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Le Roy  -  Saint-Germain
Pierre III Le Roy
Jean-Joseph de Saint-Germain (1719-1791)

Rare pendule de cheminée à carillon en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat ou à l’or bruni

« Uranie » ou « Allégorie de l’Astronomie »

Pendule365-05_BD_MAIL

« Julien Le Roy »

Dans une caisse réalisée par le bronzier Jean-Joseph de Saint-Germain et probablement commercialisée par l’ébéniste Antoine Foullet

Paris, Epoque Transition Louis XV-Louis XVI, vers 1760-1765

Hauteur46 Largeur41 Profondeur23

Provenance :

– probablement la pendule décrite en mars 1826 dans la vente de feu Monsieur Doyen : « 40. Pendule à carillon de Julien Leroy, ornée d’une figure en bronze (comprenez patiné) représentant une femme assise entourée des attributs de l’astronomie ».

 

Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Julien Le Roy », indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes par deux aiguilles en cuivre repercé et doré ; le mouvement, également signé et localisé « Julien Leroy à Paris », est renfermé dans une caisse néoclassique entièrement réalisée en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat ou à l’or bruni. La boite circulaire, à lunettes avant et arrière à entrelacs à cabochons, est soulignée d’une branche de feuilles et graines de laurier et repose sur trois volumes ; sur la gauche est assise une superbe figure féminine, coiffée d’un chignon, chaussée de sandales et vêtue d’une longue robe « à la grecque », symbolisant la muse Uranie entourée des attributs de l’Astronomie tels que globe étoilé, compas et folio gravé des signes zodiacaux ; le tout est supporté par un entablement rectangulaire à réserves de jeux de larges entrelacs se détachant sur des contre-fonds amatis. L’ensemble de la composition repose sur une haute base quadrangulaire fortement architecturée à riche décor de guirlandes de laurier, enrubannées en façade, cadres à pastilles, frise d’entrelacs à cabochons et dés à larges rosaces ; cette base renferme un carillon ou boîte à musique jouant plusieurs airs différents au passage des heures ; l’on accède au mécanisme à l’arrière de l’horloge par un portillon en abattant à panneau repercé de treillis centrés de fleurettes et le fenestrage de façade à panneau vitré permet de visualiser les timbres. Enfin, quatre forts pieds en boules aplaties supportent la pendule.

Bien qu’elle ne porte pas de signature, cette superbe pendule de cheminée fut réalisée au début des années 1760 par le bronzier Jean-Joseph de Saint-Germain ; ce dernier créa le modèle  pour le compte de l’ébéniste Antoine Foullet qui, en raison des règles strictes des corporations d’artisans parisiens de l’époque, ne pouvait pas intervenir dans la création de pièces en bronze, mais le commercialisa. Décliné à quelques rares exemplaires, le modèle connut un exceptionnel succès auprès des grands amateurs parisiens d’horlogerie de luxe du temps.

De nos jours, parmi les pendules similaires répertoriées, avec certaines variantes dans les compositions et toutes dépourvues de carillon, citons notamment : un premier modèle, le cadran de Delaruelle et le bronze signé Saint-Germain, qui est illustré dans J-D. Augarde, Les ouvriers du Temps, Genève, 1996, p.305 ; ainsi qu’un deuxième, le cadran signé « Janvier à Paris », qui est conservé au Musée Calouste Gulbenkian de Lisbonne (reproduit dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.162, fig.3.3.7) ; un troisième, le cadran signé par Jean-Charles Olin, figure dans les collections des princes de Hesse au Château de Fasanerie à Fulda (paru dans Gehäuse der Zeit, Uhren aus fünf Jahrhunderten im Besitz der Hessischen Hausstiftung, Eichenzell, 2002, p.60-61, catalogue n°19) ; enfin, mentionnons particulièrement une dernière pendule de ce type qui est exposée dans le Salon jaune du Musée Carnavalet à Paris (voir A. Forray-Carlier, Le mobilier du musée Carnavalet, Dijon, 2000, p.3).

À partir de 1759, la signature « Julien Le Roy » correspond à l’horloger Pierre III Le Roy (1717-1785) qui continue l’activité de son père Julien II Le Roy (1686-1759).

Pierre III Le Roy

Pierre III Leroy est l’un des meilleurs horlogers parisiens de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Fils de l’horloger Julien II Leroy, il se forme très certainement dans l’atelier paternel, puis obtient ses lettres de maîtrise le 9 juillet 1737. En 1759, il devient, au décès de son père, Horloger Ordinaire du Roi par logement aux Galeries du Louvre. Tout au long de sa carrière, il connaîtra une immense notoriété et ses pendules figureront notamment chez le marquis de Béringhem, la comtesse du Barry, favorite du roi Louis XV, le prince de Ligne et les ducs de Chaulnes et de Penthièvre.



Jean-Joseph de Saint-Germain (1719 - 1791)

Est probablement le plus célèbre bronzier parisien du milieu du XVIIIe siècle. Actif à partir de 1742, il est reçu maître en juillet 1748. Il est surtout connu pour la création de nombreuses caisses de pendules et de cartels qui firent sa notoriété, notamment le cartel dit à la Diane chasseresse (voir un exemplaire conservé au Musée du Louvre), la pendule supportée par deux chinois (voir un modèle de ce type aux Musée des Arts décoratifs de Lyon), ainsi que plusieurs pendules à thématiques animalières, essentiellement à éléphants et rhinocéros (exemple au Musée du Louvre). Vers le début des années 1760, il joue également un rôle primordial dans le renouveau des arts décoratifs parisiens et dans le développement du courant néoclassique, en réalisant notamment la pendule dite au génie du Danemark sur un modèle d’Augustin Pajou pour Frédéric V du Danemark (1765, conservée à l’Amalienborg de Copenhague). Saint-Germain crée plusieurs pendules inspirées par le thème de l’Etude, sur un modèle de Louis-Félix de La Rue (exemples au Louvre, à la Fondation Gulbenkian, Lisbonne, et au Musée Metropolitan de New York).

Parallèlement à ses créations horlogères, Saint-Germain réalise également de nombreux bronzes d’ameublement – y compris chenets, appliques, et candélabres – en faisant toujours preuve de la même créativité et démontrant ses talents exceptionnels de bronzier. Il se retire des affaires en 1776.



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