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C026

Important cartel d’applique et son cul-de-lampe en marqueterie de corne teintée-gravée polychrome sur fond de cuivre et bronze rocaille finement ciselé et doré

Cartel_033-02

Paris, époque Louis XV, vers 1735-1740

Hauteur125 Largeur47 Profondeur25.5

Le cadran à fond de cuivre ciselé est à vingt-cinq pièces émaillées fond blanc indiquant les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes par deux aiguilles en acier poli ou bleui ; le mouvement est renfermé dans une caisse entièrement réalisée en marqueterie polychrome de bouquets ou guirlandes fleuries et feuillagées en écaille ou corne teintée et gravée sur fond de cuivre uni ; l’ensemble est richement agrémenté d’une ornementation de bronze très finement ciselé et doré à décor tels que rinceaux de feuillages, coquilles, crosses sinueuses ou guirlandes fleuries ; l’amortissement est à bouquet feuillagé ailé, le culot se termine en cartouche mouvementé, enfin, sous le cadran, est un motif rocaille réalisé dans le goût de l’ornemaniste parisien Juste-Aurèle Meissonnier (1695-1750).

La composition originale de cette pendule à poser et de son cul-de-lampe conserve encore la magnificence et la monumentalité des grandes créations horlogères d’André-Charles Boulle réalisées sous le règne de Louis XIV. Excepté son décor rocaille de bronze doré particulièrement élaboré et d’une exceptionnelle qualité de ciselure et de dorure, sa caisse violonée présente des similitudes stylistiques avec l’œuvre de certains grands ébénistes parisiens du temps, qui s’étaient souvent spécialisés dans la création des caisses de pendules et de régulateurs, citons notamment François Goyer, Antoine Foullet et Balthazar Lieutaud.

De nos jours, parmi les rares autres cartels connus réalisés dans le même esprit, citons particulièrement : un premier modèle, le cadran signé « Gédéon Duval », qui appartient aux collections du Musée national de Stockholm (paru dans Tardy, La pendule française, Ier Partie : De l’Horloge gothique à la pendule Louis XV, Paris, 1975, p.159) ; ainsi qu’un deuxième qui est conservé au Musée national du Château de Versailles (reproduit dans M. et Y. Gay, « Horlogerie royale au Château de Versailles », dans Bulletin de l’Association nationale des collectionneurs et amateurs d’Horlogerie ancienne et d’Art, printemps 1997, n°78, p.23, fig.33) ; un troisième, mouvement de Bunon, est reproduit dans J-D. Augarde, Les ouvriers du Temps, La pendule à Paris de Louis XIV à Napoléon Ier, p.119, fig.80 ; un quatrième d’Etienne Baillon fait partie de la célèbre collection des princes de Hesse au château de Fasanerie à Fulda (illustré dans le catalogue de l’exposition Gehäuse der Zeit, Uhren aus fünf Jahrhunderten im Besitz der Hessischen Hausstiftung, 2002, p.47, catalogue n°12) ; un cinquième, le cadran signé « Lomet à Paris », est exposé au Musée Poldi-Pezzoli à Milan (paru dans R. Mühe et Horand M. Vogel, Horloges anciennes, Manuel des horloges de table, des horloges murales et des pendules de parquet européennes, Office du livre, Fribourg, 1978, p.98, fig.112) ; enfin, citons un dernier cartel de ce type, dépourvu de son cul-de-lampe et illustrant la fable du renard et de la cigogne, qui est conservé dans les collections royales espagnoles (voir J. Ramon Colon de Carvajal, Catalogo de Relojes del Patrimonio nacional, Madrid, 1987, p.28, catalogue n°9).