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Gille l’Ainé  -  Saint-Germain
Pierre II Gille
Jean-Joseph de Saint-Germain (1719-1791)

Rare pendule de cheminée néoclassique en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni

« Uranie ou Allégorie de l’Astronomie »

Pendule434-02_HD_PRESSE

Pierre II Gille, dit « Gille l’Aîné » (1723-1784)

Le modèle attribué au bronzier Jean-Joseph de Saint-Germain et probablement réalisé pour l’ébéniste Antoine Foullet (mort en 1775)

Paris, époque Transition Louis XV-Louis XVI, vers 1765

Hauteur33.5 cm Largeur38 cm Profondeur17.5 cm

Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Gille l’aîné à Paris », indique les heures en chiffres romains et les minutes en chiffres arabes par tranches de cinq par deux aiguilles en cuivre repercé et doré ; le mouvement, à sonnerie des heures et des demi-heures, est renfermé dans une boite circulaire reposant sur une base quadrangulaire en bronze doré à frise de vagues. Sur le côté est assise une figure féminine allégorique légèrement vêtue d’une toge, les cheveux remontés en chignon, qui tient dans sa main gauche un ruban noué et de l’autre une longue-vue ; à ses pieds, un globe étoilé, une équerre, un compas et un parchemin enroulé, accessoires nécessaires à l’étude de l’Astronomie. Le tout repose sur une base quadrangulaire à bordure contournée soulignée d’un bandeau sinueux à crosses ou réserves à fond amati et ornée de rosaces.

Bien qu’elle ne porte pas de signature, cette superbe pendule de cheminée fut réalisée au début des années 1760 par le bronzier Jean-Joseph de Saint-Germain ; ce dernier créa le modèle pour le compte de l’ébéniste Antoine Foullet qui, en raison des règles strictes des corporations d’artisans parisiens de l’époque, ne pouvait pas intervenir dans la création de pièces en bronze, mais le commercialisa. Décliné à quelques rares exemplaires, le modèle connut un exceptionnel succès auprès des grands amateurs parisiens d’horlogerie de luxe du temps.

De nos jours, parmi les pendules similaires répertoriées, avec certaines variantes dans les compositions, citons notamment : un premier modèle, le cadran de Delaruelle et le bronze signé Saint-Germain, qui est illustré dans J-D. Augarde, Les ouvriers du Temps, Genève, 1996, p.305 ; ainsi qu’un deuxième, le cadran signé « Janvier à Paris », qui est conservé au Musée Calouste Gulbenkian de Lisbonne (reproduit dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.162, fig.3.3.7) ; un troisième, le cadran signé par « Jean-Charles Olin », figure dans les collections des princes de Hesse au Château de Fasanerie à Fulda (paru dans Gehäuse der Zeit, Uhren aus fünf Jahrhunderten im Besitz der Hessischen Hausstiftung, Eichenzell, 2002, p.60-61, catalogue n°19) ; enfin, mentionnons particulièrement une dernière pendule de ce type qui est exposée dans le Salon jaune du Musée Carnavalet à Paris (voir A. Forray-Carlier, Le mobilier du musée Carnavalet, Editions Faton, Dijon, 2000, p.3).

Pierre II Gille

À partir de 1765, la signature “Gille l’Aîné à Paris” correspond à l’horloger parisien Pierre II Gille. Après son accession à la maîtrise le 18 novembre 1746, en tant que fils de maître, il installe son atelier rue Saint-Martin, rue Saint-Denis et rue aux Ours. Au début de sa carrière il travaille avec son père, puis dirige son propre atelier et rencontre immédiatement un immense succès auprès des grands collectionneurs. Parmi sa clientèle figuraient notamment le marquis de Brunoy, le prince Charles de Lorraine, le puissant fermier-général Perrinet de Jars et le duc de Gramont.



Jean-Joseph de Saint-Germain (1719 - 1791)

Est probablement le plus célèbre bronzier parisien du milieu du XVIIIe siècle. Actif à partir de 1742, il est reçu maître en juillet 1748. Il est surtout connu pour la création de nombreuses caisses de pendules et de cartels qui firent sa notoriété, notamment le cartel dit à la Diane chasseresse (voir un exemplaire conservé au Musée du Louvre), la pendule supportée par deux chinois (voir un modèle de ce type aux Musée des Arts décoratifs de Lyon), ainsi que plusieurs pendules à thématiques animalières, essentiellement à éléphants et rhinocéros (exemple au Musée du Louvre). Vers le début des années 1760, il joue également un rôle primordial dans le renouveau des arts décoratifs parisiens et dans le développement du courant néoclassique, en réalisant notamment la pendule dite au génie du Danemark sur un modèle d’Augustin Pajou pour Frédéric V du Danemark (1765, conservée à l’Amalienborg de Copenhague). Saint-Germain crée plusieurs pendules inspirées par le thème de l’Etude, sur un modèle de Louis-Félix de La Rue (exemples au Louvre, à la Fondation Gulbenkian, Lisbonne, et au Musée Metropolitan de New York).

Parallèlement à ses créations horlogères, Saint-Germain réalise également de nombreux bronzes d’ameublement – y compris chenets, appliques, et candélabres – en faisant toujours preuve de la même créativité et démontrant ses talents exceptionnels de bronzier. Il se retire des affaires en 1776.