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Locré
Manufacture de Locré (1772-1824)

Rare paire de flambeaux en porcelaine à fond bleu lapis et bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni

Bougeoirs_012-02_HD_WEB

Paris, époque Louis XVI, vers 1785

Signature : Marque aux deux torches bleues entrecroisées sous couverte

Hauteur20.8 Diamètre10.5

Cette paire de flambeaux présente une composition particulièrement élégante caractéristique des créations néoclassiques les plus élaborées du règne de Louis XVI. Entièrement réalisé en porcelaine à fond bleu lapis rehaussée d’or et bronze très finement ciselé et doré à l’or mat ou à l’or bruni, chaque bougeoir présente un fût cylindrique, souligné de fines bandes simulant des cannelures à jeux de filets ou points, surmonté d’un binet, se présentant sous la forme d’un vase à piédouche mouluré rythmé de guirlandes fleuries et feuillagées, et reposant sur une base circulaire à bandeaux moulurés ou cavets soulignés de filets dorés. L’ensemble est richement agrémenté de bronze ciselé et doré à base à frise torsadée, enfilage de perles, tore de feuilles et graines de laurier enrubannées, guirlandes feuillagées tombantes rattachées à un anneau à réserve amatie, culot à feuilles d’acanthe en bouquet et bobèche à frise moletée.

Le dessin particulièrement épuré de la rare paire de flambeaux que nous proposons illustre l’aboutissement parfait des recherches esthétiques parisiennes initiées sous le règne de Louis XV par certains grands amateurs, artistes et artisans désireux de renouveler les schémas et les motifs des arts décoratifs français du temps alors dominés par l’esprit dit « rocaille » issu du mouvement baroque italien du XVIIe siècle. Cette réaction put se concrétiser grâce notamment aux fabuleuses découvertes archéologiques de la région napolitaine replongeant l’Europe dans les beautés et les mystères de l’Antiquité romaine. Excepté cette composition néoclassique épurée, cette paire de flambeaux se distingue par l’association de la porcelaine et du bronze doré dans laquelle, contrairement à la plupart des autres créations de l’époque, la porcelaine est privilégiée par rapport au métal, ce dernier ne proposant alors qu’un rôle d’agrémentation. De nos jours, parmi les flambeaux connus proposant ce même parti pris, citons particulièrement : un premier modèle, à l’état préparatoire, qui figure sur un projet de garniture de cheminée en bronze et porcelaine de la Manufacture de la Reine commercialisé par le marchand Granchez vers le milieu des années 1780 et conservé à la Bibliothèque nationale de France à Paris (voir le catalogue de l’exposition La Fabrique du luxe, Les marchands merciers parisiens au XVIIIe siècle, Musée Cognacq-Jay, Paris, 2018, p.110-111) ; ainsi qu’un second, réalisé par la Manufacture royale de Sèvres, sur lequel les fûts torsadés s’ornent de délicates guirlandes fleuries (illustré dans M. Burckhardt, Mobilier Régence Louis XV, Paris, Editions Charles Massin, Paris, p.66).

Manufacture de Locré (1772 - 1824)

La Manufacture de Locré, en activité de 1772 à 1824, est l’une des plus importantes manufactures parisiennes du dernier tiers du XVIIIe siècle et des premières décennies du siècle suivant. Installée rue Fontaine-au-Roi à Paris, la manufacture est fondée au début des années 1770 par Jean-Baptiste Locré ; ce dernier s’associe quelques années plus tard avec Laurent Russinger, porcelainier et sculpteur, qui prend la direction de l’entreprise jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Rapidement, la manufacture se distingue par la qualité exceptionnelle et l’originalité de ses créations et devient l’une des principales concurrentes de la Manufacture royale de Sèvres.



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