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Rieussec  -  Dubuisson  -  Denière
Dubuisson (1731-1815)

Importante pendule de cheminée monumentale en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat et marbre vert de mer

« Uranie » ou « Allégorie de l’Astronomie »

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Mouvement signé « Rieussec/Hger du Roi » pour l’horloger parisien Nicolas-Mathieu Rieussec « Horloger du roi Louis XVIII »

Contre-émail du cadran signé « Dubuisson » pour l’émailleur parisien Etienne Gobin, dit Dubuisson

Caisse attribuée au bronzier-fondeur parisien Jean-François Denière

Paris, époque Empire – Restauration (Louis XVIII), vers 1815

Hauteur93 cm Largeur65,5 cm Profondeur32,4 cm

Le cadran annulaire émaillé blanc, dont le contre-émail est signé « Dubuisson », indique l’heure en chiffres romains divisés en deux fois douze heures par une aiguille en étoile et renferme un hémisphère peint en émail centré du Pôle arctique marquant la longitude terrestre. Le mouvement, dont la platine est signée « Rieussec/Hger du Roi », est à sonnerie des heures et demi-heures et est inscrit dans une caisse entièrement réalisée en bronze très finement ciselé et doré à l’or mat et marbre vert de mer. Une superbe figure féminine drapée, portant une longue vue dans sa main gauche et symbolisant la muse Uranie, regarde les astres et prend des mesures avec un compas sur un globe céleste, ceinturé d’un anneau mouvant portant les signes du zodiaque et agrémenté de motifs étoilés finement ciselés, qui est supporté par quatre sphinges allongées, les pattes antérieures croisées et coiffées du némès. Le tout surmonte un piédestal ou cippe « à l’antique », la partie haute en cavet à canaux et palmes, dont les faces latérales sont ornées de bas-reliefs figurant des prêtres égyptiens agenouillés invoquant le dieu Apis, dont le corps emmailloté est entouré d’un serpent ; ils reposent sur un entablement gravé de hiéroglyphes. L’ensemble est supporté par une base quadrangulaire en marbre vert de mer à décor de rosaces latérales en applique et ornée : celle-ci pouvant se tirer afin de révéler des barres permettant de porter cette pendule monumentale.

En façade de la base, un panneau en léger relief sur fond amati représente une scène à personnages figurant huit dieux ou héros assistant à une leçon d’astronomie donnée par la muse Uranie. Enfin, un contre-socle à doucine est posé sur quatre pieds rectangulaires en légère saillie.

La composition originale de cette pendule décline librement un modèle néoclassique à deux figures mis au point vers 1765 par l’architecte Charles de Wailly qui collabora alors avec l’horloger Lepaute et le sculpteur Houdon ; voir un exemplaire de ce type qui est conservé au musée national du château de Fontainebleau (reproduit dans P. Verlet, Les bronzes dorés français du XVIIIe siècle, Paris, 1999, p.35). Quelques décennies plus tard, sous l’Empire, le modèle fut brillamment redessiné « à l’égyptienne » par le bronzier Jean-François Denière et rencontra un immense succès auprès des grands amateurs de l’époque. Le modèle s’inspire plus ou moins directement d’un dessin aquarellé des architectes Charles Percier et Pierre-François-Léonard Fontaine tiré de leur fameux Recueils de Décorations intérieures publié à Paris en 1801 et représentant sur la planche VIII un projet de pendule égyptisante surmontée de sphinges et agrémentée de prêtres ou prêtresses invoquant ou faisant une offrande sacrificielle au dieu Apis (voir le catalogue de l’exposition Egyptomania, L’Egypte dans l’art occidental 1730-1930, Musée du Louvre, RMN, Paris, p.287-288, catalogue n°168).

De nos jours, parmi les quelques rares autres pendules identiques connues, offrant parfois certaines variantes, notamment dans le choix du matériau de la base, citons : un premier exemplaire, entièrement en bronze doré, qui appartient aux collections royales espagnoles (paru dans J. Ramon Colon de Carvajal, Catalogo de Relojes del Patrimonio Nacional, Madrid, 1987, p.283) ; ainsi qu’un second, le cadran signé Bailly, qui est exposé au Grand Trianon dans le parc du château de Versailles (illustré dans D. Ledoux-Lebard, Le Grand Trianon, meubles et objets d’art, Paris, 1975, p.192). Enfin, relevons qu’une pendule identique, également à hémisphère peint en émail, se trouvait dans la collection de Jacques Laffitte, puissant banquier du roi Louis XVIII : « Une grande pendule en bronze doré au mat et au vert antique, représentant Uranie occupée à mesurer la distance des étoiles. Le bas-relief représente une leçon d’astronomie en Egypte. Le piédestal d’architecture égyptienne, est surmonté d’un globe céleste partagé par un zodiaque placé dans l’inclinaison écliptique, achevant sa révolution en une année, et indiquant les mois et les quantièmes. Le cadran indique le système solaire apparent : un des rayons du soleil fait connaître la longitude terrestre sur un hémisphère peint en émail, le pôle arctique vu au centre, en même temps qu’un autre rayon indique l’heure sur un cercle d’émail divisé en 24 heures. Cet ouvrage, d’une grande complication, fait honneur au nom de M. Rieussec, qui en est l’auteur ».

Jean-François Denière (1774 - 1866)

La signature « Denière » ou « Denière Fabt de Bronzes à Paris » correspond à Jean-François Denière (1774-1866), l’un des plus importants bronziers parisiens des dernières années du XVIIIe siècle et des premières décennies du siècle suivant. En l’espace de quelques années, il devient l’un des plus importants pourvoyeurs de bronzes d’ameublement en travaillant pour le Garde-Meuble impérial ; parallèlement, il se compose une riche clientèle privée et fonde, jusqu’en 1820, une association avec François-Thomas Matelin qui lui permet de participer à la décoration de la plupart des palais et châteaux impériaux en livrant des bronzes d’ameublement et des pendules par l’intermédiaire de certains de leurs confrères bronziers.



Nicolas-Mathieu Rieussec (1781 - 1866)

Nicolas-Mathieu Rieussec est l’un des importants horlogers parisiens des premières décennies du XIXe siècle. Son atelier est successivement mentionné rue du Marché-Pallu entre 1804 et 1812, puis rue Neuve des Petits-Champs à partir de 1815. Portant le titre « d’Horloger du Roi » sous le règne de Louis XVIII, il se distingue par ses innovations en perfectionnant ou en créant notamment des chronographes et des comptes-secondes à goutte d’encre (voir Tardy, Dictionnaire des horlogers français, Paris, 1971, p.555).



Dubuisson (1731 - 1815)

Étienne Gobin, dit Dubuisson, est l’un des meilleurs émailleurs parisiens de la fin du XVIIIème siècle et le début du XIXème. Vers le milieu des années 1750 il travaille à la manufacture de Sèvres, établissant par la suite son propre atelier. Il est mentionné dans les années 1790 dans la rue de la Huchette et vers 1812, dans la rue de la Calandre. Spécialisé dans les boîtes de montres et cadrans émaillées, il est réputé pour son habileté exceptionnelle et la représentation de détails.



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