search icon
Vion
François Vion (vers 1737-après 1790)

Importante pendule de cheminée à cercles tournants en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni et marbre blanc de Carrare dit « statuaire »

Pendule315-04_HD_WEB

Paris, époque Louis XVI, vers 1775-1785

Insculpée sur la terrasse de la base : « VION »

Hauteur52 cm Largeur19 cm Profondeur19 cm

Provenance :

– Très certainement collection d’Armand-Augustin-Louis 5ème marquis de Caulaincourt, 1er duc de Vicence (Caulaincourt 1773-Paris 1827) ; inventoriée à Paris en avril 1827 dans son inventaire après décès : « Une pendule formée d’une colonne en marbre blanc avec cadran en cuivre doré au-dessus de la colonne, les heures marquées par un enfant tenant un flèche ».

 

Les cadrans tournants, formés de deux cercles émaillés blanc indiquant pour l’un, les heures en chiffres romains, pour l’autre, les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes, sont inscrits dans un vase couvert à anses détachées soulignées de canaux, dont la panse est agrémentée de guirlandes feuillagées retenues par des fleurs stylisées. Le couvercle est surmonté d’une statuette représentant Cupidon assis, tenant son arc de la main gauche et tendant une flèche de l’autre main pour indiquer l’heure. Le piédouche du vase repose sur une plinthe carrée posée sur une haute colonne en marbre blanc statuaire, dit « de Carrare », rythmée de cannelures foncées d’asperges et reposant sur une base à double tore mouluré. L’ensemble est supporté par un socle quadrangulaire, ceinturé d’une frise de feuilles d’eau, à panneaux à réserves unies se détachant dans des encadrements amatis et à terrasse à écoinçons ornés de petits branchages centrés de rosaces turbinées. Ce socle est souligné de drapés ciselés à l’imitation de peaux ou de dépouilles de lion retenus par des anneaux et se nouant aux angles à quatre feuilles de refend portées par des pattes léonines servant de pieds.

La composition particulièrement originale de cette rare pendule de cheminée s’inscrit parmi les créations parisiennes les plus élaborées du début du règne de Louis XVI. De nos jours, parmi les rares pendules connues réalisées dans le même esprit, citons notamment : une première pendule de même inspiration réalisée par l’horloger Roque, composée d’un globe terrestre soutenu par deux putti reposant sur une colonne tronquée en marbre blanc, qui est conservée au Musée des Arts décoratifs de Lyon (illustrée dans P. Arizzoli-Clémentel, C. Cardinal et A. Mazur, Ô Temps ! Suspends ton vol, catalogue des pendules et horloges du Musée des Arts décoratifs de Lyon, Lyon, 2008, p.77, catalogue 30) ; et relevons particulièrement qu’à notre connaissance une seule autre pendule de modèle identique est connue, mais présentant certaines différences, notamment par l’absence de motifs sur la base, par l’indication des quantièmes dans le vase du haut et par la présence d’un cadran émaillé circulaire inscrit dans la colonne ; cet exemplaire se trouvait anciennement dans la célèbre collection Double dispersée à Paris en 1881 (voir Tardy, La pendule française dans le Monde, Paris, 1994, p.89 ; également reproduite dans E. Niehüser, Die französische Bronzeuhr, Eine Typologie der figürlichen Darstellungen, Munich, 1997, p.252, fig.1094).

François Vion (vers 1737 - après 1790)

L’un des plus importants bronziers parisiens de la seconde moitié du XVIIIe siècle, il est reçu maître fondeur en 1764. Confrère et concurrent des Osmond et de Jean-Joseph de Saint-Germain, il se spécialisa dans la création de caisses de pendules dont plusieurs modèles portent sa signature, particulièrement les exemplaires dits « Vénus et l’Amour » et « L’Amour et les trois Grâces ».