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Thomire
Pierre-Philippe Thomire (1757-1843)

Importante coupe de présentation de surtout de table en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat et à l’or bruni

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Paris, époque Empire, vers 1805 -1810

Hauteur71 Diamètre35

Entièrement réalisée en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni, cette exceptionnelle coupe de présentation de surtout de table se distingue par la qualité hors du commun de sa ciselure et de sa dorure. Trois figures sculpturales, représentant trois jeunes bacchantes dansant, vêtues toutes trois de différentes tuniques courtes et légères et coiffées de pampres et grappes de raisin, soutiennent chacune de leurs deux mains une corbeille circulaire, partiellement repercée, à motifs de feuilles de vigne et grappes de raisin, dont l’intérieur uni est centré d’une rosace en relief. L’ensemble repose sur une haute base cylindrique à degré, à terrasse uni à rosace en relief en rappel de la corbeille, dont le pourtour est richement décoré de motifs en applique à putti ailés soutenant autour de leurs épaules de lourdes guirlandes de fleurettes ; enfin, un contre-socle en doucine à frise de feuilles d’eau supporte l’ensemble de la composition.

Le dessin particulièrement original de cette rare coupe nous permet de la faire figurer parmi les créations parisiennes les plus élaborées et les plus luxueuses des premières années du XIXe siècle et de la rattacher en toute certitude à l’œuvre de Pierre-Philippe Thomire.

De nos jours, quelques rares autres exemplaires de coupes de surtout avec variantes sont connus, la plupart signé Thomire, citons notamment : un premier modèle, composé de deux bacchantes tenant des thyrses et surmonté de bras de lumière, qui est conservé au Fine Arts Museum de San Francisco (paru dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.387, fig.5.16.14) ; un deuxième, probablement acquis par Lord Stuart de Rothesay, est placé dans la salle à manger d’apparat de l’Ambassade de Grande-Bretagne à Paris (voir J.N. Ronfort et J-D. Augarde, A l’ombre de Pauline, La résidence de l’ambassadeur de Grande-Bretagne à Paris, Paris, 2001, p.63) ; un troisième à trois figures féminines hiératiques est illustré dans Musée François Duesberg, Arts décoratifs 1775-1825, Pendules à sujets exotiques et bronzes dorés français, Bruxelles, 1998, p.24 ; un quatrième, agrémenté de putti ailés dansant, figure dans les collections du Musée des Arts décoratifs à Paris (reproduit dans L. de Groër, Les arts décoratifs de 1790 à 1850, Office du Livre, Fribourg, 1985, p.284, fig.543) ; un cinquième, particulièrement proche de l’exemplaire que nous proposons, appartient aux collections du Palais de Sans-Souci à Postdam (voir le catalogue de l’exposition Russische und Französische Bronzen des Empire, Aus der Sammlung der Museen von Petrodvoretz, Staatliche Schlösser und Gärten Postdam-Sanssouci, 1990, p.36, catalogue n°26) ; enfin, mentionnons particulièrement qu’une corbeille de surtout signée Thomire, identique à celle que proposons mais dont la corbeille supérieure est nettement moins élaborée, est conservée à l’Hôtel de Brienne à Paris, hôtel du Ministre de la défense (illustrée dans E. Pénicault, A. Gady et J-P. Samoyault, L’Hôtel de Brienne, Les Editions de l’Esplanade, Paris, 2016, p.110).

Pierre-Philippe Thomire (1757 - 1843)

Pierre-Philippe Thomire est le plus important bronzier parisien du dernier quart du XVIIIe siècle et des premières décennies du siècle suivant. À ses débuts, il travaille pour Pierre Gouthière, ciseleur-fondeur du roi, puis collabore dès le milieu des années 1770 avec Louis Prieur. Il devient ensuite l’un des bronziers attitrés de la manufacture royale de Sèvres, travaillant au décor de bronze de la plupart des grandes créations du temps. Après la Révolution, il rachète le fonds de commerce de Martin-Eloi Lignereux et devient le plus grand pourvoyeur de bronzes d’ameublement pour les châteaux et palais impériaux. Parallèlement, il travaille pour une riche clientèle privée française et étrangère parmi laquelle figure notamment quelques maréchaux de Napoléon. Enfin, il se retire des affaires en 1823.