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Robin  -  Osmond
Robert Robin (1741-1799)
Robert Osmond (1711-1789)

Importante pendule de cheminée en bronze ciselé et doré

« Allégorie de la Connaissance »

APF_Pendule026_04

« Robin »

Dans une caisse attribuée à Robert Osmond

Paris, fin de l’époque Louis XV, vers 1765-1770

Hauteur52 Largeur63 Profondeur26

Le cadran circulaire émaillé, signé « Robin à Paris », indique les heures en chiffres romains et les minutes en chiffres arabes par deux aiguilles ajourées en cuivre doré en forme de fleurs de lys ; il est inscrit dans une caisse en bronze doré, entourée de deux branches nouées et enrubannées et dont la lunette est ceinturée d’une frise de fleurs stylisées, qui repose sur une borne « à l’antique » à base à tore de laurier noué de rubans. Deux figures, véritables morceaux de sculpture, animent la composition ; sur la droite, est une figure allégorique féminine représentée assise et vêtue d’une longue toge, le regard tourné vers le spectateur, qui tient une couronne de laurier dans sa main gauche ; sur la gauche de la borne sont trois ouvrages littéraires empilés et un jeune amour ailé légèrement drapé occupé à étudier un parchemin posé sur un tabouret terminé en sabots de bélier. L’ensemble est supporté par une belle base moulurée en marbre blanc statuaire richement ornée de frises d’entrelacs centrés de rosaces en bronze très finement ciselé et doré.

La composition originale de cette pendule nous permet de la situer parmi les meilleures réalisation horlogères parisiennes du début du Néoclassicisme français et de l’attribuer à Robert Osmond (1711-1789), l’un des plus importants bronziers parisiens de la seconde moitié du XVIIIe siècle qui excellait particulièrement dans la création de ce type de pendules à thématique allégorique et qui connut une grande notoriété tout au long de sa carrière. Influencé par l’œuvre de son confrère bronzier Caffieri, il fut l’un des précurseurs du renouveau des arts décoratifs français à partir du milieu des années 1760. Ses réalisations, particulièrement appréciées par les grands collectionneurs de l’époque, lui permirent de développer rapidement son atelier. Assisté par son neveu Jean-Baptiste Osmond, reçu maître-fondeur en 1764 et qui lui succédera à sa mort en 1789, Osmond comptait parmi ses clients toute l’élite avant-gardiste de son temps.

Concernant précisément l’exemplaire que nous proposons, à notre connaissance une seule autre pendule identique est répertoriée : elle porterait un « F » couronné insculpé dans le bronze, pouvant correspondre à la marque d’inventaire du château de Fontainebleau, et appartient aux collections du Mobilier national français, précisément aux Archives nationales, ancien hôtel Soubise (reproduite dans le bulletin de ANCAHA, n°119, automne 2010, p.67 ; et dans E. Niehüser, Die französische Bronzeuhr, Eine Typologie der figürlichen Darstellungen, Munich, 1997, p.213, fig.325).

Robert Robin (1741 - 1799)

Robert Robin est l’un des plus importants horlogers parisiens du dernier tiers du XVIIIe siècle. Honoré des titres de Valet de Chambre-Horloger Ordinaire du Roi et de la Reine en 1783 et 1786, il eut une carrière hors du commun et se distingua par sa contribution exceptionnelle à l’amélioration des instruments de la mesure du temps.

En 1778, l’Académie des Sciences approuva deux de ses inventions, dont l’une mena à la construction d’une pendule astronomique représentant une méridienne tracée sur une pyramide qui fut acquise par les Menus Plaisirs pour Louis XVI cette même année ; Robin publia une Description historique et mécanique très détaillée de cette pendule. Il créa également des régulateurs de cheminée à indications astronomiques et à balancier compensé, dont le marquis de Courtanvaux, homme de science et grand connaisseur d’horlogerie de précision, fut l’un des premiers acquéreurs. Au cours des troubles révolutionnaires, il réalisa des montres et des pendules à heure décimale. On le retrouve successivement Grande rue du faubourg Saint-Honoré (1772), rue des Fossés-Saint-Germain l’Auxerrois (1775), rue Saint-Honoré à l’Hôtel d’Aligre (1778) et aux Galeries du Louvre en 1786.

Pour ses régulateurs de bureau, Robin fit le choix de boîtes architecturées d’une grande sobriété, qui nous paraissent aujourd’hui d’une remarquable modernité. Il collabora toujours avec les meilleurs artisans de son temps, parmi lesquels les bronziers ou ciseleurs Robert et Jean Baptiste Osmond, Pierre Philippe Thomire, François Rémond et Claude Galle, les ébénistes Jean-Henri Riesener, Ferdinand Schwerdfeger et Adam Weisweiler, les émailleurs Barbezat, Dubuisson, Merlet et Coteau pour les cadrans, et les Richard et Montginot pour les ressorts.

Les deux fils de Robert Robin, Nicolas Robert (1775-1812) et Jean-Joseph (1781-1856), étaient également d’excellents horlogers et poursuivirent brillamment l’activité de l’atelier paternel.



Robert Osmond (1711 - 1789)

Le bronzier Robert Osmond nait à Canisy, près de Saint-Lô ; il fait son apprentissage dans l’atelier de Louis Regnard, maître fondeur en terre et en sable, devenant maître bronzier à Paris en 1746. On le trouve d’abord rue des Canettes, paroisse St Sulpice, et dès 1761, dans la rue de Mâcon. Robert Osmond devient juré de sa corporation, s’assurant ainsi une certaine protection de ses droits de créateur. En 1753 son neveu quitte la Normandie pour le rejoindre, et en 1761, l’atelier déménage dans la rue de Macon. Le neveu, Jean-Baptiste Osmond (1742-après 1790) est reçu maître en 1764 ; après cette date, il travaille avec son oncle ; leur collaboration fut si étroite qu’il est difficile de distinguer entre les contributions de l’un et de l’autre. Robert Osmond prend sa retraite vers 1775. Jean-Baptiste, qui continue de diriger l’atelier après le départ de son oncle, connaît bientôt des difficultés ; il fait faillite en 1784. Son oncle Robert meurt en 1789.

Bronziers et ciseleurs prolifiques, les Osmond pratiquaient les styles Louis XV et néoclassiques avec un égal bonheur. Leurs œuvres, appréciées à leur juste valeur par les connaisseurs de l’époque, furent commercialisées par des horlogers et des marchands-merciers. Bien qu’ils aient produit toutes sortes de bronzes d’ameublement, y compris des chenets, des appliques et des encriers, aujourd’hui ils sont surtout connus pour leurs caisses de pendules, comme par exemple celle qui représente le Rapt d’Europe (Musée Getty, Malibu, CA,) dans le style Louis XV, et deux importantes pendules néoclassiques, dont il existe plusieurs modèles, ainsi qu’un vase à tête de lion (Musée Condé de Chantilly et le Cleveland Museum of Art) et un cartel avec rubans ciselés (exemples dans le Stockholm Nationalmuseum et le Musée Nissim de Camondo de Paris). Une pendule remarquable, ornée d’un globe, des amours, et d’une plaque en porcelaine de Sèvres (Louvre, Paris) compte également parmi leurs œuvres importantes.

D’abord voués au style rocaille, au début des années 1760 ils ont adopté le nouveau style néoclassique, dont ils devinrent bientôt les maîtres. Ils fournirent des boîtes aux meilleurs horlogers de l’époque, y compris Montjoye, pour lequel ils créèrent des boîtes de pendules de cartonnier et de pendules colonne ; la colonne étant l’un des motifs de prédilection de l’atelier Osmond.



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