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P284

Rare pendule de cheminée en bronze très finement ciselé ou moleté, patiné « au naturel » et doré à l’or mat

« Jeune homme noir poussant une brouette »

Pendule421-02_HD_PRESSE

Paris, époque Directoire, vers 1800

Hauteur34.5 Largeur41 Profondeur12

Le cadran circulaire émaillé blanc indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles en cuivre repercé et doré ; il s’inscrit dans une caisse entièrement réalisée en bronze très finement ciselé ou moleté, patiné « au naturel » et doré à l’or mat. La lunette est décorée d’une frise moletée ; le mouvement, à sonnerie des heures et des demi-heures, est renfermé dans une balle de coton posée sur une brouette poussée par une superbe figure masculine représentant un jeune noir en bronze patiné « au naturel » et doré ; ses yeux sont émaillés, il est coiffé d’un chapeau agrémenté d’une plume, il est vêtu d’un pantalon et porte sur son dos un panier en vannerie contenant sa chemise ; à l’opposé, fièrement juché sur la ridelle, est un perroquet le plumage finement ciselé qui tourne la tête vers le spectateur. L’ensemble de la composition repose sur une base architecturée, de forme quadrangulaire à pans coupés, richement ornée de motifs en bas-reliefs en applique à décor d’ancres, de trident et de cordelettes, et d’un trophée central à feuilles d’olivier, palmes, caducée, palmette stylisée et cornes d’abondance, symbolisant le Commerce maritime. Enfin, la composition est supportée par six pieds évasés soulignés d’une frise finement ouvragée et d’un tore uni mouluré.

A la fin du XVIIIe siècle, sous l’impulsion des écrits philosophiques de Jean-Jacques Rousseau qui exaltait les vertus morales du retour à la Nature à travers le mythe du « bon sauvage », l’engouement pour l’exotisme fut tout particulièrement mis à la mode par la littérature contemporaine. Ainsi, le prodigieux succès littéraire de « Paul et Virginie » de Bernardin de Saint-Pierre en 1788, héritier lointain du fameux « Robinson Crusoé » de Daniel Defoe, le roman « Les Incas » de Marmontel paru en pleine guerre de l’indépendance américaine, ainsi qu’« Atala » de Chateaubriand publiée en 1801, vont profondément bouleverser l’approche européenne des autres civilisations et même faire plonger la culture du vieux continent dans une forte nostalgie romantique liée à la quête d’un Eden païen régénéré par le christianisme. Comme souvent dans les arts décoratifs français, ce bouleversement aura sa manifestation dans certaines créations artistiques, essentiellement horlogères ou liées au luminaire. C’est dans ce contexte que fut créée la pendule que nous présentons dont le modèle dit « jeune homme noir poussant une brouette » connut un grand succès auprès des amateurs d’horlogerie des premières décennies du XIXe siècle. De nos jours parmi les rares autres modèles connus de ce type, citons notamment : un premier exemplaire qui est illustré dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen-Age à nos jours, Les éditions de l’Amateur, Paris, 1997, p.344 ; ainsi que deux modèles, l’un, le cadran signé « Gillet horloger », l’autre « Hunziker rue de Bussy n°22 », qui sont reproduits dans le catalogue de l’exposition « De Noir et d’Or, Pendules « au bon sauvage », Collection de M. et Mme François Duesberg », Musée Royaux d’Art et d’Histoire, Musée Bellevue, Bruxelles, 1993.