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Mauduit
Jacques Mauduit (1736-vers 1800)

Importante pendule de cheminée néoclassique dite « à la grecque » en bronze finement ciselé, patiné et doré

APF_Pendule090_06

Paris, début de l’époque Louis XVI, vers 1775

Hauteur44 Largeur27 Profondeur12

Le cadran circulaire émaillé, signé « Mauduit à Paris », indique les heures, les graduations des minutes par tranches de quinze et les quantièmes en chiffres arabes par trois aiguilles, dont deux en bronze repercé et doré ; il s’inscrit dans une caisse architecturée entièrement réalisée en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré. La lunette est formée par un serpent entortillé, ses écailles finement ouvragées ; le mouvement est renfermé dans une boite circulaire flanqué de guirlandes de feuilles d’olivier et de motifs cannelés terminés en enroulements. L’ensemble est supporté par une base ovalisée, soulignée d’une frise de médaillons centrés de fleurettes et rythmée de quatre pilastres à cannelures foncées d’asperges terminés de dés à rosaces tournoyantes, décorée de guirlandes enrubannées de feuilles et graines de laurier. La pendule repose sur quatre pieds godronnés posés sur une plinthe ovale moulurée à doucine en marbre rance des Flandres dit « rouge de Saint-Rémy ».

La composition originale de cette superbe pendule est une parfaite illustration de l’influence majeure des projets de certains des plus importants ornemanistes français dans l’exécution des modèles d’horlogerie de l’époque. Ainsi, nous retrouvons notamment ce même esprit fortement architecturé à motifs inspirés de l’Antiquité classique sur deux projets, le premier par Richard de Lalonde, le second par Jean-François Forty, qui sont illustrés dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen-Age à nos jours, Les éditions de l’Amateur, Paris, 1997, p.170 et 172 ; ainsi que sur deux planches de Hauer tirées de son Cahier des Horlogers et intitulées « Desseins a l’Usage des Artisans » reproduites dans Tardy, La pendule française, 2ème Partie : Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1975, p.228.

Relevons particulièrement l’exceptionnelle rareté du modèle que nous présentons, puisqu’à notre connaissance aucune autre horloge identique n’est à ce jour répertoriée ; enfin, mentionnons quelques autres pendules réalisées dans le même goût et souvent rapprochées de l’œuvre de Jean-Joseph de Saint-Germain (1719-1791) ou de celle de Robert Osmond (1711-1789), deux des plus grands bronziers parisiens de l’époque : citons notamment un premier exemplaire paru dans E. Niehüser, Die französische Bronzeuhr, Eine Typologie der figürlichen Darstellungen, Munich, 1997, p.249, fig.1039 ; ainsi qu’un second, la base renfermant un carillon, qui est illustré dans G. et A. Wannenes, Les plus belles pendules françaises, De Louis XIV à l’Empire, Editions Polistampa, Florence, 2013, p.226.

Jacques Mauduit (1736 - vers 1800)

Jacques Mauduit est l’un des plus importants horlogers parisiens de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Il débute sa formation en tant qu’apprenti, puis fait enregistrer ses lettres de maîtrise le 17 mars 1763 et installe son atelier rue Saint-Honoré, puis rue Dauphine. Rapidement, il connaît une certaine notoriété auprès des grands amateurs de l’époque et semble de marier avec Suzanne Hémon, probablement la sœur de l’horloger Claude Hémon. Au moment des troubles révolutionnaires, il s’engage pour la patrie et obtient le grade de lieutenant. Dans les dernières années du XVIIIe siècle, un acte notarié parisien le mentionne en tant qu’ancien officier et exerçant à cette époque la profession de marchand ; quelques années plus tard, l’une de ses pendules est décrite dans l’inventaire après décès de Nicole-Colette Lefebvre-Dutillet de Villebazin.



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