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Buzot
Joseph Buzot

Rare pendule « aux trois Grâces » dite « à la gloire de Louis XV » en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat

Pendule431-04_HD_WEB

Paris, début de l’époque Louis XVI, vers 1775

Hauteur50 cm

Le cadran émaillé blanc, signé « Buzot à Paris », indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes par deux aiguilles en cuivre repercé et doré ; le mouvement, à sonnerie des heures et des demi-heures, est renfermé dans une caisse entièrement réalisée en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat. La lunette est soulignée d’une frise d’entrelacs rythmée d’oves et de cabochons ; l’amortissement est formé d’un putti ailé reposant sur des nuées agrémentées de rayons et tenant une couronne au-dessus d’un médaillon centré du profil du roi Louis XV se détachant sur un fond amati. Le mécanisme est renfermé dans un vase allongé à cannelures à asperges reposant sur un fût de colonne cannelée et supporté par trois figures féminines légèrement drapées retenant des guirlandes de roses, allégories des Trois Grâces. L’ensemble est posé sur un socle circulaire, à frise de feuilles stylisées, guirlandes de pampres de vigne et grappes de raisin et tore de feuilles et graines de laurier, lui-même supporté par une base quadrangulaire.

Libre déclinaison d’un modèle à succès de la fin des années 1760 créé par le bronzier François Vion, la pendule que nous proposons reprend le célèbre thème des Trois Grâces auquel est associé la gloire du roi régnant, en l’occurrence Louis XV. De nos jours, parmi les quelques rares autres pendules répertoriées de cette composition, avec toutefois certaines variantes dans le traitement des bases et dans les mécanismes, citons notamment : un premier exemplaire, le mouvement signé « Cronier », qui est illustré dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age à nos jours, Les éditions de l’Amateur, Paris, 1997, p.257 ; fig. F ; ainsi qu’un deuxième qui est passé en vente lors de la dispersion de la collection de Léon; un troisième, le cadran signé « Merra à Paris », est reproduit dans P. Heuer et K. Maurice, European Pendulum Clocks, Decorative Instruments of Measuring Time, Munich, 1988, p.46, fig.68 ; enfin, mentionnons particulièrement une quatrième pendule de ce type, offrant la particularité d’être décorée du chiffre de la Tsarine Catherine II de Russie, qui est conservée au Palais Catherine à Tsarskoïe Selo, actuelle ville de Pouchkine.

Joseph Buzot

Joseph Buzot, dit « Buzot père », est l’un des plus importants horlogers parisiens de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Après l’enregistrement de ses lettres de maîtrise, le 21 août 1770, il installe successivement son atelier sur le Quai des Grands Augustins, rue des Fossés Montmartre en 1772 et rue des Petits Carreaux peu de temps avant la Révolution. Au XVIIIe siècle, quelques unes de ses réalisations sont mentionnées chez de grands amateurs de l’époque, notamment, après la Révolution, lors de la restitution aux héritiers du collectionneur Nicolaï d’une garniture de cheminée en porcelaine bleue de Chine et bronze finement ciselé et doré, dont la pièce de milieu formait pendule.