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Dubuc  -  Galle
Jean-Baptiste-Gabriel Dubuc (?-avant 1820)
Claude Galle (1759-1815)

Rare pendule de cheminée dite « borne » en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat et marbre vert de mer

« Jean de La Fontaine » ou « Hommage au génie poétique »

Pendule411-05_HD_WEB

« Dubuc le Jeune »

Dans une caisse attribuée à Claude Galle

Paris, époque Empire, vers 1805-1810

Hauteur57.5 Largeur24.7 Profondeur17

Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Dubuc Le Jeune », indique les heures en chiffres romains, ainsi que les minutes par tranches de quinze et les quantièmes du mois en chiffres arabes, par trois aiguilles dont deux en cuivre repercé et doré, la troisième en acier poli-bleui. Le mouvement, à sonnerie des heures et des demi-heures, s’inscrit dans une superbe caisse néoclassique se présentant sous la forme d’une borne à panneaux de marbre vert de mer richement agrémentée de motifs dits « aux Fables » en bronze très finement ciselé et doré rendant hommage au génie poétique de Jean de La Fontaine. L’amortissement est orné de la Fable « Le Renard et la Cigogne », les côtés représentent « Le lièvre et la tortue » et « les deux coqs » ; le cadran est flanqué de renommées trompetant figurées sur des motifs en arabesques ornés de « L’aigle et le Hibou » encadrant une réserve moulurée renfermant le poète assis écrivant à la lueur d’une lampe à huile ; sur les côtés de la borne sont « Le Corbeau et le Renard » et « Le Renard et le Bouc ». L’ensemble repose sur une base quadrangulaire, ceinturée d’une frise à feuilles de vigne et grappes de raisins alternées, agrémentée sur les côtés du « Loup et l’Agneau » et du « Chien qui porte à son cou le dîné de son maître » et, en façade, des « Deux chèvres ». enfin, quatre pieds en boules aplaties supportent l’horloge.

La thématique particulièrement originale de cette rare pendule de cheminée rend hommage à Jean de La Fontaine (1621-1695), auteur des célèbres « Fables » éditées sous le règne de Louis XIV en trois recueils de 1668 à 1694 ; ces récits moralisateurs mettant en scène des animaux connaîtront une renommée exceptionnelle de leur parution au XVIIe siècle jusqu’à nos jours. Concernant la pendule que nous proposons, l’originalité de son dessin et la qualité de sa ciselure et de sa dorure, nous permettent de l’attribuer à l’œuvre de Claude Galle (1759-1815), l’un des plus importants bronziers parisiens de l’époque. Enfin, relevons que, de nos jours, parmi les rares modèles identiques connus, nous pouvons citer particulièrement un exemplaire, également signé « Dubuc le Jeune », qui se trouvait anciennement dans la collection de Marc Revillon d’Apreval (illustré dans Tardy, La pendule française, 2ème Partie : Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1975, p.386, fig.2 ; voir également E. Niehüser, Die französische Bronzeuhr, Eine Typologie der figürlichen Darstellungen, Editions Callwey, Munich, 1997, p.245, fig.963).

Jean-Baptiste-Gabriel Dubuc (? - avant 1820)

Jean-Baptiste-Gabriel Dubuc, qui signait « Dubuc le jeune », est l’un des plus importants horlogers parisiens des époques Consulat et Empire. Son atelier, installé rue des Gravilliers de 1800 à 1817, eut une très importante activité si l’on tient compte des inventaires après décès de certaines grandes personnalités des deux premières décennies du XIXe siècle dans lesquels étaient mentionnées des pendules de cet horloger, notamment chez certains grands aristocrates parmi lesquels Charles-Marie-Philippe Huchet de la Bédoyère et Mlle de Clermont-Montoison veuve du marquis de la Guiche, ainsi que chez quelques hauts dignitaires du temps, particulièrement dans la collection du sénateur Henry Fargues et dans celle d’André Masséna prince d’Essling et duc de Rivoli.



Claude Galle (1759 - 1815)

L’un des plus éminents bronziers et fondeurs-ciseleurs de la fin de l’époque Louis XVI et l’Empire, Claude Galle est né à Villepreux près de Versailles. Il fait son apprentissage sous le fondeur Pierre Foy, épousant en 1784 la fille de Foy. En 1786 il devient maître fondeur. A la mort de son beau-père en 1788, Galle prend la direction de l’atelier, qui devient l’un des plus importants de Paris, employant, au plus haut de son activité, près de 400 artisans. Galle déplace l’atelier d’abord Quai de la Monnaie (plus tard Quai de l’Unité), puis, en 1805, 60 Rue Vivienne.

Le garde-meuble de la couronne, sous la direction de sculpteur Jean Hauré de 1786-88, lui fait l’honneur de plusieurs commandes. Galle travailla avec beaucoup d’artisans remarquables, tels Pierre-Philippe Thomire ; il fournit la majorité des bronzes d’ameublement au Château de Fontainebleau pendant l’Empire. Il reçut de nombreuses commandes impériales, pour des lumières, boîtes de pendule, et vases pour les palais de Saint-Cloud, les Trianons, les Tuileries, Compiègne, et Rambouillet. Il fournit les palais italiens de Monte Cavallo à Rome et Stupinigi près de Turin.