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Godon  -  Coteau
François-Louis Godon
Joseph Coteau (1740-1801)
Manufacture de Locré (1772-1824)

Exceptionnelle pendule de cheminée en porcelaine dure de Paris et bronze très finement ciselé ou doré

Pendule249-05_HD_WEB

Attribuée à la Manufacture de Locré

Paris, époque Louis XVI, vers 1785

Hauteur42.5 Largeur19.5 Profondeur12.8

Provenance :

– Probablement la pendule « en porcelaine à quantièmes garnie de bronze doré…» vendue 600 livres par François-Louis Godon à la femme séparée de son confrère horloger Jean-Baptiste-André Furet en décembre 1786.

 

Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Godon Reloxero de Camara de S.M.C. » et Coteau, indique, en chiffres arabes, les heures, les minutes par tranches de quinze et les quantièmes du mois, par trois aiguilles, dont deux en bronze doré-repercé en entrelacs et une en acier poli-bleui. Le mouvement, dont la platine est gravée « Godon Horloger du Roy et de la Cour d’Espagne 1786 », est renfermé dans un vase en porcelaine dure de Paris à décor polychrome et or sur fond blanc représentant des guirlandes enrubannées à couronne, des bouquets fleuris ou feuillagés, un médaillon à perspective paysagée animée de volatiles et des croisillons centrés de fleurettes ; la base ovalisée à décrochements est finement rehaussée de bouquets ou guirlandes fleuris dans des encadrements feuillagés. L’ensemble est richement orné de bronze très finement ciselé et doré : la lunette est soulignée de frises de canaux, cordelettes ou perles ; l’amortissement est à riche bouquet de branchages de roses ; les côtés sont à prises en forme de termes féminins laurés, coiffés de drapés ou couronnes, retenant des draperies à passementerie et des guirlandes fleuries ou feuillagées ; le piétement est à quatre montants curvilignes, à enfilages de perles et guirlandes fleuries, terminés en sabots caprins et réunis par deux anneaux d’entrejambe centrés d’une quille en carquois à empennages de flèches émergeant d’un bouquet feuillagé. La base est supportée par une plinthe ovalisée à décrochements reposant sur quatre pieds toupies à décor moleté de canaux ou cordelettes.

Considérée comme le summum du luxe « à la française » de la fin du règne de Louis XVI, cette exceptionnelle pendule de cheminée, qui associe porcelaine dure de Paris et bronze ciselé ou doré, est représentative de la grande horlogerie parisienne de luxe destinée aux grands collectionneurs français et européens.

A notre connaissance, seules trois autres pendules de modèle identique, avec certaines variantes dans le décor, sont répertoriées aujourd’hui : une première, la porcelaine attribuée à tort à la Manufacture royale de porcelaine de Sèvres, est exposée au Victoria and Albert Museum à Londres (illustrée dans Tardy, La pendule française dans le Monde, Paris, 1994, p.78) ; une deuxième fut léguée en 1928 par Ernest Cognacq et appartient de nos jours aux collections du Musée Cognacq-Jay à Paris ; enfin, une troisième, peut-être celle qui se trouvait anciennement dans la collection du banquier John Pierpont Morgan, est parue dans E. Niehüser, Die französische Bronzeuhr, Eine Typologie der figürlichen Darstellungen, Munich, 1997, p.265, fig.1330.

François-Louis Godon

François-Louis Godon fut reçu maître horloger parisien en février 1787, mais avait débuté son activité quelques années auparavant. En effet, associé à son confrère parisien Jean-Baptiste-André Furet dès 1785, Godon est surtout connu pour ses relations privilégiées qu’il entretenait avec les rois d’Espagne Charles III, puis Charles IV. En mars 1786, nommé « Relojero de Camara » (Horloger de la chambre du roi d’Espagne), il devint le fournisseur parisien attitré de la Cour d’Espagne en porcelaines, pendules et bronzes d’ameublement de luxe. De nos jours, nombreuses de ses pendules figurent au Musée des Arts décoratifs de Madrid et dans les collections royales espagnoles.



Joseph Coteau (1740 - 1801)

Joseph Coteau est le plus célèbre émailleur de son temps et collabora avec la plupart des grands horlogers parisiens de l’époque. Il était né à Genève, ville dans laquelle il devint maître peintre-émailleur de l’Académie de Saint Luc en 1766 ; puis il vint s’installer à Paris quelques années plus tard. A partir de 1772, jusqu’à la fin de sa vie, il est installé rue Poupée. Coteau laissa notamment son nom à une technique précieuse d’émaux en relief qu’il mit au point avec Parpette destinée au décor de certaines pièces de porcelaine de Sèvres et qu’il utilisa par la suite pour le décor des cadrans des pendules les plus précieuses ; décorés de ce décor si caractéristique, mentionnons notamment : une écuelle couverte et son plateau qui appartiennent aux collections du Musée national de la Céramique à Sèvres (Inv. SCC2011-4-2) ; ainsi qu’une paire de vases dits « cannelés à guirlandes » conservée au Musée du Louvre à Paris (parue dans le catalogue de l’exposition Un défi au goût, 50 ans de création à la manufacture royale de Sèvres (1740-1793), Musée du Louvre, Paris, 1997, p.108, catalogue n°61) ; et une aiguière et sa cuvette dites « de la toilette de la comtesse du Nord » exposées au Palais de Pavlovsk à Saint-Pétersbourg (reproduites dans M. Brunet et T. Préaud, Sèvres, Des origines à nos jours, Office du Livre, Fribourg, 1978, p.207, fig.250). Enfin, soulignons, qu’une pendule lyre de l’horloger Courieult en porcelaine bleue de Sèvres, le cadran signé « Coteau » et daté « 1785 », est conservée au Musée national du château de Versailles ; elle semble correspondre à l’exemplaire inventorié en 1787 dans les appartements de Louis XVI au château de Versailles (illustrée dans Y. Gay et A. Lemaire, « Les pendules lyre », in Bulletin de l’Association nationale des collectionneurs et amateurs d’Horlogerie ancienne, automne 1993, n°68, p.32C).



Manufacture de Locré (1772 - 1824)

La Manufacture de Locré, en activité de 1772 à 1824, est l’une des plus importantes manufactures parisiennes du dernier tiers du XVIIIe siècle et des premières décennies du siècle suivant. Installée rue Fontaine-au-Roi à Paris, la manufacture est fondée au début des années 1770 par Jean-Baptiste Locré ; ce dernier s’associe quelques années plus tard avec Laurent Russinger, porcelainier et sculpteur, qui prend la direction de l’entreprise jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Rapidement, la manufacture se distingue par la qualité exceptionnelle et l’originalité de ses créations et devient l’une des principales concurrentes de la Manufacture royale de Sèvres.



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