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Revel
Joseph-Marie Revel (?-1811)

Rare pendule cage dite « régulateur de bureau » en bronze finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni

Pendule285-04_HD_WEB

Le cadran par l’émailleur Georges-Adrien Merlet

Paris, fin de l’époque Louis XVI, vers 1790

Hauteur55 Largeur31 Profondeur17.5

Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Revel », porte la marque de Georges-Adrien Merlet, l’un des meilleurs émailleurs parisiens de l’époque, confrère et principal concurrent de Joseph Coteau ; il indique, par trois aiguilles, les heures en chiffres romains, les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes et les quantièmes du mois sur sa bordure extérieure figurés dans des cartouches hexagonaux or ponctués de petits cabochons verts alternés de fleurons dorés à pastilles corail ; il marque également les secondes par une trotteuse centrale. Le mouvement supporte le balancier compensé bimétallique soutenant la lentille. L’ensemble est renfermé dans une superbe caisse néoclassique en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni vitrée sur ses quatre faces et décorée d’encadrements à feuilles d’eau. La lunette à frises moletées est soulignée d’une frise dentelée à sphères ; le fronton arrondi est orné de frises de feuilles d’eau et tigettes à graines ou d’oves ; les angles à renfoncement sont agrémentés de colonnettes, à bagues perlées, bouquets feuillagés, feuilles de palmier, piastres et cannelures torses, reposant sur des piédestaux moulurés ; l’horloge est supportée par une base quadrangulaire rythmée d’une frise de feuilles d’eau soulignée d’un enroulement de cordelettes.

La composition originale de ce rare régulateur de bureau s’inspire directement des modèles antiquisants déclinés à Paris dans les dernières décennies du XVIIIe siècle par les meilleurs ornemanistes de l’époque. Son dessin, épuré et équilibré, se retrouve notamment sur quelques modèles réalisés dans le même esprit, mais présentant des variantes dans le décor, citons notamment : un premier exemplaire qui est conservé à la Fondation Andrès de Ribera à Jerez de la Frontera (illustré dans Catalogo ilustrado del Museo de Relojes, 1982, p.48, fig.44) ; ainsi qu’un second reproduit dans Tardy, La pendule française, 2ème Partie : Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1975, p.412.

Enfin, relevons que trois pendules identiques à celle que nous proposons sont répertoriées : la première est illustrée dans G. et A. Wannenes, Les plus belles pendules françaises, De Louis XIV à l’Empire, Florence, 2013, p.293 ; la deuxième, le cadran signé « Kinable », est parue dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age au XXe siècle, Paris, 1997, p.325 ; enfin, la troisième pendule connue de ce modèle, le cadran signé « Lepaute », se trouvait en 1804 dans le Cabinet de Napoléon au Château de Fontainebleau (voir J-P. Samoyault, Musée national du Château de Fontainebleau, Catalogue des collections de mobilier, 1-Pendules et bronzes d’ameublement entrés sous le Premier Empire, RMN, Paris, 1989, p.66, catalogue n°27).

Joseph-Marie Revel (? - 1811)

Nous n’avons que peu d’informations concernant cet horloger qui connut pourtant une grande notoriété tout au long de sa carrière. Mentionné brièvement dans le Dictionnaire des horlogers de Tardy sous le prénom de Joseph, il se prénommait en fait Joseph-Marie et mourut à Paris en 1811. Après son accession à la maîtrise, il ouvrit son atelier Vieille rue du Temple, puis est mentionné au Palais Royal entre 1787 et 1790, au Palais Egalité vers 1800, enfin, au Palais Tribunat entre 1804 et 1806. Certains inventaires après décès des premières décennies du XIXe siècle mentionnent quelques-unes de ses réalisations ; ainsi, une pendule de Revel est prisée en 1817 après le décès d’Adélaïde de Lespinasse-Langeac femme du chevalier de Costalin ; tandis qu’une seconde figurait en 1821 dans la collection d’Anne-Charlotte-Dorothée comtesse de Médem veuve du puissant duc de Courlande.



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