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Lepaute
Jacques-Joseph Lepaute (1750-1796)

Rare pendule de cheminée en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat et marbre blanc statuaire dit « de Carrare »

Pendule436-05_HD_WEB

Paris, époque Louis XVI, vers 1785

Hauteur36.5 cm Largeur21 cm Profondeur13.5 cm

Provenance :

-Collection Jacques Doucet, vente à Paris, Maîtres Lair-Dubreuil et Henri Baudoin, Galerie Georges Petit, 5-8 juin 1912, lot 268 (vendue 29 100 francs).

-Sotheby’s, Zurich, le 1er décembre 1988, lot 377.

 

Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Lepaute de Belle Fontaine à Paris », indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes par deux aiguilles en cuivre repercé et doré ; le mouvement, à sonnerie des heures et des demi-heures, est renfermé dans une caisse entièrement réalisée en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat et marbre blanc statuaire dit « de Carrare ». La lunette est ciselée de feuilles en enfilage ; l’amortissement est orné de branches de lauriers nouées d’un ruban et de guirlandes fleuries et feuillagées retombant sur les côtés ; la caisse se présente sous la forme d’une borne architecturée, à entablement à réserves à rinceaux, soulignée d’une frise de feuilles d’eau et terminée en culot feuillagé à acanthes et graines. De part et d’autre, se trouvent une jeune femme assise, les cheveux retenus en chignon, et un jeune enfant ; entre les deux figures, une couronne de roses et une torche enflammée. L’ensemble repose sur une base à ressaut et décrochement ceinturée d’une frise de feuilles d’eau et rythmée de dés à flèches ou torches enrubannées, et de rinceaux à cornes d’abondance centrés d’un carquois à empennages de flèches. Enfin, quatre pieds, soulignés d’une frise de godrons, supportent l’ensemble de l’horloge.

D’une exceptionnelle qualité de ciselure et de dorure, cette rare pendule se trouvait anciennement dans la collection du célèbre collectionneur Jacques Doucet (1853-1929), grand couturier, bibliophile et mécène français. Initiateur de la Bibliothèque Doucet à Paris, actuel Institut National d’Histoire de l’Art, il se sépara d’une partie importante de ses collections en 1912 au moment de la disparition de son épouse ; cette vente, qui comprenait de nombreux chefs-d’œuvre des arts décoratifs français, créa une telle émulation qu’elle fut considérée un temps comme la vente la plus chère de son époque. De modèle particulièrement rare, la pendule que nous proposons y figurait sous le numéro 268 ; une vingtaine d’années plus tard, une seconde pendule de modèle identique, le cadran signé « Imbert l’Aîné » et provenant des collections Alfred de Rothschild (1842-1918), fut vendue lors de la dispersion des collections de Madame Benjamin Stern (vente Anderson Galleries, New York, le 4 avril 1934, lot 203).

Jacques-Joseph Lepaute (1750 - 1796)

Cette signature correspond à Jacques-Joseph Lepaute (1750-1796), dit « de Bellefontaine », l’un des plus talentueux horlogers parisiens du dernier tiers du XVIIIe siècle. Probablement apparenté à la célèbre famille Lepaute originaire de Thonne-la-Long, il naît à Bellefontaine près de Luxembourg et vient s’installer relativement jeune à Paris. Après avoir œuvré probablement en tant qu’ouvrier libre, il fait enregistrer ses lettres de maîtrise et connaît rapidement une importante notoriété auprès des amateurs d’horlogerie de luxe. Successivement installé rue Saint-Honoré, rue Neuve des Petits-Champs et rue des Gravilliers, son atelier réalise quelques-unes des plus belles créations horlogères du dernier tiers du XVIIIe siècle. Toutefois, l’horloger rencontre quelques difficultés financières à la fin des années 1770 et son fonds de commerce sera prisé listant ses principaux collaborateurs parmi lesquels figuraient les ciseleurs-doreurs ou fondeurs Robert et Jean-Baptiste Osmond, François Rémond, Michel Poisson et Joseph-Noël Turpin, ainsi que l’émailleur Joseph Coteau et le fabricant de ressorts Etienne-Claude Richard. Quelques années plus tard, Lepaute est mis à l’honneur, puisqu’il reçoit le titre convoité « Horloger de Monsieur », en l’occurrence Louis-Stanislas-Xavier de France, Comte de Provence, frère de Louis XVI et futur Louis XVIII (1815-1824). Parallèlement, il développe son activité en livrant notamment quelques horloges au Prince Charles de Lorraine et en recevant commande d’une pendule monumentale aux armes de Stanislas Augustus Poniatowski, roi de Pologne ; quelques décennies plus tard, une de ses horloges est prisée au moment de l’inventaire après décès d’Antoine-César de Choiseul-Praslin duc de Praslin, général et sénateur. Enfin, de nos jours, certaines de ses réalisations appartiennent à d’importantes collections publiques et privées internationales, citons particulièrement celles exposées ou conservées à la Wallace Collection et au Victoria & Albert Museum à Londres, au Palais royal de Varsovie, aux Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles et dans les collections royales britanniques.



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