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Gribelin
Nicolas Gribelin (1637-1715)

Rare pendule de bureau en ébène, marqueterie « Boulle » de laiton sur fond d’écaille et bronze ciselé et doré

Pendule422-04

« Gribelin à Paris »

Paris, époque Louis XIV, vers 1700-1710

Hauteur28 Largeur17 Profondeur11.5

Le cadran annulaire en métal argenté indique par deux aiguilles en acier poli les heures en chiffres romains et les minutes sur sa bordure extérieure en chiffres arabes ; il se détache sur une platine en cuivre doré finement gravée de motifs de rinceaux feuillagés portant, dans une réserve curviligne, la signature « Gribelin à Paris » et permettant dans sa partie supérieure le réglage manuel d’avance ou de retard. L’ensemble est renfermé dans une caisse architecturée en forme de lyre à fronton curviligne et socle à doucine soulignée de baguettes moulurées en ébène et richement marquetée de motifs « à la Bérain » en laiton finement gravé à décor d’une frise alternée, de vases couverts sur des entablements, de rinceaux feuillagés, larges feuilles ou tigettes fleuries. Les contours sinueux de la caisse sont soulignés par des bandes de laiton également gravés de motifs floraux, par deux rosaces turbinées à guirlandes et par un encadrement à cabochons. Le mouvement, à sonnerie des heures et des demi-heures, présente une platine également signée « Gribelin à Paris » ; l’amortissement présente un timbre à un marteau sommé d’un bouquet de feuilles d’acanthes. Enfin, l’horloge repose sur quatre pieds en boules aplaties.

Cette rare pendule de bureau est une parfaite illustration de l’exceptionnel raffinement de l’horlogerie parisienne du règne de Louis XIV, qui associait l’élégance des compositions, la préciosité et la rareté des matériaux employés et les perfectionnements techniques développés par certains grands horlogers de l’époque. Son dessin particulièrement original, qui se distingue des modèles, trop souvent répétitifs, dits « tête de poupée », semble puiser plus ou moins directement son inspiration dans certains projets d’ornemanistes ou de dessinateurs du temps ; citons notamment Daniel Marot (1663-1732) dont l’ouvrage « Nouveau Livre de boîtes de pendules, de coqs et étuys de montres et autres nécessaires aux orlogeurs » édité à Amsterdam rencontra un immense succès auprès des artisans français de la fin du règne de Louis XIV ; voir notamment trois planches tirées de cet ouvrage reproduites dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age à nos jours, Les éditions de l’Amateur, Paris, 1997, p.41.

Enfin, parmi les rares modèles similaires répertoriés, mentionnons particulièrement : une première pendule, le cadran signé « Margotin à Paris  », qui a fait partie de la célèbre collection d’horlogerie de Justice Warren Shepro ; ainsi qu’une deuxième, signée « Martinot à Paris », illustrée dans P. Heuer et K. Maurice, European Pendulum Clocks, Decorative Instruments of Measuring Time, Munich, 1988, p.20, fig.11 ; enfin, citons un troisième exemplaire, le cadran signé « Coquerel à Paris », qui appartient à une collection privée (paru dans R. Mühe et Horand M. Vogel, Horloges anciennes, Manuel des horloges de table, des horloges murales et des pendules de parquet européennes, Fribourg, 1978, p.95, fig.106).

Nicolas Gribelin (1637 - 1715)

« Gribelin à Paris » semble correspondre à la signature de Nicolas Gribelin (Blois 1637-Paris 1715), l’un des plus importants horlogers parisiens du règne de Louis XIV. Fils d’Abraham Gribelin, Valet de Chambre-Horloger du Roi, il fait enregistré ses lettres de maîtrise le 5 juin 1675 et rencontre immédiatement un immense succès auprès des grands amateurs d’horlogerie. Parmi sa clientèle figuraient notamment les ducs du Maine et de Bourbon, le maréchal de Villeroy, le comte de Toulouse ; mais relevons surtout que plusieurs pendules de Nicolas Gribelin furent décrites dans les collections de Louis XIV et de son fils, le Grand Dauphin.



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