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Festeau
Jacques-François Festeau (1725-après 1789)

Rare pendule de cheminée en temple en rotonde en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni, biscuit de porcelaine et marbre blanc statuaire dit « de Carrare »

Pendule391-04_HD_WEB

« Festeau »

Paris, époque Louis XVI, vers 1780-1785

Hauteur48

Servant de prétexte luxueux à l’indication horaire, ce temple néoclassique en rotonde est entièrement réalisé en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni et marbre blanc de Carrare. L’heure est indiquée sur deux cadrans tournants à cartouches émaillées, le supérieur marquant les minutes en chiffres arabes par tranches de cinq, l’inférieur les heures en chiffres romains, le tout est indiqué par une flèche en acier poli-bleui tenant lieu d’aiguille fixe. Le mouvement, à sonnerie des heures et des demi-heures, est apparent et s’inscrit dans un entablement à montants en figures féminines allégoriques qui supportent le dôme à bandeau à triple frise moletée rythmée de guirlandes fleuries nouées à des pastilles par des rubans. Le recouvrement, terminé en plumet émergeant d’une tazza à pourtour feuillagé, est agrémenté de cordelettes à motifs de passementerie. Le tout repose sur une terrasse circulaire, ceinturée d’une balustrade et portant la signature « Festeau à Paris », reposant sur quatre colonnes cannelées, à léger renflement, chapiteaux à oves et bases à tores de lauriers, centrées d’un groupe en biscuit de porcelaine représentant un enrochement animé d’un tronc d’arbre et de touffes d’herbe traitées « au naturel » sur lequel est un garçonnet accompagné de son chien. L’ensemble est supporté par une base circulaire, ceinturée d’un cavet foncé d’enfilage de perles, reposant sur quatre pieds en pattes léonines.

La composition originale, dite « en rotonde », de cette pendule de cheminée en forme de temple « à l’antique » s’inspire plus ou moins directement du temple  dit « de l’Amour » érigé en 1778 à la demande de la reine Marie-Antoinette par l’architecte Richard Mique dans le jardin du Petit Trianon. Nommée « fabrique », cette construction royale, unanimement saluée pour sa beauté parfaite et l’équilibre de ses proportions, sera à l’origine de nombreuses déclinaisons dans les arts décoratifs français de l’époque, notamment dans le domaine de l’horlogerie. Dès sa création, nous assistons à l’apparition du modèle de pendules, dit « temple », déclinant plus ou moins fidèlement la rotonde de la reine ; ainsi, dès 1786, un exemplaire, probablement proche de celui que nous présentons, est prisé 144 livres dans le salon de Charles-Guillaume-Louis marquis de Broglie : « Une pendule de cheminée à cadran tournant montée sur quatre colonnes en marbre blanc à sonnerie avec ornements de cuivre doré, une petite figure en biscuit ». Enfin, relevons que, de nos jours, parmi les rares modèles similaires connus réalisés dans le même esprit, nous pouvons particulièrement citer deux exemplaires : un premier conservé au Musée des Arts décoratifs à Paris, ainsi qu’un second qui fait partie des collections du Kunstindustrimuseet de Copenhague (reproduits dans Tardy, La pendule française, 2ème Partie, Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1974). La signature « Festeau à Paris » peut correspondre à plusieurs horlogers parisiens de la même famille actifs dans les deux dernières décennies du XVIIIe siècle. Toutefois, à l’étude des différentes signatures de cette dynastie d’horlogers, il apparaît que Jacques-François Festeau (1725-après 1789) semble être celui à qui nous pouvons attribuer la pendule que nous proposons.

Jacques-François Festeau (1725 - après 1789)

Après sa réception à la maîtrise en mars 1751 en tant que fils de maître, il installe successivement son atelier Cour du Palais en 1752, au Marché-Neuf en 1758, rue Saint-André des Arts en 1778, enfin, rue des Canettes en 1781. Il développe rapidement son activité et acquiert une importante notoriété auprès des grands amateurs parisiens d’horlogerie de luxe.



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