search icon
Van den Bruel  -  Saint-Germain
Gabriel Van den Bruel (1727-1782)
Joseph de Saint-Germain (vers 1700-après 1759)

Rare cartel d’applique et son cul-de-lampe en placage de corne verte et ornements de bronze ciselé et doré

APF_CARTEL05_05

« Van den Bruel »

Dans une caisse attribuée à Joseph de Saint-Germain

Paris, époque Louis XV, vers 1750-1755

Hauteur70 Largeur31 Profondeur16.5

Elle sonne les heures et les demi-heures ; son cadran circulaire émaillé, signé « Van den bruel à Lille », indique les heures en chiffres romains et les minutes en chiffres arabes par deux aiguilles ajourées en acier doré, et est inscrit dans une caisse violonée entièrement revêtue d’un placage de corne verte teintée à l’imitation du céladon de l’Orient et dont les faces latérales présentent de larges réserves ajourées ornées d’un motif treillagé à quartefeuilles. L’ensemble est richement décoré d’ornements rocailles qui composent un superbe décor de bronze très finement ciselé et doré à motifs notamment d’encadrements sinueux, de rinceaux, de feuillages, de guirlandes, d’ornements godronnés et d’agrafes ; enfin, l’amortissement est orné d’un vase en forme d’aiguière à double anse.

Bien que la caisse de ce cartel d’applique ne porte pas d’estampille d’ébéniste, elle peut être sans équivoque rattachée à l’œuvre de Joseph de Saint-Germain. En effet, quelques rares autres cartels de modèle identique sont connus, signés ou attribués à Saint-Germain qui dut créer le modèle au milieu du XVIIIe siècle et confier la création du décor en bronze doré à son fils, le célèbre bronzier Jean-Joseph de Saint-Germain, puisque les deux hommes partageaient le même atelier à Paris.

Parmi les cartels de ce modèle répertoriés, avec des variantes dans le matériau employé, soit en corne teintée, soit en bois de placage, soit en laque européenne dit vernis Martin, citons tout particulièrement : un premier exemplaire, le cadran signé Gosselin à Paris, illustré dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age au XXe siècle, Paris, 1997, p.80 ; ainsi qu’un second proposé aux enchères sur le marché de l’art parisien en 1978 (vente Ader-Picard-Tajan, le 23 février 1978, lot 52).

Gabriel Van den Bruel (1727 - 1782)

La signature « Van den Bruel à Lille » correspond à Gabriel Van den Bruel, horloger lillois réputé mentionné dans Tardy, Dictionnaire des horlogers français, Paris, 1971, p.630, et dont une pendule portant sa signature, réalisée en vernis Martin rouge rehaussé de fleurs, se trouvait anciennement dans la collection du colonel Dumont à Aire ; elle fut présentée au public lors de l’Exposition rétrospective de la Commission des Monuments historiques du Pas-de-Calais en 1896 (voir Mémoires de la Commission départementale des Monuments historiques du Pas-de-Calais, Arras, 1899, p.56).



Joseph de Saint-Germain (vers 1700 - après 1759)

Joseph de Saint-Germain figure parmi les plus importants artisans parisiens du milieu du XVIIIe siècle spécialisés dans la création de caisses de pendules. Reçu maître ébéniste tardivement en 1750, son œuvre reste à ce jour encore méconnue et l’artisan dut avoir une longue période d’activité en tant qu’ouvrier libre. Père du bronzier Jean-Joseph de Saint-Germain (1719-1791) avec lequel il collabora très probablement, il se distingua de ses confrères en mettant au goût du jour certains modèles horlogers créés par Charles Cressent quelques décennies auparavant et en restaurant ponctuellement des meubles en marqueterie de métal, dite Boulle ; ainsi son estampille apparaît notamment sur l’une des commodes « Mazarines » du château de Vaux-le-Vicomte, près de Paris.



Dans la même catégorie