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Jacquet  -  Thomire
Pierre-Philippe Thomire (1757-1843)

Rare régulateur de bureau en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » ou doré à l’or mat et marbre rouge griotte

Regulateur028-05_BD_MAIL

« Jacquet »

Dans une caisse attribuée à Pierre-Philippe Thomire

Paris, fin de l’époque Louis XVI, vers 1790

Hauteur52 Largeur31.3 Profondeur13.3

Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Jacquet à Paris », indique les heures en chiffres romains, les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes, les quantièmes du mois et les jours de la semaine associés à leurs signes zodiacaux respectifs par quatre aiguilles, dont deux en cuivre repercé et doré ; il marque également les secondes par une trotteuse centrale en acier poli-bleui. Le mouvement, à sonnerie des heures et des demi-heures, est renfermé dans une superbe caisse en borne néoclassique à panneaux vitrés ; il supporte son balancier bimétallique terminé par une lourde lentille circulaire destinée à obtenir une grande précision dans le fonctionnement du mécanisme se balançant au-dessus d’une plaque rectangulaire décorée d’un médaillon ovalisé centré d’un motif floral rayonnant encadré de larges rinceaux stylisés animés de fleurettes et de palmettes. Le cadran est souligné d’une guirlande fleurie et feuillagée attachée par un ruban ; les montants en pilastres sont à réserves agrémentées de vases simulés à têtes de bélier d’où s’échappent des branchages de roses se terminant en épis de blé enrubannés ; l’entablement est orné de branchages de laurier et mascarons rythmés de lyres ; la corniche débordante, ceinturée de frises feuillagées et d’oves ou de corde torsadée, est surmontée d’une plinthe à cavet entourée de perles en enfilages et flanquée de pastilles à canaux. L’ensemble repose sur un contre-socle à décrochement à frise de feuilles d’eau, lui-même supporté par une base, portée par quatre pieds en boules aplaties, à motifs en applique de putti musiciens et réserves à plaques en léger relief à jeux d’enfants dans le goût de Clodion.

Ce rare régulateur de bureau présente une composition originale plus ou moins directement inspirée de certains modèles d’horlogerie déclinés par quelques-uns des plus grands horlogers parisiens dans les deux dernières décennies du XVIIIe siècle. De type dit « cage », puisqu’étant renfermé dans une caisse en borne néoclassique à faces vitrées, il s’inscrit parmi les créations horlogères les plus abouties de la fin du règne de Louis XVI, période au cours de laquelle les meilleurs horlogers privilégièrent l’aspect visuel du cadran et du mécanisme, tout en conservant une qualité hors du commun des caisses en bronze qui les renfermaient dont la création était confiée aux bronziers les plus réputés de la capitale. En l’occurrence, l’exemplaire que nous proposons se distingue tout particulièrement par la qualité exceptionnelle du traitement de sa ciselure et de sa dorure qui nous permet de le rattacher à l’œuvre de Pierre-Philippe Thomire, le plus talentueux bronzier parisien de l’époque.

Pierre-Philippe Thomire (1757 - 1843)

Pierre-Philippe Thomire est le plus important bronzier parisien du dernier quart du XVIIIe siècle et des premières décennies du siècle suivant. À ses débuts, il travaille pour Pierre Gouthière, ciseleur-fondeur du roi, puis collabore dès le milieu des années 1770 avec Louis Prieur. Il devient ensuite l’un des bronziers attitrés de la manufacture royale de Sèvres, travaillant au décor de bronze de la plupart des grandes créations du temps. Après la Révolution, il rachète le fonds de commerce de Martin-Eloi Lignereux et devient le plus grand pourvoyeur de bronzes d’ameublement pour les châteaux et palais impériaux. Parallèlement, il travaille pour une riche clientèle privée française et étrangère parmi laquelle figure notamment quelques maréchaux de Napoléon. Enfin, il se retire des affaires en 1823.