateliers lapidaires d’Ekaterinbourg, puis envoyé à la fonderie Chopin à Saint-Pétersbourg pour être monté en bronze ciselé et doré. Enfin, en 1845, cette Tazza plaquée en malachite fut livrée au Palais d’Hiver et fut certainement très appréciée par le Tsar, puisqu’un modèle identique fut immédiatement commandé ; plus tard, cette paire ornait les appartements de l’Impératrice Alexandra Feodorovna. De nos jours, l’une de ces deux Tazza appartient aux collections du musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg (illustrée dans N. Mavrodina, The State Hermitage Museum, The Art of Russian Stone Carvers 18th-19th Centuries, The Catalogue of the Collection, Saint-Pétersbourg, 2007, p.251).

    Ivan Hallberg (1778 - 1863)

    Ivan Hallberg était architecte et ornemaniste du Cabinet du Tsar.



    Dans la même catégorie

    Rare paire de candélabres à deux lumières en acajou et bronze très finement ciselé, moleté et doré à l’or mat ou à l’or bruni

    Chandeliers006-03_HD_WEB

    Travail étranger, probablement d’Europe du Nord, de la fin du XVIIIe siècle

    Hauteur47.5 Largeur32

    Entièrement réalisé en acajou mouluré et bronze très finement ciselé, moleté et doré à l’or mat ou à l’or bruni, chaque candélabre s’organise autour d’un fût fuselé à bague souligné d’enfilages de perles et tigettes supportant un vase-binet, à tores moulurés émergeant d’un bouquet de feuilles stylisées, sur lequel viennent se fixer deux trompes de chasse agrémentées de glands dans lesquelles s’épanouissent les deux bras de lumières sinueux en forme de serpents, dont les gueules supportent les bassins feuillagés, binets et bobèches à motifs de feuilles, cordelettes et frises de croisillons encadrées de bandeaux unis. Au centre des bras de lumière, dans l’axe du fût, est un vase rythmé de godrons, à anses détachées en serpents et prise en bouquets de feuillages. Les fûts reposent sur des bases circulaires moulurées en cavet ou doucine ceinturées de frises perlées ou de feuilles stylisées.

    La composition particulièrement originale de cette rare paire de candélabres, ainsi que la qualité exceptionnelle de sa dorure et de sa ciselure, témoignent, d’une part, de l’influence française sur les arts décoratifs européens de l’époque, d’autre part, de la parfaite maîtrise des techniques du travail des matériaux employés dans sa réalisation. En effet, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, la plupart des grandes cours royales et princières européennes avaient les yeux tournés vers Paris, la capitale incontestable et incontestée des Arts. De nombreux artistes et artisans de tous pays vinrent donc se fixer quelques années dans la capitale afin d’apprendre les techniques et de s’imprégner des nouvelles modes lancées par les grands marchands-merciers et collectionneurs parisiens. De retour dans leurs pays d’origine, ces artistes et artisans, patronnés par les grands collectionneurs, déclineront les modèles français en s’attachant à conserver l’esprit décoratif de leur propre pays. Ces nombreuses interactions auront pour conséquence logique la création de quelques-unes des plus belles pièces des arts décoratifs européens. Les candélabres que nous proposons furent réalisés dans ce contexte particulier ; leur forme particulièrement élaborée suggère une création d’Europe du Nord, très certainement suédoise ; ainsi une paire de grands bougeoirs réalisée dans le même esprit en acajou mouluré, à fût fuselé à cannelures et bobèches et binets en métal doré, appartient aux collections de la Maison Hazelius à Stockholm (illustrée H. Groth, Châteaux en Suède, Intérieur et mobilier néo-classiques 1770-1850, Londres, 1990, p.183).

    Dans la même catégorie
    Fleury
    Victor Fleury (actif vers 1860-1880)

    Exceptionnel et rarissime régulateur astronomique

    APF_Régulateur005_06

    Paris, époque Napoléon III, vers 1865-1867

    Hauteur255 Largeur94.5 Profondeur43.5

    Provenance :

    – Très certainement présenté au public à l’Exposition Universelle de 1867 à Paris (voir Tardy, Dictionnaire des horlogers français, Paris, 1971, p.230).

     

    Comprenant dix-neuf cadrans proposant vingt-trois indications, ce régulateur doit être considéré comme le chef-d’œuvre de Victor Fleury et l’une des réalisations horlogères les plus abouties du Second Empire. Au centre, le cadran principal, inscrit « Heure de Paris », indique les heures en chiffres romains et les graduations des minutes sur sa bordure extérieure par deux aiguilles, dites « Breguet », en acier bleui et renferme un calendrier annuel désignant les mois de l’année dans un guichet, les quantièmes du mois et les jours de la semaine, ainsi que les secondes par une trotteuse dans sa partie inférieure ; il surmonte un cartouche contourné signé : « Régulateur composé par Victor Fleury ». Autour de ce cadran, s’organisent quinze cadrans auxiliaires : dans la partie supérieure l’un marque l’équation du temps en précisant la « différence du temps vrai au temps moyen » ; dix autres indiquent l’heure moyenne dans différentes villes à travers le Monde : Constantinople, Londres, Genève, New-York, Saint-Pétersbourg, Vienne, Los Angeles, Besançon, Rome et Jérusalem, avec précisions de leurs longitudes, de leurs latitudes et de leurs décalages horaires respectifs par rapport au méridien de Paris ; dans la partie basse, deux cadrans émaillés bleu à motifs étoilés montrent la marche ascendante et descendante du soleil, ainsi que les phases de la lune, et sont flanqués des deux derniers cadrans désignant l’heure du lever et l’heure du coucher du soleil en chiffres romains.

    L’ensemble s’inscrit sur une platine contournée en laiton ou bronze doré richement agrémentée d’un décor agreste à crosses terminées en enroulements et à guirlandes ou bouquets fleuris et feuillagés qui soulignent le contour sinueux de la platine ; l’amortissement est formé d’un double cartouche rocaille, à motifs ondés et feuilles d’acanthe, flanqué de deux superbes figures allégoriques représentant deux jeunes enfants, l’un, regardant le spectateur et tenant une torche enflammée, symbolisant le Jour, l’autre, endormi et légèrement enveloppé dans une draperie voletant, est une allégorie de la Nuit. Le mouvement, à échappement à ancre de Graham inversé, supporte son balancier compensé, à trois tiges bimétalliques, terminé par une lentille renfermant les bascules et un thermomètre gradué à indications de la condensation ou de la dilatation des métaux et marquant les « degrés du cercle » par une pointe en émail poli. Le tout est renfermé dans une caisse à gaine néoclassique en acajou et placage d’acajou blond à trois faces vitrées à corniche moulurée débordante soulignée d’une frise à canaux et dont l’entablement est soutenu par des supports en consoles rythmées de pastilles ; enfin, la base pleine moulurée à doucine repose sur un contre-socle quadrangulaire.

    Réalisée sous le Second Empire, cette exceptionnelle horloge, témoignage de l’aboutissement des perfectionnements les plus complexes, renoue avec les grandes créations des meilleurs artisans parisiens de la fin du XVIIIe ou des premières années du siècle suivant. Ainsi, sa composition à multiples cadrans n’est pas sans rappeler celle d’un régulateur de parquet, provenant des collections du ministre de la guerre Petiet, qui fut acquis par le Garde-meuble impérial en 1806 pour être installé dans les appartements de Napoléon au château de Fontainebleau (illustré dans J-P. Samoyault, Musée national du Château de Fontainebleau, Catalogue des collections de mobilier, 1-Pendules et bronzes d’ameublement entrés sous le Premier Empire, RMN, Paris, 1989, p.84, catalogue n°50) ; mais surtout, sa conception, à cadran principal et cadrans auxiliaires rayonnants, est particulièrement proche d’une pendule de parquet à quantième perpétuel, signée « Antide Janvier au Louvre 1800-1802 » et donnant l’heure dans différentes villes ou îles lointaines, qui appartient aux collections du Musée national des Arts et Métiers à Paris (reproduite dans M. Hayard, Antide Janvier 1751-1835, Horloger des étoiles, 1995, p.146-147). Enfin, soulignons la qualité exceptionnelle et l’originalité de l’ornementation de bronze très finement ciselé et doré qui participe à la richesse de l’œuvre ; particulièrement les deux figures de chérubins qui semblent s’inspirer plus ou moins directement d’un groupe allégorique à deux figures de putti ornant le recouvrement d’une modèle de pendules créé par le célèbre bronzier Pierre-Philippe Thomire vers 1840 et dont deux exemplaires sont conservés dans les collections publiques françaises ; le premier appartient au Musée des Arts décoratifs à Paris (paru dans Tardy, La pendule française, 2ème Partie : Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1974, p.455) ; tandis que le second est exposé au Musée national du Château de Versailles et des Trianons (voir P. Arizzoli-Clémentel et J-P. Samoyault, Le mobilier de Versailles, Chefs-d’œuvre du XIXe siècle, Editions Faton, Dijon, 2009, p.416-417, catalogue n°162).

    Victor Fleury (actif vers 1860 - 1880)

    Victor Fleury figure parmi les plus importants horlogers parisiens de la seconde moitié du XIXe siècle. Installé au 23, rue de la Paix à Paris, il est mentionné en tant qu’« Horloger de la Marine » sur certaines de ses créations, cet artisan se distingua notamment par ses recherches et sa contribution non-négligeable à l’élaboration d’un nouvel échappement. Auteur des « Nouveaux principes sur le pendule appliqué à l’horlogerie…lettre aux horlogers, aux savants et aux amateurs de l’art », ouvrage publié à Paris en 1865, Victor Fleury donna son nom à un échappement particulièrement ingénieux et réalisa notamment un régulateur à demi-secondes dont l’échappement se réduisait à une petite boule métallique libre mue dans un petit bassin circulaire en cristal de quelques millimètres de diamètre. Vers la fin de sa carrière l’horloger semble s’être installé en province ; ainsi, une montre à boîte en or, signée Victor Fleury à Angers et passée en vente sur le marché de l’art parisien, portait l’annotation : « médailles aux grandes expositions jusqu’en 1867 ».



    Dans la même catégorie
    Detouche
    Constantin-Louis Detouche (1810-1889)

    Important régulateur mural en bronze doré

    APF14_Pendulerie_0114

    Paris, époque Second Empire, daté 1851

    Hauteur185 Largeur47 Profondeur29.5

    Provenance :

    Collection privée française.

     

    Un rare et important régulateur mural en bronze doré de Louis-Constantin Detouche et Jacques-Francois Houdin, portant l’inscription J F Houdin 1851 Exposition de Londres Jacques-Francois Houdin sous le cadran, également signé C Detouche Paris dans une cartouche sur le cadran et numéroté 9730. avec les complications horlogères suivantes: réserve de marche, date, jour de la semaine, mois et équation du temps sectoriel. Le cadran principal, en bronze doré, avec lunette ciselée de raies de cœur, douze grandes cartouches en émail blanc comportant des chiffres romains pour les heures, l’indication extérieure des minutes avec douze petites cartouches comportant des chiffres arabes alternant avec des segments en émail blanc, et un anneau des secondes intérieur (plus tardif, probablement bakélite), avec un secteur gradué pour la réserve de marche à 6 heures, marqué HAUT/BAS, avec trou de remontage au centre, avec aiguilles Breguet en acier bleui pour les heures et les minutes et des aiguilles en acier bleui pour les secondes et réserve de marche.

    Sous le cadran principal un cadran auxiliaire avec lunette ciselée de raies de cœur et un cadran annulaire en émail blanc indiquant la date, le jour de la semaine et le mois avec sa durée (28, 30 ou 31 jours), centré par un marqueur indiçant la date annuelle qui comporte également l’équation du temps, sur un secteur en émail blanc avec indications peintes en noir et graduées de +15mn à -15mn et AVANCE/RETARD, avec calendrier annuel et came en forme de haricot visible à travers les roues percés, sur un fond en émail bleu avec étoiles d’or, avec aiguilles Breguet et une aiguille équilibrée en acier bleui pour le temps moyen et une aiguille « soleil » en bronze doré pour le temps vrai. Le mouvement à 15 jours de réserve de marche, avec un poids en acier et laiton, échappement à ancre à recul, régulateur micrométrique et remontoir d’égalité et un pendule à compensation à gril en acier et laiton, placé devant une fausse plaque finement gravée pour le protéger des interférences dues à la descente du poids, la grande lentille centrée par un thermomètre avec cadran sectoriel en émail blanc, avec une aiguille en acier bleui, indiquant la condensation et dilatation des tiges en métal ; le pendule est suspendu par un câble d’acier. La boîte rectangulaire en bronze doré avec corniche en escalier, se terminant par des volutes en bronze doré.

    Ce régulateur comprend plusieurs mécanismes spécialisés, dont le remontoir d’égalité qui transmet une force constante au pendule ou balancier, pour éviter les inégalités causées par des variations de la force motrice : à intervalles réguliers le remontoir met sous tension  un ressort ou petit poids qui transmet une force constante à l’échappement. Le régulateur indique également l’équation du temps, c’est-à-dire la différence entre le temps solaire et le temps moyen.

    Ce régulateur comprend plusieurs mécanismes spécialisés, dont le remontoir d’égalité qui transmet une force constante au pendule ou balancier, pour éviter les inégalités causées par des variations de la force motrice : à intervalles réguliers le remontoir met sous tension  un ressort ou petit poids qui transmet une force constante à l’échappement. Le régulateur indique également l’équation du temps, c’est-à-dire la différence entre le temps solaire et le temps moyen.

    Exposé à l’Exposition de Londres en 1851, où il reçut une médaille, ce régulateur est décrit dans le catalogue officiel de l’exposition comme suit :

    « Un grand régulateur dans une boîte en bronze doré, le devant et les côtés en verre. Il indique les secondes et l’équation du temps, avec un index pour le mois et le jour. Son pendule, en même temps compensateur au moyen de leviers, est l’invention de l’un des exposants. Ce  régulateur est exposé pour sa précision et ses finitions. » (The Great Exhibition 1851, Report on Horological Instruments, 1851, p. 339).

    Constantin-Louis Detouche (1810 - 1889)

    Ayant reçu la Légion d’Honneur en France en 1853 et la Croix de l’ordre du Dannebrog au Danemark, était nommé horloger de la ville de Paris et de l’Empereur Napoléon III. Sa firme, probablement la plus importante en France à l’époque, rencontra énormément de succès.

    A l’exposition de Nîmes en 1862, la compagnie fut décrite comme suit : « la maison Detouche de Paris, fondée en 1803 ; son volume d’affaires grandit chaque année et aujourd’hui elle fait un chiffre, en France et à l’étranger, de plus de 3 millions de francs. Les objets horlogers, des pièces de précision aux articles ordinaires, représentent plus de 1,200,000 francs. M. Detouche a reçu les récompenses les  plus prestigieuses ; je ne mentionnerai ici que : la médaille d’or à l’exposition universelle d’horlogerie de Besançon en 1860, et la médaille d’or à Londres en 1862. On lui a décerné la Croix de la Légion d’Honneur pour sa contribution aux progrès de l’horlogerie et le roi du Danemark l’a gratifié de la Croix de Dannebrog pour son horloge électrique. De tels objets, qui mériteraient qu’on les décrive en détail, présentent des améliorations qui devraient être connues et appréciées par chaque horloger qui a bénéficié du travail et des services de M. Detouche… Le jury a noté tout particulièrement un régulateur de style rocaille en bronze doré, d’un goût remarquable, qui mesure 1m 90 ; … Les tourniquets vus à l’exposition et considérés comme indispensables en France et à l’étranger sont également l’invention de M. Detouche. Tous les articles produits par cette maison méritent d’attirer l’attention de par leurs prix modérés, leur élégance, leur riche ornementation, leur précision, et leur excellente facture. Le jury décerne à M. Detouche un diplôme d’honneur. » (« Revue Chronométrique », 8ème année, vol. IV, juin 1862 – juin 1863, « Exposition de Nîmes », Paris, 1862, pp. 605-609).

    En 1851, six ans après l’arrivée de Houdin, la maison Detouche prit part à la Great Exhibition de Londres (la première exposition universelle) sous la dénomination « Chronometer makers, 158 and 160 rue St Martin, Paris ».

    En 1887, vers la fin de sa vie, Detouche subventionne la publication delà troisième édition du Traité d’Horlogerie Modern Théorique et Pratique de Claude Saunier (1816-1896), également appelée l’édition C. Detouche (944 pages, publié à Paris) et l’addendum (112 pages, également publié à Paris).

    Parmi les autres prestigieuses créations de Detouche et Houdin, on pourrait citer deux grands régulateurs astronomiques,  avec indication des heures, minutes, secondes, jours, mois et la date, heure du lever et du coucher du soleil, l’équation du temps, lever et coucher de la lune, ainsi que ses phases et âge, et les variations barometriques et thermometriques. Sur ces deux régulateurs, le cadran principal est entouré de quatorze cadrans subsidiaires indiquant le temps dans quatorze villes dans le monde. Pendant longtemps, l’un de ces régulateurs s’est trouvé à l’angle de la rue Saint-Martin et la rue de Rivoli ; aujourd’hui il se trouve dans la Manufacture François-Paul Journe SA, à Genève.



    Dans la même catégorie